« En Suède, les taxes sur le tabac et la nicotine sont structurées de manière à ce que les produits soient taxés en fonction du risque. Tous les produits alternatifs à la cigarette sont moins taxés afin que le prix ne soit pas dissuasif pour les fumeurs qui voudraient changer de produit » souligne Patrick Coquart (journaliste indépendant et essayiste / voir 10 juin et 11 mars) dans une tribune publiée dans L’Opinion contre la position officielle française d’interdiction des sachets de nicotine (voir 30 octobre).
Nous en reprenons le texte.
Cette interdiction est, selon la Ministre, justifiée par le fait que de plus en plus de jeunes se retrouvent à l’hôpital parce que la consommation de ces « pouches » a généré « des vomissements, des convulsions, des hypotensions, voire des troubles de la conscience ». Bref, ces adolescents sont victimes d’une sorte d’overdose de nicotine, sans doute parce qu’ils ont trop consommé de « pouches » et/ou qu’ils ont pris des produits trop fortement dosés. La ministre estimait que « son devoir » était d’interdire la commercialisation de ces sachets de nicotine.
En réalité, la ministre voulait interdire la commercialisation des « pouches » parce qu’elle est incapable d’en interdire l’utilisation par les mineurs. Ces sachets, comme les autres produits du tabac et de la nicotine, sont interdits de vente aux personnes de moins de 18 ans. Le gouvernement ayant manifestement du mal à faire appliquer la loi, il préfère interdire le produit pour tous les Français.
•• Pourtant, les sachets de nicotine présentent un grand intérêt dans la lutte contre le tabagisme comme le montre l’exemple de la Suède détaillé dans une nouvelle étude de l’IREF / Institut de Recherches économiques et fiscales (« Efficacité des politiques de réduction des risques tabagiques dans quatre pays de l’OCDE et comparaison avec l’approche française » / voir 6 décembre et 7 juillet). Le pays a eu longtemps une particularité étonnante : les femmes y fumaient plus que les hommes. En 2000, 21 % des Suédoises fumaient contre 16,8 % des Suédois. Ceux-ci, en effet, s’étaient remis à consommer du snus.
Ce produit ancestral – une poudre de tabac humide généralement consommée sous forme de petits sachets placés entre la gencive et la lèvre supérieure – était tombé en désuétude au profit du tabac fumé. L’intensification de la lutte contre la cigarette l’a remis au goût du jour. Grâce au snus, la prévalence tabagique masculine a fortement baissé puisqu’elle n’était plus que de 8,8 % en 2022.
Le snus, s’il reste un produit du tabac, est impliqué dans moins de maladies que la cigarette, selon les différentes études compilées par Ramboll. Il a ainsi été constaté que la mortalité due au cancer n’est pas augmentée chez les utilisateurs de snus. Le snus entraînerait également un risque beaucoup plus faible de maladies cardiovasculaires et d’accidents vasculaires cérébraux que la cigarette.
De son côté, la Food and Drug Administration (FDA) américaine, après examen de la littérature scientifique disponible, a autorisé la vente d’une marque de snus en tant que produit du tabac à risque modifié et permis la communication suivante aux consommateurs : « L’utilisation du snus au lieu de la cigarette réduit le risque de cancer de la bouche, de maladie cardiaque, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique ». Lire la suite »