Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
2 Oct 2026 | International, Trafic
 

L’information laisse rêveur alors que, dans notre pays, le Conseil constitutionnel vient de rejeter les articles de la loi Ripost sur la lutte contre les trafics de tabac (voir le 16 août 2026) et qu’il semble que le projet de loi relatif aux polices municipales (avec des dispositions anti-trafic de tabac) est en passe d’être abandonné (voir le 22 septembre 2026)…

Le parlement de Nouvelle-Zélande vient d’adopter une nouvelle échelle des peines pour trafic de tabac.

Celles-ci vont de 200 000 dollars néo-zélandais (100 000 euros) jusqu’à… 7 ans de prison ferme.

L’année dernière, 12 millions de cigarettes – et 1,7 tonne de tabac à rouler – ont été saisis en Nouvelle-Zélande.

(Voir les 22 juillet 2024 et 28 novembre 2023).

23 Sep 2026 | International, Récents
 

Dans une rue passante de Sydney, une petite épicerie comme tant d’autres, avec sa devanture vitrée et son enseigne d’un jaune criard. À l’intérieur, les rayons sont bien dégarnis mais le défilé des clients, constant. Tous se dirigent directement vers le comptoir où, en cet après-midi de septembre, un papier cartonné manuscrit indique, tel un menu, le prix des paquets de cigarettes.
Pour chaque achat, l’une des vendeuses, un peu fébrile, file vers l’arrière-boutique avant de revenir le tabac en main. Payé cash, il coûte moins cher. « Évidemment que nous sommes nerveuses, car nous sommes parfaitement conscientes que ce que nous faisons est illégal, nous n’en sommes pas fières. Que voulez-vous ? C’est grâce à la vente de cigarettes de contrebande que notre magasin survit », confie l’une d’elles.
C’est ainsi que débute un article d’Isabelle Dellerba dans Le Monde, le 22 septembre.

Sur l’île-continent, le marché noir représente 80 % de la quantité totale de nicotine consommée, selon une étude du Bureau australien des statistiques réalisée en 2025. Pour établir cette estimation, l’institut a analysé les traces de nicotine dans les eaux usées et les a comparées aux chiffres de ventes officielles, incluant les vapoteuses et autres produits associés. Huit ans plus tôt, ce chiffre n’était que de 12 %.

En cause, le prix exorbitant des cigarettes – entre 40 et 70 dollars australiens (entre 25 et 43 euros) le paquet –, qui pousse la plupart des consommateurs à se tourner vers des offres plus abordables. Dans de nombreux bureaux de tabac, petites épiceries et même dans certaines stations-service, il suffit généralement de demander un « paquet pas cher ».
« Je leur fais un clin d’œil et j’ai mes clopes pour un tiers du prix normal », relate une mère de deux enfants préférant garder l’anonymat. « Je ne sais pas d’où elles viennent, quelle est leur qualité, mais d’un point de vue économique, le choix est vite fait. » Lire la suite »

23 Sep 2026 | Pression normative
 

Nous publions une tribune de Norbert Neuvy, cofondateur de Nicotine World (voir 18 février 2026 et 15 novembre 2025).
La lutte contre le tabagisme devrait poursuivre un objectif simple : réduire le nombre de fumeurs et éviter les rechutes. Pourtant, certaines décisions publiques produisent parfois l’effet inverse de celui recherché. C’est le cas de l’interdiction des sachets de nicotine en France (voir le 1er avril 2026). Un signal d’alerte remonte du terrain : des consommateurs adultes qui s’étaient éloignés de la cigarette grâce à ces alternatives se retrouvent aujourd’hui sans solution. Certains renoncent à toute consommation, mais d’autres cherchent à se fournir autrement ou retournent au tabac fumé.

C’est précisément ce que toute politique de santé publique devrait éviter.

Le retour à la cigarette : un échec sanitaire évitable

La cigarette reste le produit nicotinique le plus dangereux en raison de la combustion, responsable de l’essentiel des maladies liées au tabac. Pour certains fumeurs adultes, les alternatives sans combustion constituent un outil de réduction des risques et d’aide à la sortie du tabac. Les supprimer sans solution de remplacement ni accompagnement comporte un risque : favoriser le retour à la cigarette.

Plusieurs consommateurs nous l’ont déjà exprimé. Chili témoigne : « Depuis que j’ai découvert les sachets, ça m’a beaucoup aidé, mais depuis l’interdiction j’ai repris la cigarette. » Fouad, lui, explique avoir essayé d’autres substituts sans succès : « Il me reste très peu de sachets et je ne sais pas comment poursuivre mon sevrage. »

Ces témoignages doivent être entendus non comme des anecdotes isolées, mais comme des signaux faibles. Et en santé publique, les signaux faibles doivent être pris au sérieux avant qu’ils ne deviennent des tendances lourdes. Lire la suite »

22 Sep 2026 | Institutions
 

Le 14 août dernier, le Conseil constitutionnel censurait les articles du projet de loi RIPOST qui aggravaient les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon (voir le 16 août 2026). Une avancée votée par le Parlement a ainsi été écartée, au seul motif qu’elle n’avait pas sa place dans ce texte.
Nous reprenons un communiqué d’Imperial Brands-Seita (voir le 28 août 2026).

Cette version amputée de la loi RIPOST est d’autant plus malvenue que, selon plusieurs échos parus dans la presse, le projet de loi relatif aux polices municipales pourrait à son tour être abandonné par le Gouvernement. Alors que les buralistes se sont mobilisés partout en France pour exprimer leur exaspération face à une situation qui s’aggrave, l’État ne peut pas abandonner toute une filière.

Un fléau reconnu mais une réponse toujours repoussée

Le trafic de tabac n’a plus rien d’un marché parallèle artisanal, et les plus hauts responsables de l’État le reconnaissent. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, le rappelait encore récemment : « Le trafic de tabac est organisé comme le trafic de stupéfiants dans notre pays. »
Ce constat, désormais largement partagé, ne se traduit toujours pas dans la loi. Le trafic de tabac avait déjà été laissé hors du champ de la loi narcotrafic.
Le voilà de nouveau privé de réponse pénale renforcée.
À chaque texte, l’occasion se présente, et à chaque fois elle disparaît, pendant que les réseaux se professionnalisent, alimentent une économie souterraine et pèsent sur la sécurité de nos concitoyens. Lire la suite »

14 Sep 2026 | Profession
 

Ce que va se dire – de ce lundi 14 au mercredi 16 septembre à la 16e chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Lyon – va permettre d’en savoir plus sur le fonctionnement d’une chaîne d’approvisionnement, en cigarettes de contrefaçon, d’un marché à taille régionale : du Rhône à la Drôme en passant par la Côte-d’Or.
Tout cela étant placé sous la responsabilité d’un même réseau mafieux ancré en Europe de l’Est.

L’enquête a débouché sur la saisie, au total, de 5 tonnes de cigarettes de contrefaçon.

Avec un fait marquant : la commercialisation aux consommateurs finaux des produits contrefaits passait essentiellement par Telegram.

Les prévenus sont au nombre de 15 : des Arméniens aux commandes (et au blanchiment…), des Polonais à la logistique et des Moldaves pour acheminer les camions. Et des petites mains locales pour la livraison aux consommateurs.

Ce sont les gendarmes de Mions (près de Lyon) qui sont à l’origine de l’affaire.

Ils étaient tombés sur un « banal » trafic de cigarettes basé dans un modeste pavillon.

Mais ils sont allés plus loin… jusqu’à démanteler deux réseaux distincts : l’un qui recevait et stockait la marchandise livrée par des camions provenant d’usines clandestines basées, notamment, en Pologne.

Les cartouches de cigarettes de contrefaçon étant cachées parmi du fret ordinaire.

Arrivées sur place, ces mêmes cartouches étaient réparties – au rythme de 150 livraisons sur 2 mois – entre de multiples box de location (à Mions, Chassieu, Saint-Priest, Décines, Rillieux-la-Pape) et un garage automobile à Saint-Priest.

L’autre réseau assurant la vente via les réseaux sociaux.

Car tout cela débouchait sur l’activité d’une véritable « plate-forme tabac de e-commerce clandestine ».

Avec des comptes Telegram pour la commercialisation finale (et des petites mains pour les livraisons aux clients finaux) ainsi que des comptes Snapchat pour le back office.

Le compte « Meilleur Plan 69 » étant, par exemple, un gros débit de tabac virtuel contrôlé par le réseau.

Avec le prix imbattable de 24 euros la cartouche.

Parmi les « infractions connexes » imputées au réseau : trafic de stupéfiants et détention d’armes de catégorie B.
C’est bien la mafia qui va passer en jugement.

10 Sep 2026 | Institutions, International
 

Le commerce illicite de tabac en Europe sape les politiques de santé publique et prive l’Union européenne de milliards d’euros de recettes fiscales chaque année, a averti le 8 septembre la Cour des comptes européenne. Nous reprenons un article du Monde réalisé en collaboration avec l’AFP (publié le 8 septembre).

Dans un rapport, assorti de recommandations à la Commission européenne, cette autorité relève que ce commerce parallèle prend de l’ampleur et que des sites clandestins de fabrication de cigarettes ont désormais été découverts dans presque tous les États membres de l’UE.

« Selon les estimations de la Commission, les pertes annuelles pour les budgets de l’UE et de ses États membres se chiffrent à 13 milliards d’euros », ajoute l’auditeur externe de l’Union, citant un chiffre de 2023. Mais il précise qu’il est difficile d’avoir une estimation vraiment fiable de l’impact de ces activités criminelles. « La Commission ne dispose pas de données complètes lui permettant d’estimer la taille du marché, sa structure et son impact économique », est-il souligné dans ce rapport.

Manque de coopération transfrontalière

Aucune législation de l’UE n’impose aux États membres de collecter des données complètes sur ce commerce illicite. Elles ne sont fournies que sur une base volontaire. Les efforts des États membres pour lutter contre ce fléau sont aujourd’hui trop « éparpillés », sans coordination efficace, selon le rapport.

Au niveau européen, les compétences sont « morcelées » entre différents organismes : Europol, l’agence antifraude OLAF, la direction générale de la fiscalité et de l’union douanière (DG TAXUD, département de la Commission européenne), celle de la santé, etc.

Preuve des grandes capacités de nuisance des criminels, des sites clandestins permettant de fabriquer un million de cigarettes « par heure et par machine ». La Belgique est le pays de l’UE qui a déclaré le plus grand nombre d’installations démantelées en 2023 et 2024 (près de 100 au total).

Voir information ci-dessous.

Outre la production, le commerce illicite recouvre aussi la contrebande, qui consiste à traverser une frontière pour profiter des différences de prix et de taxes et vendre un produit avec une marge bénéficiaire.

Environ 10 % des cigarettes fumées dans l’UE proviennent soit d’une usine illégale soit de la contrebande, estime la Cour des comptes européenne.

À suivre

(Voir aussi le 7 avril 2026)

10 Sep 2026 | Profession
 

Xavier Puech, Président de Philip Morris France

Croire que la baisse des ventes légales de tabac est une victoire est une dangereuse illusion. Les fumeurs ne disparaissent pas : ils se fournissent sur le marché noir, pendant que le premier réseau de commerces de proximité s’effondre sous nos yeux. C’est ainsi que Xavier Puech (Président de Philip Morris France) s’est exprimé sur LinkedIn, ce 7 septembre (voir les 4 septembre et 30 août).

Cette semaine, du 7 au 11 septembre, les buralistes se mobilisent. Je les soutiens. Face à une fiscalité aveugle et à une insécurité qui explose, leur colère n’est pas qu’un simple ras-le-bol : c’est un instinct de survie.

Ces milliers d’entrepreneurs font vivre nos territoires, maintiennent le lien social et constituent un rempart légal face aux réseaux du « nicotrafic ».

Demander le gel des taxes et la fin de l’indexation sur l’inflation, ce n’est pas réclamer un privilège : c’est refuser une spirale fiscale qui alimente le marché parallèle plus qu’elle ne sert les finances publiques.

Il est donc temps de protéger nos commerces de proximité, mais cela ne suffit pas : il faut aussi leur offrir de nouvelles perspectives.

Les buralistes peuvent être des acteurs clés d’une politique plus pragmatique : accompagner les fumeurs adultes qui n’arrêtent pas de fumer vers des alternatives à la cigarette. En offrant un cadre légal, contrôlé et traçable, elles permettent de proposer une autre voie aux buralistes et aux fumeurs.

8 Sep 2026 | Profession
 

« C’est un produit qui demande d’être encadré. Nous ne demandons pas un privilège, nous demandons uniquement le droit d’opérer notre monopole », a affirmé Xavier Dupont, trésorier général de la Confédération des buralistes sur ICI Paris-Ile-de-France ce 7 septembre.

Les buralistes ont démarré une semaine de mobilisation à partir de ce lundi (voir le 7 septembre) pour obtenir « un blocage du prix du tabac, aussi bien pour conserver notre modèle que pour les finances publiques », déclare lundi 7 septembre sur ICI Paris-Ile-de-France, Xavier Dupont, trésorier général de la Confédération des buralistes.

Les professionnels se réunissent dans six villes de France pour dénoncer un ras-le-bol fiscal. « C’est un produit qui demande d’être encadré. Nous ne demandons pas un privilège, nous demandons uniquement le droit d’opérer notre monopole », explique Xavier Dupont.

La Confédération des buralistes a été « déçue par la loi Ripost, dont le Conseil constitutionnel a supprimé quelques lignes permettant de renforcer la sécurisation du monopole », dit-il. Ces articles prévoyaient d’aggraver les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon de marque, mais ont été retoqués car n’ayant pas leur place dans le texte initial.

Face au trafic de cigarettes qui est « grandissant », les buralistes réclament donc le gel de la fiscalité sur le tabac et la fin de l’indexation du paquet de cigarettes sur l’inflation.

« On est vraiment arrivé à un point de bascule. Chaque euro, chaque centime rajouté au prix du paquet, c’est un cadeau fait aux trafiquants et aux réseaux mafieux », déplore Xavier Dupont. Il estime que c’est « contreproductif sur le terrain, pour la sécurité, pour les finances publiques et également pour tout ce qui est vie du buraliste et modèle économique ».

7 Sep 2026 | Profession
 

« Aujourd’hui, le tabac se trouve chez son buraliste. »
Et cette affirmation doit aussi se défendre devant les tribunaux. C’est ainsi que débute une communication de Walid Bouakil (Président de la Fédération des Buralistes de l’Aisne / voir les 28 avril 2026 et 2 septembre 2026).

« En septembre, la Fédération des Buralistes de l’Aisne poursuit son engagement en se constituant partie civile dans plusieurs affaires examinées par le Tribunal judiciaire de Saint-Quentin.

  • 1er septembre : une affaire portant sur 138,85 kilos de tabac ;
  • 14 septembre : une affaire concernant des faits de revente de tabac ;
  • 15 septembre : une nouvelle affaire concernant notamment les secteurs de Chauny et Noyon, pour environ 270 000 euros de valeur marchande.

« Pour cette dernière, nous avons décidé d’aller plus loin en faisant appel à un avocat, avec une constitution de partie civile commune avec nos collègues de la Fédération des Buralistes de l’Oise.

« Notre objectif est simple : défendre les intérêts économiques de nos buralistes et faire reconnaître le préjudice subi par notre réseau.
Nous réclamons notamment, lorsque le dossier le permet, des dommages et intérêts correspondant à la rémunération dont le réseau des buralistes a été privé du fait des quantités de tabac écoulées illégalement.

« Chaque kilo vendu hors du réseau légal représente une perte pour nos commerces, mais aussi une atteinte à un réseau réglementé qui remplit quotidiennement ses obligations.

« Je tiens d’ailleurs à souligner la qualité des échanges et des remontées dont nous bénéficions concernant les affaires traitées par le Tribunal judiciaire de Saint-Quentin. Elles nous permettent d’être informés et, lorsque cela est justifié, d’exercer pleinement notre rôle de Fédération.
Nous souhaitons naturellement pouvoir disposer de la même visibilité sur les affaires concernant les buralistes de l’ensemble du département, notamment celles relevant du ressort de Soissons. La défense de notre réseau doit pouvoir s’exercer avec la même vigilance sur tout le territoire de l’Aisne.

« Notre Fédération sera présente partout où les intérêts de nos buralistes doivent être défendus.
« Le tabac se trouve chez son buraliste. Faisons-le savoir. Et surtout, faisons-le respecter. »