Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
2 Avr 2026 | Associations
 

« Ce décret interdisant sur notre territoire tous les produits nicotiniques à usage oral – ceux qui existent déjà comme les sachets de nicotine et ceux que l’industrie envisageait de mettre sur le marché – est une victoire majeure ! » a réagi Marion Catellin, directrice de Contre-Feu, une fédération d’associations anti-tabac, sur France Info et auprès de l’AFP (voir 1er avril 2026 et 6 septembre 2025).

« On se satisfait vraiment de cette interdiction, aujourd’hui, de ces sachets de nicotine », aussi appelés pouches, qui « sont extrêmement addictifs » avec « une concentration de nicotine aussi forte que ce qu’il y a dans tout un paquet de cigarettes entier », ajoute Marion Catellin.

Elle précise qu’avec le décret d’interdiction, « ce sont toutes les innovations à base de nicotine qui seront interdites à l’avenir ».

« L’industrie du tabac a tendance à dire qu’il s’agit de produits exclusivement pour les fumeurs qui veulent sortir du tabac, sauf qu’en réalité ce sont bien les jeunes qui sont visés », rappelle la directrice de Contre-Feu.

1 Avr 2026 | Associations
 

Le décret d’interdiction des sachets de nicotine entre en vigueur ce 1er avril.

Ce n’est pas un poisson d’avril. La farce aura été qu’il s’agit de l’une des toutes dernières décisions de feu le Gouvernement Bayrou (voir 6 septembre 2025).

Ceci malgré les fermes engagements de représentants de ce même Gouvernement auprès des responsables de la Confédération des buralistes. Lesquels ont toujours prôné une réglementation intelligente -au bénéfice des fumeurs cherchant des alternatives moins nocives- plutôt qu’une interdiction détournée par le marché parallèle.

La Confédération fait savoir qu’elle a déposé un recours.

Cette interdiction concerne la vente, en elle-même, des sachets de nicotine. D’autres aspects du décret ayant été suspendus par le Conseil d’État (voir 23 décembre 2025).

1 Avr 2026 | International
 

Bruxelles se prépare à un vif débat autour de la toute première étude de la Commission européenne sur les effets sur la santé des produits du tabac alternatifs, tels que les cigarettes électroniques.
Parallèlement, le débat sur la manière dont ces produits devraient être taxés se déroule sur le fil du rasoir. C’est ainsi que débute un article de Sarantis Michalopoulos sur le site Euractiv (le 30 mars) que nous reprenons.

Cette étude sur la santé, qui sera bientôt publiée, s’inscrira dans le cadre de la révision de la Directive sur les Produits du Tabac (TPD / voir 24 juin 2025),

qui déterminera si les nouveaux produits – notamment le tabac chauffé et les sachets de nicotine – doivent être traités de la même manière que les cigarettes traditionnelles. Son issue devrait façonner le paysage réglementaire pour les années à venir.

Bien que formellement distincte, la révision de la TPD est indirectement liée aux négociations en cours sur la Directive relative à l’accise sur le tabac (TED) et à la ressource propre provenant de l’accise sur le tabac (TEDOR / voir 21 juillet 2025 et 5 août 2025).

Cette dernière est cruciale pour le budget à long terme de l’UE, Bruxelles prévoyant de lever 11,2 milliards d’euros par an grâce à la taxation du tabac, dans le cadre de ses « ressources propres ».

Le ton du débat a déjà été donné par le Commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, qui a déclaré à Euractiv que les produits du tabac alternatifs sont aussi nocifs que les cigarettes conventionnelles (voir 3 octobre 2025).
La Commission devrait d’abord publier une évaluation de la Directive actuelle sur les produits du tabac, dont les conclusions « serviront de base aux prochaines mesures concernant la législation européenne », selon un porte-parole de l’UE.

 Toutefois, Euractiv comprend que le Comité d’examen de la réglementation (RSB) – l’organe de contrôle interne de la Commission – a signalé que le rapport d’évaluation actuellement en discussion au sein des services de la Commission comprend un certain nombre de « mesures prospectives ».

Lire la suite »

18 Fév 2026 | L'Info
 

Sachets de nicotine

Pour en savoir plus concernant la situation du marché des sachets de nicotine en France, nous avons posé 3 questions à Norbert Neuvy / Nicotine World.

LMDT : Comment analyser, avec le recul, la récente décision du Conseil d’État de suspendre l’exécution du décret de septembre dernier d’interdiction des sachets de nicotine (voir le 23 décembre 2025) ?

Norbert Neuvy : « le Conseil d’État n’a pas pris cette décision par hasard. Quand un texte est solide, il n’est pas suspendu. Il y a donc un doute sérieux sur la légalité et la proportionnalité de ce décret.
On sait déjà que ce même décret a été pris sans concertation réelle, sans débat scientifique contradictoire, sans étude d’impact sérieuse. Cette mesure n’étant ni urgente, ni fondée…
On remarque aussi que ce décret autorise, par ailleurs, le tabac à chiquer… un authentique produit du tabac, alors que les sachets de nicotine n’en contiennent pas du tout !

LMDT : L’annonce d’une interdiction a eu un impact sur le marché ?

Norbert Neuvy : « bien sûr, car nous sommes confrontés à une incertitude totale. Les fumeurs – adultes – hésitent maintenant à utiliser les sachets de nicotine, quitte à replonger dans la cigarette… Ce qui est dommageable pour la santé publique.
Et cela, alors que la demande pour les sachets de nicotine était bien réelle et qu’ils apportaient une réelle solution pour toutes ces personnes qui sont dans l’impossibilité, à certains moments-clés, de fumer ou de vapoter, sans compter ceux qui veulent abandonner la cigarette, tout simplement. Ce produit – sans tabac, sans fumée, sans combustion – avait donc trouvé sa place.
Ce sont aussi des années d’investissement qui sont brusquement stoppées par ce décret, notamment pour des PME qui se retrouvent fragilisées comparées aux capacités des groupes cigarettiers ou même du marché parallèle… Car oui, on voit apparaître de plus en plus de produits non-contrôlés, non-tracés, avec des taux de nicotine grossièrement élevés. Cela monte à 50, 60 milligrammes par sachet alors qu’une offre responsable est régulée à 20 milligrammes par sachet !
Cette incertitude s’accompagne donc d’une absence totale de protection sanitaire et de cadre économique viable.

LMDT : Mais que va-t-il se passer maintenant ?

Norbert Neuvy : « juridiquement, tout est encore possible. Politiquement, aussi. Le Gouvernement est obligé maintenant de justifier la décision de son prédécesseur ou de réguler. L’objectif étant bien de ne pas interdire la nicotine mais de hiérarchiser les risques.
Ayons bien en tête que les pays qui obtiennent des résultats tangibles contre le tabagisme – de la Suède au Royaume-Uni en passant par la Nouvelle-Zélande – n’interdisent pas à tout bout de champ mais régulent à travers une hiérarchisation des risques.
En s’opposant à la réduction des risques, la France est donc en total décalage avec les données scientifiques internationales.
Et aujourd’hui, nous n’avons aucun dialogue avec le Gouvernement. Soyons clair, l’État ne prend pas ses responsabilités.
Pourtant, les sachets de nicotine ont toute leur légitimité pour être conservés comme une option de sevrage tabagique pour les fumeurs adultes. Cet encadrement doit passer par une interdiction stricte de vente aux mineurs, des normes de fabrication et un étiquetage transparent ainsi qu’un contrôle des arômes et du dosage. C’est cela la régulation.
Et c’est la solution. »

13 Fév 2026 | Profession
 

Tadeu Marroco, CEO de BAT, a présenté, ce 12 février, les résultats 2025 de son groupe dans un contexte de rationalisation des coûts sur ses différents marchés (avec aussi des réductions d’effectifs / voir 27 janvier 2026).
Il en ressort un certain nombre de chiffres-clés.

Il y a désormais 34,1 millions de consommateurs adultes dans le monde de produits sans fumée de BAT (vapotage, tabac à chauffer et sachets de nicotine).
Soit 4,7 millions de plus par rapport à l’année dernière.

Les produits sans fumée représentent désormais 18,2 % des revenus mondiaux du groupe.

Aux États-Unis, Velo Plus est devenu – un an après son lancement et sur un marché très compétitif – le numéro 2 de la catégorie des sachets de nicotine.

BAT souligne que les fortes perspectives du marché du vapotage sont assombries par la prolifération des produits illégaux.

L’ensemble des revenus du groupe est en hausse de + 2,1 % (à taux de change constant) : ceci notamment grâce aux performances de Velo Plus aux États-Unis et à la cigarette.

Par ailleurs, BAT estime que le marché global de la cigarette va connaître un recul de – 2 % en volume cette année.

(Voir le 18 février et 4 août 2025).

9 Fév 2026 | International, Profession
 

Philip Morris International a présenté, ce 6 février, ses résultats pour l’année 2025 (voir 23 juillet 2025).
Le cap vers un monde sans fumée est tenu.

« Nous avons réalisé une autre année remarquable, avec un cinquième exercice consécutif de croissance en volumes, nos revenus nets dépassant les 40,6 milliards de dollars (35 milliards d’euros), dont 17 milliards de dollars issus de nos activités sans fumée », a déclaré, à cette occasion, Jacek Olczak, CEO de PMI (photo).

L’ensemble des activités sans fumée (hors cigarettes traditionnelles) du groupe a connu une croissance de + 12,8 % en volume pour représenter désormais 41,5 % de ses revenus nets.
PMI est présent sur 106 marchés dans le monde avec d’autres produits que la cigarette traditionnelle.
Ces nouveaux produits s’adressent désormais à 43 millions de consommateurs adultes (+ 4,5 millions par rapport à décembre 2024).

Dans le domaine du tabac chauffé, l’IQOS de PMI pèse 76 % du marché mondial.
Notamment sur le marché très compétitif du Japon (le tabac chauffé y a représenté la moitié de la consommation de nicotine dans les grandes villes, en décembre), la part de PMI est de 70 %.
En Europe, les marchés-clés sont, pour le moment, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce, la Roumanie et l’Espagne.

En matière de sachets de nicotine, la marque Zyn est leader aux États-Unis (794 millions de boîtes vendues dans l’année).
Elle est disponible sur 55 marchés dans le monde.

La marque de vapotage Veev poursuit sa croissance sur 47 marchés.

Au total, les cigarettes traditionnelles ont connu un recul de − 1,5 % en volume sur le plan mondial.

15 Nov 2025 | L'Info
 

Nicotine World salue la déclaration claire de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui reconnaît publiquement que « le vapotage peut être utile au sevrage tabagique » et que « les outils nécessaires à l’arrêt du tabac doivent être protégés » (voir ci-dessous).
C’est ainsi que débute une communication de Norbert Neuvy / Nicotine World (voir le 3 novembre 2025) que nous reprenons.

Nous partageons pleinement cette position. Mais nous appelons désormais le gouvernement à faire preuve de cohérence politique : les sachets de nicotine sont eux aussi un outil de sevrage reconnu, efficace, discret et sans combustion. Ils méritent d’être encadrés, pas interdits.

Ces produits, largement réglementés chez nos voisins européens (Suède, Royaume-Uni, etc.), sont aujourd’hui utilisés avec succès par d’anciens fumeurs.

Interdire les sachets alors que le tabac reste en vente libre, y compris le tabac à priser, serait une incohérence sanitaire.
– Pour les jeunes, il existe des solutions simples : interdiction de vente aux mineurs, comme c’est déjà le cas pour la vape ou le tabac.
– Enfin, rappelons que dans l’espace européen de libre-échange, plusieurs pays ont donné un statut clair à ces produits, et les Français peuvent les acheter en ligne en toute légalité. Une interdiction nationale serait donc inefficace, incohérente et contre-productive.
Ces sachets sont bien plus qu’un simple produit nicotinique.

Ils sont un outil de réduction des risques, qui permet aux fumeurs ou ex-fumeurs de maintenir leur sevrage même dans les situations où la cigarette ou la vape sont interdites : en réunion, à l’hôpital, en avion, dans les transports ou dans des espaces clos partagés.
C’est un appui discret, efficace et sans gêne pour l’entourage. Pour les parents, c’est aussi une solution invisible, qui permet de montrer l’exemple sans afficher sa dépendance.

Les professions à risque – soignants, ouvriers, routiers, travailleurs de nuit – sont les premières concernées par ces solutions discrètes et utilisables sur le terrain. Les sachets ne remplacent pas la vape : ils la complètent et offrent aux usagers un choix adapté à chaque moment de leur quotidien. La réalité, c’est que de plus en plus de sevrages sont aujourd’hui multi-produits, à la carte.

Alors que notre voisin la Suisse s’apprête à accueillir la COP11, où l’OMS discutera de l’avenir de la lutte antitabac mondiale, faut-il vraiment priver les Français d’un outil que d’autres pays ont adopté avec succès ?

« Madame la Ministre, votre parole sur le vapotage a été entendue. Ayez maintenant le courage politique d’aller au bout de cette logique, en retirant ce décret d’interdiction des sachets de nicotine. Il en va de la santé publique, et de la liberté des fumeurs à choisir des alternatives. »

3 Nov 2025 | Trafic
 

Une loi d’encadrement des produits du tabac de « nouvelle génération » a été adoptée par le parlement du Grand-Duché, ce jeudi 30 octobre (voir 17 juillet 2025).

Les sachets de nicotine et le tabac à chauffer vont désormais disposer, au Luxembourg, du même statut que les cigarettes : restriction sur les arômes, emballages neutres, vente dans des points de vente agréés comme… les stations-services qui commercialisent déjà du tabac.

Pour les sachets, la teneur maximale en nicotine est fixée à 0,048 milligramme par sachet. Certains additifs – comme la caféine, le CBD ou des arômes jugés trop attractifs – sont interdits.

Ce sont les douanes et la direction de la santé qui sont chargés de la mise en œuvre du nouveau texte.

Rappelons, par ailleurs, qu’en principe l’interdiction des sachets de nicotine en France sera effective début mars (voir 6 septembre). À moins qu’un texte d’abrogation par le Parlement ne soit adopté d’ici là, ce qui est toujours possible mais peu probable (voir 23 octobre / Parlement).

Une chose est certaine : comme pour les cigarettes, le Luxembourg s’annonce comme une source d’approvisionnement privilégiée pour le marché parallèle des sachets de nicotine en France.