Il y a deux ans, 545 buralistes connaissaient l’enfer. La vague d’émeutes urbaines ravageant la France urbaine à partir de Nanterre, au début de l’été 2023, aura percuté en priorité le réseau des buralistes.
Avec son lot de peurs et de fureurs, d’envahissement d’établissements, de casse aveugle, d’incendies ravageurs, de razzia furieuse…
À titre de comparaison, 200 magasins d’alimentation et 370 agences bancaires ont été victimes de pillages sur la même époque.
Avec l’horreur, pour les collègues victimes, de ressentir la présence de connaissances ou de voisins parmi les pillards et de connaître le vertige de l’impuissance partagée avec des forces de l’ordre débordées.
Si 545 débits de tabac ont été littéralement attaqués, autant auront été aussi menacés et victimes de dégradations diverses.
Les buralistes ont morflé grave, la profession a réagi solidairement.
Dans les zones concernées, le mouvement d’entraide et de solidarité entre collègues a été immédiat. La Confédération s’est mise alors en mode task-force et Philippe Coy est allé immédiatement arracher – auprès de Bercy, en plein changement de gouvernement… – une aide spéciale pour les buralistes impactés par au moins 3 jours de fermeture : 10 000 euros d’aides, très vite.
Les buralistes étant la seule profession de commerçants à avoir bénéficié en temps réel d’une telle aide gouvernementale.
La Mudetaf a tenu le choc avec des équipes sur le pont, 24 heures sur 24, dès le 30 juin et le week-end des 1er et 2 juillet. Une écoute et une disponibilité si humaines, tant nécessaires. 442 sociétaires Mudetaf étant concernés. Un coût de 34 millions d’euros.
De leur côté, l’EDC et Logista ont pris des mesures spécifiques sur les paiements et les livraisons.
Depuis, ceux des émeutiers qui sont tombés dans les mailles de la justice ont eu le temps de purger leurs peines. Ils sont dehors.

Confrontés à un tas de problèmes administratifs et de contentieux, nombre de buralistes victimes de cette folie ont dû mobiliser des trésors de volonté et de patience avant de pouvoir rouvrir et retrouver leur clientèle. Certains au bout de 12-15 mois.
Par exemple, il aura fallu 22 mois à un buraliste de Châtellerault pour relever le rideau (voir le 17 avril 2025).
Mais la plupart de ses collègues, ayant connu de près les événements, font encore des cauchemars la nuit.
Reste que la profession n’a rien lâché. Résilience. Et force d’un caractère collectif.