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10 Sep 2025 | Associations
 

Le décret vient de paraître au Journal officiel : à compter de mars 2026, la vente de sachets, billes et gommes de nicotine sera interdite en France. Cette décision marque une étape décisive dans la lutte contre la banalisation de la nicotine non-thérapeutique et constitue une victoire de premier plan pour les associations engagées dans la prévention du tabagisme, au premier rang desquelles Demain sera Non-Fumeur (DNF).

Nous reprenons le communiqué de DNF publié à cette occasion (voir 6 septembre).


Pourquoi cette interdiction des sachets de nicotine était indispensable

Les sachets de nicotine, apparus sur le marché français il y a seulement quelques années, ont rapidement alerté les autorités sanitaires. Derrière une apparence anodine et un marketing coloré et attractif, ces produits concentrent des niveaux de nicotine parfois explosifs, selon les experts. De nombreux signalements d’intoxications aiguës ont été enregistrés dans les centres antipoison dès 2023, révélant leur dangerosité à effet immédiat.

Plus encore, ces produits ciblent directement les adolescents. Vendus à bas prix, parfumés, facilement dissimulables et massivement promus sur les réseaux sociaux, les sachets de nicotine s’inscrivent dans une stratégie d’accoutumance précoce. En séduisant les plus jeunes, l’industrie du tabac cherche à créer une génération de consommateurs dépendants, au détriment de la santé publique.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) avait, dès l’apparition de ces produits, émis de fortes réserves. Des analyses ont mis en évidence la présence de substances toxiques comme le plomb, l’arsenic ou l’antimoine, s’ajoutant à des concentrations massives de nicotine. Autant d’éléments qui rendaient urgente une décision politique forte. Lire la suite »

9 Sep 2025 | Institutions
 

Le Comité national contre le Tabagisme (CNCT) accueille très favorablement la publication au Journal officiel du décret n° 2025-898 du 5 septembre 2025, qui interdit la production, la distribution et l’usage des sachets, billes, gommes et autres produits oraux contenant de la nicotine à compter du 1er avril 2026 (voir 6 septembre).

Cette mesure, obtenue après un long processus de validation européenne, constitue une réponse indispensable face à la prolifération de ces produits dont la consommation s’est développée à grande vitesse chez les jeunes. Apparues en France fin 2022, ces nouvelles formes de consommation de nicotine ont été portées par une communication massive et trompeuse, en dehors de tout encadrement réglementaire et sanitaire.


Des produits ciblant prioritairement les jeunes

Les sachets de nicotine, appelés également « pouches », se présentent comme de petits sachets imprégnés de nicotine et d’arômes, placés entre la lèvre et la gencive. Leur format discret, leurs saveurs sucrées et fruitées ainsi que leur marketing appuyé en font des produits particulièrement attractifs pour les adolescents et jeunes adultes. Plusieurs signalements d’intoxications ont d’ailleurs été rapportés par les centres antipoison, renforçant les inquiétudes des autorités sanitaires. La promotion de ces produits a été massive, aussi bien dans les bureaux de tabac que sur les réseaux sociaux, avec des codes graphiques et discursifs calqués sur les tendances jeunesse.


Une victoire attendue après un long cheminement réglementaire

Le décret s’inscrit dans un processus réglementaire entamé en février 2025 avec la notification par la France de son projet d’interdiction auprès de la Commission européenne. Plusieurs États membres avaient exprimé des objections, ce qui a prolongé la période de statu quo jusqu’en août 2025. Malgré ces obstacles et en dépit d’un lobby majeur déployé par les fabricants de tabac et leurs relais, la France a su maintenir sa position ferme, arguant de la nécessité de protéger la santé publique, notamment celle des mineurs. La publication du décret acte désormais officiellement l’interdiction, qui entrera en vigueur en mars 2026.


Le CNCT en première ligne depuis 2022

Dès l’arrivée de ces produits sur le marché français, le CNCT a alerté sur leurs dangers et dénoncé les stratégies industrielles visant à conquérir un nouveau public de consommateurs. Une étude de laboratoire menée par l’INC–60 millions de consommateurs en partenariat avec le CNCT avait notamment mis en évidence la présence de métaux lourds dans certains échantillons, confirmant que ces produits ne sont en rien anodins. Le CNCT a également souligné à de multiples reprises que ces sachets constituaient une nouvelle porte d’entrée vers la dépendance nicotinique, et non une aide au sevrage comme le prétend l’industrie.

Les fabricants présentent les sachets de nicotine comme des produits « moins nocifs » ou « alternatifs ». En réalité, ils constituent un outil supplémentaire de recrutement pour une industrie en quête de nouveaux consommateurs, dans un contexte où le tabagisme recule. Leur forte concentration en nicotine et leur absorption rapide favorisent une dépendance intense et précoce, piégeant les jeunes dans un cycle d’addiction. Loin d’apporter une solution de santé publique, ces produits renforcent le problème qu’ils prétendent résoudre.


L’urgence d’une application rigoureuse

Le CNCT insiste sur la nécessité que cette interdiction soit pleinement respectée. L’expérience de l’interdiction des cigarettes électroniques jetables, les puffs, toujours disponibles malgré la loi, montre que l’effectivité des mesures dépend avant tout de la fermeté des contrôles et de la sévérité des sanctions. Il est crucial que des inspections régulières soient menées, tant dans les points de vente physiques que sur Internet, et que des sanctions réellement dissuasives soient prévues à l’encontre des contrevenants.
Pour le Pr. Yves Martinet, président du CNCT : « Cette interdiction est une décision attendue et indispensable. Les sachets de nicotine sont un exemple flagrant de la manière dont l’industrie du tabac tente en permanence de contourner la loi et de séduire une nouvelle génération avec des produits toxiques et fortement addictifs au détriment de la santé des jeunes. Le CNCT restera vigilant pour que cette interdiction soit appliquée avec rigueur et qu’aucun espace ne soit laissé à ces pratiques indignes. »

8 Sep 2025 | Profession
 

« C’est consternant de voir prendre une décision aussi dogmatique », a déclaré, sur franceinfo, Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes.

Pour Philippe Coy, les fumeurs vont être privés d’une alternative à la cigarette, alors que « l’arrivée sur le marché français de ces sachets de nicotine était une opportunité pour les fumeurs adultes de sortir du tabagisme traditionnel ».

« Il n’y a pas aujourd’hui de recul sur ces produits », estime le président de la Confédération des buralistes, qui évoque « quelques cas sur une période de cinq ans ».

« Aujourd’hui, on prend une décision arbitraire d’interdiction. C’est une erreur manifeste que font les pouvoirs publics. »

8 Sep 2025 | Associations
 

Réclamée par l’association depuis près de deux ans, l’ACT-Alliance contre le tabac se félicite de la publication du décret gouvernemental visant à interdire tous les produits à usage oral contenant de la nicotine (hors outils de sevrage) ; bannissant ainsi les sachets de nicotine. Il s’agit d’une mesure cruciale pour protéger les jeunes et contrer les stratégies pernicieuses d’une industrie qui prospère sur le marché de l’addiction, au détriment de la santé publique (voir le 6 septembre).

Ces derniers mois, les cigarettiers ont intensifié leurs efforts de lobbying et de marketing pour promouvoir et surtout légaliser les sachets de nicotine (ou nicopouches) sur notre territoire. Face à la baisse de la consommation de cigarettes dans les pays développés, les sachets de nicotine et les nouveaux produits nicotiniques (tabac chauffé et cigarettes électroniques) constituent le nouvel eldorado financier des cigarettiers, représentant près de 40 % du chiffre d’affaires de groupes comme Philip Morris International.

À travers la publication de tribunes, de pétitions, la création de sites internet ou encore le déploiement d’une immense bâche publicitaire à Paris, les cigarettiers ont tenté d’imposer ces nouveaux produits, sous couvert d’un discours de santé publique trompeur.
Cependant, loin d’être des outils de sevrage, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) n’ont pour objectif que d’étendre le marché de l’addiction à la nicotine.

Bien que le gouvernement ait annoncé il y a plusieurs mois son intention d’interdire ces produits hautement addictifs, en ayant conscience de leurs effets nocifs sur la santé, la décision a été retardée sous la pression des lobbies, tant en France qu’au niveau européen. L’ACT avait d’ailleurs dénoncé, dans une tribune publiée dans Le Monde, l’instrumentalisation de certains États membres de l’UE (Italie, Grèce, Roumanie, République tchèque) par les cigarettiers pour freiner cette interdiction (voir le 4 juillet 2025).

« Malgré les intentions claires du gouvernement, l’industrie du tabac n’a reculé devant rien pour défendre ses intérêts économiques et étendre son marché de l’addiction à la nicotine. L’ACT salue le courage et la détermination de l’exécutif qui n’a pas cédé à la pression des lobbies et a fait primer avant tout la santé publique. », déclare le Professeur Loïc Josseran, Président de l’ACT-Alliance contre le Tabac.

« Mais cette victoire ne doit pas nous faire baisser la garde : nous devons rester vigilants face aux nouvelles stratégies d’une industrie qui prospère sur l’addiction et qui n’a aucune intention de réduire son chiffre d’affaires. »

7 Sep 2025 | Institutions
 

Nous reprenons la réaction de la Confédération des buralistes suite à l’annonce de l’interdiction des sachets de nicotine en France (voir le 6 septembre).

La Confédération des Buralistes prend acte de la parution, ce samedi 6 septembre au Journal Officiel, du décret interdisant à compter de mars 2026 la commercialisation des poches de nicotine.

Une nouvelle fois, le ministère de la Santé fait le choix d’interdire plutôt que d’encadrer.

En interdisant un produit, pourtant considéré comme une alternative au tabac à combustion dans près de 17 pays membres de l’UE, ils adoptent une position dogmatique qui ne règle rien sur le terrain.

La Confédération des Buralistes regrette profondément qu’aucun débat n’ait été ouvert sur l’idée d’une réglementation responsable, notamment au sein du Parlement, ce qui interroge sur son rôle et sa fonction dans la prise de décision (voir le 28 août).

 

7 Sep 2025 | Profession
 

La publication au Journal Officiel du décret interdisant la fabrication, l’importation et la distribution des produits oraux contenant de la nicotine (sachets, gommes, pastilles…) marque une approche jugée dogmatique et unilatérale, déployée sans concertation, ni débat parlementaire, et en rupture avec les discussions en cours au niveau européen (voir le 6 septembre).

C’est ainsi que débute un communiqué de BAT France que nous reprenons. L’entreprise regrette cette décision prise hors cadre parlementaire et sans attendre la fin des travaux engagés au niveau européen, en particulier dans le cadre de la révision de la Directive sur les accises du Tabac (TED) et de l’évaluation en cours de la Directive sur les produits du tabac (TPD).

Sébastien Charbonneau, Directeur des Affaires Publiques BAT France, a déclaré :
« En agissant seule, la France prend le risque d’isoler sa position au sein de l’Union, de créer un marché parallèle, et de priver les fumeurs adultes d’alternatives encadrées, pourtant reconnues ailleurs comme des outils efficaces de réduction du tabagisme. »

L’interdiction des sachets de nicotine en France va à l’encontre :

  • Des principes d’harmonisation du marché unique, en générant des distorsions d’accès entre États membres.
  • Des objectifs de santé publique portés par la stratégie Europe Beating Cancer, qui reconnaît la place des produits à risque réduit dans la lutte contre le tabagisme.
  • De la cohérence réglementaire européenne, alors même que la Commission travaille à encadrer fiscalement ces produits plutôt qu’à les proscrire.
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6 Sep 2025 | Institutions, Profession
 

À contre-courant de pays tels que les États-Unis qui font une place favorable aux sachets de nicotine en se basant sur la science, ou la Suède où le nombre de fumeurs a reculé grâce à ces produits, la France prend la décision infondée de les interdire, ce alors que les sachets de nicotine sont de plus en plus reconnus comme moins nocifs que la cigarette par les pouvoirs publics et la communauté scientifique internationale.
Philip Morris France appelle le gouvernement à donner aux 14 millions de fumeurs français l’accès aux sachets de nicotine grâce à une réglementation et une fiscalité pragmatique.

C’est ainsi que débute un communiqué de Philip Morris France de ce 6 septembre – que nous reproduisons – à propos de la décision parue au Journal Officiel de ce matin.

Le décret publié ce jour, interdisant la vente, la possession et la consommation des sachets de nicotine, illustre le choix contreproductif du gouvernement français qui prive par cette décision 14 millions de fumeurs d’une alternative moins nocive que la cigarette, persistant dans une logique punitive sans bénéfice pour la santé publique.

Cette décision prohibitionniste confirme le manque de vision et l’isolement des pouvoirs publics français dans leur lutte contre la cigarette. Alors que la Suède, les États-Unis et de nombreux pays à travers le monde montrent qu’une politique pragmatique s’appuyant sur des alternatives moins nocives peut réduire la consommation de cigarettes et les dommages qu’elles causent, la France s’entête dans une stratégie d’interdiction inefficace.
Résultat : la prévalence tabagique de notre pays reste parmi les plus élevées du monde. Ce sont les fumeurs français qui en paient le prix – et avec eux les citoyens français en général du fait des pertes significatives de recettes fiscales observées depuis plusieurs années compte tenu de l’accroissement inarrêtable du marché parallèle.
« En interdisant les sachets de nicotine au motif de protéger la jeunesse, le gouvernement prive les fumeurs adultes d’une solution reconnue pour arrêter la cigarette, tout en ouvrant un boulevard aux trafics et à la consommation des mineurs. C’est la politique de l’autruche car le marché noir crée une situation hors de contrôle. Pourquoi ne pas commencer par interdire la vente aux mineurs et encadrer strictement la distribution ? », déclare Xavier Puech, Président de Philip Morris France.

Une interdiction imposée au mépris des solutions législatives et normatives

Le gouvernement choisit de court-circuiter le débat national en passant en force sur un sujet majeur de santé publique. Il ignore les propositions parlementaires venant d’une majorité de groupes politiques, propositions qui visent à encadrer strictement et à fiscaliser ces produits, permettant de ne pas priver les fumeurs adultes d’une alternative moins nocive que la cigarette tout en protégeant les mineurs. Le gouvernement ignore aussi la récente norme AFNOR qui prévoit des exigences strictes en matière de composition, d’étiquetage et de sécurité et permet un encadrement rigoureux des sachets de nicotine.

L’ignorance des preuves scientifiques sur le produit

Cette interdiction fait l’impasse sur les données scientifiques et les approches des pouvoirs publics de nombreux pays à travers le monde. Aux États-Unis, la Food & Drug Administration (FDA) a autorisé la commercialisation des sachets de nicotine ZYN après 5 ans d’évaluation scientifique, concluant à un risque réduit de cancer et d’autres pathologies graves par rapport à la cigarette. Selon la FDA, les sachets de nicotine aident les fumeurs adultes à réduire ou arrêter leur consommation de cigarettes, tandis que l’initiation des jeunes au produit est faible du fait de la réglementation et des sanctions mises en place ainsi que d’une commercialisation responsable.
Les sachets de nicotine et le Snus ont aussi contribué à faire de la Suède le 1er pays non-fumeur du monde, avec seulement 4,8 % de fumeurs et le taux de cancers du poumon le plus bas d’Europe.

« Avec cette interdiction, le gouvernement français cède aux lobbies anti-tabac. C’est comme si la France tournait le dos à ses fumeurs. Résultat : nous sommes les derniers de la classe dans la lutte contre la cigarette », souligne Xavier Puech.

Un risque de marché noir et une occasion manquée pour les fumeurs adultes

Avec ce décret d’interdiction, la France va certainement alimenter un marché parallèle incontrôlable, comme l’a montré l’interdiction récente par la France des « puffs », qui restent largement accessibles aux mineurs hors des circuits légaux de vente. Demain, le même scénario se produira avec les sachets de nicotine une fois interdits.

« Notre entreprise se transforme, elle est engagée à convertir les fumeurs adultes à des alternatives moins nocives que la cigarette, avec l’impératif de ne pas initier les mineurs. Mais cette évolution ne peut se faire sans les bons cadres. Il est regrettable que l’administration de la Santé française refuse tout dialogue. Nous appelons le Gouvernement à inviter tous les acteurs autour de la table pour définir une réglementation fondée sur la science et qui améliore réellement la santé publique », rappelle Xavier Puech.

6 Sep 2025 | Institutions
 

Suite à l’interdiction des sachets de nicotine sur le marché français, annoncée au Journal Officiel de ce matin (voir le 6 septembre), de premières réactions sur les réseaux sociaux :

ACT / Alliance contre le Tabac : « C’est l’aboutissement d’un combat mené depuis près de deux ans. Cette décision marque une avancée majeure pour la protection des jeunes générations face à une industrie du tabac prête à tout pour entretenir son marché de l’addiction. »

Les buralistes (Confédération) : « Une nouvelle alternative à la réduction des risques interdite sur le marché français… On félicite donc la Ministre de la Santé et les associations anti-buralistes pour leur promotion et leur soutien sans faille aux trafics. »