
Un entretien sur l’actualité d’une rentrée agitée pour les buralistes avec Frédéric Valletoux (ancien ministre de la Santé, député Horizons, président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale / voir 3 juin 2026 et 27 novembre 2025).
Il dépose à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à donner un cadre bien défini à la distribution des produits du vapotage.
Comment réagissez-vous au mouvement de mobilisation des buralistes qui se déroule cette semaine ?
Frédéric Valletoux : Je suis cela avec la même attention que je porte en permanence à l’actualité du secteur. J’ai un excellent dialogue avec le président Serdar Kaya, comme cela était le cas avec son prédécesseur Philippe Coy. Nous avons des déplacements en commun en préparation.
Et nous avons encore échangé, ce début de semaine, sur des sujets concrets : les pertes colossales liées au marché parallèle du tabac en France — 4,3 milliards d’euros de fiscalité en moins —, mais aussi tout ce que j’entreprends pour faire avancer, à Bruxelles, ma proposition de résolution européenne visant à mettre en œuvre le protocole de l’Organisation mondiale de la Santé pour « lutter contre le commerce illicite du tabac » : avec la mise en place d’une traçabilité indépendante et de quotas de livraisons par pays.
Je rappelle que cette résolution européenne a été votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, le 26 novembre, mais avec les réserves des députés du Rassemblement national. Précision importante au regard des déclarations enflammées, en faveur du réseau des buralistes, de Madame Le Pen ce début de semaine. Les buralistes, il faut y penser tous les jours.
C’est pourquoi j’ai échangé aussi avec Serdar Kaya sur la façon d’encadrer de manière stable et pragmatique le marché de la vape…
Mais que proposez-vous ?
Frédéric Valletoux : Il est grand temps de stopper les dérives du marché de la vape, concernant notamment la vente aux mineurs, et de mettre fin à la cacophonie que nous connaissons sur les nouveaux produits nicotiniques.
Cet été, on a trouvé des produits du vapotage partout… dans les épiceries, les barber-shops, les marchés, etc. Et en cette rentrée, certaines grandes surfaces en font une promotion commerciale qui m’apparaît contradictoire avec leurs discours de responsabilité sociale.
Je m’apprête donc à déposer une proposition de loi visant à encadrer la vente des produits de la vape, tout en assurant leur traçabilité, grâce à un réseau agréé de buralistes et de points de vente professionnels responsables. J’en ai parlé à Serdar Kaya et je vais dialoguer sur le sujet avec les uns et les autres, dont les ONG anti-tabac, en tenant compte de toutes les sensibilités. Mais vous conviendrez qu’il y a urgence.
Vous êtes proche d’Édouard Philippe. Il suit particulièrement ces sujets ?
Frédéric Valletoux : Maire du Havre, il n’ignore rien de la réalité des trafics qui révoltent les buralistes. Il est particulièrement attentif à une profession dont il connaît le sens des responsabilités. Tout comme il est sensible à cette notion d’une distribution encadrée des produits nicotiniques.






Le commerce illicite de tabac en Europe sape les politiques de santé publique et prive l’Union européenne de milliards d’euros de recettes fiscales chaque année, a averti le 8 septembre la Cour des comptes européenne. Nous reprenons un article du Monde réalisé en collaboration avec l’AFP (publié le 8 septembre).


Depuis plusieurs années, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que les taxes représentent au moins 75 % du prix de vente des cigarettes. Si l’objectif affiché est, bien évidemment, de réduire le tabagisme, il est difficile de prouver que cette démarche fonctionne parfaitement. C’est ainsi que débute un article de Gonzalo Delpech dans Contrepoints (le 31 juillet) que nous reprenons.

« Le trafic de tabac constitue désormais une industrie criminelle structurée, capitalisée, armée, qui gère des flux à l’échelle continentale »