Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
12 Mai 2015 | Observatoire
 

Livre Marc LomazziIl sera en vente, demain mercredi 13 mai. Le livre du rédacteur en chef adjoint du Parisien-Aujourd’hui en France, Marc Lomazzi – « Comment la mafia du tabac nous manipule »/ Flammarion (voir Lmdt des 6 et 8 mai) – se veut à charge contre la filière tabac.

Sans l’avoir encore lu, on en comprend parfaitement l’objectif. Exemples, parmi les titres de quelques chapitres : « députés enfumés » ; « arnaque sur les prix » ; « un allié aux Douanes » ; « hold-up fiscal » ; « dessous-de-table à tous les étages » … Il s’agit de démolir tout un mode d’organisation de la distribution du tabac en France, en grossissant exagérément ses imperfections et en réduisant son fonctionnement à une manipulation permanente des fabricants.

Tout cela, sur la foi du témoignage anonyme d’individus présentés comme « repentis », issus de l’industrie du tabac. Ce qui assure son côté « sulfureux » au bouquin mais est un abus. Car en principe, un repenti n’est pas anonyme. Il se met généralement au service (ou sous la protection) de la justice et fait acte public de contrition. Il est vrai qu’entre vrai repenti et simple « balance », il y une différence : le second a intérêt à exagérer. La seule façon de monnayer sa conscience.

Le 7 mai au soir, sur RTL, au micro de Thomas Hugues et de Sidonie Bonnet (« La curiosité est un vilain défaut »), Marc Lomazzi a présenté l’argument de son livre. En substance : « l’industrie du tabac, la plus rentable du monde, a organisé une entente entre ses membres pour partager le marché en France, contrôler les prix et parer toute la législation anti-tabac. Tout cela, avec la complicité des pouvoirs publics soumis à un lobbying intensif. Et en versant des sur-rémunérations interdites aux buralistes pour qu’ils mettent en avant leurs produits, ce qui revient à la mise en place d’un système de fraude fiscale ».

Lors de l’émission, deux questions précises ont été posées à Marc Lomazzi :

• « Mais si le lobbying des fabricants est si puissant, pourquoi n’ont-t-ils pas réussi à enrayer le projet de paquet neutre ? ». Double pirouette de Marc Lomazzi : « cela ne les gène pas vraiment et ils ont négocié le paquet neutre contre une non augmentation des prix début 2015 ». Ce qui est à la fois un peu gros et le fruit d’une stricte interprétation personnelle. En tout cas, il n’apporte aucune preuve.

• « Tous les buralistes reçoivent-ils des sur-rémunérations des fabricants ? » : « Euh, non … cela concerne que les … très gros buralistes ». Autre pirouette et façon, en définitive, de ne pas trop se mouiller en jetant l’opprobre sur toute une profession dont la moitié des membres vendent Le Parisien – Aujourd’hui en France, tous les jours, tous les matins.

8 Mai 2015 | Observatoire
 

Le Parisien Livre Matthieu Pechberty, l’auteur de « L’État accro au tabac » (voir Lmdt des 15 et 16 octobre 2014) a un petit frère. C’est Marc Lomazzi, dont l’éditeur Flammarion fait paraître, le 13 mai prochain, le livre : « Comment la mafia du tabac nous manipule » (voir Lmdt du 6 mai) .

À en croire les « bonnes feuilles », parues dans le supplément magazine du Parisien / Aujourd’hui en France de ce vendredi 8 mai, le second raconte les mêmes histoires (confidences de salariés « repentis » à l’appui) que le premier :
. le lobbying mis en place par les fabricants pour influer certaines décisions concernant l’homologation des prix ;
. les méthodes « d’incentive » dont usent les fabricants pour stimuler leurs ventes auprès des buralistes.

Oui, toujours les mêmes histoires. Les mêmes que l’on retrouve dans tous les secteurs où l’État joue un rôle régulateur : de la pharmacie à l’énergie.

Reste qu’après la course aux anecdotes, le lecteur ne manquera pas de se poser les questions fondamentales :

• En définitive – dans l’hypothèse où il n’y aurait pas eu, du tout, les interventions prêtées aux lobbyistes caricaturés dans le livre – le niveau et la structure des prix du tabac seraient-ils si différents qu’ils le sont actuellement ? La réalité du marché (notamment par rapport à la concurrence du marché parallèle) est plus forte que toutes les influences.

• « Incentive » ou pas, les buralistes sont-ils tant « sur-rémunérés » que cela ? Eu égard à leurs horaires de travail, leurs responsabilités et les investissements que représentent leurs points de vente. Sans compter un harcèlement moral incessant. Le scandale, c’est plutôt dans l’insuffisance de rémunération qu’il réside.

On en saura peut-être plus à la parution effective du livre.

6 Mai 2015 | Observatoire
 

Livre Marc Lomazzi« Quatre anciens cadres de l’industrie du tabac brisent la loi du silence et dévoilent anonymement les pratiques occultes des multinationales pour empêcher ou contourner les réglementations anti-tabac » … Le suspens est créé et il faudra attendre le 13 mai prochain pour découvrir les révélations du livre « Comment la mafia du tabac nous manipule … Des cadres repentis brisent l’omerta », édité par  Flammarion Enquête.

L’enquête est conduite par le rédacteur en chef Adjoint et chef du service économique du Parisien-Aujourd’hui en France, Marc Lomazzi. Les journalistes sont décidemment très inspirés par le sujet : « L’État accro au tabac » de Matthieu Pechberty (Journal du Dimanche / voir Lmdt des 15 et 16 octobre) et plus récemment « Arrêtez de nous enfumer » de Denis Boulard (du Canard Enchaîné / voir Lmdt du 2 mars).

La fiche de l’éditeur en rajoute donc dans le sensationnel et l’accrocheur (il n’est pas sûr que les ouvrages précités aient été des succès de librairie) : « alors que la France va découvrir en 2016 le paquet de cigarettes « neutre », sans couleur ni logo, quatre ex-cadres de l’industrie du tabac ont accepté de briser la loi du silence. Lobbyistes, financier, responsable marketing… ils nous dévoilent les pratiques occultes de ces multinationales pour contourner les réglementations antitabac. Bienvenue dans un univers où tous les coups sont permis. Où les 78 000 morts annuels de la nicotine et du goudron – 200 par jour – pèsent peu face aux bénéfices des industriels. Sans parler des 15 milliards d’euros de taxes qui tombent chaque année dans les caisses de l’État. Trafic d’influence, infiltration dans les plus hautes sphères de l’État, entente sur les prix, évasion fiscale, pots-de-vin, circuits parallèles de vente, ciblage des jeunes… ces repentis du tabac révèlent des méthodes aux marges de la légalité, quand elles ne sont pas hors-la-loi. Un récit édifiant sur les secrets de l’un des plus puissants lobbies de France ».

On peut se poser des questions sur la crédibilité de l’ouvrage (ou du moins, ce qu’il nous promet) au regard des dernières évolutions législatives …

Quoiqu’il en soit, la promotion du livre démarre dès ce vendredi 8 mai avec des bonnes feuilles publiées dans le supplément Le Parisien Mag sous le titre : « Dans les coulisses de la cigarette ».

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3 Mai 2015 | Observatoire
 

753340-elise-lucetOn connait la présentatrice Élise Lucet et son ardeur à dénoncer, notamment, les turpitudes des fabricants de tabac ou à « piéger » leurs supposés complices. Cela, à deux reprises, dans le cadre de l’émission « Cash Investigation », où une certaine mise en scène des images et des interviews – le sous-entendu supplantant le déclaré – permet de constituer un lourd dossier à charge (voir Lmdt des 23 novembre et 8 octobre 2014, 12 juin 2013). Lequel a laissé des traces. 

Contre les parlementaires amateurs de cigares …
Contre tel fabricant de tabac faisant son travail de lobbying à Bruxelles, etc.
Ceci, avec la tranquille bonne conscience de lutter contre le mal absolu de nos sociétés contemporaines : le tabac.

La même Élise Lucet fait l’objet d’un certain buzz médiatique, en ce moment. Avec quelques portraits favorablement troussés, ici ou là. Et ce n’est pas sans surprise que l’on découvre dans la page que lui a consacré Libération, le 29 avril, qu’Élise Lucet … fume dans son bureau du quatrième étage de France Télévisions. Des Vogue, précise même la journaliste de Libération qui évoque, quelques lignes après, son côté « cash-pieds » … notamment quand elle s’invite dans un déjeuner privé entre industriels du tabac et élus.

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Gilles-Pargneaux-001Dans le cadre de la séance plénière du Parlement européen qui se tient ces jours-ci à Strasbourg, le « groupe de travail contre l’ingérence de l’industrie du tabac » (voir Lmdt des 12 mars et 27 février) tient sa première réunion, ce mercredi 29 avril, dans l’après-midi.

La démarche est spécifique : haro sur l’industrie du tabac en Europe. On note dans les constats amenant à sa constitution : « l’industrie du tabac utilise la désinformation, la manipulation des médias et des décideurs politiques, l’ingérence dans la législation et la formulation des politiques, la publicité, la promotion et le parrainage, l’utilisation de fausses preuves sur la santé et l’économie, la philanthropie et la responsabilité sociale des entreprises.

« La philosophie de notre groupe de travail est simple, mais radicalement différente de ce qui a été pratiqué jusqu’alors : il s’agit de bâtir une nouvelle politique antitabac qui cible les fabricants de tabac ».

Le groupe, animé par l’eurodéputé socialiste du Nord, Gilles Pargneaux (photo), est composite : on y retrouve une UMP (Françoise Grossetête), des centristes (le français Robert Rochefort et la belge Frédérique Ries, tous deux très médiatiques), des écologistes (Michèle Rivasi, Bart Staes et José Bové que l’on ne présente plus), des représentants de la gauche de la gauche (Martina Anderson et Younous Omarjee) et des membres du mouvement italien « 5 Etoiles » ( Eleonora Evi et Fabio Massimo Castaldo). Ils sont accompagnés par l’élue municipale parisienne et écologiste, Pauline Delpech (voir Lmdt des 8 septembre et 23 juin 2014).

Dans un document du groupe socialiste au Parlement européen, on retrouve les cinq priorités de ce groupe de travail :
. veiller à la transposition ambitieuse de la Directive Tabac, en poussant les États membres à aller plus loin ;
. exiger de l’Union européenne et des États membres l’application stricte et sans délai de l’article 5.3 de la convention cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac ;
. exiger la ratification et la mise en œuvre du protocole de l’OMS visant à éliminer le commerce illicite du tabac ;
. empêcher le renouvellement des « accords de coopération » entre l’Union européenne et les fabricants de tabac ;
. établir un lien entre « paquet générique » et « traçabilité indépendante des produits du tabac ».

20 Mar 2015 | International, Observatoire
 

sucre_0Selon une étude de l’université de Californie (San Francisco), publiée dans la revue PLOS Medicine, l’industrie sucrière américaine aurait tenté d’influencer, dans les années 60, la recherche du pays sur la lutte contre les caries infantiles. « Avec des tactiques similaires à celles de l’industrie du tabac à la même époque » s’empressent de souligner les auteurs.

Les chercheurs se basent sur l’analyse de 319 documents internes de l’industrie – datant de 1959 à 1971 – provenant d’archives publiques, ainsi que celles de l’Institut national américain de la recherche dentaire (NIDR). Leur examen comparatif ferait apparaître un alignement, qualifié de « troublant », entre les objectifs de recherche du NIDR et les intérêts de l’industrie du sucre, qui souhaitait détourner l’attention de la consommation de sucre dans l’apparition des caries dentaires.

Cependant, les chercheurs admettent les limites à leurs travaux car ces derniers s’appuient largement sur les documents de l’industrie et les chercheurs n’ont pu interroger les principaux responsables du programme de l’époque. Lire la suite »

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18 Mar 2015 | Pression normative
 

Lobbying transparenceParmi les amendements adoptés, ce matin, par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale (voir Lmdt de ce jour), l’AFP fait un zoom sur le principe de transparence sur les actions de lobbying des industriels du tabac, introduit dans le projet de loi Santé.

Marisol Touraine a présenté l’amendement comme la volonté d’encadrer et de mieux connaître les pratiques de promotion et de lobbying des fabricants évoquant un « Sunshine Act » pour les industriels du tabac (comme ce qui a été fait pour les industries pharmaceutiques après le scandale du Médiator).

« Ça n’est faire injure à personne que de dire que des industriels cherchent à faire pression sur les politiques qui sont mises en place », a-t-elle précisé. Elle qui en prend prétexte pour renforcer des contraintes réglementaires que ne rencontre aucun autre secteur … Lire la suite »

18 Mar 2015 | Pression normative
 

C’est au pas de charge que la Commission des affaires sociales a examiné, ce matin, les amendements tabac du projet de loi Santé de Marisol Touraine (voir Lmdt de ce matin). Qu’en est-il en cette mi-journée ?

• Examiné en premier et présenté par Marisol Touraine, l’amendement gouvernemental sur le paquet neutre (générique) a été adopté, après un débat réduit au plus court.

JP Door Les amendements de l’opposition demandant – à la place du paquet neutre – l’application stricte de la Directive tabac ont fait l’objet de discussions plus longues et plus vives. C’est en définitive, l’amendement de Jean-Pierre Door (UMP/ Loiret) qui a été battu de justesse (21 voix pour, 22 voix contre).

• L’amendement de Michèle Delaunay (PS, Gironde) sur « l’encadrement de la diffusion des revues professionnelles » est adopté. Mais le rapporteur Olivier Véran est réservé sur la formulation de l’amendement, il en appelle à « la sagesse du parlement ».

• Les amendements gouvernementaux sur l’interdiction de la PLV Tabac et de la publicité pour la cigarette électronique sont adoptés.

Michèle Delaunay Michèle Delaunay a annoncé qu’elle retravaillait son amendement sur « le contrôle systématique par le vendeur du tabac de la majorité de l’acheteur, par la production d’une pièce d’identité ». Un autre de ses amendements visant à établir une interdiction de création d’un débit de tabac à une certaine distance d’autres lieux publics, pour des raisons de santé publique, a été adopté par 17 voix contre 16.

• Adoption aussi de plusieurs autres amendements gouvernementaux : sur l’obligation de déclarer ses dépenses de communication pour tout acteur de la filiale tabac ; sur l’interdiction de fumer dans un véhicule en présence d’un enfant de 12 ans; sur le contrôle de l’interdiction de vente aux mineurs par les policiers municipaux, les garde- champêtres et les agents de surveillance de la ville de Paris.

 Les divers amendements allant dans le sens de la hausse de fiscalité sont rejetés ou retirés car n’entrant pas dans le cadre du projet de loi de Santé. Mais Marisol Touraine précise qu’il pourra y avoir d’autres augmentations de prix à l’avenir.

• L’amendement de l’UMP sur une coordination entre Douanes, Gendarmerie et Police nationale est rejeté.

À suivre.

 

Gilles PargneauxUn groupe de parlementaires européens a appelé, ce jeudi 12 mars, les dirigeants de l’Union européenne à lutter contre « l’ingérence » de l’industrie du tabac dans les politiques publiques, rapporte une dépêche AFP

« L’ingérence de l’industrie du tabac est préméditée et continuelle », dénoncent ces eurodéputés dans un courrier adressé aux 28 chefs d’Etat et de gouvernement. Venus de tous les groupes politiques du Parlement, ils ont créé un groupe de travail animé par le socialiste français Gilles Pargneaux (photo) avec pour ambition de « cibler les fabricants de tabac, qui sont la racine du mal » (voir Lmdt des 27 et 5 février) .

Les députés européens veulent « veiller à la transposition ambitieuse » de la Directive Tabac, votée il y a un an, dans les législations nationales, qui doit intervenir d’ici 2016. Ils veulent notamment « garantir une traçabilité indépendante du tabac pour lutter efficacement contre la contrebande, la contrefaçon et les achats frontaliers » et « appliquer le principe du pollueur-payeur » avec une « contribution environnementale payée par les seuls cigarettiers sur les mégots ».

Ils demandent une « application stricte et sans délai » de la convention de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la « protection des politiques de santé publique en matière de lutte antitabac face aux intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac ».

Les parlementaires veulent également « empêcher le renouvellement des accords douteux de coopération entre l’UE et l’industrie en matière de lutte contre le commerce illicite du tabac », en estimant son coût à plus de 10 milliards d’euros en perte de recettes fiscales et douanières. Ils « exigent la mise en œuvre du protocole de l’OMS visant à éliminer le commerce illicite du tabac », ratifié à ce jour par seulement six Etats sur 54 signataires.

Dénonçant la « duplicité » des fabricants, ils soulignent que les « cigarettes issues de la contrebande et des achats transfrontaliers, qui représentent 95% du commerce parallèle, sont de vraies cigarettes, fabriquées dans leurs usines ».

2 Mar 2015 | Observatoire
 

Livre Arrêtez de nous enfumerAu tour d’un pigiste du Canard Enchaîné, Denis Boulard, de prendre sa plume sur les coulisses du tabac (voir Lmdt des 17, 16 et 15 octobre 2014). « Arrêtez de nous enfumer ! » (Éditions du Moment), en librairie le 26 mars prochain, met au banc des accusés (forcément) État et fabricants mais s’attaque surtout à toutes les hypocrisies … sur la guerre officiellement déclarée au tabac. 

Du lobbying des laboratoires contre la déferlante « vapoteuse » jusqu’aux solutions thérapeutiques mensongères, en passant par le financement obscur des associations anti-tabac … « Arrêtez de nous enfumer ! » se veut  une enquête basée sur des chiffres et des documents inédits, mais aussi à travers des témoignages rares, pour « essayer de comprendre pourquoi les dix millions de fumeurs français ne sont pas, loin s’en faut, les coupables dans cette affaire de Santé publique… mais bien les premières et seules victimes », annonce l’éditeur.

Denis Boulard pointe, par exemple, certains clubs, comme « Avenir de la santé », financé par GSK, qui regroupe certains parlementaires et membres de la commission d’autorisation de mise sur le marché. C’est ce que révèle La Lettre de l’Expansion de ce lundi 2 mars.