Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
23 Déc 2025 | Observatoire
 

Double page dans Le Parisien (daté du 21 décembre) sur le « grand plan national anti-narcotrafic » du Gouvernement, présenté récemment par Gérald Darmanin (ministre de la Justice) et Vanessa Perrée (procureure à la tête du Parquet national anticriminalité / Pnaco).

Avec force déclarations impressionnantes : « La DZ Mafia reste présente à Marseille et s’étend telle une pieuvre dans de nombreuses villes » ; « 700 personnes liées à la criminalité organisée actuellement incarcérées sont très dangereuses. »
Mais… pas une seule mention des liens de plus en plus étroits, de plus en plus évidents, entre trafics de stups et de tabac comme nous le prouvons ici-même quasi-quotidiennement (voir les 22, 20 et 18 décembre).

Pourtant Gérald Darmanin (ancien ministre des Comptes publics et de l’Intérieur) connaît le sujet.
Il s’en est suffisamment préoccupé et a même tenté, à son époque, de faire travailler Douanes, Gendarmerie et Police nationale sur le sujet.

Tout juste, la procureure évoque, dans l’interview, « des commerces de proximité qui servent de blanchisseuses ».
Sans même citer les bars à chicha et épiceries qui écoulent, désormais, du tabac sur le marché parallèle…

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14 Nov 2025 | Observatoire
 

Une étude récente de l’Insee, l’Institut national de la statistique en France, révèle que dans les départements frontaliers, plus d’un ménage sur deux traverse la frontière pour faire ses courses dans les pays voisins, dont le Luxembourg.
C’est le site luxembourgeois Virgule qui rebondit sur cette information sous la plume de Mélodie Mouzon. Extraits.


En 2024, dans les départements français frontaliers, plus d’un ménage sur deux a traversé la frontière pour réaliser des achats physiques par carte bancaire dans un pays voisin. C’est ce que révèle une étude récente de l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques en France, réalisée en collaboration avec le Crédit Mutuel.


Ces achats transfrontaliers (tous produits) représentent ainsi 14 % du montant total des dépenses physiques par carte des ménages de Moselle, la proportion la plus importante constatée lors de cette étude. La proportion est de 9,5 % en Meurthe-et-Moselle (…)


En moyenne, les frontaliers ont effectué 34 achats durant l’année 2024 au Luxembourg et ont dépensé 47 euros par transaction. Les courses transfrontalières au Luxembourg sont réalisées en majorité durant la semaine.


Les achats effectués de l’autre côté de la frontière se font principalement dans les stations-service, dans les magasins de tabac, dans les hôtels et restaurants. « Le tabac coûtant moins cher dans les pays voisins, cela incite certains fumeurs à s’approvisionner à l’étranger », précise l’Insee. Un phénomène bien connu au Luxembourg, où les frontaliers profitent également de tarifs plus avantageux sur les carburants.
Rien d’étonnant donc que le poids des achats en stations-service et magasins de tabac soit particulièrement fort au Grand-Duché : il représente 59 % des dépenses des frontaliers dans le pays.


L’Insee relate que les achats au Luxembourg sont souvent effectués par des consommateurs très réguliers, « qui effectuent des dépenses de l’autre côté de la frontière la plupart des semaines. » Près de 50 % du montant total dépensé au Luxembourg par les frontaliers français sont le fait de consommateurs très réguliers.
Cela s’explique par le fait que les consommateurs frontaliers en Moselle et Meurthe-et-Moselle sont aussi nombreux à travailler au Grand-Duché et profitent de leur présence sur le territoire grand-ducal pour y faire des achats.

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1 Nov 2025 | Observatoire
 

Selon le dernier rapport de Santé publique France, la France compterait aujourd’hui 4 millions de fumeurs quotidiens en moins qu’il y a dix ans (voir 15 et 16 octobre).

Une baisse spectaculaire saluée par les autorités sanitaires. Mais pour le Klava Innovation, laboratoire français pionnier dans le domaine des thérapies numériques en addictologie et du changement comportemental (voir 8 février 2024), ces chiffres masquent une réalité plus contrastée.

« Ce sont des résultats en trompe-l’œil. Même si l’on compte 4 millions de fumeurs de cigarettes en moins, beaucoup se sont rabattus sur le vapotage, dont les effets sur la santé restent encore mal mesurés », souligne Didier Adda, cofondateur du laboratoire Klava Innovation.

L’entreprise observe également que le tabagisme reste très ancré dans les milieux défavorisés, et que certaines régions, notamment l’Occitanie et la région PACA, conservent des niveaux stables de consommation, souvent liés à la proximité des frontières et à des prix plus attractifs.

Autre signe à nuancer : la vente de substituts nicotiniques, en hausse ou stable, montre que l’arrêt complet du tabac reste difficile sans accompagnement comportemental durable.

Pour Klava, ces données rappellent l’importance d’aller au-delà de la mesure statistique :

  • comprendre les ressorts psychologiques de l’addiction,
  • renforcer la personnalisation des messages de prévention,
  • développer des programmes qui favorisent le passage à l’acte durable plutôt que la substitution d’un produit par un autre.

« La réussite d’une politique de santé publique se mesure dans le temps long, pas seulement à la baisse d’un indicateur. La vraie victoire, c’est de transformer les comportements de manière durable », conclut Didier Adda.

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30 Oct 2025 | Observatoire, Récents
 

Une nouvelle étude d’opinion publique — réalisée par l’institut Povaddo (voir 26 mai 2025 et 17 avril 2024) pour le compte de Philip Morris International dans neuf pays — met en évidence que l’opinion publique internationale se reconnaît de plus en plus dans deux constats :

  • les nouvelles alternatives à la cigarette traditionnelle (tabac à chauffer, vapotage, sachets de nicotine) doivent être soutenues ;
  • les politiques anti-tabac relèvent souvent davantage d’une approche idéologique que d’une démarche scientifique.

(Enquête réalisée du 11 au 17 septembre 2025 auprès d’un échantillon de 9 040 adultes répartis entre l’Argentine, le Brésil, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis).

  • 78 % des sondés estiment que les fumeurs doivent avoir un accès facile aux produits d’alternatives à la cigarette ;
  • 76 % regrettent que les politiques anti-tabac soient plus influencées par des convictions idéologiques que par des preuves concrètes ;
  • 87 % déclarent que les autorités gouvernementales devraient avant tout s’appuyer sur des éléments scientifiques dans l’élaboration de leur politique de santé ;
  • dans les pays où certains produits d’alternatives à la cigarette sont interdits, plus de 94 % des sondés demandent une évolution de la réglementation ;
  • 80 % estiment que les associations anti-tabac devraient prendre en compte l’ensemble des données disponibles sur les alternatives ;
  • 77 % de l’échantillon (à l’exception des ressortissants suédois) pensent que leur pays devrait s’inspirer de l’approche suédoise en matière de produits alternatifs.

« Tous les pays qui adoptent des produits alternatifs à la cigarette ont constaté une baisse de la vente de cigarettes et de leur prévalence tabagique », commente à cette occasion Jacek Olczak, CEO de Philip Morris International.

« Il existe une forte demande dans le monde pour des politiques basées sur des éléments prouvés, en phase avec l’innovation, et qui procurent de meilleurs résultats à la société. »

29 Oct 2025 | Observatoire
 

Le Baromètre de Santé publique France publié le 15 octobre 2025 révèle une chute inédite du tabagisme dans notre pays : en 2024, moins d’un quart des adultes fumaient, un niveau jamais atteint. Une victoire pour la santé publique à saluer sans réserve (voir les 15 et 16 octobre).
Mais derrière ces chiffres encourageants, de fortes inégalités sociales.
C’est ainsi que débute un communiqué de la fédération France Addictions que nous reprenons (voir le 31 mai).

Une baisse durable et spectaculaire du tabagisme en France

Une bonne nouvelle : pour la première fois depuis que Santé publique France mesure ces indicateurs, moins d’un quart des adultes fument !

24 % des 18-79 ans déclarent fumer, dont 17,4 % quotidiennement. Chez les 18-75 ans, la proportion de fumeurs est passée de 32 % en 2021 à 25 % en 2024 — une baisse continue engagée depuis 2016, confirmée après la parenthèse du Covid-19.

Le Baromètre de Santé publique France, publié le 15 octobre 2025, confirme que les ventes de tabac ont, elles aussi, chuté de 24 % depuis 2021, tandis que les ventes de traitements de sevrage ont bondi de 29 % sur la même période.

Cette baisse témoigne des efforts conjoints de prévention, de la hausse du prix du tabac (le paquet est passé de 10,92 € à 12,54 € entre 2023 et 2024) et d’un meilleur accompagnement des fumeurs par les professionnels de santé et de l’addictologie. Elle s’inscrit dans l’objectif du Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 : atteindre une génération sans tabac d’ici 2032.

Des inégalités sociales qui menacent les progrès

Mais malgré ces succès, les écarts sociaux restent criants. Les ouvriers fument ainsi 2,1 fois plus que les cadres (25,1 % contre 11,8 %), et les personnes déclarant des difficultés financières sont trois fois plus nombreuses à fumer que les autres (30 % contre 10,1 %). Le chômage joue également un rôle considérable : la prévalence du tabagisme atteint 29,7 % chez les personnes sans emploi.

Ces chiffres confirment le risque de voir la lutte contre le tabac profiter davantage aux catégories favorisées, au risque d’accroître les inégalités sociales de santé si des politiques ciblées ne sont pas renforcées. La Fédération Addiction appelle donc à adapter les dispositifs d’accompagnement aux publics les plus précaires et à maintenir des politiques de prévention accessibles à tous. Lire la suite »

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20 Oct 2025 | Observatoire
 

Les résultats du Baromètre 2024 de Santé publique France et de l’enquête ESPAD 2024 confirment qu’un changement profond de société est à l’œuvre (voir le 15 octobre 2025). En dix ans, le nombre de fumeurs quotidiens de 18 à 75 ans a diminué de quatre millions. Grâce à la mobilisation collective et à la cohérence des politiques publiques, la France franchit une étape historique dans la lutte contre le tabac et s’engage durablement sur la voie d’une génération libérée du tabac.
C’est ainsi que débute un communiqué de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives / voir le 19 juillet 2024 et le 6 mai 2025) que nous reprenons.

4 millions de fumeurs quotidiens en moins en dix ans

Le tabagisme recule nettement dans toutes les tranches d’âge, et plus encore chez les jeunes : en 2024, la proportion de fumeurs quotidiens parmi les 18-75 ans s’élève à 18 % contre 25 % trois ans plus tôt. Chez les jeunes adultes de 18 à 29 ans, la proportion de fumeurs quotidiens chute de 29 % à 18 % entre 2021 et 2024. Chez les adolescents de 17 ans, elle passe de 25,1 % en 2017 à 15,6 % en 2022. Quarante-quatre % des jeunes adultes déclarent n’avoir jamais fumé, un niveau record.

Les résultats de l’enquête ESPAD 2024, menée dans 37 pays européens, confirment la tendance : la France fait désormais partie des pays où l’expérimentation comme le tabagisme quotidien des jeunes de 16 ans sont parmi les plus faibles.

Cette même étude montre que l’expérimentation du cannabis a, quant à elle, été divisée par quatre entre 1999 et 2024 ; la France compte désormais parmi les pays où les jeunes de 16 ans consomment le moins de cannabis. La baisse est moins marquée s’agissant des consommations d’alcool. L’expérimentation d’alcool concerne près de sept jeunes Français sur dix. Ce niveau d’expérimentation et celui des API au cours du mois placent cependant la France dans le tiers des 37 pays les moins consommateurs (…)

Les progrès réalisés au cours de la dernière décennie

Les progrès réalisés au cours de la dernière décennie témoignent de l’efficacité d’une stratégie cohérente, fondée sur la prévention, la régulation et l’accompagnement. Ils confirment que les nouvelles générations se détournent durablement du tabac, une mutation qui s’inscrit aussi dans un contexte de sensibilisation accrue à la santé physique et mentale, au bien-être et à la qualité de vie.

  • Paquet neutre, hausse des prix et espaces sans tabac ;
  • Mois sans tabac depuis 2016, devenu un rendez-vous national de mobilisation ;
  • Accessibilité des traitements de substitution nicotinique ;
  • Renforcement des compétences psychosociales (CPS) dès le plus jeune âge ;

Malgré cette dynamique positive

Malgré cette dynamique positive, le tabagisme demeure marqué par de fortes disparités :

  • Il reste deux fois plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres (25 % contre 12 %) ;
  • Trois fois plus élevé chez les personnes en difficulté financière (30 % contre 10 % chez celles se déclarant à l’aise) ;
  • Plus répandu dans certaines régions, notamment le Grand Est, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur ;

Ces résultats rappellent la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire les inégalités sociales de santé, accompagner les publics les plus vulnérables et répondre aux défis posés par de nouveaux produits à base de nicotine. La Mildeca reste pleinement engagée pour consolider ces progrès et faire émerger une génération libérée du tabac et de la dépendance, capable de faire des choix éclairés pour sa santé et son avenir.

« La baisse historique du tabagisme, chez les adultes comme chez les plus jeunes, montre qu’une politique globale, ambitieuse et continue, réunissant les pouvoirs publics, les professionnels et les associations, porte ses fruits. Les financements mobilisés par le Fonds de lutte contre les addictions permettent de soutenir, à l’échelle nationale comme au niveau local, de nombreux projets dont on mesure aujourd’hui l’efficacité pour dénormaliser le tabac, prévenir sa consommation et aider les fumeurs à arrêter », selon le docteur Nicolas Prisse, président de la Mildeca.

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16 Sep 2025 | Observatoire, Profession
 

Photo Francce 3 Regions

Cela n’a rien à voir avec les buralistes. Mais cela fait réfléchir en termes de positionnement et de différenciation.
Il s’agit de la chaîne de magasins Primark (groupe irlandais spécialisé dans le prêt-à-porter, le maquillage et l’équipement de la maison à des prix accessibles) qui inaugure 3 grands magasins ce mois de septembre (à Caen et Montpellier).

« C’est toujours un enchantement et un mystère de constater que certaines personnes commencent à faire la queue plusieurs heures avant l’ouverture d’un nouveau magasin comme s’il allait disparaître », déclare Christine Loizy, directrice générale de Primark France dans Le Figaro.

Marquant sa présence sur des marchés où les ventes sur internet font un malheur (… l’ultra-fast fashion avec Shein et Temu), le groupe irlandais n’en démord pas : pas de ventes en ligne car elles se font trop souvent à perte.

Et, malgré tout, les consommateurs ont encore besoin de la « magie » du point de vente – point de vie.

12 Sep 2025 | Observatoire
 

De quoi relativiser les cris d’orfraie lancés par ces associations avertissant d’un péril nicotine et tabac chez les jeunes qui monterait en puissance …

L’OFDT (Office français des Drogues et des Tendances addictives) vient de publier les résultats de l’enquête ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and other Drugs) portant sur les addictions des mineurs de 16 ans en Europe.

Rappelons que l’enquête ESPAD existe depuis 1999 et qu’elle livre une photographie des usages précoces tout en offrant une comparaison dans le temps : 113 882 adolescents nés en 2008 ont été questionnés dans 37 pays dont 3 376 en France (entre avril et juin 2024). Du lourd.


Pour la France l’enquête révèle que 3,1 % des ados de 16 ans interrogés font un usage quotidien de cigarettes.

Cette statistique a été divisée par … 5 depuis 2015. Époque où nous en étions à 16 %.
Pour comparaison, nous en sommes, actuellement, à 19,1 % en Hongrie.

Quant à la simple « expérimentation » de la cigarette, elle est de 20 % parmi ces jeunes consommateurs (32 % en 2015).


Alors qu’ils « expérimentent » le vapotage à hauteur de 38 % (44 % en 2015).
20 % déclarant avoir vapoté au cours du mois.


Il s’avère que l’expérimentation du cannabis est de 8,4 %. Là aussi, il y a une baisse… spectaculaire : 31 % en 2015.
Quant à l’expérimentation d’autres drogues dites dures (cocaïne, MDMA, LSD …), elle ressort à 3,9 %.


Côté alcool, nous en sommes à 68 %, côté expérimentation, et à 40 % pour l’usage au cours du mois.
(Voir aussi le 23 mai)