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9 Mar 2026 | Récents, Trafic
 

Pour mieux comprendre l’ampleur du commerce illicite du tabac en Île-de-France, la Fédération des buralistes Paris Île-de-France a mis en place un dispositif d’observation unique combinant remontées terrain et veille digitale.
Nous reprenons son communiqué de presse.

Ce dispositif s’appuie sur deux outils complémentaires

  • Un Numéro Vert 0800 00 80 20 permettant aux buralistes de signaler anonymement les situations de trafic observées sur le terrain.
  • Une veille numérique permettant d’analyser la diffusion d’offres illicites de tabac sur les réseaux sociaux.

Les résultats de ces deux sources d’observation convergent aujourd’hui vers un même constat

le trafic de tabac se structure et se banalise en Île-de-France.

Les signalements terrain : 500 alertes en un an.

La Fédération des buralistes Paris Île-de-France a lancé en octobre 2024 le Numéro Vert 0800 00 80 20, destiné exclusivement aux buralistes de la région Île-de-France souhaitant signaler anonymement les situations de trafic à proximité de leur établissement.

En un an :

  • 500 signalements ont été enregistrés
  • 50 % concernent des ventes en épiceries
  • 50 % concernent des ventes à l’unité
  • Le tabac de contrefaçon est majoritaire

Chaque appel correspond à :

  • Un rappel personnalisé,
  • Une fiche « Stop Trafic Tabac » transmise aux Douanes,
  • Un suivi assuré par la Fédération des buralistes Paris Île-de-France.

Un trafic qui s’implante dans les commerces de proximité

Les signalements recueillis montrent que le trafic ne se limite plus à la vente à la sauvette ou aux réseaux sociaux. Il s’étend désormais à des commerces installés, notamment des petites épiceries de quartier, qui représentent près de la moitié des situations signalées.

Ces implantations banalisent l’acte d’achat illégal en lui donnant une apparence de normalité. Or aucune épicerie n’est habilitée à vendre des produits du tabac.

La diffusion du trafic sur les réseaux sociaux

Parallèlement la veille digitale menée en 2025 met en évidence une diffusion massive des offres de tabac illicite sur les réseaux sociaux. Près de 40 000 publications proposant du tabac illicite ont été identifiées en Île-de-France, principalement diffusées sur Facebook. Cette activité mobilise plus de 1 450 vendeurs actifs dans la région, révélant l’existence d’un véritable marché parallèle organisé. La répartition géographique montre une forte concentration à Paris, avec plus de 1 000 vendeurs identifiés, devant la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise.

« Le trafic change d’échelle »

Pour Philippe Alauze, président de la Fédération des buralistes Paris Île-de-France : « L’observation du terrain et l’analyse des réseaux sociaux décrivent désormais le même phénomène : le marché parallèle du tabac s’organise à grande échelle en Île-de-France. Le trafic ne se limite plus à la vente à la sauvette. Il s’installe dans certains commerces de proximité et se diffuse massivement en ligne. La réponse publique doit changer d’échelle pour faire face à cette évolution. »

Un trafic aux impacts multiples : sécurité, santé et finances publiques

Le marché illicite du tabac représente :

  • Un enjeu de sécurité publique,
  • Un risque sanitaire, notamment pour les mineurs,
  • Une menace économique directe pour le réseau légal des buralistes,
  • Une perte de recettes fiscales pour l’État.

Les demandes de la Fédération des buralistes Paris Île-de-France

Face à un phénomène désormais documenté, la réponse doit être coordonnée, territoriale et visible. La Fédération appelle à :

  • Des contrôles systématiques pour chaque signalement transmis,
  • Des opérations conjointes régulières dans le cadre du CODAF (Police, Gendarmerie, Douanes, DGFIP, inspection du travail),
  • La fermeture administrative immédiate en cas de flagrant délit, et le retrait des licences commerciales en cas de récidive,
  • La saisie des produits et des espèces,
  • Un contrôle fiscal systématique des établissements concernés,
  • L’inscription du trafic de tabac dans les priorités des contrats locaux de sécurité.

Les municipalités en première ligne face au trafic de tabac

La lutte contre le trafic de tabac est également un enjeu municipal car les maires disposent de pouvoirs de police administrative, de contrôle des commerces et de coordination locale. La Fédération appelle les candidats à :

• Intégrer ce sujet dans leurs programmes,
• Utiliser pleinement les outils de fermeture administrative,
• Travailler en coordination avec les services de l’État et les buralistes.

La mobilisation doit changer d’échelle

Un an d’observation numérique et de signalements terrain permet désormais de documenter précisément l’ampleur du phénomène.
La Fédération appelle les associations de lutte contre le tabagisme à prendre pleinement en compte la réalité du marché illégal dans leurs actions.

Le trafic se structure, s’étend et se banalise. Le trafic s’adapte.
La réponse publique doit en faire autant.

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