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1 Oct 2026 | Trafic
 

Il vient d’être mis au jour un trafic international de cigarettes contrefaites, via un réseau qui rayonnait en Belgique, dans le Nord mais aussi en Picardie, annonce le parquet d’Amiens ce 30 septembre.
12 personnes ont été mises en examen, près de six tonnes de tabac saisies par les gendarmes et douaniers.
Nous reprenons une information de Nicolas Fillon sur ICI Hauts-de-France.

« C’est la plus grosse saisie du genre pour la gendarmerie de la Somme. »

C’est rare qu’un Procureur de la République s’exprime sur un dossier toujours en cours d’instruction. Mais l’ampleur du trafic international de cigarettes contrefaites mis au jour par les gendarmes témoigne, pour Jean-Philippe Vicentini, de « la mobilisation et la coopération exemplaire » entre le parquet d’Amiens (Somme), les magistrats du siège et les services d’enquête réunis ce 30 septembre en conférence de presse, au palais de justice amiénois, pour faire le point sur l’activité judiciaire liée à la criminalité organisée.

Dans le détail, l’affaire démarre en juin 2025 dans la Somme, après « un contrôle douanier sur l’autoroute A29 à Villers-Bretonneux qui aboutit à la découverte de cartons de cigarettes dans un véhicule, sur une barrière de péages, nous laissant à penser à un trafic », relate le colonel Julien Jourdan, commandant de la section de recherches d’Amiens.
« L’enquête initiale de la brigade de recherches d’Amiens indique très vite que le trafic en question dépasse largement les frontières de la Somme et de la Picardie et que nous sommes face à des individus réellement impliqués dans une structure criminelle qui dépasse les frontières. »

Une quarantaine de trajets Belgique-France pour ces cigarettes contrefaites

Une information judiciaire est donc ouverte et la Section de recherches d’Amiens se voit alors confier la direction de l’enquête, appuyée par la Brigade de recherches. « Et, dans le cadre d’une coopération policière internationale, nous allons découvrir que les cigarettes, qui sont contrefaites, proviennent de Belgique, d’où les trafiquants présumés s’approvisionnent », dévoile le militaire.

Les enquêteurs soupçonnent des voyages « très fréquents » entre Belgique et France dans le cadre de ce trafic : 39 au total, au cours desquels près de 30 tonnes de tabac de contrefaçon auraient transité, d’après les surveillances téléphoniques et de géolocalisation, avec un préjudice économique évalué à environ 20 millions d’euros.

« Les cigarettes étaient acheminées notamment dans les Hauts-de-France, mais parfois plus loin, et nous avons été amenés, dans le cadre de ces investigations, à solliciter différents canaux de coopération internationale, dont Europol, mais aussi à travailler avec nos partenaires belges », décrit le commandant de la SR d’Amiens, qui indique que le trafic avait « de nombreux points d’appuis dans la Somme et en Picardie, traversées par plusieurs autoroutes et notamment l’A1, la première autoroute d’Europe ».

8 500 cartouches saisies dans le Nord

Les interpellations se feront « en deux temps », précise le colonel. « On a d’abord profité, mi-septembre, du retour d’un voyage entre Belgique en France pour arrêter un véhicule utilitaire dans le Nord. Il contenait près de 8 500 cartouches de cigarettes contrefaites, réparties à ras bord, soit 2,23 tonnes de tabac d’une valeur marchande de plus d’un million d’euros, pour un seul voyage ! Et dans le cadre de perquisitions, nous avons saisi beaucoup d’argent, des armes et différents véhicules. »

Sous l’égide du juge d’instruction, cinq personnes sont arrêtées. Une seconde vague d’interpellations « ces derniers jours » – les 23 et 24 septembre – a ensuite été décidée, avec l’arrestation cette fois de sept individus, dont certains à Amiens.

Au total, 12 personnes âgées de 20 à 30 ans – dix hommes, deux femmes, « principalement originaires du Nord », dixit le colonel Jourdan – ont été mises en examen, notamment pour « association de malfaiteurs », « détention en bande organisée de tabac » et « blanchiment ». Trois d’entre elles ont été placées en détention provisoire, les neuf autres sous contrôle judiciaire. Toutes restent, à ce stade, présumées innocentes. Dans le cadre de toutes les perquisitions menées dans cette affaire, 5,9 tonnes de tabac contrefait (environ 3,2 millions d’euros de valeur marchande), dix véhicules, 87 410 euros en numéraire et 15 889 euros sur des comptes bancaires ont été saisis par les gendarmes et les douaniers.

Concurrence « déloyale » et problématique de santé publique

« Eu égard au coût de la vie, au coût de l’essence, avec des cigarettes de plus en plus chères et vu le positionnement géographique que nous avons en Picardie, nous faisons face à des personnes très tentées de se livrer à ce genre de trafic, livre le colonel Jourdan. Une activité qui, d’une part, nourrit des groupes criminels mais qui, d’autre part, a une conséquence sur l’économie légale et un rôle sur la santé publique non négligeable, puisque ce sont des cigarettes contrefaites. Il faut aussi souligner le volet international de cette affaire. Il y a eu la coopération de la Belgique mais aussi du Maroc. »