Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
11 Sep 2026 | Institutions
 

Le dernier numéro du magazine « Challenges » revient sur la météo parlementaire — toujours chaude — du sujet des mégots. Extraits.

« Il est désormais établi que les filtres des cigarettes ne filtrent rien, contrairement aux arguments publicitaires initiaux, en revanche ils polluent massivement les forêts et les cours d’eau (…).

« Cet été, les incendies ont alerté les sénateurs, notamment Sébastien Pla (PS) de l’Aude, qui avait tenté de faire voter une loi dès 2025. En vain, il la ressort (voir le 4 septembre).

« Idem pour le député LR et ex-ministre de la Santé Yannick Neuder (voir photo), qui a rédigé une proposition de loi (voir 7 août) visant à établir une contribution des cigarettiers (…).

« Il propose une taxe de 2 % par paquet qui alimenterait un fonds d’investissement à hauteur de 350 millions et permettrait de renforcer les équipements des pompiers ».

4 Sep 2026 | Pression normative
 

Le sénateur socialiste de l’Aude, Sébastien Pla, veut créer un délit de jet de mégot en période de risque d’incendie, passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Invité d’ICI Provence le 3 septembre, il veut « faire bouger les consciences ».
Nous reprenons l’information.

Le constat est inquiétant : selon une enquête publiée cet été par la Fondation Vinci Autoroutes (voir le 1er août), 17 % des automobilistes fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur voiture. Et plus d’un tiers de ceux qui le font pensent que ce geste n’est pas vraiment dangereux.

Pour Sébastien Pla, sénateur socialiste de l’Aude, les sanctions actuelles ne sont plus à la hauteur du risque. Jeter un mégot est aujourd’hui passible d’une amende de 135 euros. Sa proposition de loi veut faire de ce geste un véritable délit lorsqu’il est commis dans une situation de risque d’incendie, avec une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

« On ne va pas mettre tous les fumeurs en prison »

Face à une peine qui peut sembler particulièrement sévère, Sébastien Pla insiste : il s’agit de la peine maximale encourue et elle ne doit pas s’appliquer à n’importe quel jet de mégot. « On ne va pas mettre tous les fumeurs en prison, ce n’est pas l’objectif ».
Le sénateur vise les périodes où les conditions sont particulièrement propices aux départs de feu : vent fort, végétation sèche, fortes chaleurs et restrictions décidées par les préfectures. Il veut surtout changer la perception d’un geste encore trop souvent considéré comme banal. « Ce que je veux vraiment, c’est faire bouger les consciences du danger que peut provoquer un geste tout simple », dit-il. Lire la suite »

1 Sep 2026 | Institutions
 

« Non, Monsieur Yannick Neuder…
Le tabac n’est pas le distributeur automatique de l’État…
À chaque nouveau besoin budgétaire, la même réponse : taxer encore le marché légal. »

C’est ainsi que débute un message, sur LinkedIn ce 30 août, de Didier Gonin (buraliste à Villeurbanne, formateur, entrepreneur / voir le 15 juin) à propos de la proposition de taxe sur les cigarettes, émise ce mois d’août par le député LR (et ancien ministre de la Santé) Yannick Neuder afin de financer les efforts de lutte contre les incendies (voir les 6 et 21 août).

« Pourtant, les faits sont là : les hausses successives alimentent surtout la contrebande, enrichissent les trafiquants et fragilisent les buralistes qui respectent la loi.

« La vraie priorité n’est pas de créer une taxe de plus, mais de récupérer les milliards perdus chaque année au profit des réseaux criminels.

« À force de considérer les buralistes comme une variable d’ajustement, c’est le réseau légal que l’on affaiblit… au bénéfice du marché illégal.
« Il est temps de changer de stratégie. »

28 Août 2026 | Institutions
 

Le 14 août, le Conseil constitutionnel a censuré les articles 26 et 41 de la loi RIPOST, qui aggravaient les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon de marque. Une avancée pourtant votée par le Parlement, écartée sans que son bien-fondé n’ait jamais été discuté, au seul motif qu’elle n’avait pas sa place dans ce texte (voir les 16 août et 20 juillet 2026).
C’est ainsi que débute un communiqué d’Imperial Brands – Seita que nous reprenons.

Alors que 547,9 tonnes de tabac ont été saisies en 2025 (+12 % sur un an) et que 20 486 infractions ont été constatées (+11,3 %), et que le nombre de réseaux criminels démantelés par la Douane en 2025 est plus important que celui lié aux produits stupéfiants, l’État se voit privé une nouvelle fois de l’outil que ses propres parlementaires avaient voulu lui confier.

Une avancée votée, effacée sur un vice de procédure

Dans sa décision n° 2026-915 DC du 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a écarté les articles 26 et 41 de la loi RIPOST comme cavaliers législatifs, au sens de l’article 45 de la Constitution. En clair, il n’a pas examiné cette mesure sur le fond : il a jugé qu’elle était étrangère à un texte consacré à l’ordre public et à la sécurité du quotidien. L’article 65, qui en prévoyait l’application outre-mer, tombe par voie de conséquence. Le renforcement des sanctions que le législateur avait voulu, la justice ne l’aura donc pas.

Un fléau reconnu comme un narcotrafic, une réponse toujours repoussée

Le trafic de tabac n’a plus rien d’un marché parallèle artisanal, et les plus hauts responsables de l’État le reconnaissent.
Laurent Nuñez, Ministre de l’Intérieur, le rappelait encore récemment : « Le trafic de tabac est organisé comme le trafic de stupéfiants dans notre pays. »
Ce constat, désormais partagé, ne se traduit toujours pas dans la loi.
Le trafic de tabac avait déjà été laissé hors du champ de la loi narcotrafic. Le voilà de nouveau privé de réponse pénale renforcée. À chaque texte, l’occasion se présente, et à chaque fois elle se referme, pendant que les réseaux se professionnalisent, alimentent une économie souterraine et pèsent sur la sécurité de centres-villes entiers.

Une fiscalité qui nourrit le trafic, un réseau de proximité à bout

Cette censure intervient dans un contexte d’alertes récurrentes des acteurs de terrain. Depuis longtemps, ceux-ci dénoncent les effets d’une fiscalité en hausse continue, qui accroît les écarts de prix exploités par les trafiquants et oriente un nombre croissant de fumeurs vers les circuits parallèles. Cette dynamique alimente le trafic que les pouvoirs publics entendent pourtant combattre. Ce sont les buralistes qui en paient le prix, souvent celui de leur survie.

Assez de constats : des actes

Le diagnostic est posé, l’urgence est reconnue, et pourtant l’outil vient d’être retiré des mains de la justice.

Imperial Brands – Seita appelle l’État à agir sans délai pour :

  • Rétablir sans attendre, par le véhicule législatif adapté, l’aggravation des peines votée dans la loi RIPOST ;
  • Tirer les conséquences pénales de la reconnaissance du trafic de tabac comme une forme de criminalité organisée ;
  • Mettre la trajectoire fiscale en cohérence avec l’objectif affiché de lutte contre le marché parallèle ;
  • Soutenir concrètement le réseau des buralistes, premier rempart d’un commerce légal et contrôlé face aux trafics.

« On reconnaît le fléau, on vote la réponse, puis on la fait disparaître sur une question de forme. Pendant ce temps, les trafiquants prospèrent et nos buralistes affrontent seuls la vente à la sauvette et l’insécurité devant leur commerce, tandis que de nombreuses municipalités restent démunies face à ces nuisances du quotidien. Il est temps que l’État reprenne cette mesure et la fasse aboutir. Assez de déclarations, des actes », déclare Hervé Natali, Responsable des relations territoriales, Imperial Brands – Seita.

21 Août 2026 | Institutions
 

Le député Les Républicains Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé, prépare une proposition de loi visant à créer une contribution financière à la charge des industriels du tabac, destinée à financer la prévention et la lutte contre les incendies causés par les mégots de cigarette, ainsi que la dépollution des sols et des eaux contaminés par ces déchets. Une initiative qui intervient après un été marqué par plusieurs feux de forêt largement médiatisés, et qui relance le débat sur l’adéquation des dispositifs existants de gestion des mégots, à commencer par Alcome, l’éco-organisme actuellement en charge de ce sujet en France.

Nous reprenons la communication de Génération sans Tabac sur la Proposition de Loi de Yannick Neuder (Voir les 6, 7 et 8 août)

La proposition de loi de Yannick Neuder

Le député Yannick Neuder va déposer une proposition de loi instaurant une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues, facturée directement aux industriels du tabac, soit environ 30 centimes par paquet de 20 cigarettes. Sur la base des ventes de 2025, cette contribution représenterait environ 350 millions d’euros de recettes supplémentaires par an. Lire la suite »

16 Août 2026 | Institutions, Récents
 

Il n’y a pas que l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui est repoussée par le Conseil constitutionnel… Celui-ci a, ce 14 août, repoussé trois articles – concernant la lutte contre les trafics de tabac – de la loi « RIPOST » (« Projet de Loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public » / voir les 20 juillet 2026 et 26 mars 2026).

Il s’agit de :

  • l’article 26 aggravant les sanctions encourues en matière de vente à la sauvette lorsque celle-ci porte sur des produits du tabac ;
  • l’article 41 proposant d’aggraver les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon de marque ;
  • l’article 65 permettant d’appliquer l’article précédent en Outre-Mer.

Le Conseil constitutionnel estime que ces articles sont des « cavaliers législatifs » (n’ayant pas un lien direct avec l’objet principal du texte…). Ils sont donc considérés contraires à la Constitution.

On se gardera de tout commentaire…

11 Août 2026 | Institutions
 

Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, dans l’Aude, les ravages du mégafeu de l’an dernier sont encore dans tous les esprits. 17 000 hectares ont été brûlés en quatre jours et une personne est décédée. À l’origine du départ de feu : une cigarette mal éteinte, jetée dans la nature selon les enquêteurs. Faut-il faire payer les géants du tabac pour mieux lutter contre les incendies ? La proposition fait débat.

C’est ainsi qu’a débuté un reportage de TF1, le 6 août, au sujet de la proposition de loi de Yannick Neuder (voir les 6, 7 et 10 août).

« Je suis pour. Quand on voit tous les gens qui jettent leur mégot par les fenêtres, c’est inadmissible », lance une habitante dans le reportage en tête de cet article. « C’est une très mauvaise idée. On ira chercher une cigarette en Espagne ou en Andorre », estime un autre.

Concrètement, une proposition de Yannick Neuder, député LR de l’Isère et ancien ministre de la Santé, entend taxer les industriels du tabac, à raison de 15 euros récoltés pour 1 000 cigarettes vendues, soit 30 centimes d’euros par paquet. Gain estimé pour l’État : 350 millions d’euros. Lire la suite »

10 Août 2026 | Institutions
 

L’ancien ministre de la Santé Yannick Neuder pointe du doigt la responsabilité des industriels du tabac dans les incendies. Le député LR souhaite instaurer une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues (voir les 6 et 7 août)… RMC fait le point sur le sujet (dans une émission du 8 août).

Yannick Neuder, député LR de l’Isère et ancien ministre de la Santé, a annoncé déposer une proposition de loi pour taxer les industriels du tabac afin qu’ils « prennent enfin leur part » dans les incendies qui parcourent le territoire français. Et ce alors que les mégots peuvent provoquer de nombreux départs de feu.

« Je dépose une proposition de loi pour que les industriels du tabac, ceux qui produisent ces mégots par milliards, prennent enfin leur part avec une contribution sur le chiffre d’affaires », a posté sur le réseau social X le député, ancien ministre de la Santé (2024-2025) dans le gouvernement de François Bayrou. Lire la suite »

9 Août 2026 | Institutions
 

« Les Français attendent des politiques publiques cohérentes, fondées sur les faits et non sur des réflexes fiscaux »

Extrait d’un message de Serdar Kaya, président de la Confédération nationale des buralistes, à propos du projet de proposition de loi Neuder visant à créer une nouvelle taxe sur le tabac pour financer la prévention contre les incendies (voir les 6 et 7 août / Neuder).

8 Août 2026 | Profession
 

« J’ai eu l’occasion d’intervenir sur RMC, ce 7 août, pour dénoncer une nouvelle proposition de taxation du tabac destinée à financer la lutte contre les incendies (voir 6 et 7 août). »
C’est ainsi que débute un message de Serdar Kaya (sur LinkedIn le 7 août) que nous reproduisons.

« Cette logique doit cesser
« Le tabac est déjà le produit le plus taxé de France. À chaque nouveau besoin de financement, c’est toujours le même réflexe : créer une taxe supplémentaire.
Pourtant, chacun connaît les conséquences de cette politique. Plus les prix augmentent, plus les trafics prospèrent, plus les achats hors réseau légal progressent, et plus les 22 500 buralistes voient leur activité fragilisée.

« Cette proposition est d’autant moins pertinente que la filière finance déjà des actions de prévention à travers des dispositifs existants.

« Avant de créer un nouvel impôt, commençons par utiliser efficacement les moyens déjà disponibles.
Les Français attendent des politiques publiques cohérentes, fondées sur les faits et non sur des réflexes fiscaux. »