
Est-il raisonnable de penser qu’une nouvelle taxe permettra de lutter contre les incendies ? C’est pourtant le pari, pour le moins simpliste, sur lequel repose la dernière proposition de loi. Taxer davantage les cigarettes pour financer leur prévention ne changera pas les comportements. Cibler l’industrie du tabac relève moins d’une logique de prévention que d’un réflexe politiquement facile : désigner un bouc émissaire.
C’est ainsi que débute un communiqué de Philip Morris France à propos de la Proposition de Loi du député Yannick Neuder (voir les 6 et 7 août).
En faisant peser le financement de la prévention des feux de forêt sur une seule industrie, cette proposition de loi se trompe de cible. Philip Morris France (PMF) appelle à sortir des réponses fiscales de circonstance et à privilégier les leviers réellement efficaces : informer, prévenir, contrôler et sanctionner.
Une proposition de loi qui se trompe de cible
Philip Morris France exprime sa solidarité envers les populations touchées par les incendies et son soutien aux sapeurs-pompiers, aux services de secours, aux collectivités et à l’ensemble des personnes mobilisées. Jeter un mégot dans la nature est un acte inadmissible, susceptible d’avoir des conséquences dramatiques et doit être condamné. Mais faire financer la lutte contre les incendies par une seule industrie revient à réduire un phénomène complexe à une cause unique.
Les feux ont des origines multiples, accidentelles ou volontaires. Si neuf sur dix sont d’origine humaine, seuls près de 15 % sont attribués aux mégots. La prévention exige donc une réponse globale et adaptée à la diversité des causes, pas la désignation d’un coupable unique.
« La lutte contre les départs de feu mérite mieux qu’un coup médiatique et qu’une nouvelle taxe qui ne modifiera en rien le comportement de celui qui jette un mégot dans la nature. L’enjeu, c’est la prévention, la sensibilisation, le contrôle et l’application effective des sanctions. Ce débat mérite une véritable réflexion autour des moyens alloués aux capacités publiques d’anticipation et de gestion de ces catastrophes. », déclare Xavier Puech, Président de Philip Morris France.
Une proposition de loi au double effet pervers
La cigarette est déjà le produit de consommation courante le plus taxé de France, avec près de 83 % de son prix constitué de taxes. Le résultat serait doublement contre-productif : de nouveaux clients pour le marché parallèle et des recettes fiscales toujours plus incertaines pour l’État. Or, ces circuits fragilisent les buralistes, qui sont souvent les derniers commerces de proximité en zone rurale, et échappent aux contributions environnementales, aux exigences de traçabilité et aux dispositifs de prévention.
Taxer davantage ne préviendra aucun départ de feu. La fiscalité ne peut tenir lieu de politique de prévention.
Près de 80 millions d’euros déjà mobilisés
Depuis 2021, les fabricants de tabac financent intégralement la filière de responsabilité élargie des producteurs chargée notamment de réduire l’impact environnemental des mégots. En 2026, ce montant s’élève à près de 80 millions d’euros.
Ces ressources soutiennent les actions de sensibilisation, de collecte, de nettoiement et d’équipement conduites avec les collectivités. Plus de 1 600 partenariats ont aujourd’hui été conclus avec des collectivités représentant 35,5 % de la population française, avec pour objectif de réduire de 40 % le nombre de mégots abandonnés dans l’environnement d’ici 2027. Lire la suite »