Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
9 Nov 2015 | Pression normative
 

Bruno Le RouxÀ quelques heures de l’examen du projet de loi de Santé par la commission des affaires sociales (voir Lmdt de ce jour), Bruno Le Roux, chef de file des socialistes à l’Assemblée nationale, a dénoncé, dans un communiqué de presse, « les pratiques de certains lobbyistes … prêtant à certains parlementaires des intentions et des opinions qu’ils n’ont jamais eues ».

De son côté, la tribune, à l’initiative de Michèle Delaunay, en faveur du paquet neutre (voir Lmdt du 6 novembre) est parue ce matin … non pas dans les pages du Monde, mais sur le site de L’Obs, dans sa rubrique Tribunes-Débats.

Ci-dessous l’intégralité du communiqué de Bruno Le Roux :

« La commission des Affaires sociales examine en 2ème lecture la loi santé à partir d’aujourd’hui. Depuis un an, les députés du groupe socialiste et en particulier ceux de la commission des Affaires sociales sont à l’écoute de tous les acteurs de la santé. Ils prennent aussi en compte les conséquences économiques de certaines mesures du projet de loi. La transparence avec tous les acteurs a permis de nouer des relations constructives au service de nos concitoyens.

« C’est pourquoi je condamne fermement les pratiques de certains lobbyistes, employés par l’industrie du tabac, pour influencer le vote des parlementaires. Il est intolérable que l’on prête à certains parlementaires des intentions et des opinions qu’ils n’ont jamais eues. Ces méthodes de manipulation ne sont pas acceptables, les députés concernés ont d’ailleurs saisi le déontologue de l’Assemblée nationale.

« Le tabac est responsable de 79 000 décès par an en France et les coûts sociaux du tabac sont estimés à plus de 47 milliards d’euros, dont 18 milliards pour les seules dépenses liées aux soins. Le groupe socialiste réaffirme donc son soutien au plan national de réduction du tabagisme (PNRT) présenté par la Ministre Marisol Touraine le 25 septembre 2014. 

« C’est dans ce cadre que les députés socialistes ont déposé l’amendement qui rétablit le paquet neutre, supprimé lors de la 1ère lecture au Sénat ».

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8 Nov 2015 | Observatoire
 

« Dominique Strauss- Kahn fait un tabac » : à y regarder de plus près, l’article du JDD sur les supposées nouvelles turpitudes du lobbying du tabac (voir Lmdt de ce jour) ne va vraiment pas très loin.

Dominique Strauss-KahnDSK et Philip Morris ? L’article n’est précis que sur un point : « Il y a deux mois, DSK a organisé une rencontre entre le patron de Philip Morris France, Amâncao Sampaio, et le consultant Paul Boury, proche du gouvernement. Mais elle n’a pas été suivie d’une mission ».

DSK et Sicpa ? Dans le même article, le directeur général de Sicpa France, Yves Trévilly (voir Lmdt des 30 septembre et 2 octobre 2012) dément : « il n’y a pas de contrat entre DSK et Sicpa ». Et l’auteur de rebondir : « Pourtant, les deux hommes ont été vus ensemble dans une loge du Stade de France louée par le patron de Sicpa, lors de la finale de la Coupe de France le 30 mai ». Et de préciser que l’ex- patron du FMI a présenté l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, à Sicpa.

La République en tremble.

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8 Nov 2015 | Observatoire
 

Dominique Strauss-KahnÀ la veille de l’examen –  en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale – du paquet neutre, il fallait bien que le JDD nous sorte non pas un article sur les vrais enjeux de cette mesure … mais un nouveau papier sulfureux sur les supposées turpitudes du lobbying du tabac. Signé par Matthieu Pechberty dont le livre (« L’État accro au tabac » / voir Lmdt du 19 juillet 2015 ainsi que des 16 et 15 octobre 2014) n’a pourtant pas connu le succès escompté.

En substance : Philip Morris aurait fait appel à l’entregent de Dominique Strauss-Kahn pour approcher les plus hautes personnalités de la majorité gouvernementale.

Mais, en même temps, l’ancien patron du FMI travaillerait pour le compte de Sicpa, entreprise suisse spécialisée dans le domaine de la traçabilité et donc concurrente de Philip Morris sur ce sujet (voir Lmdt des 26 janvier 2015, 28 juillet 2014, 23 juillet 2013). DSK aurait même contribué au recrutement par Sicpa de Henri Proglio (ex-patron de EDF) sur le marché russe.

À suivre.

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Emily O'Reilly BruxellesIl n’y a rien de plus important à faire, en Europe, ces jours-ci … La médiatrice de l’UE a sommé lundi la Commission européenne à plus de « transparence » sur ses contacts avec les lobbyistes de l’industrie du tabac, nous annonce l’AFP ce lundi 5 octobre.

Dans son enquête, « la médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a constaté que la (précédente) commission Barroso n’avait pas été assez transparente à propos de ses rencontres avec l’industrie du tabac », ont indiqué ses services dans un communiqué.

L’ex-président de l’exécutif bruxellois, Manuel Barroso, avait poussé un commissaire maltais à la Santé, John Dalli, à la démission en octobre 2012 après que celui-ci eut été mis en cause par l’organisme anti-fraude de l’UE, l’Olaf, pour un trafic d’influence présumé lié à l’industrie du tabac (voir Lmdt des 12 mai 2015, 9 juillet 2014, 25 et 30 avril 2013, 16 octobre 2012).

Malgré ce précédent, « l’approche de la Commission » actuelle pour ce qui est de publier les détails des réunions avec des lobbyistes du tabac est « inadéquate, douteuse et insatisfaisante », à l’exception de celle adoptée par la direction générale de la Santé.

« La médiatrice a constaté que certains rendez-vous avec des avocats représentant l’industrie du tabac n’étaient pas considérés comme des rencontres ayant pour objectif de faire du lobbying », regrette notamment le communiqué.

Mme O’Reilly appelle le successeur de M. Barroso, l’actuel président de l’exécutif européen Jean-Claude Juncker, « à publier en ligne dès maintenant, et de façon proactive, tous les rendez-vous avec des lobbyistes du tabac, ou leurs représentants légaux, ainsi que les minutes de ces rencontres ».

La médiatrice demande à la Commission « d’expliquer d’ici le 31 décembre 2015 comment elle va mettre en œuvre ces recommandations ».

« La Commission européenne a pour responsabilité particulière (…) de s’assurer que sa politique en matière de santé publique est aussi transparente que possible », a insisté Mme O’Reilly, citée dans le communiqué. Elle rappelle que l’ONU a fixé un cadre légal « anti-tabac » s’appliquant « à toutes les institutions de l’UE », dont la Commission, « qui doivent appliquer ces garde-fous contre du lobbying indu en faveur du tabac ».

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23 Sep 2015 | Pression normative
 

Canard-enchaînéTout est dans l’annonce !

« Le lobby du tabac a enfumé les sénateurs » : en première page, au-dessus de la têtière.

« Les cigarettiers mettent le paquet au Sénat » : en haut de deuxième page avec le chapeau suivant : « Les lobbies du tabac ont réussi un exploit : les sénateurs de droite … et de gauche se sont ligués contre le gouvernement pour repousser le paquet neutre. Nom d’une pipe ! ».

Le Canard enchaîné cache probablement son dépit de voir qu’une majorité de sénateurs socialistes ont fait défaut à Marisol Touraine lors du vote sur le paquet neutre en nous ressortant l’un de ses montages journalistiques dont il partage le secret avec une certaine basse-cour journalistique.

En gros : je me contente de « citer » l’existence (tout à fait légitime) d’argumentaires et d’enquêtes issus des industriels du tabac (c’est leur droit) … et je les « rapproche », dans le même article, avec les simples déclarations (parfois savoureuses) des sénateurs lors de la séance de mercredi dernier (voir Lmdt des 16 et 18 septembre). Vieilles ficelles de l’amalgame.

Mais cela laisse à supposer que le large éventail de sénateurs contre le paquet neutre – ruraux, urbains, de gauche, de droite – n’ont pris leur décision que sous « l’influence » des cigarettiers. Cela sans aucune preuve, ni fait établi.

Comme si les sénateurs étaient incapables de se faire une opinion par eux-mêmes !

On rappellera seulement que les sénateurs sont élus dans des conditions (élection au second degré ; mandat de six ans) les mettant à l’abri, plus que tout autre élu, des influences et autres intimidations.

On sera surpris de découvrir aussi que Le Canard ne mentionne jamais dans son article la mobilisation des buralistes qui pourtant défraie la chronique depuis juillet.

Dernier petit coup de bec, Le Canard dénonce la tenue aujourd’hui d’un fantomatique colloque organisé par un cabinet de lobbying sur le thème de la contrefaçon avec la participation annoncée de plusieurs ministres. Comme s’il n’y avait rien de plus scandaleux dans la France que nous connaissons aujourd’hui.

C’est du Canard … laquais de Marisol.

27 Juin 2015 | Profession
 

Marc LomazziSelon le bulletin d’informations confidentielles La Lettre A du 25 juin, le livre « Comment la mafia du tabac nous manipule » de Marc Lomazzi, rédacteur en chef adjoint au Parisien/ Aujourd’hui en France  (voir Lmdt des 6, 8, 12, 13, 19 mai), pourrait valoir à son auteur quelques déconvenues.

« Les fabricants de tabac, vilipendés par l’auteur, rechercheraient actuellement les nombreuses invitations, parfois luxueuses, dont le journaliste a bénéficié (matchs en loge à Roland-Garros et au Stade de France, par exemple), notamment de la part de British American Tobacco ».

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24 Mai 2015 | Pression normative
 

Roland GarrosAlors que médias et passionnés reprennent le chemin des émotions de Roland-Garros, les fantasmes de certains sur ces loges « réservées par des fabricants de tabac pour mieux manipuler leurs invités politiques et fonctionnaires » reprennent.

Comme le confirme cette brève de la Lettre de l’Expansion : « Trois cigarettiers possèdent des loges à Roland-Garros, qui débute dimanche. Des membres du groupe de travail contre l’ingérence de l’industrie du tabac, présidé par l’eurodéputé Gilles Pargneaux, organisent une visite surprise pour vérifier qu’ils respectent bien les règles spécifiques au lobbying des fabricants de tabac édictées par l’OMS ».

Côté « visite surprise », c’est planté. Mais on pourrait aussi suggérer à l’eurodéputé du Nord, Gilles Pargneaux (voir Lmdt des 28 avril et 12 mars 2015 ), de distraire quelques heures de son week-end à visiter les supermarchés du tabac de la frontière belge. Certes, moins « glamour » que les courts de la Porte d’Auteuil. Mais là aussi, il y a beaucoup de monde.

Et puis, concernant cette histoire de loges destinées aux inévitables relations publiques   (et que se disputent tous les grandes entreprises nationales et internationales, eu égard à la transcendance de l’événement), précisons que BAT France a été totalement relaxé dans l’affaire qui l’opposait au Comité national contre le Tabagisme (CNCT), au sujet de sa présence à Roland-Garros (voir Lmdt du 18 septembre 2014).

19 Mai 2015 | Observatoire
 

Marc LomazziEn pleine promotion de son livre «  Comment la mafia du tabac nous manipule » (voir Lmdt des 6, 12 et 13 mai), Marc Lomazzi – rédacteur en chef adjoint économique du Parisien Libéré – en a encore rajouté plusieurs couches sur LCI, ce lundi 18 mai, dans « News Room » avec pour bandeau d’annonce : « Tabac : dessous fumeux ».

Rappelons que ce livre est essentiellement inspiré de celui publié, il y a quelques mois, par son collègue du JDD Matthieu Pechberty (« L’État accro au tabac ») : mêmes faits ; mêmes déductions ; même conclusion à charge contre la filière tabac (voir Lmdt du 8 mai). Il n’y a de comique que de répétition …

•• « Les réglementations que l’Etat essait de mettre en place sont contrecarrées systématiquement par le lobby du tabac qui, dans les dix dernières années, a bafoué quasiment toutes les lois. Un exemple : quand vous mettez en place l’interdiction de fumer dans les lieux publics, on a vu que l’interdiction a été contournée en mettant des systèmes très simples, comme les terrasses dans les cafés. Il n’y a eu quasiment aucune amende qui a été dressée. Si on remonte un tout petit peu en arrière, la loi Evin a été tout de suite bafouée … ».
Par rapport à ce raccourci de Marc Lomazzi, on se permettra de faire remarquer que les terrasses (avec certaines conditions, certes) sont parfaitement autorisées dans le cadre de la réglementation sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

•• Sur les « cadeaux accordés aux buralistes », le présentateur n’a visiblement pas été totalement convaincu par la démonstration du journaliste, en lui demandant  : « Un bakchich en échange de quoi ? C’est quoi le deal ? ».
Réponse embrouillée : « Le deal c’est le mur de cigarettes…donc il faut mettre mes marques en valeur. Vous commandez, je vous commissionne. Vous vendez gros, je vous commissionne. Deuxièmement, ces commissions sont d’autant plus importantes que les bureaux de tabac sont situés près des collèges et des lycées. Vous avez même un système de barème pour les zones proches des lycées et des facs ».

•• « Mais, c’est interdit de vendre aux mineurs de moins de 18 ans ! »  rétorque le présentateur, un peu étonné par cet aplomb de son interlocuteur.
Marc Lomazzi : « il y a très peu de buralistes qui refusent de vendre aux mineurs … pour certains, parce qu’ils sont rémunérés pour cela ».

Boum ! Tout cela en quelques mots ; sans preuves, ni chiffres précis avancés à l’antenne. Tous les buralistes mis dans le même sac. Une véritable agression contre la profession.

On remarquera qu’aucun média accueillant ainsi Marc Lomazzi n’a proposé à la Confédération ou à un représentant des buralistes de répondre. 

12 Mai 2015 | International
 

Réaction rapide de l’eurodéputé écologiste José Bové après le rejet, par le Tribunal de l’Union européenne, du recours de l’ancien commissaire à la Santé, John Dalli, sur les conditions de sa démission (voir Lmdt de ce jour).

Dalli et J. BovéCette décision de justice « ne met pas un terme » à l’affaire Dalli, et ne répond pas « à la question de savoir si John Dalli est coupable de tentative de corruption ou s’il a été victime des manigances des industriels du tabac et, en particulier, de Philip Morris et de son partenaire suédois Swedish Match », a-t-il réagi dans un communiqué repris dans une dépêche AFP.

Selon José Bové, qui s’est déjà souvent exprimé sur cette affaire (voir Lmdt des 12 mai et 10 janvier 2013), « l’Olaf a manipulé l’enquête contre l’ex-commissaire, au profit en fait de l’industrie du tabac ».

12 Mai 2015 | International
 

Former EU health commissioner John Dalli arrives on July 7, 2014 before a hearing at the European Court of Justice in Luxembourg over his resignation in a tobacco-linked influence-peddling affair. The court is hearing witnesses on July 7 to examine the circumstances in which Dalli resigned in October 2012. The Maltese politician says he was forced to resign by EU Commission President Jose Manuel Barroso and is seeking to have this overturned while winning a symbolic one euro in financial compensation.  AFP PHOTO / JOHN THYSLe Tribunal de l’Union européenne a rejeté, ce mardi 12 mai, le recours de l’ancien commissaire maltais à la Santé, John Dalli, qui affirmait avoir été forcé à la démission après que son nom eut été mêlé aux agissements du lobby du tabac (voir Lmdt des 16 octobre 2012, 25 et 30 avril 2013, 9 juillet 2014). 

Selon une dépêche AFP de ce jour, le Tribunal indique n’avoir pas pu établir l’existence, dénoncée par M. Dalli, d’une demande formelle de démission formulée par l’ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

« M. Dalli a bien présenté sa démission de façon volontaire lors de la réunion avec le président Barroso le 16 octobre 2012 », ce qui rend son recours « irrecevable », a précisé le Tribunal. Il a en conséquence rejeté la demande d’indemnisation de 1,9 million d’euros M. Dalli.

John Dalli avait été poussé à la démission de manière expéditive par José Manuel Barroso après sa mise en cause par l’organisme anti-fraude de l’UE, l’Olaf, pour un trafic d’influence présumé lié à l’industrie du tabac. Il a depuis clamé son innocence, affirmant avoir été victime d’un « complot fomenté par la Commission et l’industrie du tabac », qui l’aurait piégé alors qu’il s’apprêtait à durcir la législation antitabac.

Le Tribunal reconnait que lors de leur rendez-vous, M. Barroso a fait valoir auprès de l’ex-commissaire « de façon de plus en plus pressante (…) qu’il serait plus honorable pour lui de démissionner de son plein gré ». Mais cette démission a finalement été présentée « de façon volontaire », sans faire « l’objet d’une demande formelle du président Barroso », ont tranché les juges.

Le Tribunal se fonde sur les dépositions des participants à la rencontre, d’autres responsables européens, et l’absence de contestation immédiate par M. Dalli de la version officielle sur son départ. Entendu en juillet par le Tribunal, José Manuel Barroso, alors encore président de la Commission, avait défendu sa décision « politique » de faire démissionner M. Dalli. Mais l’ex-commissaire « a démissionné de son propre gré (…) sans la moindre ambiguïté », avait-il souligné. « Je n’avais pas le choix. C’était une sentence de mort », avait plaidé M. Dalli. Lire la suite »