Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
12 Oct 2026 | Trafic
 

Lors d’un contrôle de routine au poste-frontière de La Jonquera, à la frontière avec les Pyrénées-Orientales, les douaniers espagnols ont saisi 997 cigares de marques réputées le 23 septembre dernier, rapporte L’Amateur de Cigare à partir des informations de La Vanguardia et du Diari de Tarragona.

La marchandise de contrebande a été découverte dans les bagages d’un voyageur effectuant un trajet en bus entre Murcie (sud-est de l’Espagne) et Paris. Cet homme de 60 ans, de nationalité espagnole et d’origine cubaine, a été arrêté pour trafic présumé.

Les policiers ont trouvé dans ses bagages 40 paquets contenant un total de 997 cigares, enveloppés sans précaution dans des pochettes en plastique transparent.
Les cigares saisis portaient des bagues Cohiba, Montecristo et Partagás.
Leur valeur sur le marché noir est estimée à 226 000 euros.

Compte tenu de l’emballage inhabituel et de l’absence de sceaux de garantie d’origine, la police a demandé aux marques concernées de procéder à des analyses d’experts afin de déterminer l’authenticité des marchandises saisies. Elle attend actuellement les résultats.

(Voir le 15 juillet 2026.)

9 Oct 2026 | Trafic
 

Cinq hommes seront jugés du 16 au 18 novembre à Paris pour leur rôle présumé dans l’une des premières usines clandestines de cigarettes découvertes en France, à Poincy fin 2021. Tous contestent les accusations. D’après l’AFP du 8 octobre.

Le phénomène, en expansion, interpelle : cinq hommes, soupçonnés d’avoir participé au montage de l’une des toutes premières usines clandestines de cigarettes sur le sol français, doivent être jugés en novembre à Paris.
Nichée à Poincy (Seine-et-Marne) dans un entrepôt gris et anonyme, policiers et douaniers avaient découvert fin 2021 une véritable fabrique de fausses cigarettes Marlboro, a précisé jeudi une source proche du dossier à l’AFP (voir les 14, 15, 17 décembre 2021).

À l’époque, cette découverte, dans une zone d’activités de la banlieue de Meaux, est « une première » en France, souligne auprès de l’AFP une source au sein de l’industrie du tabac.

Et un signe que les organisations criminelles, qui écouleraient quelque 480 millions de paquets de contrebande chaque année en France, cherchent à rapprocher la production de contrefaçon du fumeur français, analyse-t-elle.

Derrière un premier espace dédié aux livraisons, était cachée une série « de pièces de vie devant permettre à des ouvriers de vivre en autarcie sans contacts extérieurs pendant plusieurs jours à plusieurs semaines » avec douches et matelas, selon des éléments des investigations dont l’AFP a eu connaissance.
Une troisième salle, cachée derrière cloisons et faux-plafond, contenait un compresseur, une machine-outil « semblant servir à couper du tabac et à confectionner des cigarettes »…

« Une chaîne complète de production », prête à fabriquer pas moins de 750 000 cigarettes par jour, a jaugé un spécialiste du groupe Philip Morris devant les enquêteurs.

Équipes « 24/24 »

Une information judiciaire, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris, qui lutte contre la criminalité organisée, s’est conclue par le renvoi, en août, de cinq hommes devant le tribunal correctionnel. Ils contestent les accusations. Lire la suite »

7 Oct 2026 | Trafic
 

Et de deux. Nous avons relaté – ici-même – le procès plein d’enseignements d’un super-trafic mafieux de cigarettes de contrefaçon qui s’est tenu récemment à Lyon.
De quoi comprendre tous les mécanismes d’un réseau très organisé, bien implanté et branché directement avec des usines clandestines polonaises (voir les 14 et 18 septembre).

Rebelote. Avec le procès qui se déroule, du 5 au 14 octobre 2026, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire, toujours à Lyon.

Soit la comparution d’un autre « réseau criminel structuré de trafic de cigarettes de contrefaçon », « démantelé en 2022 (voir 11 mars 2022 / Lyon).
Avec un approvisionnement en Pologne mais aussi dans d’autres usines de contrefaçon aux Pays-Bas et en Allemagne.
Les livraisons se faisant en semi-remorques pour un stockage au sein de 5 entrepôts dans le Rhône.
Avec une organisation logistique ailleurs en France (Paris, Marseille, Saint-Étienne, Beaune).
Le tabac redescendant ainsi au niveau de revendeurs locaux via des comptes Snapchat.

Des connexions avec d’autres groupes européens, spécialisés dans la fabrication de cigarettes de contrefaçon, ont été établies.
Au total, 7 individus sont impliqués.
Les saisies lors de l’enquête ? 32 tonnes de cigarettes de contrefaçon.
Mais aussi 132 000 euros en liquide, des armes et des véhicules en pagaille…

1 Oct 2026 | Trafic
 

Il vient d’être mis au jour un trafic international de cigarettes contrefaites, via un réseau qui rayonnait en Belgique, dans le Nord mais aussi en Picardie, annonce le parquet d’Amiens ce 30 septembre.
12 personnes ont été mises en examen, près de six tonnes de tabac saisies par les gendarmes et douaniers.
Nous reprenons une information de Nicolas Fillon sur ICI Hauts-de-France.

« C’est la plus grosse saisie du genre pour la gendarmerie de la Somme. »

C’est rare qu’un Procureur de la République s’exprime sur un dossier toujours en cours d’instruction. Mais l’ampleur du trafic international de cigarettes contrefaites mis au jour par les gendarmes témoigne, pour Jean-Philippe Vicentini, de « la mobilisation et la coopération exemplaire » entre le parquet d’Amiens (Somme), les magistrats du siège et les services d’enquête réunis ce 30 septembre en conférence de presse, au palais de justice amiénois, pour faire le point sur l’activité judiciaire liée à la criminalité organisée.

Dans le détail, l’affaire démarre en juin 2025 dans la Somme, après « un contrôle douanier sur l’autoroute A29 à Villers-Bretonneux qui aboutit à la découverte de cartons de cigarettes dans un véhicule, sur une barrière de péages, nous laissant à penser à un trafic », relate le colonel Julien Jourdan, commandant de la section de recherches d’Amiens.
« L’enquête initiale de la brigade de recherches d’Amiens indique très vite que le trafic en question dépasse largement les frontières de la Somme et de la Picardie et que nous sommes face à des individus réellement impliqués dans une structure criminelle qui dépasse les frontières. » Lire la suite »

1 Oct 2026 | Trafic
 

La Direction nationale du Renseignement et des Enquêtes douanières (DNRED), appuyée par l’ONAF (Office national anti-fraude), a réalisé un beau coup de filet en ce début de semaine en mettant la main sur 2,5 tonnes de tabac qui serait contrefait dans un entrepôt à Hoerdt (à 21 kilomètres de Strasbourg) appartenant à une entreprise de transport, basée à Brumath.
Nous reprenons une information de DNA.

La gendarmerie a prêté son concours pour la perquisition qui s’est déroulée ce 28 septembre au soir.

Quatre individus ont été interpellés dans le cadre de la flagrance. Deux d’entre eux ont été mis hors de cause lors de la retenue douanière, et les deux autres sont actuellement en garde à vue pour vente de tabac de contrebande. La qualification en bande organisée pourrait être retenue contre eux.

Selon nos informations, les suspects seraient des livreurs de la société et auraient utilisé les fourgonnettes professionnelles pour le transport de la marchandise.

Après la perquisition, les autorités ont fait la découverte d’un important butin : 2,5 tonnes de tabac. L’enquête est gérée par l’ONAF et la DNRED.

29 Sep 2026 | International, Trafic
 

Le 22 septembre, des enquêteurs du bureau d’enquête des douanes d’Essen ont perquisitionné trois propriétés en Rhénanie-du-Nord-Westphalie – dont une usine industrielle de production de cigarettes illégales – dans le district de Mettmann (à 20 kilomètres à l’est de Düsseldorf).

Les machines d’une chaîne de production complète (unité de fabrication et d’emballage, générateurs d’énergie, systèmes d’air d’échappement, machine de découpe et de séchage du tabac, autres équipements techniques) ainsi que des emballages extérieurs contrefaits (au nom de diverses marques de cigarettes) furent saisies.

Plus de onze tonnes de tabac et plus de onze millions de cigarettes déjà produites de différentes marques ont été découvertes et saisies.

19 ressortissants d’Europe de l’Est ont été surpris sur place. Lors des perquisitions, de l’argent liquide s’élevant à plus de 50 000 euros a été saisi.

(Voir aussi les 19 juin 2026 et 21 mars 2025)

28 Sep 2026 | International, Trafic
 

Des centaines de milliers de cigarettes sont acheminées depuis la Bulgarie vers l’Europe occidentale, notamment vers la Belgique. Mais comment finissent-elles sous le comptoir d’un night shop bruxellois ? Kristian Vanderwaeren, Administrateur général de l’Administration générale des Douanes et Accises (voir photo), explique comment cette contrebande est organisée et réussit à passer entre les mailles du filet.

C’est ainsi que débute un sujet de 7 sur 7.be, de Jeffrey Dujardin, que nous reprenons.

Mai 2024 : un camion quitte la Bulgarie à destination de la Belgique et des Pays-Bas. À son bord, diverses marchandises, dont des palettes de biscuits périmés. Et parmi les cartons se cachent aussi 245 000 cigarettes illégales portant des timbres fiscaux bulgares. Selon le chauffeur, le chargement a été embarqué dans son camion depuis un entrepôt.

L’histoire ne s’arrête pas là. Quatre mois plus tard, 258 000 cigarettes illégales sont découvertes sous des réfrigérateurs dans un camion en direction de la Belgique. En novembre 2025, 341 000 autres sont retrouvées dissimulées dans des chargements déclarés comme contenant des pièces détachées automobiles.
Plus d’un million.
En juin 2026, une saisie encore plus importante est réalisée. Deux camions frigorifiques transportant des denrées alimentaires avaient alors fait route vers l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Parmi des cartons de croissants, les douaniers découvrent 1 million de cigarettes illégales, pour la plupart munies à nouveau de timbres fiscaux bulgares.

Une enquête intitulée « Empty Pack Survey » donne davantage de précisions sur l’ampleur du problème. Il s’avère ainsi que, parmi les 2 800 paquets de cigarettes récoltés dans 18 villes belges, 46 % étaient destinés à un marché étranger et 4,6 % étaient des contrefaçons avérées.
(voir le 24 septembre 2026). Lire la suite »

18 Sep 2026 | Trafic
 

Saisie contrefaçon Lyon

Jusqu’à six ans de prison ferme ont été requis contre les prévenus d’un vaste trafic de cigarettes jugé à Lyon cette semaine. Quinze personnes étaient jugées pour importation et revente de tabac de contrebande et de contrefaçon (voir notre article le 14 septembre 2026).

Le jugement est mis en délibéré. Nous reprenons le sujet de Dominique Durand pour France-3 Régions.

Après trois jours d’audience devant le tribunal judiciaire de Lyon, le parquet a demandé des peines allant de deux mois à six ans de prison ferme contre quinze prévenus pour trafic de cigarettes.

La peine la plus lourde, six ans de prison ferme, est requise contre Narek G., avec maintien en détention et interdiction définitive du territoire français. Cinq ans ferme sont demandés contre Arman A., en état de récidive légale, avec maintien en détention et interdiction définitive du territoire. Le parquet réclame aussi cinq ans, dont deux avec sursis, soit trois ans ferme, contre Saleh H. Pour Nadji B., lui aussi en état de récidive légale, 30 mois de prison ferme sont requis, avec mandat de dépôt et interdiction définitive du territoire français.

À l’inverse, le parquet demande la relaxe du chef d’association de malfaiteurs pour Tatevik M. et Arthur J., tout en sollicitant leur condamnation pour d’autres infractions.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré à l’issue de l’audience. Lire la suite »

7 Sep 2026 | Trafic
 

Un Pakistanais âgé de 28 ans a écopé d’une peine de 6 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir transporté 250 kilos de tabac contrefait à l’effigie du groupe Philip Morris.
Nous reprenons une information du Courrier Picard (le 4 septembre).

Il devra s’acquitter d’une amende douanière de 30 000 euros et d’une amende délictuelle de 150 euros pour défaut d’assurance. La marchandise et le véhicule, qui ne lui appartenait pas, ont été confisqués.

Le 19 août 2026, il avait été contrôlé par les Douanes de Nogent-sur-Oise à Lévignen. Les agents avaient découvert 250 kilos de cigarettes sans justificatif à l’arrière du véhicule. La valeur de la marchandise s’élevait à 168 737 euros.

À l’audience, le prévenu avait expliqué qu’il ignorait ce que contenaient les cartons dans le véhicule Renault Kangoo qu’un ami lui avait confié.

Le Procureur Loïc Abrial avait relevé cinq autres trajets effectués par le mis en cause durant le mois d’août entre la Belgique et la région parisienne, suspectant un trafic régulier.

Le Procureur avait requis 2 ans d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant 5 ans. Jusqu’ici inconnu de la justice, l’homme, en situation régulière sur le territoire français, vit dans la région de Lyon.

(Voir aussi les 27 juillet 2026 et 5 août 2026 / Oise)

31 Août 2026 | Trafic
 

Nous revenons sur le dernier Livre Blanc de Logista (« Marché de la nicotine : comment reprendre le contrôle » / Voir 1er juillet et 26 juin) avec un extrait significatif sur la gravité du marché parallèle du tabac en France. Utile rappel.

Selon les chiffres, plus de la moitié de la consommation de tabac échappe aux buralistes.

Se rendre au bureau de tabac pour acheter son paquet de cigarettes est un réflexe de moins en moins répandu.
Certains se détournent du tabac pour des raisons de santé, mais ils sont bien plus nombreux à s’éloigner des buralistes pour leur préférer des canaux alternatifs.
L’étude TAFE (Tabac échappant à la fiscalité nationale), publiée en 2025 pour la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), estime que la consommation nationale de tabac échappant à la fiscalité française est comprise entre 12,3 % et 22,4 % (voir 5 novembre 2025).
D’autres sources évoquent des chiffres bien plus importants.
Une étude réalisée par EY-Parthenon estime que le marché parallèle représente 38 % du marché total des produits du tabac.
En juin 2026, un rapport produit par KPMG a même évalué la part du marché parallèle à 53,6 %. Il indique notamment que 41,4 % des cigarettes consommées en France sont identifiées comme des cigarettes de contrebande et 37,6 % de contrefaçon (voir 9 juin 2026).
Quant aux buralistes, leur Confédération estime que la contrebande de tabac représente entre 30 et 40 % des ventes de tabac en France.

De quoi rénover au moins 1 500 écoles chaque année.

Cette diversité de chiffres traduit le fait que la part du tabac ne relevant pas du marché officiel est naturellement difficile à estimer. Elle recouvre à la fois les achats réalisés à l’étranger et le commerce illégal issu de contrebandes et de contrefaçons. Ni l’un ni l’autre ne relève de statistiques officielles et, selon les sources, les méthodologies varient pour essayer de déterminer les montants en jeu.

En tout cas, le manque à gagner pour l’État est loin d’être anecdotique.

Selon que l’on prenne l’une ou l’autre de ces études, on peut estimer que le marché parallèle a entraîné une perte fiscale pour l’État comprise entre 4 et plus de 10 milliards d’euros. Cela équivaut, dans la fourchette basse, environ au budget du ministère de la Culture ou à la rénovation globale de plus de 1 500 écoles. Dans un contexte de tension budgétaire durable, la maîtrise du marché parallèle constitue ainsi un enjeu majeur pour les finances publiques.

La stratégie française a créé un marché parallèle en pleine croissance.

Depuis plus de vingt ans, la stratégie française de lutte contre le tabac repose sur une hausse régulière et soutenue de la fiscalité, avec un objectif clair : réduire la consommation par le levier du prix. Cette politique a produit des effets sur la prévalence tabagique.

Mais elle contribue aussi à engendrer un marché parallèle devenu structurel, massif et en croissance.

(À suivre)