Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
1 Sep 2026 | Institutions
 

« Non, Monsieur Yannick Neuder…
Le tabac n’est pas le distributeur automatique de l’État…
À chaque nouveau besoin budgétaire, la même réponse : taxer encore le marché légal. »

C’est ainsi que débute un message, sur LinkedIn ce 30 août, de Didier Gonin (buraliste à Villeurbanne, formateur, entrepreneur / voir le 15 juin) à propos de la proposition de taxe sur les cigarettes, émise ce mois d’août par le député LR (et ancien ministre de la Santé) Yannick Neuder afin de financer les efforts de lutte contre les incendies (voir les 6 et 21 août).

« Pourtant, les faits sont là : les hausses successives alimentent surtout la contrebande, enrichissent les trafiquants et fragilisent les buralistes qui respectent la loi.

« La vraie priorité n’est pas de créer une taxe de plus, mais de récupérer les milliards perdus chaque année au profit des réseaux criminels.

« À force de considérer les buralistes comme une variable d’ajustement, c’est le réseau légal que l’on affaiblit… au bénéfice du marché illégal.
« Il est temps de changer de stratégie. »

28 Août 2026 | Institutions
 

Le 14 août, le Conseil constitutionnel a censuré les articles 26 et 41 de la loi RIPOST, qui aggravaient les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon de marque. Une avancée pourtant votée par le Parlement, écartée sans que son bien-fondé n’ait jamais été discuté, au seul motif qu’elle n’avait pas sa place dans ce texte (voir les 16 août et 20 juillet 2026).
C’est ainsi que débute un communiqué d’Imperial Brands – Seita que nous reprenons.

Alors que 547,9 tonnes de tabac ont été saisies en 2025 (+12 % sur un an) et que 20 486 infractions ont été constatées (+11,3 %), et que le nombre de réseaux criminels démantelés par la Douane en 2025 est plus important que celui lié aux produits stupéfiants, l’État se voit privé une nouvelle fois de l’outil que ses propres parlementaires avaient voulu lui confier.

Une avancée votée, effacée sur un vice de procédure

Dans sa décision n° 2026-915 DC du 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a écarté les articles 26 et 41 de la loi RIPOST comme cavaliers législatifs, au sens de l’article 45 de la Constitution. En clair, il n’a pas examiné cette mesure sur le fond : il a jugé qu’elle était étrangère à un texte consacré à l’ordre public et à la sécurité du quotidien. L’article 65, qui en prévoyait l’application outre-mer, tombe par voie de conséquence. Le renforcement des sanctions que le législateur avait voulu, la justice ne l’aura donc pas.

Un fléau reconnu comme un narcotrafic, une réponse toujours repoussée

Le trafic de tabac n’a plus rien d’un marché parallèle artisanal, et les plus hauts responsables de l’État le reconnaissent.
Laurent Nuñez, Ministre de l’Intérieur, le rappelait encore récemment : « Le trafic de tabac est organisé comme le trafic de stupéfiants dans notre pays. »
Ce constat, désormais partagé, ne se traduit toujours pas dans la loi.
Le trafic de tabac avait déjà été laissé hors du champ de la loi narcotrafic. Le voilà de nouveau privé de réponse pénale renforcée. À chaque texte, l’occasion se présente, et à chaque fois elle se referme, pendant que les réseaux se professionnalisent, alimentent une économie souterraine et pèsent sur la sécurité de centres-villes entiers.

Une fiscalité qui nourrit le trafic, un réseau de proximité à bout

Cette censure intervient dans un contexte d’alertes récurrentes des acteurs de terrain. Depuis longtemps, ceux-ci dénoncent les effets d’une fiscalité en hausse continue, qui accroît les écarts de prix exploités par les trafiquants et oriente un nombre croissant de fumeurs vers les circuits parallèles. Cette dynamique alimente le trafic que les pouvoirs publics entendent pourtant combattre. Ce sont les buralistes qui en paient le prix, souvent celui de leur survie.

Assez de constats : des actes

Le diagnostic est posé, l’urgence est reconnue, et pourtant l’outil vient d’être retiré des mains de la justice.

Imperial Brands – Seita appelle l’État à agir sans délai pour :

  • Rétablir sans attendre, par le véhicule législatif adapté, l’aggravation des peines votée dans la loi RIPOST ;
  • Tirer les conséquences pénales de la reconnaissance du trafic de tabac comme une forme de criminalité organisée ;
  • Mettre la trajectoire fiscale en cohérence avec l’objectif affiché de lutte contre le marché parallèle ;
  • Soutenir concrètement le réseau des buralistes, premier rempart d’un commerce légal et contrôlé face aux trafics.

« On reconnaît le fléau, on vote la réponse, puis on la fait disparaître sur une question de forme. Pendant ce temps, les trafiquants prospèrent et nos buralistes affrontent seuls la vente à la sauvette et l’insécurité devant leur commerce, tandis que de nombreuses municipalités restent démunies face à ces nuisances du quotidien. Il est temps que l’État reprenne cette mesure et la fasse aboutir. Assez de déclarations, des actes », déclare Hervé Natali, Responsable des relations territoriales, Imperial Brands – Seita.

24 Août 2026 | Institutions
 

Depuis plusieurs années, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que les taxes représentent au moins 75 % du prix de vente des cigarettes. Si l’objectif affiché est, bien évidemment, de réduire le tabagisme, il est difficile de prouver que cette démarche fonctionne parfaitement. C’est ainsi que débute un article de Gonzalo Delpech dans Contrepoints (le 31 juillet) que nous reprenons.

Aujourd’hui, selon la Tax Foundation, seuls 39 des 178 pays suivis par l’OMS, soit 22 % des pays, atteignent ce seuil de 75 %, dont 25 sont des pays à revenu élevé selon la Banque mondiale et 20 appartiennent à l’Union européenne.

Surtout, une fiscalité toujours plus lourde ne garantit ni une baisse durable de la consommation, ni une hausse des recettes publiques. Les exemples européens le montrent : en 2025, plus de 42 milliards de cigarettes illicites ont été consommées dans l’Union européenne (privant les États de près de 16,7 milliards d’euros de recettes fiscales). Plus de 10 % des cigarettes fumées dans l’UE échappent ainsi désormais aux circuits légaux.

La France met malheureusement parfaitement en lumière cette limite. Près de 38,5 % des cigarettes consommées proviennent de la contrebande ou d’achats réalisés à l’étranger, faisant du pays l’un des principaux marchés illicites d’Europe. Selon la Tax Foundation, chaque euro supplémentaire de taxe par paquet de 20 cigarettes entraîne une augmentation d’environ 7 % de la contrebande au sein de l’Union européenne.

L’Irlande offre un autre exemple intéressant. Avec une fiscalité atteignant 10,71 euros de taxes par paquet, la plus élevée d’Europe, le pays n’a pourtant pas atteint son objectif de ramener le taux de tabagisme sous les 5 % en 2025. Celui-ci demeure proche de 17 %, malgré une pression fiscale record.

À vouloir augmenter sans cesse les taxes, les pouvoirs publics risquent surtout de déplacer la consommation vers les réseaux illicites, tout en s’interdisant d’atteindre leur objectif de santé publique, faute de réfléchir aux meilleurs instruments.
À l’IREF-Contrepoints, nous proposons plusieurs réformes sur les taxes concernant le tabac : celles-ci devraient davantage tenir compte de la réalité des produits et de leur niveau de risque plutôt que de reposer uniquement sur une augmentation mécanique des prix (le tabac pourrait être taxé en fonction de la quantité réelle de tabac contenue dans le produit, mais également selon les risques associés à son mode de consommation).
Cette approche est déjà mise en œuvre en Suède.

21 Août 2026 | Institutions
 

Le député Les Républicains Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé, prépare une proposition de loi visant à créer une contribution financière à la charge des industriels du tabac, destinée à financer la prévention et la lutte contre les incendies causés par les mégots de cigarette, ainsi que la dépollution des sols et des eaux contaminés par ces déchets. Une initiative qui intervient après un été marqué par plusieurs feux de forêt largement médiatisés, et qui relance le débat sur l’adéquation des dispositifs existants de gestion des mégots, à commencer par Alcome, l’éco-organisme actuellement en charge de ce sujet en France.

Nous reprenons la communication de Génération sans Tabac sur la Proposition de Loi de Yannick Neuder (Voir les 6, 7 et 8 août)

La proposition de loi de Yannick Neuder

Le député Yannick Neuder va déposer une proposition de loi instaurant une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues, facturée directement aux industriels du tabac, soit environ 30 centimes par paquet de 20 cigarettes. Sur la base des ventes de 2025, cette contribution représenterait environ 350 millions d’euros de recettes supplémentaires par an. Lire la suite »

16 Août 2026 | Institutions, Récents
 

Il n’y a pas que l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans qui est repoussée par le Conseil constitutionnel… Celui-ci a, ce 14 août, repoussé trois articles – concernant la lutte contre les trafics de tabac – de la loi « RIPOST » (« Projet de Loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public » / voir les 20 juillet 2026 et 26 mars 2026).

Il s’agit de :

  • l’article 26 aggravant les sanctions encourues en matière de vente à la sauvette lorsque celle-ci porte sur des produits du tabac ;
  • l’article 41 proposant d’aggraver les peines encourues en matière de trafic de tabac et de contrefaçon de marque ;
  • l’article 65 permettant d’appliquer l’article précédent en Outre-Mer.

Le Conseil constitutionnel estime que ces articles sont des « cavaliers législatifs » (n’ayant pas un lien direct avec l’objet principal du texte…). Ils sont donc considérés contraires à la Constitution.

On se gardera de tout commentaire…

13 Août 2026 | Institutions
 

contrebande dans l'oise à la gare de creil, reportage camera cachée tf1

Le trafic de tabac a changé de dimension pour devenir une branche à part entière de la criminalité organisée, loin de l’image surannée du petit contrebandier. C’est le constat alarmant dressé par Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, dans une tribune publiée par La Revue du Trombinoscope. Elle y dénonce un phénomène industrialisé qui gangrène l’économie et la société, appelant à une prise de conscience et à une réponse ferme des pouvoirs publics (voir 4 février 2026 et 23 juin 2025 / Goulet).
Nous reprenons le communiqué publié à cette occasion.

La sénatrice souligne d’emblée la diversification des réseaux criminels, qui ne se cantonnent plus au seul narcotrafic.
« La criminalité organisée est pluridisciplinaire et créative et les narcotrafiquants ne se limitent plus depuis longtemps à la drogue, mais manient la contrefaçon, le trafic de migrants et toutes les cordes de la criminalité organisée », précise Nathalie Goulet. Lire la suite »

11 Août 2026 | Institutions
 

Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, dans l’Aude, les ravages du mégafeu de l’an dernier sont encore dans tous les esprits. 17 000 hectares ont été brûlés en quatre jours et une personne est décédée. À l’origine du départ de feu : une cigarette mal éteinte, jetée dans la nature selon les enquêteurs. Faut-il faire payer les géants du tabac pour mieux lutter contre les incendies ? La proposition fait débat.

C’est ainsi qu’a débuté un reportage de TF1, le 6 août, au sujet de la proposition de loi de Yannick Neuder (voir les 6, 7 et 10 août).

« Je suis pour. Quand on voit tous les gens qui jettent leur mégot par les fenêtres, c’est inadmissible », lance une habitante dans le reportage en tête de cet article. « C’est une très mauvaise idée. On ira chercher une cigarette en Espagne ou en Andorre », estime un autre.

Concrètement, une proposition de Yannick Neuder, député LR de l’Isère et ancien ministre de la Santé, entend taxer les industriels du tabac, à raison de 15 euros récoltés pour 1 000 cigarettes vendues, soit 30 centimes d’euros par paquet. Gain estimé pour l’État : 350 millions d’euros. Lire la suite »

10 Août 2026 | Institutions
 

L’ancien ministre de la Santé Yannick Neuder pointe du doigt la responsabilité des industriels du tabac dans les incendies. Le député LR souhaite instaurer une contribution de 15 euros pour 1 000 cigarettes vendues (voir les 6 et 7 août)… RMC fait le point sur le sujet (dans une émission du 8 août).

Yannick Neuder, député LR de l’Isère et ancien ministre de la Santé, a annoncé déposer une proposition de loi pour taxer les industriels du tabac afin qu’ils « prennent enfin leur part » dans les incendies qui parcourent le territoire français. Et ce alors que les mégots peuvent provoquer de nombreux départs de feu.

« Je dépose une proposition de loi pour que les industriels du tabac, ceux qui produisent ces mégots par milliards, prennent enfin leur part avec une contribution sur le chiffre d’affaires », a posté sur le réseau social X le député, ancien ministre de la Santé (2024-2025) dans le gouvernement de François Bayrou. Lire la suite »

9 Août 2026 | Institutions
 

« Les Français attendent des politiques publiques cohérentes, fondées sur les faits et non sur des réflexes fiscaux »

Extrait d’un message de Serdar Kaya, président de la Confédération nationale des buralistes, à propos du projet de proposition de loi Neuder visant à créer une nouvelle taxe sur le tabac pour financer la prévention contre les incendies (voir les 6 et 7 août / Neuder).