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3 Mai 2026 | Profession
 

L’association indépendante « Buralistes en Colère » (voir 8 septembre 2018), par l’intermédiaire de son avocat, a envoyé au ministre de l’économie, Roland Lescure, une mise en demeure préalable à une procédure judiciaire. Nous reprenons cette information de France 3 Occitanie (de Karine Pellat).

Ces buralistes demandent au Gouvernement de renforcer la lutte contre la vente illicite de tabac. Ils estiment que le trafic de cigarettes est à l’origine de la baisse de leur chiffre d’affaires. En Occitanie, la source du trafic de tabac se trouve principalement en Andorre et en Espagne et « coûterait » à l’État 5 milliards d’euros par an.

Par ailleurs, dans les débits de tabac de Toulouse, comme partout ailleurs, les paquets de cigarettes sont de plus en plus chers.
Et d’après de nombreux buralistes, ils en vendraient de moins en moins.
Frédéric Pailhé, buraliste dans le centre-ville (Président des buralistes de la région Occitanie et administrateur de la Confédération), estime qu’à 50 mètres à peine de son bureau de tabac, des cigarettes se vendent « sous le manteau ».
Des cigarettes d’Andorre ou d’Espagne, bien moins chères qu’en France. Une concurrence déloyale que beaucoup de ses collègues dénoncent également.

Pour appuyer son propos, Frédéric Pailhé précise que lorsque l’accès à l’Andorre a été fermé en raison d’un éboulement, les buralistes ariégeois ont enregistré 30 % d’augmentation des ventes de cigarettes (voir le 10 mars 2026).

À l’époque du COVID, quand on ne pouvait pas circuler, les ventes de cigarettes en France avaient explosé de 45 %. D’après les buralistes, en 2025, 230 000 paquets de cigarettes d’Espagne et d’Andorre ont « échappé » aux buralistes français.

Cela fait plusieurs années que les buralistes dénoncent cette concurrence déloyale, et ils estiment que les réponses du Gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Le Gersois Eric Hermeline, président de l’association « Buralistes en Colère », explique aujourd’hui « changer de méthode » avec une mise en demeure de l’État français. « Cette fois, on ira jusqu’au bout ! » précise Eric Hermeline, estimant que les buralistes sont les seuls à respecter les règles.

Par cette mise en demeure, les buralistes demandent à l’État de renforcer la lutte contre la vente illicite de tabac et l’accusent même de carence fautive « dans l’exercice des missions de police économique ». Ils estiment que les services de l’État sont défaillants, notamment en termes de contrôles.
L’État devra justifier dans un délai de 30 jours qu’il a mis en place des mesures permettant de lutter contre la vente illicite de tabac. Si cela n’est pas le cas, l’association « Buralistes en Colère » entamera une procédure judiciaire et demandera des compensations financières.

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