
Si l’expérimentation de la cigarette électronique baisse parmi les collégiens, elle augmente (ainsi que l’usage quotidien) chez les lycéens, surtout chez les filles et particulièrement en lycée professionnel.
Elle est aussi de plus en plus souvent consommée en complément de la cigarette classique – voire avant toute expérimentation de cette dernière.
C’est ainsi que débute un communiqué de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives / voir le 4 mars 2026 et 26 février 2026) à propos de la parution d’une étude sur le comportement des collégiens et des lycéens par rapport au vapotage.
L’OFDT présente aujourd’hui l’évolution des usages de cigarette électronique (comprenant aussi les puffs) par les élèves du secondaire entre 2014 et 2024.
L’enquête EnCLASS 2024 permet aussi de comparer ces usages chez les lycéens selon qu’ils sont en lycées d’enseignement général et technologique (LEGT) ou en lycées professionnels (LP) et de présenter les polyusages (de cigarette électronique et de cigarette de tabac).
Les lycées, surtout professionnels, davantage concernés
Depuis une quinzaine d’années (cf. Résultats EnClass 2024), le tabagisme baisse drastiquement chez les collégiens et lycéens. Les usages de la cigarette électronique suivent une tout autre tendance.
Entre 2014 et 2024, la part des collégiens ayant expérimenté la cigarette électronique a baissé de 26,8 % à 19,0 %. À l’inverse, elle a progressé de 35,1 % à 46,0 % parmi les lycéens entre 2015 et 2024 et davantage chez les filles que chez les garçons (48,7 % contre 43,2 %).
On observe de plus une nette différence entre LEGT et LP : entre 2015 et 2024, la part des lycéens ayant expérimenté la cigarette électronique est passée de 34,2 % à 41,5 % dans les LEGT, mais de 36,8 % à 58,7 % dans les LP, soit une augmentation trois fois plus importante chez ces derniers.
Concernant l’usage quotidien, évalué seulement chez les lycéens, il a progressé de 2,8 % en 2018 à 6,8 % en 2024, de façon équivalente chez les filles et les garçons, mais, à nouveau, davantage en LP qu’en LEGT (respectivement 11,1 % contre 5,3 % en 2024).
Quand la cigarette électronique est la seule cigarette
Si quasiment tous les adolescents ayant fumé du tabac en 2024 ont aussi expérimenté la cigarette électronique, la part des expérimentateurs de cigarette électronique qui n’ont jamais fumé de tabac est, elle, de plus en plus élevée. En outre, les lycéens qui ont expérimenté à la fois la cigarette de tabac et la cigarette électronique ont plus souvent testé en premier la cigarette électronique en 2024 qu’en 2018 (39,6 % contre 28,9 %).
De son côté, la consommation quotidienne de cigarette électronique seule passe de 0,8 % en 2018 à 4,0 % en 2024, tandis que le tabagisme quotidien seul baisse nettement, passant de 15,5 % des lycéens en 2018 à 2,9 % en 2024.
L’usage de la cigarette électronique en France n’est pas ici un substitut aux cigarettes de tabac, mais de plus en plus un produit complémentaire voire exclusif, signe d’un marketing qui cible les jeunes.
Puffs : une part importante de l’expérimentation de la cigarette électronique
Arrivées sur le marché français en septembre 2021, les cigarettes électroniques jetables, communément appelées « puffs », ont été interdites en février 2025.
Les résultats présentés ici forment donc une photographie pré-interdiction. En 2024, 16,6 % des collégiens et 39,4 % des lycéens avaient déjà expérimenté une « puff », soit respectivement 87,5 % et 85,5 % des expérimentateurs de cigarette électronique.
De surcroît, 11,5 % des collégiens et 16,6 % des lycéens ont expérimenté une « puff » mais n’ont jamais utilisé de cigarette électronique rechargeable.




