Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
9 Sep 2026 | Profession
 

Deuxième volet de notre entretien avec Julia Neumaier (voir le 8 septembre), qui nous commente, ici, l’actualité professionnelle des marchés du tabac et du vapotage.

LMDT : Quelle analyse faites-vous du marché du tabac combustible ?

Julia Neumaier : Nous observons toutes et tous la même réalité. Celle d’un marché officiel qui régresse de l’ordre de -8 %, -10 % en volume chaque année.
Alors que cela ne correspond pas à une diminution comparable de la prévalence tabagique, mais à une augmentation du marché parallèle sans commune mesure avec ce qui se passe ailleurs en Europe.
Au fil des ans, les gouvernements ont fait de la fiscalité le levier principal de la lutte anti-tabac en France. Plutôt que de s’appuyer aussi sur la palette des autres moyens, comme les produits à moindre nocivité, par exemple.
On voit le résultat. En reprenant ne serait-ce que les chiffres de l’étude officielle TAFE des Douanes et de la Mildeca, il ressort qu’en 2023, le manque à gagner fiscal représenté par le marché parallèle se monte à 4,3 milliards d’euros. Cela laisse rêveur dans le contexte budgétaire actuel.
Mais il est toujours difficile de corriger ses erreurs, n’est-ce pas ?
Ce qui m’inquiète, à titre personnel, c’est d’apprendre que ce marché parallèle est désormais entre les mains de réseaux criminels et de structures mafieuses. 11 usines clandestines de fabrication de cigarettes de contrefaçon ont été démantelées chez nos voisins belges depuis le début de l’année. La plupart « produisaient » pour la France. C’est hallucinant.
Enfin, une confidence, toujours à titre personnel : dans aucune autre ville européenne, je n’ai été autant sollicitée, dans la rue, par des vendeurs de paquets de cigarettes à la sauvette qu’à Paris…

LMDT : Vous avez su prendre toute votre place sur le marché du vapotage. Comment va-t-il évoluer ?

Julia Neumaier : Doté maintenant de produits fiables et de qualité, le vapotage offre une alternative sans combustion pour les fumeurs à la recherche de moindre nocivité, c’est maintenant bien établi. Et il peut représenter une part significative de leur CA brut pour les buralistes qui sont notre réseau de commercialisation.
Mais l’enjeu, aujourd’hui, repose sur la capacité de l’ensemble de la filière à jouer un rôle de protection vis-à-vis des mineurs. Plus que jamais, le vapotage doit rester un produit pour les fumeurs adultes. Nous avons donc besoin d’un encadrement fiable et crédible. Nous sommes donc favorables à une régulation porteuse de sens en termes de traçabilité et de distribution organisée. Le marché parallèle du vapotage est déjà trop important.
Il est indispensable que tout le monde garde en tête le contre-exemple des Pays-Bas où l’on a interdit les arômes (voir 6 mai 2026).
Résultat : 27 % des vapoteurs s’approvisionnent directement à l’étranger, 31 % vont sur des sites en ligne vendant des produits frauduleux… et 27 % sont revenus à la cigarette. Voilà exactement ce que l’on veut éviter en France et en Europe !

13 Juil 2026 | Vapotage
 

L’administration sanitaire britannique (the UK Department of Health and Social Care) vient de lancer une consultation publique (sur 12 semaines) concernant les produits du vapotage et leur commercialisation. Ce qui annonce, d’une façon ou d’une autre, un tour de vis réglementaire.
Dans un pays qui a singulièrement soutenu le vapotage jusqu’à maintenant.

Les propositions soumises à avis ?

  • La vente des produits du vapotage sous emballage neutre ;
  • Interdiction d’autres couleurs pour les produits autres que le noir, le blanc et le gris.
  • La « neutralisation » du nom des arômes (sans adjectifs) et perspective d’interdiction d’arômes considérés comme particulièrement attractifs.
  • Le « display ban » : c’est-à-dire que les produits ne seront pas exposés dans les points de vente.
7 Juil 2026 | Profession
 

Nous reprenons un appel de Julia Neumaier (directrice générale d’Imperial Brands Seita) concernant la proposition de loi visant à imposer le paquet neutre pour les produits du vapotage (voir 14 avril 2026 et 13 mai 2026).

Une proposition de loi veut imposer le paquet neutre aux produits du vapotage

La tentation, dans notre industrie, est de monter au front contre ce texte. Je veux proposer une autre voie : reconnaître ce qui ne va pas, dire ce que nous devons changer, et appeler chaque acteur de la filière à se réveiller, avant que le législateur ne le fasse à notre place, au risque de le faire mal.

Les chiffres parlent, et ils ne plaident pas pour nous

L’expérimentation du vapotage chez les lycéens est passée de 35,1 % en 2015 à 46,0 % en 2024, selon l’OFDT ; l’usage quotidien a plus que doublé sur la même période, de 2,8 % à 6,8 % (voir 30 avril 2026).
Ces données ne sont pas anecdotiques : elles traduisent un échec collectif de notre filière à tenir une promesse pourtant claire. Le vapotage est conçu pour accompagner les fumeurs adultes hors du tabac, non pour servir d’initiation à la nicotine chez des adolescents.
Je le dis sans détour : ces évolutions sont inacceptables. Aucun argument économique, aucun raisonnement sur le marché parallèle, aucune comparaison internationale ne saurait les relativiser. C’est d’abord notre responsabilité. Pas seulement celle des pouvoirs publics. Pas seulement celle des familles. Lire la suite »

2 Juil 2026 | Associations, Vapotage
 

Packagings aux graphismes de jeux vidéo, de mangas, aux couleurs de bonbons ou encore à l’effigie de clubs de foot, l’industrie du tabac multiplie les références à la pop culture sur le design de ses cigarettes électroniques pour séduire les plus jeunes et favoriser l’attrait de ses produits.
C’est ainsi que débute un communiqué de l’association Contre-Feu (voir 2 juin 2026 et 15 avril 2026) que nous reprenons.

Une stratégie qui se révèle payante : alors que les Français n’ont jamais aussi peu fumé, l’industrie du tabac s’est réinventée en trouvant dans la vape un nouveau relais de croissance, notamment chez les adolescents. En 2022, près de 57 % des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté la cigarette électronique et 6,2 % vapotaient quotidiennement, une proportion qui a triplé en 5 ans.

Bien qu’outrancier, ce marketing fait tellement partie du décor qu’on ne le remarque plus. Pour dénoncer les stratégies utilisées par l’industrie du tabac, Contre-Feu a décidé de frapper fort en s’attaquant à son symbole : la carotte de tabac.
En détournant cet emblème que des millions de Français croisent tous les jours et en le remplaçant par des enseignes ludiques et colorées – fidèles aux designs des vapes disponibles sur le marché – Contre-Feu expose au grand jour le marketing de la vape conçu pour piéger les plus jeunes dans l’addiction.

Afin d’empêcher l’industrie de recruter une nouvelle génération de consommateurs dépendants à la nicotine – l’une des drogues les plus addictives – Contre-Feu lance sa première campagne d’appel aux dons pour l’aider à financer ses actions visant à instaurer la mise en place du paquet neutre pour tous les produits du vapotage.

2 Juin 2026 | International, Profession
 

Depuis ce 1er juin, le dispositif du « paquet neutre » est entré en vigueur, en Belgique, pour tous les produits cigares / cigarillos (voir le 19 août 2025).

Mais il se trouve que les autorités ont légèrement (très légèrement…) assoupli le dispositif au dernier moment.
Le mérite en revient à tous les professionnels qui ont su argumenter avec obstination… et infiniment de patience.

Voici donc les nuances qui viennent d’être accordées et devraient être prochainement officielles (source Cigar Connect / L’Amateur de Cigare).

  • Les cigares porteront toujours leurs bagues intactes ;
  • La mention de la sous-marque sur les emballages est autorisée ;
  • Les intérieurs en bois et les cales entre cigares sont permis.
19 Mai 2026 | Vapotage
 

Commision Affaires sociaklesNous avons annoncé, ici-même, que la proposition de loi de Nicolas Thierry (Écologiste/Gironde) et de Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République/Hauts-de-Seine) visant à généraliser le paquet neutre ne serait pas examinée avant cet été comme l’avaient imaginé ses auteurs (voir le 13 mai).

Nous avions précisé que cette idée de paquet neutre pourrait revenir sous forme d’amendements lors des discussions budgétaires de la rentrée…

En tout cas, les deux auteurs de la proposition de loi n’ont pas attendu et ont déjà redéposé leur proposition de loi : « pour un paquet neutre pour les produits avec nicotine ».
Elle est enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale au 12 mai.

De quoi tenir le sujet au chaud et, pourquoi pas ?, le faire réapparaître lors de la campagne des élections présidentielles…

 

Nicolas thierry

La proposition de loi de Nicolas Thierry (Écologiste / Gironde / photo / voir le 14 avril) et Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République / Hauts-de-Seine) — visant à généraliser le paquet neutre — ne sera pas examinée d’ici cet été comme l’avaient imaginé ses auteurs.

Réunie ce 12 mai, la conférence des présidents de groupes de l’Assemblée nationale n’a pas inscrit cette proposition de loi parmi les textes à travailler d’ici les vacances parlementaires.

Ce qui ne veut pas dire que le texte va passer aux oubliettes.
Les discussions budgétaires de la rentrée pourraient voir cette idée de paquet neutre revenir sous forme d’amendements. Quitte à apparaître, au même moment, dans le programme électoral d’un (ou plusieurs) candidat(s) aux élections présidentielles.

Rappelons que le candidat Macron, en 2017, avait inscrit le paquet à 10 euros en bonne place dans son programme électoral de l’époque (voir 3 mars 2017).

Rappelons que cette proposition de loi ne concerne pas que le vapotage — comme il a été beaucoup dit — mais aussi les cigares, les cigarillos, le tabac chauffé, le tabac à pipe et à mâcher.

 

La chaîne ABC Australie se fait l’écho d’estimations selon lesquelles le marché parallèle du tabac en Australie – pays pionnier du paquet neutre (voir le 1er décembre 2012) – y est supérieur à 60 % de la consommation de cigarettes.

Mais il y a plus grave : les groupes mafieux qui sont derrière ce marché parallèle sont partis à l’assaut du marché officiel des points de vente de cigarettes avec une stratégie de terrain bien précise :

1 / ces points de vente sont menacés, rackettés puis directement agressés par le biais d’incendies volontaires (voir photos / voir 2 avril 2025 et 14 mai 2025).

2 / Tout cela pour que ces points de vente soient rachetés à bas prix par des complices de ces mêmes groupes mafieux…

3 / De sorte que ces établissements rachetés servent au blanchiment de l’argent mafieux tout en écoulant leurs produits illégaux (en les blanchissant, eux aussi, en quelque sorte) par le biais de ce qui a l’apparence du réseau officiel… C’est ainsi que les autorités fiscales locales ont déjà été saisies de 300 « cas suspects ».