La disparition de plus de 18 000 débits de boisson et de tabac en vingt ans fragilise la sociabilité des territoires et nourrit le vote d’extrême droite. Mais alors que l’industrie du tabac pointe la fiscalité et la contrefaçon pour justifier en partie le déclin du réseau, les travaux scientifiques dénoncent une stratégie de surapprovisionnement des pays frontaliers orchestrée par les cigarettiers. C’est ainsi que débute un article de Politique Matin que nous reprenons.
Le Balto n’ouvrira plus. Dans de nombreux villages et quartiers populaires, le rideau de fer tiré du bar-tabac est devenu le symbole silencieux d’une France qui s’éteint au coin de la rue. Entre 2002 et 2025, le pays a vu disparaître plus de 18 000 de ces établissements hybrides. Dans près d’un quart des communes rurales touchées, le bar-tabac constituait l’ultime lieu collectif de rencontre.
Cette disparition de la sociabilité ordinaire opère comme un puissant révélateur politique. En créant un vide relationnel que ne remplacent ni les services dématérialisés ni les commerces de passage, l’effritement des « tabacs humides » alimente sur le long terme un sentiment d’abandon local. Mais derrière le zinc, la survie économique du réseau repose aussi sur un produit hautement réglementé : le tabac. Face au déclin des ventes au comptoir qui alimente la chute des buralistes, les géants du secteur accusent les hausses de taxes d’alimenter une explosion de la contrefaçon. Experts et parlementaires dénoncent, eux, une opération d’enfumage destinée à masquer la responsabilité des fabricants par le surapprovisionnement délibéré des pays frontaliers à faible fiscalité. Lire la suite »









Véritable coup de filet pour les douaniers de l’aéroport Marseille-Provence. En l’espace de quelques heures seulement, ce 8 mai, les agents de la brigade de Marignane ont intercepté plus de 500 cartouches de cigarettes de contrebande. Une passagère, transportant à elle seule près de 4 000 paquets, a été lourdement condamnée par le tribunal d’Aix-en-Provence.
Face à l’accélération du trafic de tabac entre l’Espagne et la France, en raison des écarts de prix, l’État mène des contrôles réguliers à la frontière basque avec les Douanes.

C’est suffisamment rare pour le signaler.