Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
17 Avr 2026 | Associations
 

Faut-il effacer les images du passé lorsqu’elles ne sont plus conformes aux lois du présent ? La question, presque philosophique, s’est retrouvée au cœur d’un contentieux opposant Netflix à des associations de lutte contre le tabagisme. Et la réponse de la justice française est sans ambiguïté : la loi Évin s’applique, y compris aux images d’archives.
Nous reprenons cette information de The Media Leader (specialisé dans les médias).

Au-delà du cas du géant du streaming, cette décision pose une question plus large à l’ensemble des acteurs audiovisuels : comment représenter fidèlement une époque dont les codes sont aujourd’hui interdits ?

Représenter le réel sans le réécrire

Dans le documentaire Schumacher, diffusé sur Netflix, les images d’archives des courses de Formule 1 des années 1990 montrent un environnement saturé de marques de cigarettes. À l’époque, les cigarettiers étaient omniprésents : sur les monoplaces, les combinaisons, les casques ou encore les circuits.

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18 Mar 2026 | Pression normative
 

Une analyse de Truth Initiative – une ONG américaine dédiée à la santé publique et engagée contre la dépendance à la nicotine – alerte sur la forte présence d’images de tabac et de produits nicotiniques dans les contenus audiovisuels populaires, y compris parmi les films nommés à l’Academy Award for Best Picture.

Selon l’ONG, cette exposition fréquente, notamment chez les jeunes spectateurs, pourrait favoriser l’initiation au vapotage et compliquer l’arrêt de la nicotine, ce qui conduit Truth Initiative à appeler l’industrie du divertissement à renforcer les mesures de prévention.

Une exposition aux produits du tabac et de la nicotine fréquente et en hausse dans l’audiovisuel

Alors que l’industrie du cinéma célèbre les films les plus remarqués de l’année, une analyse de Truth Initiative met en lumière une tendance préoccupante : huit des dix films nommés cette année pour l’Academy Award for Best Picture contiennent des images de tabagisme ou d’utilisateurs de cigarettes électroniques ou autres produits à la nicotine, soit une absence de progrès par rapport aux constats réalisés aux Oscars 2025. Selon l’organisation, la présence récurrente de tous ces produits dans des films populaires et primés contribue à banaliser un comportement addictif, notamment auprès des jeunes spectateurs.

Par ailleurs, une étude récente menée par le NORC à l’Université de Chicago, un institut de recherche indépendant, en collaboration avec Truth Initiative, indique également que plus de la moitié (51 %) des 152 films les plus populaires de 2024 comportaient des scènes de consommation de tabac, en hausse de 10 points de pourcentage par rapport à l’année précédente (41 %). Lire la suite »

31 Août 2025 | L'Info
 

Affiche du film Le Roi Soleil« Le Roi Soleil » est un bar-tabac-jeux, « dans son jus », situé dans un quartier historique de Versailles. Mais c’est du cinéma.
Le film qui porte ce nom est à l’écran cette semaine dans une quinzaine de salles parisiennes ainsi que dans les grandes métropoles de province. Après une présentation au Festival de Cannes.
Nous sommes allés le voir.

« Le Roi Soleil » s’avère un film (très) noir de Vincent Maël Cardona où les personnages – les clients matinaux de l’établissement – sont happés par divers scénarios, en huis clos, suscités par la présence d’un ticket de (très) gros lot laissé par son propriétaire… qui vient de mourir sur place.

La convoitise suscite dès lors un jeu sanglant au fil d’alliances éphémères sur fond de linéaire flouté ou de sous-sols poisseux. C’est sombre, échevelé et hallucinant à la fois. Il faut aimer. Cela ne laisse pas indifférent.

Mais ce qui nous a intéressés au premier chef, c’est que c’est un « vrai buraliste » qui joue son propre rôle : Xianzeng Pan, dit Nico.

Eh bien, bravo Nico. Il s’en tire très bien ! Même si on ne le voit pas beaucoup exercer son métier, happé par les rebondissements du scénario.

Car ce buraliste (basé en vrai dans le 12e arrondissement de Paris) s’insère dans le scénario avec naturel. En faisant jeu égal avec ses partenaires acteurs professionnels – Pio Marmaï, Lucie Zhang, Maria de Medeiros, Sofiane Zermani – pour incarner son rôle avec une assurance toute naturelle. Authentique.

Le réalisateur Vincent Maël Cardona – son client dans la vraie vie de quartier à Paris – a vu juste et a eu raison de l’éloigner pendant plusieurs semaines de son affaire.
Le temps du tournage de ce film un peu déjanté où notre buraliste a su tenir la route. Cela l’a même amené jusqu’aux marches du Festival de Cannes (voir le 18 mai).

18 Mai 2025 | L'Info
 

MATTEU MASTRACCI / FRANCEINFO / RADIO FRANCE

Une info qui ne va pas faire plaisir à l’association ACT / Alliance contre le Tabac (voir le 17 mai, ci-dessous)… mais place à la vraie vie.
Les faits : un buraliste de Paris joue son propre rôle dans un film qui a été présenté, ce 17 mai, au Festival de Cannes. Il a foulé le tapis rouge devant les paparazzis ce samedi soir.
Le film s’appelle Le Roi Soleil de Vincent Maël Cardona.
Il est en sélection officielle, catégorie « Cannes Première ».

Qui est ce buraliste ?
Xianzeng Pan est arrivé à Paris il y a une douzaine d’années.
Son bar-tabac est situé entre les stations de métro Oberkampf et Voltaire.

Son rôle : il joue son propre rôle de buraliste.
Le scénario repose sur des policiers, des clients de son point de vente… et un ticket de loto gagnant.
Il porte dans le film le nom que lui ont attribué ses clients : Nico.

Deux déclarations de Nico :
« C’est un grand honneur pour moi de découvrir ce milieu magnifique. »
« Cela m’a fait découvrir plein de trucs. Ça m’apprend des cultures, des choses différentes de ce que je connais actuellement. »

17 Mai 2025 | Associations
 

https://alliancecontreletabac.org/wp-content/uploads/2025/05/ACT_FestivalOuTuCanes.jpg
Comme il l’avait fait à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris (voir le 2 août 2024), l’ACT / Alliance Contre le Tabac profite du Festival de Cannes (du 13 au 24 mai) pour décliner un certain nombre de messages.

L’essentiel : il s’agit de dénoncer « l’omniprésence du tabac sur nos écrans ».
Soit une surreprésentation du tabac dans les films et séries.
Titre de l’opération : « Le Festival où tu canes ».
Même si la dénonciation s’élargit à ce qu’ACT appelle « la pop-culture » en y incluant la musique.

Les arguments : le tabagisme dans les films double les risques de commencer à fumer. Et le risque de commencer à vapoter est triplé.
72 % des fumeurs affirment que ces scènes ravivent leur envie de cigarettes.
2 tiers des 15-25 ans estiment que les films et séries valorisent l’acte de fumer et 48 % pensent que la présence du tabac dans la pop-culture les incite à fumer.

Des chiffres : la présence moyenne du tabac dans un film équivaut à 6 spots publicitaires. Plus de la moitié des séries populaires chez les jeunes (53 %) contiennent des scènes de tabagisme.
(Ndlr : le sondage ne comportant pas de question sur l’omniprésence d’armes et de stups dans ces mêmes films).

Une déclaration : « Si la cigarette est tant présente aujourd’hui sur nos écrans, c’est parce que l’industrie du tabac s’est efforcée de lui donner un rôle. Durant des décennies, elle a massivement investi dans la pop-culture pour présenter la cigarette comme un produit cool, glamour ou héroïque. Bien qu’officiellement interdites, ces stratégies ont fonctionné puisque la cigarette fait encore et toujours totalement partie des scénarios. Parce que cela pousse les jeunes dans l’addiction à la nicotine, nous appelons les pouvoirs publics à instaurer avec l’ensemble des parties prenantes une charte pour encadrer la promotion du tabac dans les domaines artistiques et culturels ; tel qu’il était prévu dans le programme national de lutte contre le tabagisme 2018-2022. »
Marion Catellin, Directrice de l’ACT –
Alliance Contre le Tabac
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20 Août 2024 | Profession
 

« Il s’est construit tout seul, à coups de contradictions, de volonté et de rage … » (Jean Cau sur Alain Delon dans un ancien numéro de Paris Match). Revenons sur cette légende du cinéma dont les relations avec le tabac (voir 18 août) suscitent moult commentaires.

•• Ainsi, cet extrait d’une dépêche AFP (datée du 19 août) … « Clope au bec façon cow-boy et porte-cigarettes pour les soirées mondaines : Alain Delon baignait sur la plupart de ses portraits dans les volutes jusqu’à son arrêt net du tabac en 1985, à 50 ans.

Mais son histoire d’amour avec le tabac continue bien après. Les cigarettes « Alain Delon » restant très populaires dans toute l’Asie du sud-est. Il existait un partenariat depuis 1992 entre l’acteur et la British American Tobacco, géant de l’industrie du tabac qui a commercialisé jusqu’en 2018 avec le slogan « Alain Delon, le goût de la France » des cigarettes à son nom au Cambodge, pays ou le tabagisme infantile est un fléau. » Lire la suite »

1 Mai 2024 | Observatoire
 

Une affaire de principe » (sortie en salle le 1er mai) raconte lenquête menée par José Bové, ancien député européen, sur le limogeage du commissaire à la Santé en 2012 John Dalli (voir 16 octobre 2012, 25 et 30 avril 2013). Ceci, dans un contexte de polémique anti-lobby du tabac. Ces vieilles recettes qui marchent toujours …

Pour convaincre Bové de transposer son histoire au cinéma, Antoine Raimbault est venu chez l’acteur Bouli Lanners qui interprète l’eurodéputé. Raimbault s’est ensuite lancé dans l’écriture avec son coscénariste Marc Syrigas. José Bové, lui, les nourrissait d’anecdotes : « Mon assistant parlementaire a beaucoup balancé, aussi, ce coquin ».

Certaines scènes du film se sont vraiment produites. José Bové s’est bien rendu chez John Dalli, a fait plusieurs voyages à Malte, sest opposé au directeur de lOffice européen de Lutte antifraude / OLAF (dont le procès en appel a commencé la semaine dernière / voir 11 mars et 1er juin 2016) … et a souvent tenté de convaincre ses collègues à la cantine du Parlement, son plateau à la main.

Le point de départ du projet : « que reste-t-il de nos démocraties face à la puissance des lobbys ? Nous sommes tombés sur laffaire Dalli, cet eurodéputé accusé de corruption sur fond de manœuvres de lindustrie du tabac, qui me paraissait condenser tous les ingrédients dun thriller.  Lire la suite »

10 Mar 2024 | Observatoire
 

C’est un livre dont la première édition remonte à 2008, date à laquelle la cigarette disparaissait en France des lieux publics. Un petit livre dont chaque page est une volute, une bouffée d’érudition.

Au nom de la lutte contre le tabagisme, au fil du temps, Lucky Luke aussi allait perdre sa clope et les affiches des films de Jacques Tati leur pipe. Le dernier endroit où régnait encore la cigarette en majesté, c’était le cinéma, surtout les vieux films mais pas seulement.

« Si le tabac tue à petit feu, il nous rappelle, comme les grands films, cette belle évidence : nous ne sommes pas des anges et nous sommes tous mortels » écrit Adrien Gombeaud dans la préface à la nouvelle édition avant d’emmener le lecteur, au fil du texte et des images, côtoyer un Marlon Brandon canaille, une cigarette au bec, une autre derrière l’oreille dans Un tramway nommé désir, ou encore Audrey Hepburn qui, dans Diamants sur canapé, joue d’un immense fume-cigarette comme d’une baguette magique. « Son destin d’actrice restera lié au tabac » écrit Gombeaud.

Ailleurs, c’est la grimace de Clint Eastwood auquel Sergio Leone faisait fumer d’infâmes cigarillos Virginia que l’acteur détestait. « Le dégoût se lit sur son visage, construit son personnage (…) Avec ces cigarillos écœurants, Léone effaçait l’air juvénile de son acteur. Il inventait Clint Eastwood ». Lire la suite »

21 Jan 2024 | Pression normative
 

Sorti sur Netflix le 20 décembre dernier, « Maestro » (de et avec Bradley Cooper) retrace la grandiose histoire damour qui a uni toute leur vie le chef dorchestre et compositeur Leonard Bernstein et son épouse, Felicia Montealegre Cohn Bernstein. Leonard Bernstein était fumeur, il nest donc pas étonnant de le voir fumer dans le film …

Cela dit a-t-on le droit, en France, de le voir avec une cigarette à la main sur l’affiche promotionnelle officielle du film ? C’est la question que s’est posé Allo Ciné.

•• La loi Évin de 1991, relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, interdit, entre autres, toute propagande ou publicité directe ou indirecte en faveur du tabac (sauf aux enseignes des débits de tabac et sous conditions).

Mais, en 2012, une circulaire est venue préciser que la loi Évin et sa jurisprudence n’interdisent pas la représentation de « personnages, historiques ou non, fumant surtout quand cela correspond à un trait de sa personnalité, dès lors que le but ou l’effet de cette communication n’est pas de nature publicitaire. »

•• Alors pour Netflix, la réponse est : laffiche est bien légale et respecte les critères suivants de la loi Évin. Tout d’abord, elle émane d’un annonceur qui n’a aucun lien avec l’industrie ou la distribution du tabac et a une finalité exclusivement culturelle ou artistique.

De plus, la personne représentée est un personnage historique, ou dont la notoriété est reconnue (ce qui s’applique pour des personnes disparues ou non), et figure dans une œuvre d’art qui fait partie intégrante d’une promotion publicitaire pour une manifestation artistique.

Enfin, puisque les produits de consommation du tabac représentés et utilisés dans les œuvres culturelles ou artistiques doivent être inséparables de limage et de la personnalité de la personne qui y figure, ce qui semble être le cas pour Leonard Bernstein, laffiche est donc autorisée.

4 Juin 2023 | International
 

Dans le cadre de sa campagne antitabac, le ministère de la Santé a ordonné cette semaine aux plateformes de diffusion en continu d’insérer, dans un délai de trois mois, des avertissements sanitaires en bas d’écran lors des scènes de tabagisme. En outre, il est prévu qu’au moins 50 secondes de messages anti-tabac soient diffusées au début et au milieu de chaque programme.

Netflix, Amazon et Disney, ont discuté ensemble d’une éventuelle contestation juridique de cette nouvelle réglementation, alors qu’ils craignent de devoir modifier des millions d’heures de contenu web existant, selon Reuters.

La loi prévoyait déjà que toutes les scènes de tabagisme et de consommation d’alcool dans les films diffusés dans les cinémas indiens et à la télévision devaient être accompagnées d’avertissements relatifs à la santé. Mais jusqu’à présent, aucune réglementation ne s’appliquait aux géants du streaming, dont le contenu est devenu de plus en plus populaire.

L’Inde est un marché très convoité par les géants de la diffusion en continu. Netflix, Amazon et Disney proposent également des contenus populaires en hindi qui montrent souvent des acteurs de Bollywood en train de fumer, ce qui est violemment contesté par des militants anti-tabac comme Truth Initiative.

Le cinéaste indo canadien Dylan Mohan Graya a déclaré que les nouvelles règles indiennes s’apparentaient à du « harcèlement », ajoutant que les meurtres, les guerres et les scènes de crime extrêmement violentes n’étaient pas réglementés de la même manière.