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16 Oct 2014 | Observatoire
 

Livre Pechberty Oct.14Diffusé à partir de ce jeudi 16 octobre, « L’État accro au tabac » de Matthieu Pechberty (édition First) se présente didactique et polémique (voir Lemondedutabac du 15 octobre).

Didactique parce qu’il se propose d’initier ses lecteurs à l’organisation des relations entre les différentes parties prenantes du secteur du tabac : État dans plusieurs de ses composantes (Bercy, Douanes, Santé) ; parlementaires votant la fiscalité ; fabricants ; buralistes. Avec un éclairage portant particulièrement sur le mode de fixation des prix des produits du tabac, point sensible s’il en est.

Des sujets très régulièrement évoqués par la presse ces dernières années (y compris par le propre auteur dans le Journal du Dimanche) et dont le livre fournit en définitive une synthèse, gonflée avec des exemples inédits et des précisions d’ambiance. Car pour un univers présenté comme secret et imperméable, Matthieu Pechberty n’a pas manqué de sources d’informations. Pour autant, on est loin de Watergate.

Mais, car il y a un (gros) mais, … le livre est agressivement  polémique. Ceci pour armer le parti-pris de l’auteur visant à dénoncer ce qu’il décrit comme un mélange systématique, organisé et programmé « des genres entre l’État, les cigarettiers et les buralistes. Un triumvirat âpre au gain, qui vit grassement sur le dos des fumeurs ». C’est la conviction du signataire. Et il cherche, au fil des pages, à la renforcer par une certaine mise en perspectives de faits avérés ou supposés.

On peut aussi penser différemment et avoir une vision moins manichéenne sur le sujet.

On peut penser qu’il est pour le moins choquant de mettre tous les buralistes dans le même sac, de leur attribuer des revenus fantaisistes, de critiquer les aides du Contrat d’avenir sans s’intéresser le moins du monde  à la vraie situation économique d’un réseau de petits entrepreneurs dont une majorité travaille dans des conditions objectivement pénibles et avec des horaires que peu de gens leur envient. Le lecteur qui connait un peu ce type de commerces peut légitimement se poser la question: et si le vrai problème était celui du niveau de rémunération des buralistes ?

On peut penser qu’il est un peu facile de tout résumer à la formule de « l’État accro au tabac » pour expliquer l’échec de la politique anti-tabac en France sans s’interroger  sur la pertinence des mesures anti-tabagiques prises depuis une dizaine d’années et sur la faillite d’une politique de prévention mal conduite.

On peut sourire de tant de « pouvoirs occultes » prêtés aux fabricants au moment même où la France s’engage sur la voie de mesures aussi fortes que les paquets neutres.

A suivre.