Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
11 Juin 2026 | Profession
 

Le 9 juin s’est tenu, à Paris, la 3ème édition du Forum francophone sur la nicotine (voir le 8 juin).
Dédiée au thème « Craving, habitudes et dépendance : sortir du tabac à travers la réduction des risques », cette édition a rassemblé médecins et experts en santé publique, chercheurs, économistes, responsables associatifs et acteurs de terrain venus de plusieurs pays francophones pour échanger sur les stratégies les plus efficaces de réduction du tabagisme.
Nous reprenons le communiqué publié à l’issue de la réunion.

Dans un contexte où le tabac demeure l’une des principales causes de mortalité évitable avec près de 68 000 décès par an, les intervenants soulignent la nécessité d’enrichir les politiques de santé publique par une approche fondée sur les données scientifiques, l’expérience clinique et la réalité des parcours des fumeurs.

Une conviction : mieux comprendre la dépendance pour mieux accompagner les fumeurs

Alors que la France compte encore près de 9 millions de fumeurs, les intervenants ont souligné le rôle central du craving, cette envie irrépressible de consommer qui constitue l’un des principaux obstacles au sevrage. Si l’addiction repose sur des mécanismes bien identifiés, elle nécessite des réponses adaptées, fondées sur l’éducation, la prévention et l’accompagnement individualisé. Lire la suite »

8 Juin 2026 | Profession
 

En France, environ 12,5 millions de personnes fument du tabac, soit environ 15,3 % de la population adulte, représentant un véritable enjeu de santé publique.
Après les éditions précédentes à Paris (voir le 2 juin 2025) et Genève, le Forum de la francophonie sur la nicotine poursuit sa dynamique le 9 juin 2026, à la Maison de l’Amérique latine à Paris, pour une nouvelle matinée d’échanges.

Nous reprenons le communiqué de présentation.

Cette édition mettra l’accent sur une meilleure compréhension des comportements liés à la nicotine : craving, habitudes, déclencheurs individuels et diversité des profils de consommateurs. Dans un contexte où les approches strictement basées sur l’arrêt total montrent leurs limites, le forum propose d’explorer des stratégies plus progressives et adaptées, en intégrant la réduction des risques comme levier complémentaire de santé publique.

Chercheurs, professionnels de santé et acteurs institutionnels se réuniront pour partager leurs expertises, confronter les points de vue et proposer des pistes d’action concrètes, y compris en matière de prévention auprès des mineurs. Lire la suite »

7 Juin 2026 | Profession
 

La plateforme Nicotine World organise, ce 9 juin à Paris, le troisième colloque du forum de la francophonie sur la nicotine (voir 2 juin 2026, 25 février 2026 et 30 mai 2025).
Jean-François Douenne, cofondateur de la plateforme Nicotine World, répond à des questions sur cet événement.

L’an dernier, vous aviez déjà réuni des professionnels de santé autour de la réduction des risques liés au tabac. Qu’est-ce qui a évolué depuis cette première édition parisienne ?

Jean-François Douenne : La première édition parisienne était l’édition fondatrice du Forum. Nous avions réussi à réunir autour d’une même table des médecins, des responsables politiques, des addictologues, des chercheurs, des travailleurs sociaux, des représentants d’associations de consommateurs, des consommateurs et des professionnels du secteur.
Depuis, le sujet de la réduction des risques a pris de l’ampleur. De plus en plus de professionnels de santé constatent sur le terrain que certains fumeurs arrivent à sortir du tabac grâce à la vape ou grâce à d’autres alternatives nicotiniques.
Mais dans le même temps, le débat s’est aussi durci. On voit monter des approches très prohibitionnistes sur certains produits. Mais interdire ne règle pas les problèmes.
Notre objectif reste le même : parler de santé publique de manière concrète et regarder ce qui fonctionne réellement pour faire reculer le tabagisme.

Pourquoi avoir choisi cette année le thème du craving, des habitudes et de la dépendance ? Est-ce aujourd’hui l’un des principaux angles morts dans la lutte contre le tabagisme ?

Jean-François Douenne : Oui, je pense que c’est un angle mort important. Pendant longtemps, le débat s’est concentré principalement et presque uniquement sur la nicotine elle-même.
La dépendance au tabac est bien plus complexe. Il y a le geste, les habitudes, les rituels sociaux, le stress, le plaisir, les automatismes du quotidien.
Le craving (impulsion addictive) est souvent ce qui fait rechuter les fumeurs. Si on ne comprend pas cette réalité-là, on passe à côté d’une grande partie du problème.
Avec ce forum, nous voulons remettre l’humain au centre des discussions. La réduction des risques n’est pas une théorie abstraite, c’est une approche qui part de la réalité des comportements et des difficultés rencontrées par les fumeurs adultes. Lire la suite »

2 Juin 2026 | Profession
 

La plateforme Nicotine World va organiser, le 9 juin, son troisième colloque du Forum de la francophonie sur la nicotine (voir 25 février 2026 et 30 mai 2025) sur le thème du « Craving, habitudes et dépendance : repenser le tabac à travers la réduction des risques ».

Les thèmes abordés seront les suivants :

  • « – Craving et dépendance : comprendre les mécanismes de l’envie de fumer et l’impact de la nicotine sur le cerveau.
  • – Habitudes et déclencheurs : identifier les situations à risque et les profils de consommation.
  • – Sortir du “tout ou rien” : vers une approche progressive et réaliste du changement.
  • – Réduction des risques : alternatives, bonnes pratiques et idées reçues.
  • – Prévention et santé publique : enjeux, notamment chez les mineurs.
  • – Temps d’échange : partage d’expériences et réflexion autour des pratiques. »

Ndlr : le « craving » correspond à une impulsion addictive.

31 Mai 2026 | Observatoire
 

Chaque année, le 31 mai, la Journée mondiale sans tabac portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en lumière les conséquences sanitaires, sociales et économiques du tabagisme. Pour l’édition 2026, l’OMS a choisi d’attirer l’attention sur les stratégies marketing susceptibles d’influencer les comportements des jeunes et d’encourager l’entrée dans les consommations. C’est ainsi que démarre une communication de la Fédération Addiction (voir 6 février 2026) que nous reprenons.

Les stratégies commerciales des industriels évoluent

Alors que le tabac demeure l’une des principales causes de mortalité évitable, les produits du tabac et de la nicotine connaissent des évolutions rapides, accompagnées de nouvelles stratégies de promotion et de commercialisation. Réseaux sociaux, packagings attractifs, dispositifs jetables, arômes variés ou encore recours aux influenceurs participent à la visibilité de ces produits auprès des jeunes publics.

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai 2026, l’OMS alerte sur le risque que ces stratégies contribuent à banaliser les usages. Cette préoccupation est largement partagée par les acteurs de la prévention, qui soulignent l’importance de limiter l’exposition des mineurs aux produits nicotiniques et aux messages promotionnels. Lire la suite »

28 Mai 2026 | Observatoire, Récents
 

Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024. C’est ainsi que l’OFDT / Observatoire français des drogues et des tendances addictives (voir 26 février 2026 et 18 juillet 2025) débute un communiqué-bilan sur le tabagisme en 2025 (voir 27 mai 2026).

Certains départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par cette baisse. La hausse des taxes en Belgique et au Luxembourg ayant entraîné un report sur le territoire français des acheteurs qui allaient auparavant se fournir à l’étranger témoigne de l’utilité de politiques publiques mises en œuvre au niveau européen (ndlr : il y aurait des choses à dire sur le sujet… on y reviendra / LMDT).

Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025 : il s’avère quasi stable depuis 2017, avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. En effet, après l’augmentation des prix en 2024, la hausse des prix des cigarettes demeure modérée en 2025 (le prix moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue passant de 12,54 euros à 13 euros, tandis que le prix moyen du paquet de tabac à rouler de la marque la plus vendue reste inchangé à 23,90 euros)… (ndlr : là encore… on reviendra sur le sujet / LMDT).

La diversification du marché du tabac se confirme

À noter que si les ventes de cigarettes et de tabac à rouler baissent toutes deux en 2025 comparativement à 2024 (-8,7 % et -9,6 % respectivement, un peu moins que sur l’année précédente), celles des autres produits du tabac restent assez stables, avec une progression de 0,3 %.
Les évolutions sont cependant contrastées : entre la baisse de 22,9 % pour le tabac à chauffer et de 2,4 % pour les cigares, mais la hausse de 5,8 % des autres tabacs à fumer (narguilé, tabac à pipe, à tuber, blunts, etc.). Ces autres produits du tabac représentent 8 % de parts de marché en 2025, contre 3 % en 2017.

Le tabagisme à des niveaux toujours plus bas

En 2024, moins d’un cinquième des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement – un niveau toujours plus bas. Chez les adolescents, le tabagisme a fortement régressé ces 15 dernières années avec 5,6 % de fumeurs quotidiens chez les lycéens en 2024 contre 30,8 % en 2010. En parallèle, le vapotage progresse, notamment chez les jeunes : 4 % des lycéens vapotaient exclusivement quotidiennement en 2024, contre 0,8 % en 2022.

L’intérêt pour sortir du tabagisme se poursuit

Entre 2024 et 2025, l’utilisation de l’aide au sevrage augmente toujours. Cela se reflète dans l’augmentation des ventes et des remboursements des traitements de substitution nicotinique (+7 % de ventes de traitements), portés principalement par les substituts sous forme orale, puis par les timbres transdermiques (patchs).
On note aussi l’augmentation de la fréquentation des dispositifs d’aide à l’arrêt tels que les lignes d’écoute (environ 61 000 appels traités par les tabacologues de Tabac Info Service en 2025, une hausse de 5,2 % par rapport à 2024).
Enfin, au cours de la période 2016-2019, environ 1,8 million de tentatives d’arrêt ont été attribuées à l’opération #MoisSansTabac, qui fêtait en novembre 2025 sa dixième édition.

27 Mai 2026 | Observatoire
 

Les volumes de tabac vendus dans les réseaux de buralistes ont réduit de 8,2 % par rapport à 2024, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) (voir 26 février 2026 et 18 juillet 2025).
Les Français, et notamment les jeunes, fument moins – même si l’usage de la cigarette électronique continue de progresser. C’est ainsi que débute une dépêche de l’Agence France-Presse que nous reprenons.

La baisse des ventes légales de tabac s’est poursuivie en 2025 en France, relève l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans un contexte de tabagisme à « des niveaux toujours plus bas ».

« Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024 », indique l’OFDT dans son rapport annuel sur le sujet. Les départements frontaliers sont toutefois moins concernés par cette baisse que les années précédentes. La Belgique et le Luxembourg ont notamment mené des hausses de taxes significatives, ce qui a réduit l’avantage fiscal qui attirait les fumeurs français (sic…).

Les ventes totales en métropole dans ce réseau de commerçants s’élèvent à 30 165 tonnes en 2025, après 32 846 tonnes l’année précédente.

Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025, un niveau quasi stable depuis 2017 avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. Si les ventes de cigarettes et de tabac à rouler baissent en 2025 par rapport à l’année précédente (respectivement -8,7 % et -9,6 %), celles du narguilé, du tabac à pipe, des blunts ou autres tabacs à fumer grimpent de 5,8 %.

Autre constat dressé par l’OFDT : la France fume moins.

Moins d’un adulte de 18 à 75 ans sur cinq disait fumer quotidiennement en 2024, soit « la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000 », souligne l’OFDT dans son bilan. Cette tendance se retrouve chez les jeunes. Alors qu’en 2010, 30,8 % des lycéens fumaient tous les jours, la proportion chutait à 5,6 % en 2024. En revanche, l’usage quotidien de la cigarette électronique parmi les lycéens poursuit sa progression. « La France fait dorénavant partie de la dizaine de pays, principalement nordiques, dont le niveau de tabagisme quotidien (chez les jeunes / ndlr) est inférieur à 5 % », relève l’OFDT. Cela s’accompagne d’une hausse des ventes de traitements nicotiniques de substitution en pharmacie (+7 % en 2025 par rapport à 2024). Lire la suite »

29 Mar 2026 | Pression normative
 

Là où les patchs et gommes échouent massivement, un champignon hallucinogène affiche une efficacité qui sidère la médecine du sevrage. Un essai clinique montre que le taux d’abstinence grimpe à six fois celui des traitements conventionnels.
C’est ce qu’annonce un article de Sciences & Vie, signé Auriane Polge, que nous reprenons.

Chaque année, des millions de fumeurs tentent d’arrêter avec des substituts nicotiniques sans succès durable. Les rechutes restent massives malgré des décennies d’amélioration des protocoles. Pourtant, une substance issue d’un champignon hallucinogène redessine complètement le paysage du sevrage. La psilocybine pourrait bien révolutionner cette impasse thérapeutique.
Six fois plus efficace qu’un traitement homologué depuis vingt ans

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1 Mar 2026 | Observatoire, Récents
 

Une vaste étude génétique identifie des variants rares capables de réduire fortement la consommation de cigarettes. Ces différences biologiques pourraient expliquer pourquoi certaines personnes résistent mieux à l’addiction que d’autres. Nous reprenons l’article d’Ariane Polge que Science & Vie consacre au sujet (le 27 février).

Face au tabac, tous les fumeurs ne sont pas égaux. Certains deviennent rapidement dépendants, tandis que d’autres limitent spontanément leur consommation ou parviennent à arrêter plus facilement. Longtemps attribuées à la motivation ou à l’environnement, ces différences pourraient aussi avoir une origine biologique. Pour certains individus, la résistance au tabac est inscrite dans leur biologie.

Pourquoi la dépendance à la nicotine varie autant d’une personne à l’autre

La dépendance au tabac résulte d’un mécanisme bien connu. La nicotine se fixe sur des récepteurs spécifiques du cerveau, ce qui active les circuits de récompense et renforce l’envie de consommer. Cependant, l’intensité de cette réponse varie fortement selon les individus.

Pour comprendre cette variabilité, une équipe internationale a analysé les génomes de 37 897 fumeurs participant à une cohorte de santé à Mexico. Les chercheurs ont ensuite comparé ces résultats avec des bases de données issues du UK Biobank et de Biobank Japan afin de vérifier si les effets observés se retrouvaient dans différentes populations.
L’objectif était d’identifier des variantes génétiques rares capables d’influencer directement le comportement tabagique. Lire la suite »

17 Sep 2025 | Associations
 

Dans sa dernière campagne « Carton rouge : le marketing agressif des paris sportifs », Addictions France (voir 26 juin 2025) révèle les pratiques promotionnelles des opérateurs de jeux d’argent et de hasard. Pour ces derniers, les paris sportifs représentent un secteur particulièrement lucratif : au cœur d’un marché en plein essor, ils ciblent délibérément les jeunes et encouragent des comportements addictifs, profitant d’un cadre réglementaire insuffisant.
C’est ainsi que débute un communiqué d’Addictions France dont nous reprenons l’essentiel.

Une publicité omniprésente qui incite à jouer toujours plus

Pour séduire toujours plus de joueurs, les opérateurs de jeux déploient des stratégies marketing massives : sponsoring de clubs de football et de fédérations sportives, publicités ciblées pendant les matchs, slogans accrocheurs… L’objectif : rendre le pari sportif incontournable dans les compétitions sportives.

Les parieurs sont incités à miser toujours plus grâce à une combinaison de visuels attractifs qui jouent sur les émotions fortes, des figures emblématiques et la promesse de gains faciles. Le rapport d’Addictions France met en avant les techniques incitatives des opérateurs et la systématisation des gratifications financières : freebets, offres promotionnelles, notifications, publicités interstitielles…

En 2024, année marquée par l’Euro et les Jeux olympiques de Paris, les opérateurs de jeux ont annoncé à l’ANJ un investissement publicitaire record de 670 millions d’euros. Une stratégie qui a porté ses fruits : selon un sondage IFOP réalisé pour Addictions France, 62 % des parieurs déclarent avoir joué sous l’influence de la publicité, et 83 % de ceux exposés à des contenus d’influenceurs affirment que cela leur a donné envie de parier.
« L’industrie des paris sportifs prospère sur l’illusion et la dépendance. Elle veut faire croire qu’aimer le sport, c’est parier. Il est temps d’en finir avec cette banalisation qui menace la santé publique », dénonce Myriam Savy, directrice de la communication et du plaidoyer chez Addictions France.

Une législation dépassée face au numérique : Addictions France appelle à renforcer la réglementation

Malgré les règles établies par l’Autorité nationale des jeux (ANJ) – dont les moyens sont clairement insuffisants –, Addictions France révèle les carences majeures du cadre de régulation actuel. D’après l’enquête menée par l’association, près de 30 % des contenus d’influenceurs ne respectent pas les directives de l’ANJ, et 80 % négligent les messages de prévention obligatoires. Les formats éphémères comme les stories échappent largement à tout contrôle.

Face à ce constat, Addictions France appelle à des mesures concrètes pour réduire l’exposition des jeunes à la survalorisation des paris sportifs afin de limiter les risques d’addiction au jeu :

  • Réduire le volume de publicités pour des jeux d’argent, notamment en interdisant la publicité sur les réseaux sociaux, à la TV ou à la radio ;
  • Interdire le sponsoring par des opérateurs de jeux ;
  • Interdire les gratifications financières (bonus, freebets…) ;
  • Instaurer des sanctions réellement dissuasives et, comme pour la loi Evin, habiliter les associations de lutte contre les addictions à poursuivre en justice les contrevenants.