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10 Déc 2025 | Profession
 

300 professionnels de la vape contre l’article 23 du budgetPrès de 300 professionnels de la vape se sont rassemblés ce mardi pour dénoncer l’article 23 du projet de budget 2026. Un texte jugé fatal pour leur filière et déjà combattu par plus de 220 000 signataires d’une pétition. C’est ainsi que débute un article du Figaro, de Paul Vaissernann dont nous reprenons des extraits.

Présenté il y a quelques semaines, l’article 23 du Projet de loi de Finances (voir 16 octobre) pour 2026 prévoit un dispositif en trois volets : l’augmentation de la taxe sur les liquides pour cigarette électronique de 0,03 à 0,05 €/ml selon le taux de nicotine, l’imposition d’un agrément administratif obligatoire pour exercer, importer ou vendre ainsi que l’interdiction totale de la vente en ligne. Un point loin d’être négligeable, alors qu’elle pèse un tiers du marché.
De nombreux professionnels dénoncent ces modifications qui leur semblent être une tentative de reclasser brutalement la vape comme un produit du tabac, avec des impacts directs sur les prix, l’accès aux produits et la survie des entreprises.

Pour l’heure, les députés puis les sénateurs (voir 2 décembre) ont rejeté ces dispositions, estimant qu’elles risquent de frapper les plus fragiles. Mais les professionnels restent méfiants : « On a peur que le gouvernement profite de la confusion institutionnelle pour faire passer ces mesures en douce », a expliqué à l’AFP Jean Moiroud, le président de l’organisation derrière le rassemblement, la Fivape. De son côté, l’exécutif défend une stratégie qui s’inscrit « dans le cadre du plan national antitabac 2023-2027 » et permet de lutter contre « le développement du vapotage », qui séduit notamment les jeunes.

Sur place, à midi, l’ambiance est morose. Des petits groupes de commerçants, venus, pour beaucoup, d’Île-de-France, se forment aux abords des Invalides. Journée ensoleillée, petite musique enjouée, mais moins de monde qu’espéré.

Après un peu d’attente, les 300 opposants partent en cortège vers le ministère de la Santé, non loin. « Moins de vape = + de goudron », « L’État taxe, le citoyen tousse », « Des emplois sacrifiés, des fumeurs piégés »… Leurs pancartes résument leur combat. Si l’écharpe « ne tuez pas la vape » réussit à séduire Alex, jeune vapoteur de 24 ans passant par là, certains sont visiblement déçus par la mobilisation.

C’est le cas de Rémi, qui a fait le déplacement de Provence. « C’est une privation de liberté », s’indigne ce commerçant de 53 ans qui « en a gros sur la patate ». « Ce sont des emplois, nos emplois qui sont en jeu », s’agace-t-il, précisant qu’il n’est « pas un vendeur de cigarettes ». « Vaper n’est pas fumer », rappellent d’ailleurs plusieurs pancartes, qui cherchent ainsi à se distinguer clairement des fumeurs traditionnels, et de la fiscalité associée.

Alors que la vapeur des e-cigarettes se promène dans les airs, les professionnels assurent qu’à travers le pays, près de 3 500 boutiques indépendantes marquent l’événement en se parant de noir pour alerter les consommateurs. Les affiches interpellent aussi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui « risque de tuer le premier outil qui permet de lutter contre le tabac ». Pour Duarte et Valentin, la trentaine, les cheveux au vent et la « clope électronique » au bec, « les prix vont peser sur le consommateur ». Ces vendeurs de cigarettes électroniques jugent « dommage » que le gouvernement « pousse à retourner vers le tabac ». Et d’ajouter que certains consommateurs sont très sensibles aux tarifs : une hausse de la fiscalité risque donc de rendre cette alternative au tabac à fumer moins attractive.

Le mouvement est porté par un soutien populaire massif : plus de 220 000 citoyens ont signé la pétition en ligne lancée par la Fivape pour demander le retrait de l’article 23 du PLF 2026 et un dialogue avec le ministère de la Santé.

Face à un gouvernement qui ne les a ni consultés ni reçus, les acteurs souhaitent rappeler aux autorités que leur secteur est un outil efficace de sevrage tabagique. Par là même, ils veulent souligner qu’est en jeu l’avenir de centaines d’entreprises indépendantes menacées par des mesures qu’ils jugent favorables aux acteurs du tabac. Reste à savoir si leur manifestation aura la portée qu’ils espèrent.