Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
13 Mar 2026 | Observatoire
 

Un ex-militaire ukrainien de 26 ans, résidant en Belgique, a été contrôlé par les Douanes, en Seine-et-Marne, alors qu’il s’apprêtait à livrer des cigarettes à Paris. Jugé ce 9 mars par le tribunal de Meaux, il a écopé d’une lourde amende. Nous reprenons l’article du Parisien.

Mykhailo roulait tranquillement sur la N 2, en direction de Paris, le 5 mars, au volant d’une Ford S-Max. Soudain, des motards et une voiture des Douanes ont surgi et entouré son véhicule, avant de le sommer de s’arrêter sur le côté, à hauteur de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne).

Il s’agissait d’un contrôle aléatoire et c’est peu de dire que les fonctionnaires ont eu du flair. Le conducteur, qui arrivait de Belgique, s’apprêtait à déposer 15 cartons quelque part dans la capitale française. À l’intérieur se trouvaient pas moins de 7 500 paquets de cigarettes de marque Marlboro, soit l’équivalent de 97 500 euros à la revente. Un chargement qui a mené ce jeune homme – après quelques heures de retenue douanière – dans les locaux de garde à vue de la gendarmerie. Et pour cause : l’automobiliste, âgé de 26 ans, n’a pas été en mesure de fournir la moindre facture ou tout autre papier officiel. Lire la suite »

12 Mar 2026 | Observatoire
 

Cendrier de poche

On peut lire un pays dans ses palais nationaux, ses grandes lois, ses infrastructures. On peut aussi l’observer à hauteur de caniveau, en suivant la trace la plus modeste qui soit : le mégot de cigarette. Ce déchet minuscule, banal, presque invisible à force d’être partout, raconte pourtant les usages, les tensions et les contradictions de la société française mieux que bien des rapports officiels.
C’est ainsi que débute une tribune de Jean-Laurent Cassely – auteur d’une étude « Quand la géographie des mégots révèle la mutation des territoires » (voir les 2 février et 12 janvier) – dans Le Monde du 7 mars.

1 // Premier enseignement de ce tour de France des mégots : la géographie des cigarettes écrasées n’est pas une géographie des habitants, mais une géographie des usages.

Les spécialistes parlent de « hotspots de mégots » pour désigner ces lieux où les filtres se concentrent de manière récurrente. Leur périmètre varie, mais leur logique est toujours la même : ce sont des lieux de vie évidents pour tout le monde.

Dans chaque commune, on les repère sans peine : le parvis et les abords de la gare, la terrasse du café ou du restaurant sur la place centrale, les voies sur berge, la rue piétonne devant le groupe scolaire, les abords du gymnase ou du stade. L’espace public y est moins un décor qu’un support d’activités intenses : on y attend, on y transite, on y consomme, on y sociabilise, on y fait la fête. Lire la suite »

12 Mar 2026 | Observatoire
 

Nous reprenons ci-dessous une tribune collective des experts et professionnels de la santé du Forum francophone sur la Nicotine.

Chaque année en France, le tabac tue près de 75 000 personnes, dont 45 000 par cancer.

Ces chiffres, connus et documentés, placent le tabagisme parmi les premières causes de mortalité évitable dans notre pays. Face à ce fléau sanitaire, des solutions existent. Les alternatives nicotiniques, comme le vapotage ou les sachets de nicotine, peuvent contribuer à réduire l’exposition aux substances cancérogènes pour les fumeurs qui ne parviennent pas ou ne souhaitent pas arrêter brutalement, et ainsi participer aux stratégies de lutte contre les cancers liés au tabac.

Réunis à Paris en juin (voir 7 juin 2025) puis à Genève en novembre dernier (voir 23 novembre 2025) à l’occasion du Forum francophone sur la nicotine,

nous, experts de santé publique, médecins et chercheurs en addictologie, avons débattu des stratégies les plus efficaces pour réduire les ravages du tabagisme. Dans le prolongement de ces premiers travaux, deux des signataires – les Dr Imane Kendili et Marileine Kemme Kemme – ont animé un webinar le mercredi 11 mars, dédié aux professionnels de santé afin d’approfondir le rôle des alternatives nicotiniques dans la réduction des risques de cancer (voir 25 février 2026). Lire la suite »

1 Mar 2026 | Observatoire, Récents
 

Une vaste étude génétique identifie des variants rares capables de réduire fortement la consommation de cigarettes. Ces différences biologiques pourraient expliquer pourquoi certaines personnes résistent mieux à l’addiction que d’autres. Nous reprenons l’article d’Ariane Polge que Science & Vie consacre au sujet (le 27 février).

Face au tabac, tous les fumeurs ne sont pas égaux. Certains deviennent rapidement dépendants, tandis que d’autres limitent spontanément leur consommation ou parviennent à arrêter plus facilement. Longtemps attribuées à la motivation ou à l’environnement, ces différences pourraient aussi avoir une origine biologique. Pour certains individus, la résistance au tabac est inscrite dans leur biologie.

Pourquoi la dépendance à la nicotine varie autant d’une personne à l’autre

La dépendance au tabac résulte d’un mécanisme bien connu. La nicotine se fixe sur des récepteurs spécifiques du cerveau, ce qui active les circuits de récompense et renforce l’envie de consommer. Cependant, l’intensité de cette réponse varie fortement selon les individus.

Pour comprendre cette variabilité, une équipe internationale a analysé les génomes de 37 897 fumeurs participant à une cohorte de santé à Mexico. Les chercheurs ont ensuite comparé ces résultats avec des bases de données issues du UK Biobank et de Biobank Japan afin de vérifier si les effets observés se retrouvaient dans différentes populations.
L’objectif était d’identifier des variantes génétiques rares capables d’influencer directement le comportement tabagique. Lire la suite »

26 Fév 2026 | Observatoire
 

L’OFDT a publié, ce 25 février, les résultats du troisième volet de l’Enquête nationale en collège et en lycée chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) menée en 2024 auprès de 11 000 élèves du secondaire, sur leurs comportements d’usage d’alcool, tabac, cigarette électronique, cannabis et autres substances illicites. Les résultats pour l’année 2024 montrent que les usages continuent de diminuer, quoiqu’avec une ampleur variable, pour la plupart des produits.
C’est en ces termes que débute une communication de l’Observatoire français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT), publiée ce 25 février, que nous reprenons.

Les premières générations sans tabac en perspective

En 2024, 7,7 % des collégiens et 30,6 % des lycéens déclarent avoir déjà fumé une cigarette. Le tabagisme quotidien ne concerne que 0,9 % des collégiens et 5,6 % des lycéens. Ces pourcentages sont les mêmes entre garçons et filles au collège mais les lycéennes ont un peu plus expérimenté le tabac que leurs pairs.
Les expérimentations ont globalement baissé depuis 2022, mais pas les usages quotidiens – qui étaient déjà alors en forte baisse.
En contrepoint, la diffusion de la cigarette électronique demeure importante – supérieure à celle des cigarettes de tabac. Lire la suite »

23 Déc 2025 | Observatoire
 

Double page dans Le Parisien (daté du 21 décembre) sur le « grand plan national anti-narcotrafic » du Gouvernement, présenté récemment par Gérald Darmanin (ministre de la Justice) et Vanessa Perrée (procureure à la tête du Parquet national anticriminalité / Pnaco).

Avec force déclarations impressionnantes : « La DZ Mafia reste présente à Marseille et s’étend telle une pieuvre dans de nombreuses villes » ; « 700 personnes liées à la criminalité organisée actuellement incarcérées sont très dangereuses. »
Mais… pas une seule mention des liens de plus en plus étroits, de plus en plus évidents, entre trafics de stups et de tabac comme nous le prouvons ici-même quasi-quotidiennement (voir les 22, 20 et 18 décembre).

Pourtant Gérald Darmanin (ancien ministre des Comptes publics et de l’Intérieur) connaît le sujet.
Il s’en est suffisamment préoccupé et a même tenté, à son époque, de faire travailler Douanes, Gendarmerie et Police nationale sur le sujet.

Tout juste, la procureure évoque, dans l’interview, « des commerces de proximité qui servent de blanchisseuses ».
Sans même citer les bars à chicha et épiceries qui écoulent, désormais, du tabac sur le marché parallèle…

14 Nov 2025 | Observatoire
 

Une étude récente de l’Insee, l’Institut national de la statistique en France, révèle que dans les départements frontaliers, plus d’un ménage sur deux traverse la frontière pour faire ses courses dans les pays voisins, dont le Luxembourg.
C’est le site luxembourgeois Virgule qui rebondit sur cette information sous la plume de Mélodie Mouzon. Extraits.


En 2024, dans les départements français frontaliers, plus d’un ménage sur deux a traversé la frontière pour réaliser des achats physiques par carte bancaire dans un pays voisin. C’est ce que révèle une étude récente de l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques en France, réalisée en collaboration avec le Crédit Mutuel.


Ces achats transfrontaliers (tous produits) représentent ainsi 14 % du montant total des dépenses physiques par carte des ménages de Moselle, la proportion la plus importante constatée lors de cette étude. La proportion est de 9,5 % en Meurthe-et-Moselle (…)


En moyenne, les frontaliers ont effectué 34 achats durant l’année 2024 au Luxembourg et ont dépensé 47 euros par transaction. Les courses transfrontalières au Luxembourg sont réalisées en majorité durant la semaine.


Les achats effectués de l’autre côté de la frontière se font principalement dans les stations-service, dans les magasins de tabac, dans les hôtels et restaurants. « Le tabac coûtant moins cher dans les pays voisins, cela incite certains fumeurs à s’approvisionner à l’étranger », précise l’Insee. Un phénomène bien connu au Luxembourg, où les frontaliers profitent également de tarifs plus avantageux sur les carburants.
Rien d’étonnant donc que le poids des achats en stations-service et magasins de tabac soit particulièrement fort au Grand-Duché : il représente 59 % des dépenses des frontaliers dans le pays.


L’Insee relate que les achats au Luxembourg sont souvent effectués par des consommateurs très réguliers, « qui effectuent des dépenses de l’autre côté de la frontière la plupart des semaines. » Près de 50 % du montant total dépensé au Luxembourg par les frontaliers français sont le fait de consommateurs très réguliers.
Cela s’explique par le fait que les consommateurs frontaliers en Moselle et Meurthe-et-Moselle sont aussi nombreux à travailler au Grand-Duché et profitent de leur présence sur le territoire grand-ducal pour y faire des achats.

1 Nov 2025 | Observatoire
 

Selon le dernier rapport de Santé publique France, la France compterait aujourd’hui 4 millions de fumeurs quotidiens en moins qu’il y a dix ans (voir 15 et 16 octobre).

Une baisse spectaculaire saluée par les autorités sanitaires. Mais pour le Klava Innovation, laboratoire français pionnier dans le domaine des thérapies numériques en addictologie et du changement comportemental (voir 8 février 2024), ces chiffres masquent une réalité plus contrastée.

« Ce sont des résultats en trompe-l’œil. Même si l’on compte 4 millions de fumeurs de cigarettes en moins, beaucoup se sont rabattus sur le vapotage, dont les effets sur la santé restent encore mal mesurés », souligne Didier Adda, cofondateur du laboratoire Klava Innovation.

L’entreprise observe également que le tabagisme reste très ancré dans les milieux défavorisés, et que certaines régions, notamment l’Occitanie et la région PACA, conservent des niveaux stables de consommation, souvent liés à la proximité des frontières et à des prix plus attractifs.

Autre signe à nuancer : la vente de substituts nicotiniques, en hausse ou stable, montre que l’arrêt complet du tabac reste difficile sans accompagnement comportemental durable.

Pour Klava, ces données rappellent l’importance d’aller au-delà de la mesure statistique :

  • comprendre les ressorts psychologiques de l’addiction,
  • renforcer la personnalisation des messages de prévention,
  • développer des programmes qui favorisent le passage à l’acte durable plutôt que la substitution d’un produit par un autre.

« La réussite d’une politique de santé publique se mesure dans le temps long, pas seulement à la baisse d’un indicateur. La vraie victoire, c’est de transformer les comportements de manière durable », conclut Didier Adda.

30 Oct 2025 | Observatoire, Récents
 

Une nouvelle étude d’opinion publique — réalisée par l’institut Povaddo (voir 26 mai 2025 et 17 avril 2024) pour le compte de Philip Morris International dans neuf pays — met en évidence que l’opinion publique internationale se reconnaît de plus en plus dans deux constats :

  • les nouvelles alternatives à la cigarette traditionnelle (tabac à chauffer, vapotage, sachets de nicotine) doivent être soutenues ;
  • les politiques anti-tabac relèvent souvent davantage d’une approche idéologique que d’une démarche scientifique.

(Enquête réalisée du 11 au 17 septembre 2025 auprès d’un échantillon de 9 040 adultes répartis entre l’Argentine, le Brésil, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis).

  • 78 % des sondés estiment que les fumeurs doivent avoir un accès facile aux produits d’alternatives à la cigarette ;
  • 76 % regrettent que les politiques anti-tabac soient plus influencées par des convictions idéologiques que par des preuves concrètes ;
  • 87 % déclarent que les autorités gouvernementales devraient avant tout s’appuyer sur des éléments scientifiques dans l’élaboration de leur politique de santé ;
  • dans les pays où certains produits d’alternatives à la cigarette sont interdits, plus de 94 % des sondés demandent une évolution de la réglementation ;
  • 80 % estiment que les associations anti-tabac devraient prendre en compte l’ensemble des données disponibles sur les alternatives ;
  • 77 % de l’échantillon (à l’exception des ressortissants suédois) pensent que leur pays devrait s’inspirer de l’approche suédoise en matière de produits alternatifs.

« Tous les pays qui adoptent des produits alternatifs à la cigarette ont constaté une baisse de la vente de cigarettes et de leur prévalence tabagique », commente à cette occasion Jacek Olczak, CEO de Philip Morris International.

« Il existe une forte demande dans le monde pour des politiques basées sur des éléments prouvés, en phase avec l’innovation, et qui procurent de meilleurs résultats à la société. »