« Le Roi Soleil » est un bar-tabac-jeux, « dans son jus », situé dans un quartier historique de Versailles. Mais c’est du cinéma.
Le film qui porte ce nom est à l’écran cette semaine dans une quinzaine de salles parisiennes ainsi que dans les grandes métropoles de province. Après une présentation au Festival de Cannes.
Nous sommes allés le voir.
« Le Roi Soleil » s’avère un film (très) noir de Vincent Maël Cardona où les personnages – les clients matinaux de l’établissement – sont happés par divers scénarios, en huis clos, suscités par la présence d’un ticket de (très) gros lot laissé par son propriétaire… qui vient de mourir sur place.
La convoitise suscite dès lors un jeu sanglant au fil d’alliances éphémères sur fond de linéaire flouté ou de sous-sols poisseux. C’est sombre, échevelé et hallucinant à la fois. Il faut aimer. Cela ne laisse pas indifférent.
Mais ce qui nous a intéressés au premier chef, c’est que c’est un « vrai buraliste » qui joue son propre rôle : Xianzeng Pan, dit Nico.
Eh bien, bravo Nico. Il s’en tire très bien ! Même si on ne le voit pas beaucoup exercer son métier, happé par les rebondissements du scénario.
Car ce buraliste (basé en vrai dans le 12e arrondissement de Paris) s’insère dans le scénario avec naturel. En faisant jeu égal avec ses partenaires acteurs professionnels – Pio Marmaï, Lucie Zhang, Maria de Medeiros, Sofiane Zermani – pour incarner son rôle avec une assurance toute naturelle. Authentique.
Le réalisateur Vincent Maël Cardona – son client dans la vraie vie de quartier à Paris – a vu juste et a eu raison de l’éloigner pendant plusieurs semaines de son affaire.
Le temps du tournage de ce film un peu déjanté où notre buraliste a su tenir la route. Cela l’a même amené jusqu’aux marches du Festival de Cannes (voir le 18 mai).




