Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
6 Nov 2026 | International
 

Pas moins de 201 organisations professionnelles – représentant toutes les filières professionnelles liées au tabac et à la nicotine en Europe – viennent de s’adresser directement à Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne.

Il s’agit d’un message de mise en garde : on ne peut réviser la Directive tabac européenne (voir 15 octobre 2026 et 14 octobre 2026) sans une prise en compte complète et objective de toutes les conséquences économiques et sociales que pourraient avoir les mesures proposées.
Notamment concernant les risques de développement de la contrebande et de marchés parallèles de tout type.

Parmi les signataires, on retrouve des organisations professionnelles de fabricants, de tabaculteurs, de points de vente et du secteur CHR.
Ainsi, il n’y a pas que les pays partisans d’une politique d’interdiction des nouveaux produits qui s’expriment auprès de la Commission européenne (voir 10 et 8 octobre / Europe).

Sur toute l’Union européenne (ses 27 membres), le chiffre d’affaires correspondant à la vente de tabac et de nouveaux produits se monte à 151,3 milliards d’euros par an. Dont 107 milliards en fiscalité.

28 Oct 2026 | Associations
 

À l’heure où la Commission européenne entame la révision de ses directives sur les produits du tabac (voir les 14 et 15 octobre 2026), il est judicieux de se pencher sur les conséquences d’une politique de plus en plus prohibitionniste. Celle-ci pourrait faire perdre près de 48 milliards d’euros de PIB par an à l’UE. Nous reprenons un article de Patrick Coquard, de l’IREF, publié dans Contrepoints (voir le 24 août 2026).

Après avoir interdit les cigarettes électroniques jetables (« puffs ») et les sachets de nicotine (« pouches »), la France voudrait que l’Union européenne (UE) adopte à son tour une politique très restrictive en matière de commercialisation des produits contenant de la nicotine.

La nicotine, voilà le nouvel ennemi !

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a demandé, avec ses homologues de sept autres pays, au commissaire Varhelyi, chargé de la Santé et du Bien-être animal – on notera le rapprochement qui frise l’antispécisme ! – que les industriels ne puissent plus introduire de nouveaux produits contenant de la nicotine sur le marché européen, ni même des « produits ne contenant ni nicotine ni substance similaire à la nicotine, mais qui ressemblent à des produits qui en contiennent » (voir le 8 octobre). Seraient-ce les célèbres « cigarettes russes » de Delacre qui sont ainsi visées ?

Les ministres souhaitent aussi que les sachets de nicotine soient interdits dans toute l’Union, que des seuils très bas de teneur en nicotine soient exigés pour tous les produits, que tous les arômes soient interdits et que l’emballage neutre des produits du tabac soit étendu aux produits contenant de la nicotine. Lire la suite »

15 Oct 2026 | International
 

La Commission européenne a publié la synthèse des 41 693 contributions à sa consultation publique sur la révision des directives tabac (voir le 26 mai 2026). Voici la synthèse qu’en fait Vaping Post.

Ce qu’il faut retenir

  • La Commission européenne a publié la synthèse des 41 693 contributions à sa consultation publique sur la révision des directives relatives aux produits du tabac et à la publicité.
  • Les citoyens, qui représentent 95,4 % des répondants, se sont montrés hostiles à pratiquement toutes les mesures de durcissement, contrairement aux ONG, aux autorités publiques et aux établissements de recherche.
  • Un tiers des contributions (34,6 %) relève de 32 campagnes coordonnées, dont 27 opposées à un durcissement.
  • Le questionnaire a été critiqué aussi bien par les défenseurs de la réduction des risques, faute de distinguer les produits selon leur nocivité, que par les ONG antitabac, faute d’option d’interdiction.
  • Seules 2,3 % des contributions comportaient une pièce jointe, pourtant le seul moyen d’exprimer une position nuancée selon la DG Santé.
  • La proposition de révision est attendue d’ici à la fin de l’année 2026.
10 Oct 2026 | Institutions
 

Comme chaque automne, le PLF et le PLFSS donnent le ton de la rentrée parlementaire. Avec cette année des contraintes supplémentaires : dette abyssale, instabilité gouvernementale, élections à venir, contexte international des plus incertains…
Rien que ça ! C’est ainsi que débute un post Linkedin (le 4 octobre) de Gatien Descampeaux, directeur des relations territoriales de la Confédération nationale des buralistes.

Alors que le Gouvernement annonce un effort de redressement des comptes publics de 54 milliards d’euros, il n’aura échappé à personne que l’effort reposera en grande partie sur des recettes fiscales supplémentaires, et non sur une réforme profonde et structurelle de l’État lui-même.

Parmi les 7 000 pages que compte la documentation budgétaire pour 2027, certains choix n’ont pas manqué de faire réagir. L’élargissement de la taxe soda aux glaces, bonbons, gâteaux et autres pâtes à tartiner est à cet égard particulièrement révélateur… Lire la suite »

8 Oct 2026 | Institutions
 

Extraits de la conférence de presse de Marine Le Pen, le 6 octobre, pour la présentation d’un contre-budget (« réparer les Finances publiques »).

« Nous profiterons de la renégociation du Cadre financier pluriannuel européen pour revoir notre contribution à l’Union européenne.
En exigeant des économies massives sur les programmes européens actuels que nous ne voulons plus financer, nous baisserons notre contribution nette à 5 milliards d’euros seulement, soit le niveau post-élargissement accepté par Jacques Chirac et qui fonctionnait très bien ainsi.

« Pour montrer notre bonne foi quant au financement pérenne des programmes européens positifs, nous proposerons d’uniformiser la taxation sur le tabac et l’alcool dans toute l’Europe puis d’en transférer l’essentiel comme contribution à l’UE (…)

« Il s’agira non seulement d’une ressource pérenne mais aussi du moyen le plus efficace pour lutter contre la fraude et le trafic transfrontalier. Un tel transfert dégagera en fait des recettes nouvelles pour la France tout en renforçant les buralistes. »

Un peu plus tard, elle devait préciser :
« Les Douanes et la DGCCRF seront considérablement renforcées, deux services publics qui par définition rapportent plus qu’ils ne coûtent et dont l’efficacité sera plus redoutable que l’inénarrable taxe nationale « petits colis », à abolir.
Ainsi, l’amende minimale sera forcément supérieure au préjudice économique créé, une véritable révolution en France qui n’a que trop tardé. »

24 Sep 2026 | Profession
 

J’ai regardé avec intérêt un récent débat consacré par LCP à une question qui revient en France comme au niveau européen : faut-il taxer le vapotage ?
C’est ainsi que démarre – sur LinkedIn, le 15 septembre – un message de Xavier Puech (président de Philip Morris France / voir 10 septembre 2026) que nous reprenons.

Les échanges entre parlementaires et professionnels de santé, certains opposés à la taxation, montrent bien la complexité du sujet. Mais je pense que la question n’est pas d’être « pour ou contre la taxation », mais plutôt « comment faire de notre fiscalité un outil au service des fumeurs ? »

Le débat fiscal qui s’ouvre devrait donc être l’occasion de réfléchir d’abord à une véritable échelle des risques, fondée sur les connaissances scientifiques, puis d’en tirer les conséquences dans nos politiques publiques.
D’autant que la vape occupe aujourd’hui une place reconnue dans les parcours de sevrage de nombreux fumeurs.

Avant de débattre du niveau des taxes, commençons donc par nous accorder sur la hiérarchie des risques.
C’est à cette condition que la fiscalité pourra devenir un levier de réduction du tabagisme, plutôt qu’un simple réflexe budgétaire.

24 Août 2026 | Institutions
 

Depuis plusieurs années, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que les taxes représentent au moins 75 % du prix de vente des cigarettes. Si l’objectif affiché est, bien évidemment, de réduire le tabagisme, il est difficile de prouver que cette démarche fonctionne parfaitement. C’est ainsi que débute un article de Gonzalo Delpech dans Contrepoints (le 31 juillet) que nous reprenons.

Aujourd’hui, selon la Tax Foundation, seuls 39 des 178 pays suivis par l’OMS, soit 22 % des pays, atteignent ce seuil de 75 %, dont 25 sont des pays à revenu élevé selon la Banque mondiale et 20 appartiennent à l’Union européenne.

Surtout, une fiscalité toujours plus lourde ne garantit ni une baisse durable de la consommation, ni une hausse des recettes publiques. Les exemples européens le montrent : en 2025, plus de 42 milliards de cigarettes illicites ont été consommées dans l’Union européenne (privant les États de près de 16,7 milliards d’euros de recettes fiscales). Plus de 10 % des cigarettes fumées dans l’UE échappent ainsi désormais aux circuits légaux.

La France met malheureusement parfaitement en lumière cette limite. Près de 38,5 % des cigarettes consommées proviennent de la contrebande ou d’achats réalisés à l’étranger, faisant du pays l’un des principaux marchés illicites d’Europe. Selon la Tax Foundation, chaque euro supplémentaire de taxe par paquet de 20 cigarettes entraîne une augmentation d’environ 7 % de la contrebande au sein de l’Union européenne.

L’Irlande offre un autre exemple intéressant. Avec une fiscalité atteignant 10,71 euros de taxes par paquet, la plus élevée d’Europe, le pays n’a pourtant pas atteint son objectif de ramener le taux de tabagisme sous les 5 % en 2025. Celui-ci demeure proche de 17 %, malgré une pression fiscale record.

À vouloir augmenter sans cesse les taxes, les pouvoirs publics risquent surtout de déplacer la consommation vers les réseaux illicites, tout en s’interdisant d’atteindre leur objectif de santé publique, faute de réfléchir aux meilleurs instruments.
À l’IREF-Contrepoints, nous proposons plusieurs réformes sur les taxes concernant le tabac : celles-ci devraient davantage tenir compte de la réalité des produits et de leur niveau de risque plutôt que de reposer uniquement sur une augmentation mécanique des prix (le tabac pourrait être taxé en fonction de la quantité réelle de tabac contenue dans le produit, mais également selon les risques associés à son mode de consommation).
Cette approche est déjà mise en œuvre en Suède.

14 Août 2026 | International
 

Le gouvernement allemand a adopté définitivement, fin juillet, une nouvelle trajectoire fiscale pour les produits du tabac. Comme prévu (voir 24 juin 2026).

L’objectif est clairement affiché : récupérer 756 millions d’euros supplémentaires de taxes tabac en plus pour l’année prochaine.
« La consolidation du budget fédéral 2027 » est la priorité.
Dans ce cadre, les taxes tabac doivent ramener 756 millions d’euros supplémentaires l’année prochaine.

Le paquet de cigarettes moyen devrait passer ainsi à 8,80 euros, en 2027, et à 11 euros en 2030.

Les produits du vapotage sont aussi concernés. Une taxation de 0,33 centime par millilitre d’e-liquide en 2027 et de 0,36 millilitre en 2030.

23 Juil 2026 | Observatoire
 

Pour Patrick Coquart (chercheur associé à l’IREF / Institut de recherches économiques et financières / voir les 5 juin 2025 et 16 décembre 2024), la fiscalité comportementale ne peut être efficace que si elle reste cohérente, lisible et proportionnée à l’objectif poursuivi.
À travers l’exemple du tabac, il alerte sur les limites d’une fiscalité devenue si lourde qu’elle risque moins de modifier les comportements que de nourrir les marchés parallèles.
Voici son argumentaire.

La fiscalité comportementale repose sur une idée simple : utiliser l’impôt pour orienter les comportements et, accessoirement, financer l’action publique. En matière de santé publique, cette logique est régulièrement mobilisée pour justifier la hausse des taxes sur les produits jugés nocifs, en particulier le tabac, l’alcool ou les boissons sucrées.

Sur le principe, l’objectif peut sembler légitime. Si certains comportements engendrent des coûts pour la collectivité, il n’est pas absurde que la fiscalité cherche à les prendre en compte. Mais encore faut-il que cette fiscalité soit cohérente, compréhensible et réellement efficace. Lire la suite »