
Dans une rue passante de Sydney, une petite épicerie comme tant d’autres, avec sa devanture vitrée et son enseigne d’un jaune criard. À l’intérieur, les rayons sont bien dégarnis mais le défilé des clients, constant. Tous se dirigent directement vers le comptoir où, en cet après-midi de septembre, un papier cartonné manuscrit indique, tel un menu, le prix des paquets de cigarettes.
Pour chaque achat, l’une des vendeuses, un peu fébrile, file vers l’arrière-boutique avant de revenir le tabac en main. Payé cash, il coûte moins cher. « Évidemment que nous sommes nerveuses, car nous sommes parfaitement conscientes que ce que nous faisons est illégal, nous n’en sommes pas fières. Que voulez-vous ? C’est grâce à la vente de cigarettes de contrebande que notre magasin survit », confie l’une d’elles.
C’est ainsi que débute un article d’Isabelle Dellerba dans Le Monde, le 22 septembre.
Sur l’île-continent, le marché noir représente 80 % de la quantité totale de nicotine consommée, selon une étude du Bureau australien des statistiques réalisée en 2025. Pour établir cette estimation, l’institut a analysé les traces de nicotine dans les eaux usées et les a comparées aux chiffres de ventes officielles, incluant les vapoteuses et autres produits associés. Huit ans plus tôt, ce chiffre n’était que de 12 %.
En cause, le prix exorbitant des cigarettes – entre 40 et 70 dollars australiens (entre 25 et 43 euros) le paquet –, qui pousse la plupart des consommateurs à se tourner vers des offres plus abordables. Dans de nombreux bureaux de tabac, petites épiceries et même dans certaines stations-service, il suffit généralement de demander un « paquet pas cher ».
« Je leur fais un clin d’œil et j’ai mes clopes pour un tiers du prix normal », relate une mère de deux enfants préférant garder l’anonymat. « Je ne sais pas d’où elles viennent, quelle est leur qualité, mais d’un point de vue économique, le choix est vite fait. » Lire la suite »