
Chaque année, le 31 mai, la Journée mondiale sans tabac portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en lumière les conséquences sanitaires, sociales et économiques du tabagisme. Pour l’édition 2026, l’OMS a choisi d’attirer l’attention sur les stratégies marketing susceptibles d’influencer les comportements des jeunes et d’encourager l’entrée dans les consommations. C’est ainsi que démarre une communication de la Fédération Addiction (voir 6 février 2026) que nous reprenons.
Les stratégies commerciales des industriels évoluent
Alors que le tabac demeure l’une des principales causes de mortalité évitable, les produits du tabac et de la nicotine connaissent des évolutions rapides, accompagnées de nouvelles stratégies de promotion et de commercialisation. Réseaux sociaux, packagings attractifs, dispositifs jetables, arômes variés ou encore recours aux influenceurs participent à la visibilité de ces produits auprès des jeunes publics.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai 2026, l’OMS alerte sur le risque que ces stratégies contribuent à banaliser les usages. Cette préoccupation est largement partagée par les acteurs de la prévention, qui soulignent l’importance de limiter l’exposition des mineurs aux produits nicotiniques et aux messages promotionnels.
Dans le même temps, les débats de santé publique distinguent de plus en plus les différents produits et leurs niveaux de risque. Car si la nicotine est une substance addictive, les dommages sanitaires liés au tabagisme sont principalement associés à la combustion du tabac. La question de la place du vapotage dans les stratégies de réduction des risques fait ainsi l’objet d’évaluations et de discussions continues au sein de la communauté scientifique et des professionnels de santé.
Pour la Fédération Addiction, la vape peut constituer, pour de nombreux fumeurs, un outil de sortie du tabac, même s’il faut veiller à prévenir les usages chez les mineurs et les personnes n’ayant jamais fumé.
Des évolutions encourageantes chez les adolescents
Les dernières données européennes montrent une baisse des consommations de tabac, d’alcool et de cannabis chez les adolescents. Les résultats récents de l’enquête ESPAD confirment cette tendance et indiquent que la France se situe désormais sous la moyenne européenne pour plusieurs indicateurs d’usage.
Ces évolutions traduisent l’impact des politiques publiques, des actions de prévention, mais aussi des changements culturels et sociaux. Les jeunes sortent moins, sont davantage connectés aux univers numériques, et le tabac apparaît de plus en plus comme un produit nocif et daté.
Mais cette baisse ne signifie pas la disparition des vulnérabilités. Les risques évoluent et se déplacent. Les jeunes restent exposés à des sollicitations permanentes : publicité, réseaux sociaux, jeux d’argent, contenus numériques addictifs, stratégies marketing ciblées… Dans une société où les logiques commerciales occupent une place croissante, la prévention demeure essentielle.
Les interdits protecteurs : protéger sans stigmatiser
Face à ces enjeux, les politiques publiques ont un rôle central à jouer. Comme le rappelait Jean-Pierre Couteron, psychologue et ancien président de la Fédération Addiction, les interdits protecteurs ont pour objectif non pas de punir les usagers, mais de protéger la population face aux stratégies commerciales et aux produits nocifs.
L’interdiction de vente aux mineurs, l’encadrement de la publicité, les espaces sans tabac ou encore les restrictions marketing constituent des outils de santé publique. Ces mesures créent un cadre protecteur, particulièrement important pour les publics les plus vulnérables.
Mais l’interdiction seule ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’actions de prévention, d’éducation, d’accompagnement et de réduction des risques. Protéger les jeunes suppose également de leur permettre de comprendre les mécanismes d’influence, de développer leur esprit critique et d’accéder à des espaces de dialogue.
Prévenir tôt et aller vers les jeunes
La prévention et l’intervention précoce restent des leviers essentiels. Les professionnels de première ligne, les établissements scolaires, les missions locales, les structures jeunesse, les professionnels de santé, les associations, jouent un rôle déterminant pour repérer les usages, ouvrir le dialogue et accompagner les jeunes avant que les consommations ne s’installent durablement.
Les consultations jeunes consommateurs (CJC) occupent à ce titre une place importante. Présentes sur l’ensemble du territoire, elles proposent un accueil gratuit, confidentiel et sans jugement pour les jeunes et leur entourage. Elles permettent d’aborder aussi bien les consommations de tabac, de nicotine, d’alcool ou de cannabis que les usages numériques et autres comportements addictifs.
Les CJC interviennent également dans les lieux de vie des jeunes et développent des actions de proximité adaptées aux réalités du terrain.




