Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
7 Août 2026 | Institutions
 

Alors que les incendies ont déjà détruit des dizaines de milliers d’hectares en France cet été, le député LR Yannick Neuder propose de faire contribuer les industriels du tabac au financement de la prévention et de la lutte contre les feux. L’ancien ministre de la Santé veut créer un fonds de 350 millions d’euros alimenté par une taxe sur les cigarettes (voir le 6 août). Nous reprenons l’article de Nice-Matin sur le sujet.

Taxer les fabricants de cigarettes pour lutter contre les départs d’incendies ? C’est l’idée du député LR Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé sous François Bayrou (voir le 29 janvier 2025).
Ce mercredi 5 août 2026, il a annoncé à France Info qu’il va déposer une proposition de loi pour créer un fonds alimenté par les industriels du tabac et destiné à aider les services d’incendie et de secours.

Dans les faits, la taxe représenterait « 2 % du prix de vente des cigarettes, soit environ 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues. Ça représente un fonds de 350 millions d’euros, utilisable pour les SDIS, l’Office national des forêts (ONF), le Centre national de la propriété forestière, pour les associations, les collectivités locales ».

Selon le député de la 7e circonscription d’Isère, le fonds permettra de financer l’achat d’équipements pour les pompiers, « la régénération des zones humides, des forêts » et la « dépollution des sols et des eaux »

Cette proposition intervient alors que les incendies ont déjà ravagé d’importantes surfaces en France cet été. Le ministre de l’Intérieur avait indiqué le 30 juillet que 117 000 hectares avaient brûlé depuis le début de la saison des feux.

Selon Yannick Neuder, les fabricants de tabac ne participent actuellement pas suffisamment à la prise en charge de l’impact environnemental lié aux mégots.
« Il n’existe aujourd’hui rien au niveau des fabricants de tabac sur cette lutte contre l’impact environnemental des mégots », estime-t-il, plaidant pour « une juste répartition de la charge vis-à-vis des fabricants ».

7 Août 2026 | Associations
 

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Alors qu’un été marqué par de nombreux incendies remet en lumière le rôle des mégots dans les départs de feu, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) apporte son soutien à la proposition de loi du député Yannick Neuder visant à taxer les industriels du tabac (voir le 6 août), et dénonce une industrie qui, depuis des décennies, fait porter à la collectivité le coût environnemental d’un produit dont elle connaît pourtant parfaitement la toxicité.
Le texte prévoit une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues, facturée directement aux fabricants, afin de financer un fonds dédié à la prévention des incendies et à la régénération des milieux naturels contaminés par les mégots.

Un déchet toxique produit en masse, dont l’industrie refuse d’assumer le coût réel.

Chaque année en France, entre 20 000 et 25 000 tonnes de mégots sont jetées dans la nature, selon le ministère de l’Écologie.
Le mégot est le deuxième déchet plastique le plus retrouvé sur les plages du pays. Près d’un fumeur sur cinq admet encore jeter ses mégots par la fenêtre de sa voiture, un geste dont les conséquences sont loin d’être anodines (voir le 1er août 2026) : selon une étude de l’Office national des forêts, si neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, une part significative des feux d’origine accidentelle est directement liée à des mégots mal éteints jetés dans la nature. Lire la suite »

30 Juil 2026 | International
 

Dans la quasi-totalité des pays européens, fumer dans une rue, sur un trottoir ou une place publique est autorisé, sauf si un texte local ou national l’interdit. Aujourd’hui, en France, si fumer dans la rue est encore autorisé dans la plupart des espaces publics, à l’exception des plages, des écoles ou encore des parcs, jeter son mégot, une fois que le moment de plaisir touche à sa fin, est répréhensible à hauteur de 135 euros.
Dans le cas où ce dernier provoque un incendie, les sanctions peuvent aller jusqu’à plusieurs années de prison et de très lourdes amendes. Il faut dire que les jets de mégots seraient responsables de 15 % des départs de feux de forêt.
C’est ainsi que débute un article de La Dépêche (le 29 juillet) que nous reproduisons.

Depuis une dizaine d’années, les politiques publiques européennes évoluent dans le même sens, avec l’extension des espaces sans tabac, l’augmentation des sanctions ou encore les campagnes de sensibilisation et de prévention.

Dans ce sens, la tendance européenne semble s’orienter vers des sanctions financières toujours plus élevées, pour tenter d’effacer la cigarette des rues.
En France, fumer dans une zone interdite expose à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant aller jusqu’à 750 euros devant un tribunal.
Même logique en Espagne, qui sanctionne jusqu’à 600 euros d’amende dans certaines régions, et même 1 000 euros sur certaines plages protégées (voir 9 juillet 2026).

Là encore, le montant de l’amende diffère selon le pays. En Italie, depuis 2016, une loi nationale encadre le jet de mégot sur la voie publique, sanctionné partout dans le pays. Depuis le 1er janvier 2025, Milan est devenue la première grande ville européenne à interdire de fumer dans presque tous les espaces publics extérieurs. Une exception existe lorsqu’une personne peut rester à au moins 10 mètres des autres (voir le 21 mai 2026).

L’Espagne tend, elle aussi, vers une interdiction nationale : en juillet 2026, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi visant à étendre l’interdiction de fumer à l’ensemble des plages, aux terrasses, aux piscines collectives, aux installations sportives, aux parcs nationaux et dans un rayon de 15 mètres autour de nombreux bâtiments publics. Le texte doit encore achever son parcours législatif avant d’entrer en vigueur (voir 22 juillet 2026).

23 Juil 2026 | International
 

La Unión de Estanqueros, représentant les buralistes espagnols, a réagi négativement à l’approbation par le Conseil des ministres espagnol d’un nouveau projet de loi sur le tabac (voir le 22 juillet 2026). Nous reprenons l’essentiel de sa communication.

Dans un premier temps, la Unión s’étonne que le Conseil d’État espagnol n’ait pas été consulté au préalable et que nombre de contre-propositions n’aient pas été prises en compte. Comme celles de l’Autorité de la concurrence (Comisión de los Mercados y la Competencia) ainsi que celles du Conseil économique et social (Consejo Económico y Social). Ce dernier s’étant alarmé de « carences dans l’analyse des impacts économiques pour des activités comme l’hôtellerie et la restauration. ».
De même, d’autres remarques, transmises au niveau des instances européennes, n’ont pas été prises en compte.

Sur le texte lui-même, la Unión de Estanqueros n’approuve pas le parti pris consistant à placer strictement au même niveau des produits, ceux du tabac, du tabac chauffé et du vapotage, sans tenir compte de la réduction de nocivité que représentent certains. Les nombreuses études sur ce sujet sont balayées contre toute évidence sanitaire.

La Unión met en avant, par ailleurs, qu’il sera toujours possible de fumer en terrasse en France.

Miguel Ángel Martínez, président de la Unión de Estanqueros et de la Confédération européenne des détaillants de tabac (voir le 12 juin 2026), estime que ces remarques, comme la coïncidence dans le temps avec la révision de la directive européenne sur le tabac en cours (TPD 3), devraient amener à différer la présentation du projet de loi au Parlement tout en le révisant afin de mieux prendre en considération l’apport des produits à risques réduits.

22 Juil 2026 | International
 

Le Conseil des ministres a approuvé, ce 21 juillet, un « projet de loi » du tabac présenté par la ministre de la Santé avant sa présentation devant le Parlement (où le gouvernement n’a pas la majorité actuellement).
Le texte est présenté comme aussi fondamental que la loi qui a interdit de fumer dans les bars et restaurants en 2005.
Il reprend des mesures dont la plupart avaient déjà été annoncées (voir 15 avril 2026, 22 septembre 2025, 11 septembre 2025).

Parmi ses principales dispositions :

  • l’interdiction de fumer, de vapoter et de consommer des sachets de nicotine pour les mineurs de moins de 18 ans (jusqu’à maintenant, il était seulement interdit de vendre du tabac aux mineurs). Les amendes en cas d’infraction seront de 200 euros et plus en cas de récidive.
  • l’extension des zones non-fumeurs : les terrasses de bars et restaurants, les plages, les installations sportives, les spectacles et manifestations à l’extérieur, les universités.
    Avec installation de périmètres d’interdiction de fumer et de vapoter de 15 mètres autour des centres d’éducation, sociaux, culturels et de recherche.
  • la mise en équivalence, sur le plan réglementaire, des produits du vapotage (avec ou sans nicotine) avec le tabac ; à noter que les sachets de nicotine ne sont pas concernés.
  • l’interdiction de vente des produits de vapotage dans les bazars et points de vente alimentaires.
  • l’interdiction de toutes les formes de publicité et de promotion, dans les points de vente, des produits du tabac et du vapotage (cette publicité est encore présente actuellement).

« Le paquet neutre » pour les produits du tabac et du vapotage, évoqué à un moment, n’a pas été retenu.
Le projet de loi n’aborde pas le sujet de la fiscalité.
À suivre.

21 Juil 2026 | Institutions
 

Six anciens ministres de la Santé ont signé une tribune pour appeler à l’interdiction du tabac pour les générations nées après 2009 (voir 11 juillet 2026 / 6 juillet 2026-enjeux). Sébastien Boussois (du CNAM/Conservatoire national des Arts et Métiers/directeur de l’Institut géopolitique européen) leur oppose une question simple : avant de donner des leçons, ont-ils regardé leur propre bilan ? Entre postures symboliques, marché noir et expériences étrangères avortées, il démonte les illusions du « Generation Ban ».

C’est ainsi que débute une tribune de « Valeurs Actuelles » que nous reprenons.

Cinquante ans après la grande loi portée par Simone Veil contre le tabagisme, six anciens ministres de la Santé, Claude Évin, Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand, Marisol Touraine, Agnès Buzyn et Aurélien Rousseau, ont signé une pleine page publicitaire dans Le Parisien pour célébrer cet héritage et appeler à franchir une nouvelle étape avec une « génération sans tabac ».

L’intention est respectable. Personne ne conteste que le tabac demeure l’une des premières causes de mortalité évitable dans notre pays. Mais derrière cette belle unanimité se cache une question plus dérangeante : la santé publique est-elle encore guidée par la recherche de l’efficacité ou est-elle devenue le terrain privilégié des postures, des symboles… et d’une certaine hypocrisie ? La santé publique mérite mieux qu’un concours de sophismes. Elle exige d’abord, au-delà des paroles vaines et creuses, de regarder les résultats obtenus avant de multiplier les déclarations de principe.

Le bilan avant les leçons

La santé publique ne se mesure ni au nombre de tribunes publiées, ni au nombre d’interdictions votées. Elle se mesure à des résultats concrets : une espérance de vie en bonne santé qui progresse, des inégalités d’accès aux soins qui reculent, des comportements qui évoluent durablement et une confiance retrouvée entre les citoyens et leurs institutions.

Les signataires expliquent aujourd’hui comment protéger les générations futures. C’est leur droit. Mais lorsqu’ils occupaient les plus hautes responsabilités, les défis sanitaires n’ont cessé de s’accumuler : explosion de l’obésité, progression du diabète, désertification médicale, pénuries chroniques de médicaments, affaiblissement de l’hôpital public.

Puis est venue la crise du Covid. Les Français ont découvert un État incapable de fournir des masques, dépendant de chaînes de production étrangères, multipliant les revirements et les messages contradictoires qui ont profondément entamé la confiance dans la parole publique. Une politique de santé ne repose pas uniquement sur des lois ; elle repose avant tout sur la crédibilité de ceux qui les portent. Lire la suite »

 

Au préalable, rappelons que l’Irlande assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (du 1er juillet au 31 décembre).
Alors que nous sommes en période d’élaboration de la prochaine TPD3 (Tobacco Products Directive 3).

Il se trouve que la ministre de la Santé, Jennifer Carroll MacNeill, vient d’annoncer que l’Irlande envisage aussi un « generational ban » / une interdiction générationnelle (soit l’interdiction définitive d’acheter du tabac à toute personne née après une certaine date).

Ceci, à l’instar de ce qui a déjà été adopté au Royaume-Uni (voir 22 avril) ou de ce qui a été récemment proposé en France (voir les 2 et 6 juillet), avec l’approbation de la ministre de la Santé (et de 6 autres de ses anciens collègues ; voir les 4 et 11 juillet).

Après avoir constaté que le taux de prévalence tabagique, en Irlande, restait bloqué à 17 % de la population adulte, elle vient de déclarer à la presse que son ministère était en train d’envisager « des mesures plus agressives… dont un « generational ban » ».

Rappelons qu’en Irlande les produits du tabac ne peuvent être présentés à la vue du public dans les points de vente (« display ban ») et que les prix des paquets de cigarettes se situent entre 16 et 20 euros.

Alors que le secteur du vapotage se situe dans la perspective d’une interdiction des arômes, du paquet neutre et d’un « display ban » (voir 30 juin 2026).

Quant au marché parallèle du tabac et du vapotage ? Il se porte très bien, merci.

20 Juil 2026 | Associations
 

La proposition visant à éradiquer le tabagisme chez les jeunes (voir les 2 juillet, 6 juillet / enjeux, 11 juillet / ministres) soulève un dilemme : comment conjuguer interdiction et accompagnement pour vaincre une addiction enracinée dans la psychologie et la précarité.
C’est ainsi que débute une tribune de Jérôme Palazzolo (psychiatre, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique et médicale), parue dans L’Opinion le 17 juillet.
Nous la reprenons.

L’ambition de la proposition de loi « Pour une génération sans tabac » a de quoi séduire. L’idée paraît simple : empêcher progressivement l’accès au tabac pour les plus jeunes afin de faire disparaître le tabagisme. Sur le plan symbolique, le message est fort. Sur le plan comportemental, les choses sont plus nuancées. Lire la suite »

19 Juil 2026 | Pression normative
 

Nicolas thierry

Après avoir soutenu, début juillet, l’appel transpartisan de six anciens ministres de la Santé en faveur de sa proposition de loi « Génération sans tabac » (voir les 11 juillet 2026 / Appel et 4 novembre 2025 / Proposition de loi), le député écologiste de Gironde, Nicolas Thierry, a accepté de répondre aux questions de Breizh-info (ndlr : qui ne se situe pas exactement sur la même rive politique que le parlementaire). Le 17 juillet.

Rupture d’égalité entre citoyens, sort des buralistes ruraux, essor de la vape, poids budgétaire des taxes sur le tabac : l’élu détaille les arguments qui sous-tendent son texte, qui attend toujours son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Breizh-info.com : Votre proposition de loi interdirait à vie l’achat de tabac aux personnes nées après 2009. Comment répondez-vous à ceux qui y voient une rupture d’égalité entre citoyens adultes, certains ayant le droit d’acheter un produit légal, d’autres non, selon leur seule date de naissance ?

Nicolas Thierry : « La proposition de loi que j’ai déposée à l’Assemblée nationale vise à interdire la vente de cigarettes à toutes les personnes nées après 2014.
Cette proposition de loi n’interdit pas la consommation de tabac mais encadre uniquement sa vente, dans un objectif légitime de santé publique. Elle est conforme aux engagements internationaux de la France, notamment à la CCLAT de l’OMS et à la Convention relative aux droits de l’enfant, qui garantissent le droit à la santé.
De plus, le tabac n’est pas un produit comme un autre : il reste la première cause de mortalité évitable en France. La nicotine crée une dépendance en quelques semaines. 80 % des fumeurs regrettent d’avoir commencé, selon un sondage de Santé publique France. La mesure protège donc les individus de l’addiction, comme pour l’interdiction des paris sportifs aux mineurs.
La « génération sans tabac » n’interdit rien à personne : elle empêche simplement que les jeunes tombent dans une addiction qu’ils n’ont pas choisie. » Lire la suite »