Faudrait-il étendre au vapotage les zones sans tabac en France ? Une large majorité de Français y seraient favorables (7 sur 10), selon un sondage OpinionWay pour la Ligue contre le cancer que RMC dévoile ce 25 mai.
Nous reprenons son information.
Depuis bientôt un an, il est déjà interdit de fumer sa cigarette sur les plages, dans les parcs, les abribus ou les écoles (voir les 30 mai et 1er juillet 2025).
Avec ce nouveau sondage, la Ligue contre le cancer milite pour que cette interdiction soit étendue à la vapoteuse : la cigarette électronique.
Il faudrait ainsi, selon la Ligue contre le cancer, « réduire la visibilité et l’attractivité de la cigarette électronique, toujours plus “glamour” avec ses goûts et ses jeux de lumière, et abusivement présentée comme inoffensive, avant que sa consommation ne s’installe durablement », écrit l’association dans son communiqué.
« On a deux types de publics, les fumeurs qui substituent la nicotine, mais aussi de plus en plus de jeunes qui consomment », poursuit sur RMC le docteur Emmanuel Ricard, médecin en santé publique et directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer.
« On craint d’être en retard d’une guerre, et que ce qu’on gagne sur la cigarette on le perde sur le vapotage », s’inquiète-t-il.
Une proposition qui divise, comme nous avons pu le constater sur une plage de Marseille.
Quand elle se promène, Ludmila est, par exemple, souvent gênée par l’odeur des vapoteuses. Cette jeune maman est favorable à leur interdiction dans les espaces sans tabac, notamment pour éviter à son fils d’y être exposé. « Leurs odeurs ne sont pas forcément agréables. Personne ne fume dans la famille donc je n’ai pas envie qu’ils soient exposés à l’extérieur », lance-t-elle.
Un peu plus loin, en plein pique-nique, Haguit, non-fumeuse, estime que la vapoteuse est aussi toxique que la cigarette. « Ce n’est pas un produit qu’on fume sans aucune conséquence pour l’avenir », insiste-t-elle.
Sylvie, de son côté, n’est pas prête à éteindre sa cigarette électronique. Elle est même opposée à l’idée de l’interdire dans les espaces publics. « Peu de nicotine, pas d’odeur… Sur une plage, par exemple, je ne pense pas que j’embête quelqu’un », juge-t-elle.
La question de la liberté est donc centrale.
« Mais l’industrie du tabac cherche à capter de l’ordre de 200 000 nouveaux consommateurs et le piège, c’est la vapoteuse présentée comme “fun” et anodine », tacle le Dr Ricard.
« On a une vraie “glamourisation” qui est faite notamment sur les réseaux pour capter ce nouveau public », regrette Emmanuel Ricard de la Ligue contre le cancer.
Pour Alexandre Cobigo, également de la Ligue contre le cancer, il est donc indispensable de rendre les cigarettes électroniques moins présentes dans l’espace public pour « éviter que la nouvelle génération rentre dans une nouvelle addiction qui remplacerait le tabac ».
Une interdiction qui existe déjà dans certaines villes, comme Strasbourg qui a mis en place des espaces « sans fumée ».




