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8 Sep 2025 | Associations
 

Réclamée par l’association depuis près de deux ans, l’ACT-Alliance contre le tabac se félicite de la publication du décret gouvernemental visant à interdire tous les produits à usage oral contenant de la nicotine (hors outils de sevrage) ; bannissant ainsi les sachets de nicotine. Il s’agit d’une mesure cruciale pour protéger les jeunes et contrer les stratégies pernicieuses d’une industrie qui prospère sur le marché de l’addiction, au détriment de la santé publique (voir le 6 septembre).

Ces derniers mois, les cigarettiers ont intensifié leurs efforts de lobbying et de marketing pour promouvoir et surtout légaliser les sachets de nicotine (ou nicopouches) sur notre territoire. Face à la baisse de la consommation de cigarettes dans les pays développés, les sachets de nicotine et les nouveaux produits nicotiniques (tabac chauffé et cigarettes électroniques) constituent le nouvel eldorado financier des cigarettiers, représentant près de 40 % du chiffre d’affaires de groupes comme Philip Morris International.

À travers la publication de tribunes, de pétitions, la création de sites internet ou encore le déploiement d’une immense bâche publicitaire à Paris, les cigarettiers ont tenté d’imposer ces nouveaux produits, sous couvert d’un discours de santé publique trompeur.
Cependant, loin d’être des outils de sevrage, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) n’ont pour objectif que d’étendre le marché de l’addiction à la nicotine.

Bien que le gouvernement ait annoncé il y a plusieurs mois son intention d’interdire ces produits hautement addictifs, en ayant conscience de leurs effets nocifs sur la santé, la décision a été retardée sous la pression des lobbies, tant en France qu’au niveau européen. L’ACT avait d’ailleurs dénoncé, dans une tribune publiée dans Le Monde, l’instrumentalisation de certains États membres de l’UE (Italie, Grèce, Roumanie, République tchèque) par les cigarettiers pour freiner cette interdiction (voir le 4 juillet 2025).

« Malgré les intentions claires du gouvernement, l’industrie du tabac n’a reculé devant rien pour défendre ses intérêts économiques et étendre son marché de l’addiction à la nicotine. L’ACT salue le courage et la détermination de l’exécutif qui n’a pas cédé à la pression des lobbies et a fait primer avant tout la santé publique. », déclare le Professeur Loïc Josseran, Président de l’ACT-Alliance contre le Tabac.

« Mais cette victoire ne doit pas nous faire baisser la garde : nous devons rester vigilants face aux nouvelles stratégies d’une industrie qui prospère sur l’addiction et qui n’a aucune intention de réduire son chiffre d’affaires. »

6 Sep 2025 | Institutions
 

Suite à l’interdiction des sachets de nicotine sur le marché français, annoncée au Journal Officiel de ce matin (voir le 6 septembre), de premières réactions sur les réseaux sociaux :

ACT / Alliance contre le Tabac : « C’est l’aboutissement d’un combat mené depuis près de deux ans. Cette décision marque une avancée majeure pour la protection des jeunes générations face à une industrie du tabac prête à tout pour entretenir son marché de l’addiction. »

Les buralistes (Confédération) : « Une nouvelle alternative à la réduction des risques interdite sur le marché français… On félicite donc la Ministre de la Santé et les associations anti-buralistes pour leur promotion et leur soutien sans faille aux trafics. »

 

Un décret du 5 septembre « relatif à l’interdiction des produits à usage oral contenant de la nicotine » est paru dans le Journal officiel ce matin. Cette interdiction concerne la production, la fabrication, l’offre, la cession et l’acquisition du produit sur le territoire national.

Le décret définit les produits à usage oral contenant de la nicotine notamment sous la forme de sachets-portions ou de sachets poreux, pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes.

Ainsi, dans son article 1, sont considérés comme produits à usage oral contenant de la nicotine tous les produits manufacturés, constitués totalement ou partiellement de nicotine synthétique ou naturelle, conditionnés pour la vente, quelle que soit leur présentation.

Le tabac à chiquer n’est pas concerné par cette interdiction.

Le texte entre en vigueur six mois après sa publication.

(Voir 3 et 2 septembre)

 Commentaires fermés sur Sachets de nicotine : le décret d’interdiction est paru au JO de ce 6 septembre  ,
3 Sep 2025 | International, Profession
 

En février 2025, la France notifiait à Bruxelles son projet d’interdiction des sachets de nicotine. Plusieurs États membres s’y sont opposés, prolongeant la procédure européenne. Mais le silence final de la Commission et des autres pays ouvre désormais la voie à une interdiction en bonne et due forme.
C’est ainsi que débute une information de Vaping Post, du 1er septembre, dont nous reprenons l’essentiel.

En février 2025, la France notifiait à la Commission européenne son intention d’interdire les sachets de nicotine (…)
Quelques mois plus tard, plusieurs États membres de l’UE s’opposaient à cette volonté française. La Roumanie, la Grèce, la Slovaquie, la Tchéquie et l’Italie jugeaient que Paris n’avait pas apporté assez de preuves scientifiques démontrant la dangerosité des sachets de nicotine (voir 28 juillet et 6 mai).

Ces contestations officielles, prenant la forme d’avis circonstanciés auprès de la Commission européenne, avaient prolongé la période de statu quo durant laquelle la France ne pouvait pas appliquer sa mesure.
Pour rappel, lorsqu’un pays souhaite interdire un produit qui est autorisé dans d’autres États membres, il doit en notifier la Commission européenne. S’ensuit une période de trois mois, appelée période de statu quo, durant laquelle le pays demandeur ne peut pas appliquer la mesure qu’il souhaite. Durant ce laps de temps, la Commission et les autres États membres peuvent s’y opposer.
En l’absence de réaction, une fois le trimestre passé, la mesure peut être appliquée. En cas d’opposition par le biais d’un avis circonstancié, la période de trois mois est prolongée de trois mois supplémentaires, et le pays demandeur a pour obligation de répondre aux craintes soulevées dans l’avis circonstancié.

Concernant le projet d’interdiction français, l’opposition de plusieurs pays avait repoussé la fin de la période de statu quo, du 26 mai 2025 au 26 août 2025. La France était donc tenue de répondre aux craintes de la Roumanie, la Grèce, la Slovaquie, la Tchéquie, la Suède et l’Italie, avant cette date.
Ce que l’Hexagone a fait… le 21 août, soit cinq jours seulement avant la fin de la période.

Les pays qui s’opposaient à l’initiative hexagonale d’interdire les nicotine pouches ont donc eu moins d’une semaine pour réagir suite à la réponse française.
Cinq jours.
En plein mois d’août. Une pratique qui, bien que légale, va à l’encontre de l’esprit de dialogue constructif souhaité par la Commission européenne.

Sans surprise, personne n’a réagi. Un silence qui ne vaut pas approbation formelle, mais qui libère la France pour mettre en œuvre son interdiction.

Depuis le 27 août, la France est donc libre d’interdire les sachets de nicotine. Il reste désormais au législateur à traduire cette volonté dans la loi.

(Voir 2 septembre / ACT appelle …)

2 Sep 2025 | Associations
 

Faisant suite à la réponse positive de la Commission européenne, l’ACT – Alliance contre le Tabac appelle le gouvernement français à mettre en œuvre sans délai l’interdiction des sachets de nicotine, produits hautement addictifs, avant que leur consommation ne se généralise (voir le 4 juillet).

C’est ainsi que débute un communiqué d’Alliance contre le Tabac publié ce 1er septembre. Nous le reprenons.

En février dernier, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin, avait déjà annoncé l’intention d’interdire ces produits qui reposent sur des stratégies marketing ciblant particulièrement les jeunes.

Proposés avec des arômes fruités ou mentholés, à des prix attractifs, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) représentent une nouvelle offensive de l’industrie du tabac pour séduire les plus jeunes et fidéliser une clientèle sur le long terme. Le feu vert de Bruxelles permet désormais de passer à l’action, et il est indispensable d’agir rapidement.

L’ACT a constaté que la promotion de ces produits se répand désormais en France sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, portée par des influenceurs ciblant directement les jeunes. Ils les présentent souvent comme un « booster » de performance sportive et une drogue procurant des sensations fortes. Leur consommation est particulièrement associée à une image de virilité, visant notamment les jeunes hommes.

Rappelons que la nicotine, loin d’être un produit récréatif anodin ou renforçant les performances sportives, est l’une des drogues les plus addictives au monde et est classée comme « substance vénéneuse » par le Code de la santé publique.

Chez les jeunes, cette drogue peut notamment aggraver l’anxiété, accentuer les symptômes dépressifs, et altérer le développement cognitif. En 2024, l’Anses a déjà mis en garde contre les risques que présentent sachets, billes et perles de nicotine pour les enfants.

« Il est urgent d’agir pour éviter que cette nouvelle génération de produits addictifs ne s’installe durablement sur le marché français, comme ce fut le cas avec les Puffs », alerte Loïc Josseran, président de l’ACT – Alliance contre le tabac.
« Nous appelons le gouvernement à promulguer sans plus attendre le décret visant à interdire tous les produits nicotiniques à usage oral, hors produits de sevrage tabagique reconnus par les professionnels de santé.
Les profits d’une industrie toxique ne doivent pas passer avant la santé de nos adolescents. »

28 Août 2025 | Institutions
 

La sénatrice Brigitte Devésa (Union centriste / Bouches-du-Rhône) a déposé, ce mois d’août, une proposition de loi demandant que la commercialisation des sachets de nicotine soit assurée par les buralistes. Nous présentons ici l’essentiel de son « exposé des motifs ».

« Depuis la dernière révision en 2014 de la Directive européenne sur les produits du tabac, de nombreux produits se sont développés sur le marché français, dont les sachets de nicotine, qui échappent à la fois à la législation européenne mais également à la réglementation française. Considérés de fait comme des biens de consommation, leur commercialisation comme leur composition ne sont donc pas encadrées. »

« Face à ce vide juridique, la ministre chargée de la Santé a récemment annoncé sa volonté d’interdire les produits contenant de la nicotine, à usage oral. »

« En effet, l’absence d’une limite maximale de nicotine dans le produit, l’absence d’interdiction de vente aux mineurs, l’absence de limitation des canaux de distribution ou encore l’absence d’obligation faite aux fabricants de notifier le produit à l’Agence nationale de Sécurité sanitaire, de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) constituent un réel danger pour la santé publique (…) »

« Afin de répondre à cette urgence, la mise en place d’un cadre réglementaire, à commencer par une limitation du taux de nicotine, permettrait de répondre efficacement à cette urgence sanitaire notamment en s’appuyant sur l’expertise des seules agences européennes à avoir produit des évaluations scientifiques sur le produit. »

« … À l’occasion de l’examen du Projet de Loi de Finances pour 2025, plusieurs amendements ont d’ailleurs été adoptés au Sénat visant à fiscaliser le produit, l’interdire quand il dépasse le seuil de 16,6 mg/sachet et à en confier la vente au seul réseau légal des buralistes. (…) »

Ainsi, l’interdiction du produit annoncée par le Gouvernement, alors même que le ministère des Comptes publics s’est montré favorable dans les dernières discussions budgétaires à confier un monopole exclusif et encadré aux buralistes, aurait pour principal effet que ses ventes se fassent en dehors du réseau légal. » Lire la suite »

24 Août 2025 | Profession
 

« Il est important que les sachets de nicotine soient reconnus dans le Droit européen. Mais il est essentiel d’adopter une approche fiscale différenciée qui reflète leur rôle potentiel dans la réduction des risques pour les fumeurs. »

Sébastien Charbonneau – Directeur des Affaires publiques de BAT France – à propos de la proposition de la Commission européenne de révision de la Directive sur les accises du tabac (voir le 19 août).

23 Août 2025 | Institutions, Observatoire
 

Logo du forum de la francophonie sur la nicotine

Le site Nicotine World – de Norbert Neuvy (à l’initiative récemment d’un remarquable Forum de la francophonie sur la nicotine / voir 4 et 7 juin) – vient de publier un « Manifeste pour une approche pragmatique de la réduction des risques liés à la nicotine ».
Nous le reproduisons ci-dessous.

Le tabac reste une cause majeure de mortalité évitable, malgré des décennies de prévention. Face à l’échec de certains fumeurs à cesser leur consommation, il est urgent d’adopter une approche de réduction des risques. Les sachets de nicotine, sans tabac ni combustion, offrent une alternative moins nocive.


Une réponse de santé publique

Avec plus de 31 % de prévalence tabagique et 75 000 décès liés au tabac chaque année en France, il est temps de reconnaître officiellement les produits à moindre risque pour compléter les politiques classiques de lutte contre le tabagisme.


Des données scientifiques rassurantes

  • Les sachets de nicotine sont sans tabac et ne génèrent pas de combustion ( et donc moins de substances toxiques ).
  • Ils permettent une absorption buccale maîtrisée.
  • Ils exposent à bien moins de substances cancérogènes que les cigarettes.

Une option pour les fumeurs réfractaires au sevrage

Même si l’arrêt complet est préférable, ces produits permettent :

  • de réduire l’exposition à des substances toxiques ;
  • de faciliter un sevrage progressif ou une consommation moins dangereuse.

Respecter l’équité et le libre choix

Limiter l’accès aux sachets revient à priver les fumeurs adultes d’une solution moins risquée, accentuant les inégalités, notamment chez les populations les plus touchées par le tabagisme.


Recommandations aux autorités

  • Reconnaître officiellement les sachets de nicotine comme alternative moins nocive au tabac.
  • Encadrer leur distribution et leur usage pour protéger les mineurs tout en assurant l’accès aux fumeurs adultes.
  • Intégrer ces produits dans les stratégies de lutte contre le tabagisme.
 Commentaires fermés sur Plaidoyer pour les sachets de nicotine comme alternative à moindre risque ( NicotineWorld )  
 

1er juillet 2025, date fatidique pour les fumeurs français, dont les dents (jaunes ou pas) ont grincé à l’annonce de l’application de la nouvelle loi anti-tabac visant à dénormaliser la consommation de cigarette dans l’espace public. Le parisien fumant sa clope dehors est désormais une espèce en voie d’extinction, suivant la tendance mondiale de recul du tabagisme : en 2022, environ un adulte sur cinq dans le monde consommait du tabac, contre un sur trois en 2000.

C’est ainsi que débute un article de Technikart – mis en ligne le 4 août – que nous reprenons.


Cependant, malgré ces mesures de santé publique, plus de 30 % des Français sont encore fumeurs, l’un des taux les plus élevés d’Europe. Et malgré des politiques de prohibition sévères et une taxation élevée, le constat est sans appel : une cigarette sur deux consommée en France provient du marché noir, et l’on déplore 59 000 morts par an liés au tabac, sans baisse significative de la consommation.

Paris s’enferme dans une logique d’interdiction, notamment des alternatives à la cigarette, tandis que Washington démontre son avance en matière de sécurité sanitaire liée au tabac, via l’autorisation de substituts analysés scientifiquement par Philip Morris International (PMI). Malgré 30 millions de fumeurs aux États-Unis, une nouvelle génération de produits non combustibles contribue à réduire la prévalence tabagique.
Face à ces alternatives, la France semble prendre du retard en interdisant les poches de nicotine, en tergiversant sur les vapes, et en laissant le marché noir prospérer.

Alors, vaut-il mieux, par souci de précaution, interdire ces alternatives moins nocives pour la santé ? Ou, à l’instar des Américains ou des Suédois, sortir d’une forme d’hypocrisie afin d’adopter des stratégies permettant une vraie réduction des risques ? Lire la suite »

30 Juil 2025 | Pression normative
 

Alors que le Gouvernement vient d’interdire de fumer dans les lieux publics extérieurs fréquentés par des enfants, il envisage dans le même temps de proscrire les sachets de nicotine, pourtant sans fumée ni nuisance pour l’entourage.
Une contradiction qui interroge la cohérence de la politique de santé publique en matière de lutte contre le tabagisme.

C’est ainsi que débute un article du magazine Consommation & Société (spécialisé dans l’analyse des enjeux sociaux et sociétaux de la grande consommation) que nous reprenons.

Des produits sans fumée, mais dans le viseur

Contrairement à la cigarette traditionnelle, les sachets de nicotine, ou « pouches », ne produisent ni fumée, ni odeur, ni substances toxiques pour l’environnement immédiat. Ils ne brûlent pas, ne dégagent pas de goudron ou de monoxyde de carbone, et ne présentent donc aucun risque de tabagisme passif.
Conçus comme une alternative à moindre risque pour les fumeurs, ils sont déjà interdits aux mineurs. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur « Le paradoxe du gouvernement face aux alternatives sans fumée » (Consommation & Société)  ,