
Les buralistes des Pyrénées-Atlantiques ont lancé une campagne pour sensibiliser le public à leurs difficultés. La concurrence de l’Espagne, où le paquet de cigarettes est vendu deux fois moins cher, menace la survie de leur commerce. Dans le département, 263 bureaux de tabac ont mis la clé sous la porte ces vingt dernières années. C’est ainsi que débute un sujet de France 3 Régions, signé Jean Barrère (le 6 août).
D’innombrables « carottes » rouges et blanches, symbole des bureaux de tabac, sont éparpillées devant la frontière espagnole. C’est ce que montre l’affiche imaginée par les bureaux de tabac des Pyrénées-Atlantiques pour alerter sur la mauvaise passe que traverse la profession. « 263 buralistes du 64 ont fermé en vingt ans », s’insurge le visuel.
Cette dernière est présente devant le comptoir de Jérôme Récapet, patron d’un établissement à Navarrenx (photo). Le président de la fédération des buralistes du département se dit inquiet : « L’avenir n’est pas rassurant. On subit une baisse du volume de ventes, et une fiscalité qui augmente de façon exponentielle. »
Les professionnels déplorent la concurrence des buralistes d’Espagne, où le tabac est moins taxé. Alors qu’un paquet de cigarettes coûte environ 13 € en France, le prix descend à 5,5 € de l’autre côté de la frontière. « Quand j’étais jeune, la différence de prix était entre 30 à 50 %, retrace Jérôme Récapet. Aujourd’hui, on est à plus de 100 %. Le porte-monnaie des Français étant ce qu’il est, ils vont en Espagne. »
En plus de la concurrence ibérique, les professionnels sont également touchés par le trafic et la contrefaçon. À tel point que, selon Jérôme Récapet, la majorité du tabac consommé dans les Pyrénées-Atlantiques ne provient plus des buralistes du département : « On ne représente plus que 30 % des ventes de tabac dans le 64, alors qu’on est censés avoir 100 %, c’est censé être un monopole. »
Les difficultés des professionnels sont déplorées par leurs clients.
« La population ne souhaitera pas s’installer dans un village où tout est fermé », estime une dame venue pour retirer un colis. « Ça me touche, car c’est un lieu de vie », témoigne un autre. Pour survivre, les buralistes tentent de se diversifier. À Navarrenx, Jérôme Récapet propose de nombreux objets que l’on n’imaginerait pas dans un bureau de tabac. Lire la suite »