Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
29 Oct 2026 | Profession
 

Depuis le 1er janvier dernier et la fin d’une niche fiscale qui existait depuis 1811, le paquet de cigarettes coûte le même prix sur l’Île de Beauté que dans le reste de l’Hexagone. Les buralistes locaux s’inquiètent de la montée d’un marché parallèle (voir les 8 septembre 2026 et 13 janvier 2026). Nous reprenons une information du Figaro Économie, signée Hannah François, du 20 octobre.

« C’était un petit avantage, pas négligeable », déplore une buraliste du sud de l’île. Jusqu’en 2022, un paquet de cigarettes acheté en Corse était 25 % moins taxé que sur le continent, grâce à un régime dérogatoire datant de 1811. Depuis, le prix du paquet augmente de 5 % par an pour s’aligner sur celui du continent. Depuis le 1er janvier 2026, il coûte désormais le même prix sur l’Île de Beauté que dans le reste de l’Hexagone. La fin de cette « exception corse » fragilise les 203 buralistes de l’île, qui subissent le contrecoup de cette mesure et s’inquiètent de la montée d’un marché parallèle.

« Les clients contournent cette augmentation en achetant des cigarettes moins chères. Plutôt que des Marlboro à 13,50 euros, ils se tournent vers des Austin à 11,20 euros », observe cette gérante d’un tabac en Corse-du-Sud.

Ces changements de consommation se sont aussi fait sentir chez les touristes. « En saison, ils repartaient auparavant avec des cartouches », se souvient la buraliste, qui constate les effets de la fin de cette niche fiscale sur son activité. « Je n’ai pas encore fait le bilan, mais il ne sera pas bon », déplore-t-elle.

Des baisses de ventes sont également relevées par le distributeur Logista France, qui fait état d’un recul de 10,8 % du volume de tabac livré — de 5,8 % en valeur — entre janvier et août 2026 par rapport à la même période en 2025.

Face à ces hausses de prix, certains fumeurs corses n’hésitent pas à rapporter des cigarettes de l’étranger pour leur consommation personnelle. « Des clients nous disent : “J’ai été en Sardaigne, j’ai fait mon stock” », raconte la buraliste précitée. D’autres cigarettes arrivent par des circuits illégaux et sont revendues sous le manteau par des trafiquants peu scrupuleux.

« Je vois de plus en plus de paquets originaires d’Italie ou d’Europe de l’Est sur les tables des cafés », affirme Christian Croquelois, président de la fédération des buralistes de Corse.

En septembre dernier, deux Corses ont été condamnés à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Charleville-Mézières (Ardennes) pour avoir transporté 460 kilos de tabac de contrebande en provenance de Belgique (voir le 29 septembre 2026).

Pour Christian Croquelois, directeur d’un tabac à Ajaccio depuis 2010, c’est un coup de massue pour ces commerçants.

Lors de l’assemblée générale de leur fédération régionale, dimanche 18 octobre, l’accent a été mis sur le soutien aux bureaux de tabac situés en zone rurale, pour leur permettre de survivre et de maintenir leur rôle de commerces de proximité.

« Pour ma part, je perds 10 % de chiffre d’affaires par an ces dernières années », s’inquiète ce chef d’entreprise.

Il souligne que, contrairement à ce qui se pratique sur le continent, où les recettes issues du tabac sont reversées aux organismes de la Sécurité sociale, elles contribuent directement, en Corse, au budget de la collectivité, à hauteur de 160 millions d’euros en 2025.

(Voir aussi le 21 octobre 2026.)

28 Oct 2026 | Pression normative
 

Deux frères mineurs domiciliés à La Rochelle ont été interpellés après qu’un important stock de tabac et de drogue a été retrouvé chez eux le 4 octobre dernier. Nous reprenons un article du Figaro.

Selon la Police nationale de Charente-Maritime, c’est leur père qui a d’abord découvert des cartons remplis de tabac dans la chambre de l’un de ses deux fils et qui a prévenu les autorités… car ce dernier l’aurait menacé de mort.

« Ce père invite nos policiers à pénétrer dans son logement où sont découverts 17 cartons scotchés contenant respectivement 50 cartouches de cigarettes, mais aussi 30 grammes de cocaïne, 700 grammes de résine de cannabis et 475 € en numéraire », rapporte la Police nationale de Charente-Maritime dans un message publié sur Facebook ce 21 octobre. Placés sous surveillance discrète, les deux frères ont été interpellés peu de temps après.

En garde à vue, ils ont finalement admis aux enquêteurs du Service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) leur participation mutuelle à un trafic de stupéfiants et de tabac… depuis une semaine, tout en refusant de communiquer l’identité du fournisseur. Les deux individus ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur passage devant le juge des enfants en décembre 2026.

(Voir les 23 novembre 2025 et 15 octobre 2025.)

18 Oct 2026 | Profession
 

Nous reprenons une tribune libre de Mathilde Keszer-Goffard (présidente de Logista France / voir les 1er juillet 2026 et 26 juin 2026), publiée par La Tribune Dimanche.

Alors qu’une hausse de la fiscalité est envisagée sur le tabac, les buralistes dénoncent les conséquences de cette mesure sur le développement du commerce parallèle.
Depuis plusieurs mois, des députés relaient l’idée d’une génération sans tabac. Un amendement au PLFSS 2027 est même à deux doigts d’être voté par le Parlement (voir 16 octobre 2026 / interdiction générationnelle). Une telle proposition — si elle était définitivement adoptée — reviendrait à poser la première pierre de la prohibition du tabac.

À contrario, la mobilisation nationale des buralistes lancée en septembre (voir 12 septembre / buralistes) nous montre déjà quel en serait l’impact probable : l’explosion du commerce parallèle. Il s’agit d’un enjeu sanitaire, économique, fiscal et surtout de sécurité publique. Par commerce parallèle, on entend toute vente de tabac ayant lieu hors du réseau officiel des buralistes, qui détiennent le monopole de la vente au détail de tabac en France.
Ce qui saute aux yeux, c’est la mauvaise appréhension du phénomène, entretenue par les ONG antitabac qui ont un intérêt idéologique à maintenir la confusion. Lire la suite »

17 Oct 2026 | Trafic
 

Une tueuse à gages présumée a été présentée, ce vendredi 16 octobre, à un juge d’instruction à Paris, soupçonnée d’avoir tiré lors d’une fusillade qui a fait deux morts dans un bar à chicha à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), dans la nuit de dimanche à lundi, a appris l’AFP de source proche du dossier.

Cette femme a affirmé en garde à vue avoir agi sous la contrainte, selon cette source.

D’après le journal Le Monde, qui a révélé son arrestation, il s’agit d’une Marseillaise de 32 ans… jusqu’ici connue de la justice pour trafic de cigarettes.

13 Oct 2026 | Profession
 

La récente mobilisation nationale des buralistes a envoyé un message clair : le réseau est arrivé à un point de bascule.
Derrière les rassemblements de ces derniers jours, il y a une inquiétude très concrète, celle de 22 500 entrepreneurs qui voient leur activité fragilisée par la contraction du marché légal, la progression des trafics, l’insécurité dans les points de vente et l’absence de visibilité.

C’est ainsi que débute une « tribune libre aux buralistes » de Julia Neumaier, directrice d’Imperial Brands Seita (voir les 8 et 9 septembre).

Je veux leur dire aujourd’hui que nous les comprenons et que nous partageons leurs inquiétudes. Imperial Brands Seita est aux côtés de la Confédération nationale des buralistes, non par circonstance, mais par conviction. Depuis cent ans, notre entreprise est profondément ancrée partout en France. Cette histoire nous donne une responsabilité particulière envers un réseau avec lequel nous entretenons une relation ancienne, quotidienne et essentielle.

Notre entreprise et les buralistes n’occupent pas la même place dans la filière.
Nos intérêts ne se confondent pas toujours et nos propositions peuvent différer sur certains sujets. Mais ces différences ne doivent pas occulter l’essentiel : nous partageons de nombreux combats et une même exigence de cohérence.
Nous voulons préserver un marché légal, régulé et contrôlé, protéger les consommateurs, combattre les réseaux criminels et garantir l’avenir d’un maillage commercial indispensable à tous les territoires.

Une pause fiscale est devenue nécessaire

La première urgence est celle de la stabilité, réglementaire et fiscale.
En moins de dix ans, le réseau des buralistes a vu les volumes de tabac livrés diminuer d’environ 40 %, alors même qu’il continue d’assurer le monopole de la vente au détail pour le compte de l’État. Cette contraction ne correspond pas uniquement à une baisse de la consommation. Elle traduit aussi le déplacement d’une part croissante des achats vers les circuits transfrontaliers, la contrebande, la contrefaçon et les réseaux de vente illicites. Lire la suite »

12 Oct 2026 | Profession
 

Nous avons rapporté, la semaine dernière, comment la fédération des buralistes du Puy-de-Dôme – présidée par Vincent Charbonnel (administrateur de la Confédération) – va déjà recevoir, effectivement, la somme de 107 000 euros de dommages et intérêts sur les 150 000 euros que lui doivent des trafiquants de tabac dans une affaire où elle s’est constituée partie civile (voir le 6 octobre).

En effet, cet argent liquide faisait partie de la saisie. Et les démarches de l’avocate des buralistes ont conduit à cette décision du tribunal.

Il se trouve que l’affaire – rapportée par les médias locaux – a fait du bruit à Clermont-Ferrand.
Et des clients ont réagi.

Exemples de commentaires entendus à la caisse de buralistes :

  • « Bravo les buralistes, vous avez raison. »
  • « Tous ces trafics. C’est pas normal. »
  • « Vous avez raison de faire respecter les règles. C’est important. »
9 Oct 2026 | Institutions
 

Il se dit que la Cour des comptes a auditionné, ces derniers temps, dans ses locaux de la rue Cambon à Paris, un certain nombre d’interlocuteurs de la filière tabac et de l’administration sur le marché parallèle du tabac (tout ce qui n’est pas vendu par le réseau officiel des buralistes).

Et si l’on commence à entendre parler de ces auditions, c’est qu’un rapport officiel de la Cour des comptes ne devrait pas tarder à être publié.
Attendons pour voir.

Rappelons qu’il y a un mois, la Cour des comptes européenne a présenté un rapport alarmiste sur les graves déficiences de l’Europe en termes de lutte contre le commerce illégal du tabac : la riposte aux trafics de tabac est gravement fragmentée ; il y a trop de dysfonctionnements entre les États membres sur le sujet.

Et d’ajouter que le marché parallèle du tabac coûterait 13 milliards d’euros de pertes annuelles pour les budgets européens.

(Voir les 10, 16, 28 septembre ainsi que le 7 octobre / Cour des comptes européenne)

9 Oct 2026 | Profession
 

« En France, il y a 8 zones de grands passages frontaliers.
C’est sur l’un d’eux que je me suis rendu le 7 octobre, aux côtés de la présidente départementale des buralistes, Christine Barrière, dans les Pyrénées-Orientales, à la rencontre de 130 collègues. »
C’est ainsi que débute une communication de Serdar Kaya, président de la Confédération des buralistes, sur LinkedIn le 7 octobre.

« Cette contrebande, qui fragilise notre réseau depuis plus de 20 ans, se voit désormais rejointe par les trafics d’épiceries.
Cette difficulté quotidienne, je l’ai connue avec la Belgique, avant de voir les prix s’aligner. La seule réponse équitable et efficace, c’est celle-ci : la réduction des écarts de prix.

« L’État doit comprendre la banalisation de l’achat transfrontalier, comme j’ai pu le constater ce jour à la frontière catalane : des promotions, des palettes remplies, des prix défiant toute concurrence… Tel est le résultat de la politique fiscale française sur le tabac.
À tout cela, nous disons stop !

« Je remercie Monsieur le Préfet Pierre Regnault de la Motte pour son engagement, dans le département, dans la lutte contre les trafics et la contrebande, ainsi que pour son soutien à notre profession. »

 

L’ONG européenne Smoke Free Partnership s’inquiète, à son tour, du déferlement des trafics de tabac en Europe (sur le blog Tobacco Control, le 4 octobre).

Ceci, en s’appuyant sur les conclusions alarmistes du récent rapport de la Cour des comptes européenne (CCE) qui relèvent les lacunes de la lutte contre les trafics de tabac au sein de l’Union européenne (voir les 10, 16 et 28 septembre).

Smoke Free Partnership demande d’intégrer l’article 5.3 de la convention-cadre de l’OMS en matière de lutte antitabac (CCLAT) et de renouveler le système de traçabilité (voir 22 février 2024 / OMS).

Autre proposition : mettre en place aussi un système de traçabilité pour les produits du vapotage.

6 Oct 2026 | Profession
 

107 190 euros. Ce chiffre correspond à la somme qui va être virée sur le compte en banque de la fédération départementale des buralistes du Puy-de-Dôme. Et l’annonce en a été faite par Vincent Charbonnel – président de la fédération et administrateur de la Confédération – lors de son Assemblée générale du 4 octobre. Nous reprenons son message (LinkedIn le 5 octobre).

En octobre 2025, la Gendarmerie saisit 14 400 cartouches de cigarettes de contrebande. Elle saisit également une somme d’argent liquide importante (voir les 30 septembre 2025 et 27 septembre 2025).

La Fédération des buralistes du Puy-de-Dôme s’était alors constituée partie civile, pour défendre les intérêts de ses adhérents.
Représentée par Maître Sandrine Legay, nous obtenons 150 000 euros de dommages et intérêts. Maître Legay n’en reste pas là. Elle fait les démarches nécessaires pour que l’argent liquide saisi serve à nous indemniser.

Et nous avons gagné !
La fédération des buralistes du Puy-de-Dôme va effectivement toucher la somme de 107 190 euros dans les prochains jours.
C’est une vraie victoire !
C’est concret !

C’est de l’argent qui est repris aux trafiquants, qui est arraché à l’économie parallèle, pour être remis dans le circuit légal et rendu aux buralistes.

Enfin, cela montre bien que la justice reconnaît que les buralistes sont des victimes du marché parallèle et des trafics de tabac.