Ce que va se dire – de ce lundi 14 au mercredi 16 septembre à la 16e chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Lyon – va permettre d’en savoir plus sur le fonctionnement d’une chaîne d’approvisionnement, en cigarettes de contrefaçon, d’un marché à taille régionale : du Rhône à la Drôme en passant par la Côte-d’Or.
Tout cela étant placé sous la responsabilité d’un même réseau mafieux ancré en Europe de l’Est.
L’enquête a débouché sur la saisie, au total, de 5 tonnes de cigarettes de contrefaçon.
Avec un fait marquant : la commercialisation aux consommateurs finaux des produits contrefaits passait essentiellement par Telegram.
Les prévenus sont au nombre de 15 : des Arméniens aux commandes (et au blanchiment…), des Polonais à la logistique et des Moldaves pour acheminer les camions. Et des petites mains locales pour la livraison aux consommateurs.
Ce sont les gendarmes de Mions (près de Lyon) qui sont à l’origine de l’affaire.
Ils étaient tombés sur un « banal » trafic de cigarettes basé dans un modeste pavillon.
Mais ils sont allés plus loin… jusqu’à démanteler deux réseaux distincts : l’un qui recevait et stockait la marchandise livrée par des camions provenant d’usines clandestines basées, notamment, en Pologne.
Les cartouches de cigarettes de contrefaçon étant cachées parmi du fret ordinaire.
Arrivées sur place, ces mêmes cartouches étaient réparties – au rythme de 150 livraisons sur 2 mois – entre de multiples box de location (à Mions, Chassieu, Saint-Priest, Décines, Rillieux-la-Pape) et un garage automobile à Saint-Priest.
L’autre réseau assurant la vente via les réseaux sociaux.
Car tout cela débouchait sur l’activité d’une véritable « plate-forme tabac de e-commerce clandestine ».
Avec des comptes Telegram pour la commercialisation finale (et des petites mains pour les livraisons aux clients finaux) ainsi que des comptes Snapchat pour le back office.
Le compte « Meilleur Plan 69 » étant, par exemple, un gros débit de tabac virtuel contrôlé par le réseau.
Avec le prix imbattable de 24 euros la cartouche.
Parmi les « infractions connexes » imputées au réseau : trafic de stupéfiants et détention d’armes de catégorie B.
C’est bien la mafia qui va passer en jugement.