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1 Juin 2026 | Pression normative
 

Cigarette à la main en terrasse

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, un constat s’impose : informer et culpabiliser ne suffisent plus. Pour aider les fumeurs à décrocher, la science du comportement et l’accompagnement psychologique s’avèrent bien plus efficaces que la seule injonction rationnelle, explique Jérôme Palazzolo, psychiatre et psychothérapeute, professeur à l’Université Côte d’Azur, dans le JDD / Journal du Dimanche (du 31 mai).

Le tabagisme demeure, en 2026, la première cause évitable de mortalité. Ce constat, largement partagé, pourrait laisser penser que l’enjeu relève désormais de la seule information. Or, la persistance d’une prévalence élevée, notamment dans les populations les plus vulnérables, nous rappelle une évidence clinique : on ne change pas un comportement complexe par la seule injonction rationnelle.

Fumer ne se résume pas à une consommation de nicotine. C’est un comportement appris, entretenu par des renforcements multiples – biologiques, émotionnels, cognitifs et sociaux. La cigarette apaise, structure, accompagne. Elle s’inscrit dans des routines, des contextes, parfois dans une identité. Dès lors, l’arrêt ne peut être envisagé comme une simple décision, mais comme un processus de transformation. Lire la suite »

28 Mai 2026 | Observatoire
 

Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024. C’est ainsi que l’OFDT / Observatoire français des drogues et des tendances addictives (voir 26 février 2026 et 18 juillet 2025) débute un communiqué-bilan sur le tabagisme en 2025 (voir 27 mai 2026).

Certains départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par cette baisse. La hausse des taxes en Belgique et au Luxembourg ayant entraîné un report sur le territoire français des acheteurs qui allaient auparavant se fournir à l’étranger témoigne de l’utilité de politiques publiques mises en œuvre au niveau européen (ndlr : il y aurait des choses à dire sur le sujet… on y reviendra / LMDT).

Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025 : il s’avère quasi stable depuis 2017, avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. En effet, après l’augmentation des prix en 2024, la hausse des prix des cigarettes demeure modérée en 2025 (le prix moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue passant de 12,54 euros à 13 euros, tandis que le prix moyen du paquet de tabac à rouler de la marque la plus vendue reste inchangé à 23,90 euros)… (ndlr : là encore… on reviendra sur le sujet / LMDT).

La diversification du marché du tabac se confirme

À noter que si les ventes de cigarettes et de tabac à rouler baissent toutes deux en 2025 comparativement à 2024 (-8,7 % et -9,6 % respectivement, un peu moins que sur l’année précédente), celles des autres produits du tabac restent assez stables, avec une progression de 0,3 %.
Les évolutions sont cependant contrastées : entre la baisse de 22,9 % pour le tabac à chauffer et de 2,4 % pour les cigares, mais la hausse de 5,8 % des autres tabacs à fumer (narguilé, tabac à pipe, à tuber, blunts, etc.). Ces autres produits du tabac représentent 8 % de parts de marché en 2025, contre 3 % en 2017.

Le tabagisme à des niveaux toujours plus bas

En 2024, moins d’un cinquième des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement – un niveau toujours plus bas. Chez les adolescents, le tabagisme a fortement régressé ces 15 dernières années avec 5,6 % de fumeurs quotidiens chez les lycéens en 2024 contre 30,8 % en 2010. En parallèle, le vapotage progresse, notamment chez les jeunes : 4 % des lycéens vapotaient exclusivement quotidiennement en 2024, contre 0,8 % en 2022.

L’intérêt pour sortir du tabagisme se poursuit

Entre 2024 et 2025, l’utilisation de l’aide au sevrage augmente toujours. Cela se reflète dans l’augmentation des ventes et des remboursements des traitements de substitution nicotinique (+7 % de ventes de traitements), portés principalement par les substituts sous forme orale, puis par les timbres transdermiques (patchs).
On note aussi l’augmentation de la fréquentation des dispositifs d’aide à l’arrêt tels que les lignes d’écoute (environ 61 000 appels traités par les tabacologues de Tabac Info Service en 2025, une hausse de 5,2 % par rapport à 2024).
Enfin, au cours de la période 2016-2019, environ 1,8 million de tentatives d’arrêt ont été attribuées à l’opération #MoisSansTabac, qui fêtait en novembre 2025 sa dixième édition.

28 Mai 2026 | Pression normative
 

Elle fait son retour sur les écrans : alors que les associations anti-tabac mènent depuis des années des campagnes de prévention, elles alertent aujourd’hui sur un retour de la cigarette mise en avant dans les médias. Dans des scènes de films, de séries, des clips de musique ou même sur les photos d’influenceurs sur les réseaux sociaux, les associations pointent du doigt une forme d’incitation à fumer qui cible en particulier le jeune public.
Nous reprenons un sujet de RTL ce 24 mai.

« C’est clairement une contre-attaque menée par l’industrie », déplore Emmanuel Ricard, médecin de santé publique et porte-parole de la Ligue contre le cancer.
Invité de RTL ce 24 mai, il explique qu’il y a depuis quelques années une baisse de la consommation de tabac chez les jeunes : « Chez les lycéens, c’est 5,5 % des jeunes qui sont dans les enquêtes fumeurs », ce qui pousse l’industrie du tabac à trouver de nouveaux moyens d’attirer ces jeunes consommateurs, puisqu’elle « perd et a besoin de 200 000 nouveaux consommateurs chaque année ». Lire la suite »

27 Mai 2026 | Observatoire
 

Les volumes de tabac vendus dans les réseaux de buralistes ont réduit de 8,2 % par rapport à 2024, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) (voir 26 février 2026 et 18 juillet 2025).
Les Français, et notamment les jeunes, fument moins – même si l’usage de la cigarette électronique continue de progresser. C’est ainsi que débute une dépêche de l’Agence France-Presse que nous reprenons.

La baisse des ventes légales de tabac s’est poursuivie en 2025 en France, relève l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans un contexte de tabagisme à « des niveaux toujours plus bas ».

« Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024 », indique l’OFDT dans son rapport annuel sur le sujet. Les départements frontaliers sont toutefois moins concernés par cette baisse que les années précédentes. La Belgique et le Luxembourg ont notamment mené des hausses de taxes significatives, ce qui a réduit l’avantage fiscal qui attirait les fumeurs français (sic…).

Les ventes totales en métropole dans ce réseau de commerçants s’élèvent à 30 165 tonnes en 2025, après 32 846 tonnes l’année précédente.

Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025, un niveau quasi stable depuis 2017 avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. Si les ventes de cigarettes et de tabac à rouler baissent en 2025 par rapport à l’année précédente (respectivement -8,7 % et -9,6 %), celles du narguilé, du tabac à pipe, des blunts ou autres tabacs à fumer grimpent de 5,8 %.

Autre constat dressé par l’OFDT : la France fume moins.

Moins d’un adulte de 18 à 75 ans sur cinq disait fumer quotidiennement en 2024, soit « la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000 », souligne l’OFDT dans son bilan. Cette tendance se retrouve chez les jeunes. Alors qu’en 2010, 30,8 % des lycéens fumaient tous les jours, la proportion chutait à 5,6 % en 2024. En revanche, l’usage quotidien de la cigarette électronique parmi les lycéens poursuit sa progression. « La France fait dorénavant partie de la dizaine de pays, principalement nordiques, dont le niveau de tabagisme quotidien (chez les jeunes / ndlr) est inférieur à 5 % », relève l’OFDT. Cela s’accompagne d’une hausse des ventes de traitements nicotiniques de substitution en pharmacie (+7 % en 2025 par rapport à 2024). Lire la suite »

26 Mai 2026 | Pression normative
 

Faudrait-il étendre au vapotage les zones sans tabac en France ? Une large majorité de Français y seraient favorables (7 sur 10), selon un sondage OpinionWay pour la Ligue contre le cancer que RMC dévoile ce 25 mai.
Nous reprenons son information.

Depuis bientôt un an, il est déjà interdit de fumer sa cigarette sur les plages, dans les parcs, les abribus ou les écoles (voir les 30 mai et 1er juillet 2025).
Avec ce nouveau sondage, la Ligue contre le cancer milite pour que cette interdiction soit étendue à la vapoteuse : la cigarette électronique.

Il faudrait ainsi, selon la Ligue contre le cancer, « réduire la visibilité et l’attractivité de la cigarette électronique, toujours plus “glamour” avec ses goûts et ses jeux de lumière, et abusivement présentée comme inoffensive, avant que sa consommation ne s’installe durablement », écrit l’association dans son communiqué.

« On a deux types de publics, les fumeurs qui substituent la nicotine, mais aussi de plus en plus de jeunes qui consomment », poursuit sur RMC le docteur Emmanuel Ricard, médecin en santé publique et directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer.
« On craint d’être en retard d’une guerre, et que ce qu’on gagne sur la cigarette on le perde sur le vapotage », s’inquiète-t-il. Lire la suite »

 

En principe, Milan (1 360 000 habitants) a décidé de devenir une ville où il est interdit de fumer dans l’espace public… à moins de se retrouver dans un lieu isolé où il soit possible de maintenir une distance de 10 mètres entre le fumeur et d’autres personnes (voir 26 décembre 2024 et 20 janvier 2021).

Ce 18 mai, une motion a été présentée au conseil municipal avec une mesure imposant l’interdiction absolue de fumer, y compris dans les lieux isolés où il était encore permis de fumer en respectant la distance de 10 mètres.

Elle a été rejetée par le conseil municipal : 20 contre (dont celle de la présidente du conseil municipal), 13 pour, 7 abstentions.

 

Tel un pavé dans la mare, le « generational ban » (loi de génération sans tabac interdisant, à vie, à tout Britannique né à partir du 1er janvier 2009 (ou après le 31 décembre 2008 pour être plus clair) d’avoir le droit d’acheter du tabac dans un point de vente / voir 22 avril 2026) a été adopté sans problèmes la semaine dernière.
Ceci, suite à une procédure d’examen parlementaire complète se déroulant sans anicroches (relatée, étape par étape, ici-même, voir les 17 avril 2024 et 10 mars 2026).

Le plus impressionnant ne réside peut-être pas dans la radicalité de la mesure, en elle-même, mais dans le silence impressionnant qui l’accompagne jusqu’à maintenant.
À l’exception du club de fumeurs « Forest » (voir 26 novembre 2024) et de quelques professionnels du cigare à Londres.

Sinon, partout ailleurs, le silence absolu.
Pas un mot de l’industrie.
Pas un mot des fameux « lobbyistes ».
Pas un mot des professionnels directement concernés, à un titre ou à un autre.
Pas un mot de tabacologues non plus.
Du moins, pour le moment. Mais c’est impressionnant.

Pas un mot, ne serait-ce que pour faire entendre la voix du bon sens.
Cette loi de génération sans tabac, c’est de la prohibition qui ne veut pas dire son nom.

La prohibition dont on sait, historiquement, que ses résultats ont toujours été contraires à son objectif.
La prohibition qui revient à reconnaître, de fait, la victoire de la contrebande.

/ Jean-Paul Vaslin

9 Avr 2026 | Associations
 

Le cendrier de poche ? On pourrait penser que son usage reste limité…
De récentes données montrent au contraire une dynamique encourageante.
C’est ainsi que débute un message de l’éco-organisme Alcome – sur Linkedin – que nous reprenons.

D’après les toutes dernières études de l’éco-organisme :

  • Une majorité de fumeurs (66 %) se dit prête à utiliser un cendrier de poche au quotidien… si on lui en propose un.
  • Plus d’un fumeur sur deux (53 %) en possède déjà un, souvent plusieurs.

Premières conclusions :
Les conditions sont déjà réunies pour faire évoluer durablement les pratiques.
Le cendrier de poche est identifié, accepté… et déjà présent dans le quotidien de nombreux fumeurs.

L’enjeu d’aujourd’hui : accompagner cette progression et développer l’ancrage du geste dans les habitudes.
Un réflexe en cours d’acquisition, porté par une prise de conscience qui progresse.

(Voir aussi 31 mars et 28 janvier 2026)

8 Avr 2026 | Pression normative
 

Les citoyennes et citoyens de vos commune vous ont élus le 15 ou le 20 mars 2026. Ils attendent de leurs élus des engagements concrets pour améliorer leur qualité de vie, protéger leur santé et préserver leur environnement.
La lutte contre le tabagisme et la protection de ceux qui ne fument pas font pleinement partie de ces enjeux.
C’est ainsi que DNF / Demain sera Non Fumeur (voir 10 septembre 2025) s’adresse aux maires qui viennent de commencer leur mandat. Nous reprenons ce courrier.

Depuis le 1er juillet 2025, l’entrée en vigueur du décret du 27 juin 2025 (voir les 30 mai 2025 et 28 juin 2025) marque une étape importante pour la protection de la population, et en particulier des personnes fragiles (enfant, personnes enceintes, personnes en situation de handicap, etc.).
Ce texte étend l’interdiction de fumer à plusieurs espaces publics extérieurs tels que les parcs et jardins publics, les plages, les abribus, les abords des établissements scolaires et des équipements sportifs.

Elle reconnaît également le rôle important et central des collectivités locales. Les maires disposent en effet de la possibilité d’étendre ces périmètres et donc de créer de nouveaux espaces sans tabac par arrêté municipal. L’objectif est simple : protéger davantage les habitants et favoriser des environnements plus sains.
Partout, en France, de nombreuses communes se sont déjà engagées dans cette démarche avant même le décret !

Les espaces sans tabac permettent de réduire l’exposition au tabagisme passif, de protéger les enfants et de lutter contre la banalisation du tabac.
Ils permettent également de réduire la pollution liée aux mégots, déchet le plus présent dans l’espace public.

Dans ce contexte, nous appelons les nouveaux élus municipaux à prendre des engagements clairs afin de faire de leur commune un territoire plus protecteur pour tous. Lire la suite »

18 Mar 2026 | Pression normative
 

Une analyse de Truth Initiative – une ONG américaine dédiée à la santé publique et engagée contre la dépendance à la nicotine – alerte sur la forte présence d’images de tabac et de produits nicotiniques dans les contenus audiovisuels populaires, y compris parmi les films nommés à l’Academy Award for Best Picture.

Selon l’ONG, cette exposition fréquente, notamment chez les jeunes spectateurs, pourrait favoriser l’initiation au vapotage et compliquer l’arrêt de la nicotine, ce qui conduit Truth Initiative à appeler l’industrie du divertissement à renforcer les mesures de prévention.

Une exposition aux produits du tabac et de la nicotine fréquente et en hausse dans l’audiovisuel

Alors que l’industrie du cinéma célèbre les films les plus remarqués de l’année, une analyse de Truth Initiative met en lumière une tendance préoccupante : huit des dix films nommés cette année pour l’Academy Award for Best Picture contiennent des images de tabagisme ou d’utilisateurs de cigarettes électroniques ou autres produits à la nicotine, soit une absence de progrès par rapport aux constats réalisés aux Oscars 2025. Selon l’organisation, la présence récurrente de tous ces produits dans des films populaires et primés contribue à banaliser un comportement addictif, notamment auprès des jeunes spectateurs.

Par ailleurs, une étude récente menée par le NORC à l’Université de Chicago, un institut de recherche indépendant, en collaboration avec Truth Initiative, indique également que plus de la moitié (51 %) des 152 films les plus populaires de 2024 comportaient des scènes de consommation de tabac, en hausse de 10 points de pourcentage par rapport à l’année précédente (41 %). Lire la suite »