Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
24 Août 2026 | Institutions
 

Depuis plusieurs années, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que les taxes représentent au moins 75 % du prix de vente des cigarettes. Si l’objectif affiché est, bien évidemment, de réduire le tabagisme, il est difficile de prouver que cette démarche fonctionne parfaitement. C’est ainsi que débute un article de Gonzalo Delpech dans Contrepoints (le 31 juillet) que nous reprenons.

Aujourd’hui, selon la Tax Foundation, seuls 39 des 178 pays suivis par l’OMS, soit 22 % des pays, atteignent ce seuil de 75 %, dont 25 sont des pays à revenu élevé selon la Banque mondiale et 20 appartiennent à l’Union européenne.

Surtout, une fiscalité toujours plus lourde ne garantit ni une baisse durable de la consommation, ni une hausse des recettes publiques. Les exemples européens le montrent : en 2025, plus de 42 milliards de cigarettes illicites ont été consommées dans l’Union européenne (privant les États de près de 16,7 milliards d’euros de recettes fiscales). Plus de 10 % des cigarettes fumées dans l’UE échappent ainsi désormais aux circuits légaux.

La France met malheureusement parfaitement en lumière cette limite. Près de 38,5 % des cigarettes consommées proviennent de la contrebande ou d’achats réalisés à l’étranger, faisant du pays l’un des principaux marchés illicites d’Europe. Selon la Tax Foundation, chaque euro supplémentaire de taxe par paquet de 20 cigarettes entraîne une augmentation d’environ 7 % de la contrebande au sein de l’Union européenne.

L’Irlande offre un autre exemple intéressant. Avec une fiscalité atteignant 10,71 euros de taxes par paquet, la plus élevée d’Europe, le pays n’a pourtant pas atteint son objectif de ramener le taux de tabagisme sous les 5 % en 2025. Celui-ci demeure proche de 17 %, malgré une pression fiscale record.

À vouloir augmenter sans cesse les taxes, les pouvoirs publics risquent surtout de déplacer la consommation vers les réseaux illicites, tout en s’interdisant d’atteindre leur objectif de santé publique, faute de réfléchir aux meilleurs instruments.
À l’IREF-Contrepoints, nous proposons plusieurs réformes sur les taxes concernant le tabac : celles-ci devraient davantage tenir compte de la réalité des produits et de leur niveau de risque plutôt que de reposer uniquement sur une augmentation mécanique des prix (le tabac pourrait être taxé en fonction de la quantité réelle de tabac contenue dans le produit, mais également selon les risques associés à son mode de consommation).
Cette approche est déjà mise en œuvre en Suède.

14 Août 2026 | International
 

Le gouvernement allemand a adopté définitivement, fin juillet, une nouvelle trajectoire fiscale pour les produits du tabac. Comme prévu (voir 24 juin 2026).

L’objectif est clairement affiché : récupérer 756 millions d’euros supplémentaires de taxes tabac en plus pour l’année prochaine.
« La consolidation du budget fédéral 2027 » est la priorité.
Dans ce cadre, les taxes tabac doivent ramener 756 millions d’euros supplémentaires l’année prochaine.

Le paquet de cigarettes moyen devrait passer ainsi à 8,80 euros, en 2027, et à 11 euros en 2030.

Les produits du vapotage sont aussi concernés. Une taxation de 0,33 centime par millilitre d’e-liquide en 2027 et de 0,36 millilitre en 2030.

23 Juil 2026 | Observatoire
 

Pour Patrick Coquart (chercheur associé à l’IREF / Institut de recherches économiques et financières / voir les 5 juin 2025 et 16 décembre 2024), la fiscalité comportementale ne peut être efficace que si elle reste cohérente, lisible et proportionnée à l’objectif poursuivi.
À travers l’exemple du tabac, il alerte sur les limites d’une fiscalité devenue si lourde qu’elle risque moins de modifier les comportements que de nourrir les marchés parallèles.
Voici son argumentaire.

La fiscalité comportementale repose sur une idée simple : utiliser l’impôt pour orienter les comportements et, accessoirement, financer l’action publique. En matière de santé publique, cette logique est régulièrement mobilisée pour justifier la hausse des taxes sur les produits jugés nocifs, en particulier le tabac, l’alcool ou les boissons sucrées.

Sur le principe, l’objectif peut sembler légitime. Si certains comportements engendrent des coûts pour la collectivité, il n’est pas absurde que la fiscalité cherche à les prendre en compte. Mais encore faut-il que cette fiscalité soit cohérente, compréhensible et réellement efficace. Lire la suite »

16 Juil 2026 | Institutions, Récents
 

Tel est le titre d’un article des Les Échos (le 15 juillet), signé Sébastien Dumoulin, se bornant à constater que les buralistes ont vendu, ce premier semestre, 40 millions de paquets de cigarettes de moins que l’année dernière (voir le 23 juin 2026).

Avant de constater benoîtement que « ce n’est pas une bonne nouvelle pour le budget de la Sécurité sociale. »

L’auteur de l’article aurait pu ajouter que « ce n’est pas une bonne nouvelle » pour les buralistes non plus.
Mais il a dû oublier.

Quoi qu’il en soit, l’article souligne que « les bureaux de tabac ont écoulé 550 millions de paquets de cigarettes sur les six premiers mois de 2026.
C’est 40 millions de moins que l’an dernier sur la même période, soit une baisse de 7 %, qui s’inscrit dans une trajectoire de baisse ininterrompue ces dernières années.

En 2018, les Français achetaient encore 2 milliards de paquets par an. Cette année, à peine plus d’1 milliard de paquets devrait trouver preneur, une chute de moitié en seulement huit ans.

Les recettes spécifiques du tabac devraient passer cette année sous la barre des 12 milliards d’euros. Et le rythme de cette décrue approche désormais 700 millions d’euros de moindres recettes chaque année. Bercy a mis du temps à prendre acte de cette nouvelle donne (…)

En 2024 comme en 2025, l’écart entre la prévision initiale et les recettes réelles du tabac a approché 700 millions d’euros. Pour 2026, les services du ministère ont pris les devants et acté, dès le PLF de l’automne dernier, que les recettes du tabac baisseraient à nouveau d’un montant similaire.

Un réalisme que les chiffres de vente à la mi-année viennent appuyer. »

(Voir aussi les 15 avril 2026 / fiscalité tabac et 13 juin 2026 / recettes fiscales.)

8 Juil 2026 | International
 

Premier pays au monde à bannir la vente de tabac aux générations futures (voir le 3 novembre 2025), les Maldives viennent de rendre les cigarettes deux fois moins chères pour tous les autres. Une volte-face qui coïncide avec l’effondrement des recettes douanières et une élection perdue.
Nous reprenons un article de VapingPost du 6 juillet.

Depuis le 1er novembre 2025, tous les produits du tabac sont interdits à la vente aux personnes nées après 2007. Le pays de l’océan Indien est ainsi devenu le premier au monde à mettre en place une interdiction générationnelle de la vente de tabac, soit la mesure de lutte contre le tabagisme la plus forte.

Rapidement, la mesure a inspiré d’autres gouvernements à travers le monde, à l’image du Royaume-Uni qui a suivi son exemple, avec une application prévue pour 2027 (voir le 22 avril 2026). Et l’idée d’une interdiction générationnelle de la vente de tabac poursuit son chemin dans de nombreux autres pays… comme en France (voir les 3 et 6 juillet 2026 / les vrais enjeux). Lire la suite »

29 Juin 2026 | L'essentiel, Profession
 

Dans son dernier « Livre blanc » (voir le 26 juin 2026), Logista France prend position et demande un moratoire sur la fiscalité tabac. Extrait du Livre blanc :

Le constat

Si elle a contribué à réduire le tabagisme, la hausse régulière des prix du tabac a aussi poussé une partie des consommateurs vers le marché illicite. Ils y trouvent des produits moins chers, qui échappent à la fiscalité et à toute forme de régulation, y compris quant à leur composition.
Ce transfert de consommation entraîne une perte de recettes fiscales et fragilise l’objectif de santé publique attendu des taxes antitabac.
L’analyse des ressorts du marché illicite suggère, par ailleurs, que de nouvelles augmentations de prix attiseraient encore les trafics.

Comment agir ?

Un moratoire sur toute nouvelle hausse de fiscalité des produits du tabac permettrait de réduire l’attrait du marché parallèle et de laisser le temps aux autres pays européens de rattraper le niveau de taxation, limitant ainsi les achats transfrontaliers.
Cette pause momentanée offrirait aussi la possibilité de mesurer précisément l’impact de futures augmentations de la fiscalité, en les articulant avec les autres politiques de prévention du tabagisme.

Avec quel horizon temporel ?

Un moratoire de cinq ans permettrait de lisser les écarts de taxation avec les autres pays européens et de préparer les prochaines étapes.

Que pourrait apporter Logista France ?

Logista France se tient prête à contribuer au débat public en mettant à disposition des données d’impact permettant d’éclairer les décisions futures et de concilier prévention sanitaire et protection des recettes publiques.

24 Juin 2026 | International
 

Quel naïf imaginerait encore qu’un État européen va écarter l’option de nouvelles hausses fiscales tabac, malgré d’éventuelles promesses, devant les besoins de financement urgents apparaissant un peu partout ?

En tout cas, l’Allemagne vient de prendre la décision. Et le ministre des Finances vient d’y confirmer une nouvelle trajectoire fiscale d’ici 2030 (voir le 29 avril 2026).

L’objectif consiste à y faire passer le prix moyen du paquet de 20 cigarettes de 8,80 euros (en 2027) à 11,40 euros en 2030.
Le tabac à rouler et les cigares-cigarillos sont appelés à suivre la même trajectoire.

Et le ministre du Budget de bien insister : « augmenter les taxes sur le tabac… est essentiel pour consolider le budget. »

(Voir aussi 19 juin 2026)

19 Juin 2026 | International
 

Photographie du parlement européen à Bruxelles

Ce 17 juin, en session à Strasbourg, le Parlement européen a rejeté un rapport-clé dans le cadre du processus de la révision de la Directive fiscalité tabac (Tobacco Taxation Directive / TTD), laquelle prévoyait des hausses des taux minimums d’accises dans les pays membres (sans aller forcément au même niveau que la France) ainsi que la mise en place d’une taxation sur les produits à nicotine de nouvelle génération (produits du vapotage, tabac chauffé, sachets de nicotine / voir le 21 juillet 2025).

Le rapport a été nettement rejeté par 439 voix contre, 181 pour et 38 abstentions. Cela veut dire que le Parlement n’aura pas de position commune sur le sujet. Ce que certains considèrent comme regrettable car les débats ont été techniquement de qualité et sans a priori « idéologique ».

De toutes façons, au-delà même du Parlement, toutes les décisions relevant de la fiscalité (tabac ou autre) dépendent d’une décision à l’unanimité des pays membres du Conseil européen. Il semble qu’on soit loin d’y arriver.

Pour le moment, la procédure va donc continuer. Même si l’absence d’une position commune du Parlement européen complique les choses.

13 Juin 2026 | Profession
 

La chute est aussi spectaculaire que révélatrice. Au premier trimestre, les taxes sur l’alcool et le tabac – les accises, selon le terme précis – ont rapporté seulement 3 milliards d’euros, contre 4 milliards durant la même période de 2025. C’est ainsi que débute un article de Denis Cosnard du Monde (le 12 juin) que nous reproduisons.

Un milliard d’euros partis en fumée en un an, soit une baisse de 25 %, selon les chiffres publiés le 9 juin par la Direction générale des Finances publiques. Les autres recettes fiscales ont, au contraire, progressé de plus de 2 % dans le même temps, grâce notamment à la fin du « bouclier tarifaire » sur l’électricité, qui a fait bondir de 16 % les taxes sur l’énergie.

Que se passe-t-il au rayon alcool et tabac ? Un cocktail de facteurs explique le plongeon du premier trimestre.
Le premier est technique : certaines taxes sur le tabac, habituellement comptabilisées en début d’année, l’ont été au dernier trimestre 2025, amoindrissant ainsi la collecte des premiers mois de 2026.
Mais, même en écartant cet effet de calendrier, le recul reste notable. Les taxes sur le tabac fléchissent de 6 % en rythme annuel, et celles sur les alcools de 10 %.

Le décalage dans la collecte a, en réalité, accentué un mouvement profond, observé depuis plusieurs années : une nette baisse des recettes fiscales liées au tabac et à l’alcool.
Pour le tabac, le rendement des accises est passé de 15,4 milliards d’euros en 2020 à 13,1 milliards en 2025, selon Bercy. Pour l’alcool (4,1 milliards d’euros de recettes en 2025), le reflux est plus modéré, mais sensible également, au moins depuis 2022. Lire la suite »

13 Juin 2026 | International
 

Nous vous avons déjà informé sur la consultation lancée par la Commission européenne pour recueillir l’avis des citoyennes et citoyens sur ses projets de révision des règles concernant les produits du tabac et la publicité en faveur du tabac.
Ceci dans le cadre de la TPD 3 (Tobacco Products Directive 3) en cours d’élaboration à Bruxelles (voir les 4 juin et 26 mai 2026).

Pas facile de prendre le temps nécessaire et la sérénité souhaitable pour rentrer dans ce type de questionnaire.

Mais il serait dommage que des professionnels directement concernés ne fassent pas connaître leur avis sur une directive et des normes appelées à dessiner la réglementation des produits délivrant de la nicotine, en Europe, pour les prochaines années.

Il s’agit quand même d’une occasion privilégiée de faire remonter les impressions et les sentiments du terrain directement à Bruxelles.

Ci-joint, le lien pour s’enregistrer et participer à cette consultation ouverte à tout citoyen européen.
Il est possible d’y répondre en français.

https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/17612-Produits-du-tabac-et-publicite-en-faveur-du-tabac-revision-des-regles-de-lUE_fr