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15 Avr 2026 | International
 

En 2026, la France conserve sa place de 2ème pays de l’Union européenne (UE) qui taxe le plus les cigarettes derrière l’Irlande. Avec 8,09 euros de taxes, en moyenne, pour un paquet de cigarettes, notre pays est encore loin de l’Irlande (10,71 euros), mais n’est pas prêt de se faire rattraper par les Pays-Bas (7,77 euros), la Finlande (7,60 euros) ou la Belgique (7,30 euros), ses suivants immédiats. Nous reprenons un article de la revue Contrepoints (voir 20 septembre 2025).

En queue de ce classement établi par Tax Foundation Europe, on trouve la Bulgarie (2,03 euros), Chypre (2,64 euros) et la Croatie (2,73 euros).
Nos voisins immédiats ont tous la main moins lourde que nous : 3,91 euros de taxes en moyenne par paquet de 20 cigarettes en Allemagne, 3,26 euros en Italie, 3,13 euros en Espagne. On comprend aisément pourquoi les achats transfrontaliers prennent de plus en plus d’importance.

Mais la taxation élevée du tabac en France ne fait pas qu’enrichir les boutiques de Vintimille ou de La Jonquera, elle alimente surtout la contrebande et la contrefaçon qui représentent presque un quart du marché maintenant.

Les Douanes ont déclaré avoir saisi 548 tonnes de tabacs sur le territoire national en 2025, soit une hausse de 12 % par rapport à 2024.
Dans certaines régions, l’augmentation est affolante : +182 % dans les trois départements picards (Aisne, Oise et Somme) par exemple.
Il ne se passe désormais pas une semaine sans que l’on relate dans la presse – et dans Le Monde du Tabac en particulier (ndlr) – une saisie record ou la découverte d’un réseau de trafiquants.

Si la France représente à elle seule près de la moitié de la consommation illicite de cigarettes dans l’UE, tous les pays qui taxent de manière exorbitante voient exploser les marchés parallèles comme l’indique Tax Foundation. Elle craint, par ailleurs, que la révision en cours de la Directive européenne sur la taxation du tabac n’aggrave encore la situation.

En effet, le texte en préparation risque de surtaxer les produits alternatifs du tabac et de la nicotine, ce qui dissuaderait les fumeurs de se tourner vers ces produits moins nocifs (voir 21 juillet 2025, 1er avril 2026 et 3 avril 2026).
Comme l’IREF l’a fait dans plusieurs rapports, Tax Foundation défend l’idée que les alternatives au tabac à fumer, comme le snus, le tabac à chauffer, la cigarette électronique et les sachets de nicotine, peuvent aider les fumeurs à passer à des produits moins nocifs.
Par conséquent, « la politique fiscale devrait privilégier la réduction des risques afin d’optimiser les résultats en matière de santé ».

La Suède, qui a opté pour cette politique, ne comptait plus que 8 % de fumeurs en 2023 selon le dernier décompte de l’OCDE quand la France en était encore à 23 %.
Et ce n’est pas l’interdiction des sachets de nicotine (« pouches ») en vigueur depuis le 1er avril 2026 qui va aider les fumeurs (voir 1er avril 2026).
Elle risque au contraire de les maintenir dans leur dépendance et les inciter à s’approvisionner au marché noir.

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