
Le président du Comité national contre le Tabagisme, Yves Martinet, alerte sur les effets néfastes pour la santé des Français du gel du prix des cigarettes proposé par la candidate du Rassemblement national (voir le 7 septembre / Marine Le Pen). Nous reprenons un article de challenges.fr (le 12 septembre).
Une promesse ciblée. Le 7 septembre, Marine Le Pen a dévoilé une « lettre aux buralistes de France » dans laquelle elle s’engage, si elle est élue présidente en 2027, à geler le prix du tabac et à « stopper l’escalade fiscale ». Concrètement, la candidate du Rassemblement national propose de ne plus augmenter les taxes sur les cigarettes, et même de mettre fin à la hausse automatique de leurs prix sur l’inflation. Une mesure en rupture complète avec la politique d’augmentation du prix du paquet de cigarettes menée depuis 2017.
L’annonce vise sans doute à séduire les buralistes – « une profession essentielle à la vie de nos villes et villages », complimente d’ailleurs Marine Le Pen dans sa lettre –, mais aurait aussi des conséquences en termes de santé publique.
Pour Challenges, Yves Martinet, professeur de médecine à l’université de Lorraine et président du Comité national contre le Tabagisme (CNCT), détaille les effets de cette proposition.
Challenges – Existe-t-il un lien entre le prix du tabac et sa consommation ?
Yves Martinet – Il y a une corrélation nette entre le prix du tabac et sa consommation, qui a été démontrée par de nombreuses études scientifiques. Lorsque le prix des cigarettes augmente de 10 %, la consommation diminue ainsi de 4 %. En France, cela a été constaté à grande échelle à au moins deux reprises, lors du « plan cancer » lancé par Jacques Chirac en 2003 et lors des augmentations de prix du tabac décidées sous Emmanuel Macron depuis 2017. Lire la suite »








« La santé publique ne se mesure ni au nombre de tribunes publiées, ni au nombre d’interdictions votées. »
