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11 Fév 2026 | International, Profession
 

Le ministère de la santé espagnol vient de confirmer que « tous les produits dérivés du cannabis – particulièrement le CBD et quels que soient le niveau de THC et le mode de consommation – sont interdits à la vente dans le réseau officiel des estanqueros » (buralistes espagnols).

Et ceci, même si l’on trouve des CBD shops dans les villes espagnoles… boutiques assurant des ventes en principe interdites mais bien réelles. Officiellement ces magasins vendent des fleurs.

Reste que le cannabis peut toujours être commercialisé, dans des boutiques spécialisées, en Espagne. Mais dans des conditions très précises : à des fins médicales et thérapeutiques dans des conditions réglementées par l’agence espagnole des médicaments et produits sanitaires.

Après toutes ces précisions. Il convient de préciser que l’on trouve des stups facilement en Espagne. Dans la rue, en ligne, dans certains établissements… et que le ministère de la santé ne s’en préoccupe pas plus que cela.

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20 Jan 2026 | Institutions
 

L’adoption de l’amendement n° 3058 à l’article 23 du projet de loi de finances 2026 est un coup dur porté au secteur français du chanvre CBD (voir les 16 et 17 octobre 2025 ainsi que le 17 janvier). C’est ainsi que débute une analyse d’Aurélien Bernard, dans Newsweed, que nous reprenons.

Présenté comme un compromis entre le projet initial du gouvernement et la position du Sénat, le nouveau libellé veut complètement remodeler le cadre juridique et fiscal régissant les produits dérivés du chanvre pour les assimiler à ceux du tabac avec une imposition usurière.

Malgré les assurances données dans l’exposé des motifs, de nombreux professionnels considèrent ce texte comme une menace existentielle pour un secteur qui a connu une croissance rapide au cours des huit dernières années.

Au cœur de la controverse se trouve une redéfinition fondamentale de ce qui constitue un produit de tabac manufacturé.

L’article L. 314-3 modifié adopte désormais une définition extrêmement large, incluant les « substances autres que le tabac susceptibles d’être fumées » ou chauffées (et donc vaporisées). Cette formulation ne fait pas de distinction entre le tabac, les produits à base de nicotine, les mélanges à base de plantes ou les fleurs de chanvre. En conséquence, les fleurs CBD et autres produits de chanvre inhalables sont assimilés à du tabac manufacturé à des fins fiscales et réglementaires.

Ce changement est loin d’être symbolique. Pour les produits à fumer ou à chauffer, le taux d’accise applicable atteint 51,4 %, combiné à un tarif par kilogramme et à un niveau minimum de taxation. Lire la suite »

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17 Oct 2025 | Institutions
 

Alors que la filière du CBD tente toujours de se stabiliser après plusieurs années d’incertitudes réglementaires, le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 introduit une mesure qui pourrait bouleverser tout le secteur (voir le 16 octobre).
C’est ainsi que débute un article de Newsweed que nous reprenons.

Le texte, déposé début octobre, prévoit d’étendre le régime fiscal des produits du tabac aux produits contenant du cannabidiol (CBD) destinés à être fumés. Une décision qui placerait les liquides et fleurs CBD sous le régime des accises, avec des conséquences majeures pour les producteurs, détaillants et e-commerçants français.

Une « harmonisation fiscale » selon Bercy

Le Gouvernement présente cette réforme comme une simple harmonisation fiscale. L’article en question modifie le Code des impositions sur les biens et services (CIBS) afin d’y inclure les produits « susceptibles d’être fumés, même sans tabac ni nicotine ».

Concrètement, cela signifie que les fleurs et dérivés de CBD à fumer (pré-rolls, mix, extraits combustibles) seraient désormais soumis à une taxe spécifique, comparable à celle appliquée aux cigarettes ou au tabac à rouler.

Selon les documents budgétaires, cette mesure vise à « garantir la neutralité fiscale entre les différents produits à fumer » et à « assurer une meilleure traçabilité douanière ». Le ministère de l’Économie et des Finances, via la Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI), serait chargé de contrôler cette nouvelle catégorie de produits.

Alors que la filière du CBD tente toujours de se stabiliser après plusieurs années d’incertitudes réglementaires, le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 introduit une mesure qui pourrait bouleverser tout le secteur.

Le texte, déposé début octobre, prévoit d’étendre le régime fiscal des produits du tabac aux produits contenant du cannabidiol (CBD) destinés à être fumés. Une décision qui placerait les liquides et fleurs CBD sous le régime des accises, avec des conséquences majeures pour les producteurs, détaillants et e-commerçants français.

Un taux de taxation encore flou

Le texte fixe le montant de la future accise sur le CBD fumable à 25,7 %, en plus d’une assiette fixe de 18 euros par kilo. Cette perspective inquiète fortement les acteurs du secteur, qui craignent de voir disparaître la compétitivité du CBD face au marché noir ou aux commerçants étrangers.

Au-delà de la fiscalité, cette mesure entraînerait un changement de statut administratif du CBD fumable. En intégrant ces produits au régime des accises, le Gouvernement les assimilerait de fait à des produits du tabac, avec toutes les obligations qui en découlent :

  • entreposage sous douane ;
  • banderoles fiscales ;
  • autorisations de distribution ;
  • et contrôle des circuits de vente.

Vente en ligne et vente au détail : un marché sous contrôle des buralistes

C’est sans doute la conséquence la plus lourde de cette réforme : la vente de CBD à fumer serait désormais réservée aux buralistes et à d’éventuels commerçants agréés par les Douanes. Les boutiques spécialisées dans le CBD, qui constituent aujourd’hui l’essentiel du réseau de distribution, ne pourraient plus vendre de fleurs ou dérivés destinés à la combustion.

Autrement dit, seuls les débits de tabac conserveraient le droit de commercialiser ces produits, sous réserve de conformité aux normes douanières. Les magasins indépendants devraient se limiter aux huiles, infusions, gélules ou cosmétiques, non concernés par cette fiscalité.

Pour la vente en ligne, la situation serait encore plus stricte. Comme pour le tabac, la vente à distance de produits soumis à accise est interdite en France. Si les fleurs CBD intègrent ce régime, toute vente sur Internet – y compris via des sites français agréés – deviendrait illégale.
Les plateformes e-commerce, aujourd’hui au cœur du marché, seraient donc exclues du segment du CBD à fumer.

Ces restrictions représenteraient un coup d’arrêt brutal pour de nombreux entrepreneurs qui ont investi dans la distribution numérique ou physique depuis 2020.

Certains syndicats professionnels, comme l’Union des professionnels du CBD (UPCBD), demandent d’ailleurs un régime transitoire ou un statut spécifique, afin d’éviter une « captation du marché » par le seul réseau des buralistes.

Une mesure contestée dans la filière

Du côté des professionnels, la réaction est unanime : le texte favorise le monopole du tabac au détriment d’un secteur émergent qui a su créer de l’emploi et structurer une offre légale. Les producteurs français, qui ont investi dans des variétés à faible teneur en THC et dans la traçabilité, redoutent d’être privés de leurs débouchés directs et de devoir passer par des intermédiaires agréés.

Plusieurs juristes soulignent aussi une contradiction avec le droit européen : le CBD, reconnu comme non stupéfiant par la Cour de justice de l’Union européenne, ne devrait pas être assimilé à un produit du tabac, surtout en l’absence de nicotine. Une telle classification pourrait donc être contestée juridiquement, voire jugée disproportionnée au regard des objectifs de santé publique.

En attendant les décrets d’application, la mesure crée une incertitude majeure pour la filière du chanvre bien-être. Si elle était adoptée en l’état, le marché du CBD fumable serait quasiment nationalisé, concentré entre les mains des buralistes, tandis que les acteurs historiques du secteur devraient se réinventer ou se tourner vers l’export.

Ce projet de taxation du CBD comme le tabac pose donc une question plus large : la France veut-elle encadrer le CBD ou l’étouffer ?

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7 Oct 2025 | Institutions, Récents
 

« La Douane vous alerte sur la dangerosité des cannabinoïdes de synthèse susceptibles d’être vendus sous l’appellation « CBD », à l’insu des consommateurs. »
C’est ainsi que débute une communication de la Douane sur le CBD que nous reprenons.

En 2024, la Douane française a réalisé 1 591 constatations portant sur des drogues de synthèse, dont 87 % via le fret express et postal.
Au total, 3,08 tonnes de ces drogues ont été saisies, soit une augmentation de 27 %. Parmi ces drogues de synthèse, la Douane souhaite aujourd’hui alerter sur les cannabinoïdes de synthèse et, parmi eux, sur une nouvelle gamme de produits apparus en 2025 : des substances initialement présentées comme du cannabidiol (CBD), mais illégalement modifiées par l’ajout de substances de synthèse dangereuses pour la santé.

Ces derniers mois, le laboratoire Douane/DGCCRF de Paris (SCL) a permis l’identification de plusieurs de ces nouvelles substances.
Encore marginales en 2024, elles représentent environ 30 % des cannabinoïdes de synthèse analysés en 2025. Leur diffusion est donc rapide. La Douane française en a saisi 274 kilos depuis fin mai, en plusieurs points du territoire.


Cannabinoïdes de synthèse et semi-synthétiques : un marché en pleine expansion et à haut risque

Si le cannabis est la première drogue produite, trafiquée et consommée dans le monde, ce marché illégal a considérablement évolué ces dernières années avec l’apparition de nouveaux produits de synthèse (NPS) imitant les effets du THC, moins chers à produire mais également plus puissants.

Concernant les cannabinoïdes, on distingue deux catégories de NPS :

  • les cannabinoïdes de synthèse, créés artificiellement à partir de précurseurs chimiques (par exemple, la MDMB-PINACA) ;
  • les cannabinoïdes semi-synthétiques, issus de synthèse à partir de composés naturels (par exemple le HHC).

Ces produits peuvent se trouver sous une forme pure (substance chimique), qui pourra par exemple être aspergée sur des sommités florales, ou bien être mixée directement avec les produits à consommer.

Outre des problématiques de surdosage du produit par les trafiquants, le risque de santé publique concernant les cannabinoïdes semi-synthétiques est particulièrement important pour les denrées alimentaires adultérées (bonbons).

D’abord, parce que le produit est plus accessible et attractif pour les jeunes consommateurs, mais aussi parce que la lente absorption des substances par ce mode de consommation peut provoquer plus rapidement des intoxications (surconsommation).


Le CBD adultéré : un risque majeur pour la santé

Des produits vendus sous l’appellation de « CBD » peuvent être altérés avec des substances de synthèse. Cette pratique, qualifiée « d’adultération », transforme un produit supposément légal en une substance beaucoup plus puissante et présentant donc un risque sanitaire important.

Le CBD adultéré désigne ainsi du CBD auquel a été ajouté des substances non déclarées, potentiellement dangereuses ou illégales, dans le but d’en augmenter ses effets ou de réduire les coûts de production.

Le 19 juin 2025, l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ont alerté sur les risques de produits du CBD contenant d’autres substances.
Ce communiqué faisait suite à plusieurs centaines d’intoxications recensées depuis le début de l’année 2024. Les agences sanitaires appellent les consommateurs à la vigilance face aux risques d’effets inattendus ou indésirables lors de la consommation de ces produits, et invitent les consommateurs et les professionnels de santé à signaler tout évènement sanitaire.

Ces substances peuvent être vendues sur internet ou dans les magasins spécialisés comme des alternatives légales au cannabis, en étant ajoutées à des produits à base de cannabinol (« CBD à haut potentiel d’effet ») (…)


Des cas d’intoxications recensés dans le monde et en France

Le CBD adultéré présente des risques d’intoxication pour les consommateurs (molécules peu étudiées, doses variables, polyconsommation, absorption accidentelle, etc.).

Plusieurs cas cliniques ont déjà été recensés dans le monde et en France. La substance la plus utilisée par les organisations criminelles est le EDMB-4en-PINACA. Il s’agit d’un composé synthétique aux effets psychoactifs très puissants, estimés à 100 fois ceux du CBD.

Cette molécule, une fois vaporisée sur les fleurs de CBD, devient extrêmement nocive, et une seule inhalation peut provoquer des effets sévères tels que des hallucinations, agitation, crises de panique ou encore des troubles du rythme cardiaque pouvant conduire à une hospitalisation d’urgence.

L’attention est appelée sur ces cannabinoïdes de synthèse et les risques liés à leur usage.
La plus grande vigilance est donc nécessaire face à des produits vendus comme contenant du CBD.
Face à ce risque émergent, la Douane française demeure pleinement mobilisée.