Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
17 Sep 2025 | Profession
 

Aux rumeurs sur la composition du nouveau gouvernement s’ajoutent celles sur le prochain budget (projet de loi de finances et projet de loi de financement de la Sécurité sociale) conditionné par la recherche d’économies drastiques et de nouvelles rentrées fiscales politiquement acceptables.

C’est dans ce contexte hyper tendu que circule la rumeur d’une taxe sur les e-liquides, reprise par Les Échos. Une idée qui n’avait pas abouti lors de la discussion budgétaire de l’année dernière (voir 24 octobre 2024).

Rappelons que l’Europe travaille sur une directive nouvelle fiscalité tabac dont le projet prévoit une taxation des e-liquides :

  • 0,36 € par millilitre pour les e-liquides avec plus de 15 milligrammes de nicotine ;
  • 0,12 € par millilitre pour les e-liquides jusqu’à 15 milligrammes de nicotine (voir 18 juillet 2025).

À suivre.

12 Sep 2025 | Profession
 

L’immense parc des expositions de Dortmund accueille, dans une semaine, InterTabac, la grande foire internationale des produits du tabac et des accessoires à fumer : du 18 au 20 septembre exactement.

Soit la présence, sur leurs stands répartis dans plusieurs immenses halls, de nombreuses entreprises référentes dans les domaines de la cigarette, du tabac à rouler, des cigares/cigarillos, des produits du vapotage, des sachets de nicotine, du CBD et de la chicha … (voir le 1er octobre 2024).

Parmi les grandes nouveautés de cette année : une grande rencontre « Davos du cigare » (voir le 5 septembre 2025) et la mise en place d’une section « Cannabis Business Expo » (ce sont des visiteurs du monde entier qui se déplacent dans la ville allemande).

C’est aussi l’occasion pour la CEDT (Confédération européenne des Détaillants de Tabac) – réunissant les représentants des principaux réseaux européens dont la Confédération française des buralistes – de faire entendre sa voix dans la perspective des prochaines décisions européennes concernant le secteur.

À suivre.

 Commentaires fermés sur InterTabac : plus que jamais … le grand événement du secteur  ,
 

Un décret du 5 septembre « relatif à l’interdiction des produits à usage oral contenant de la nicotine » est paru dans le Journal officiel ce matin. Cette interdiction concerne la production, la fabrication, l’offre, la cession et l’acquisition du produit sur le territoire national.

Le décret définit les produits à usage oral contenant de la nicotine notamment sous la forme de sachets-portions ou de sachets poreux, pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes.

Ainsi, dans son article 1, sont considérés comme produits à usage oral contenant de la nicotine tous les produits manufacturés, constitués totalement ou partiellement de nicotine synthétique ou naturelle, conditionnés pour la vente, quelle que soit leur présentation.

Le tabac à chiquer n’est pas concerné par cette interdiction.

Le texte entre en vigueur six mois après sa publication.

(Voir 3 et 2 septembre)

 Commentaires fermés sur Sachets de nicotine : le décret d’interdiction est paru au JO de ce 6 septembre  ,
3 Sep 2025 | International, Profession
 

En février 2025, la France notifiait à Bruxelles son projet d’interdiction des sachets de nicotine. Plusieurs États membres s’y sont opposés, prolongeant la procédure européenne. Mais le silence final de la Commission et des autres pays ouvre désormais la voie à une interdiction en bonne et due forme.
C’est ainsi que débute une information de Vaping Post, du 1er septembre, dont nous reprenons l’essentiel.

En février 2025, la France notifiait à la Commission européenne son intention d’interdire les sachets de nicotine (…)
Quelques mois plus tard, plusieurs États membres de l’UE s’opposaient à cette volonté française. La Roumanie, la Grèce, la Slovaquie, la Tchéquie et l’Italie jugeaient que Paris n’avait pas apporté assez de preuves scientifiques démontrant la dangerosité des sachets de nicotine (voir 28 juillet et 6 mai).

Ces contestations officielles, prenant la forme d’avis circonstanciés auprès de la Commission européenne, avaient prolongé la période de statu quo durant laquelle la France ne pouvait pas appliquer sa mesure.
Pour rappel, lorsqu’un pays souhaite interdire un produit qui est autorisé dans d’autres États membres, il doit en notifier la Commission européenne. S’ensuit une période de trois mois, appelée période de statu quo, durant laquelle le pays demandeur ne peut pas appliquer la mesure qu’il souhaite. Durant ce laps de temps, la Commission et les autres États membres peuvent s’y opposer.
En l’absence de réaction, une fois le trimestre passé, la mesure peut être appliquée. En cas d’opposition par le biais d’un avis circonstancié, la période de trois mois est prolongée de trois mois supplémentaires, et le pays demandeur a pour obligation de répondre aux craintes soulevées dans l’avis circonstancié.

Concernant le projet d’interdiction français, l’opposition de plusieurs pays avait repoussé la fin de la période de statu quo, du 26 mai 2025 au 26 août 2025. La France était donc tenue de répondre aux craintes de la Roumanie, la Grèce, la Slovaquie, la Tchéquie, la Suède et l’Italie, avant cette date.
Ce que l’Hexagone a fait… le 21 août, soit cinq jours seulement avant la fin de la période.

Les pays qui s’opposaient à l’initiative hexagonale d’interdire les nicotine pouches ont donc eu moins d’une semaine pour réagir suite à la réponse française.
Cinq jours.
En plein mois d’août. Une pratique qui, bien que légale, va à l’encontre de l’esprit de dialogue constructif souhaité par la Commission européenne.

Sans surprise, personne n’a réagi. Un silence qui ne vaut pas approbation formelle, mais qui libère la France pour mettre en œuvre son interdiction.

Depuis le 27 août, la France est donc libre d’interdire les sachets de nicotine. Il reste désormais au législateur à traduire cette volonté dans la loi.

(Voir 2 septembre / ACT appelle …)

24 Juil 2025 | International
 

Outre-Atlantique, le propriétaire de Marlboro a rallié à sa cause d’influents relais issus du monde politique et du secteur de la santé. Mais à Paris et à Bruxelles, il ne parvient pas à convaincre les pouvoirs publics.
C’est ainsi que débute un article du Figaro (du 23 juillet), signé Adrien Bez, que nous reprenons.

Plantée entre un Starbucks et une station-service Shell du quartier Vanderbilt, la supérette Twice Daily est l’une des plus fréquentées de la ville de Nashville, dans le Tennessee. Universitaires, jeunes actifs et voisins s’y bousculent pour acheter tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un bon et fidèle « convenience store » : le café du matin, le sandwich de la pause déjeuner, un en-cas au goûter. Et, pour certains, des cigarettes.

Mais, ici comme ailleurs, le rayon tabac a radicalement changé en quelques années. Les traditionnelles cigarettes n’occupent plus qu’un tiers des étagères.
Sur les deux tiers restants fleurissent toutes les alternatives sans combustion : tabac à chauffer, à chiquer, vapoteuses, billes, gommes, pastilles.
Et puis ces petits boîtiers ronds et multicolores Zyn, qui cartonnent ces derniers mois aux États-Unis. Ce sont des « pouches », les sachets de nicotine commercialisés par Philip Morris International (PMI), qui en a fait le numéro un des produits sans tabac aux États-Unis. Dans cette supérette, les ventes dépassent désormais celles des cigarettes Marlboro, la marque qui a fait la fortune du groupe.

Saveur menthe, citron ou café, les petits sachets de poudre blanche se placent dans la bouche, contre les gencives, et libèrent petit à petit leur dose de nicotine. C’est avec ce produit et l’acquisition, en 2022, de son fabricant, l’entreprise suédoise Swedish Match, que PMI est parti à l’assaut du marché américain. Le mastodonte du tabac n’y opérait plus depuis 2008 et sa séparation d’avec Altria, qu’il vient désormais concurrencer avec Zyn, mais aussi avec Iqos, son système de tabac à chauffer. Lire la suite »

 Commentaires fermés sur Après son « succès phénoménal » aux États-Unis, Philip Morris veut imposer ses sachets de nicotine Zyn en France (Le Figaro)  , ,
18 Juil 2025 | Profession
 

Ce 16 juillet, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait instituer des taux minimums de fiscalité sur les nouveaux produits dans le cadre de la révision de la Directive fiscalité tabac (voir 18 juillet).

  • Sachets de nicotine : 143 euros par kilo ;
  • Tabac à chauffer : 108 euros par 1 000 sticks ou 155 euros par kilo ;
  • E-liquides avec plus de 15 milligrammes de nicotine : 0,36 euro par millilitre ;
  • E-liquides jusqu’à 15 milligrammes de nicotine : 0,12 euro par millilitre.
 Commentaires fermés sur Europe / Fiscalité : les produits de « nouvelle génération » taxés dans le cadre de la nouvelle directive fiscalité  , , ,
17 Juil 2025 | International, Profession
 

Le sujet des sachets de nicotine a été débattu en commission de la Chambre des députés du Luxembourg, ce mercredi 16 juillet.
C’est la deuxième fois que le sujet était examiné (voir le 20 mars 2024).
Les débats ont été animés par la députée Françoise Kemp (Parti populaire chrétien-social).

La commission s’est refusée à interdire les sachets de nicotine.
Selon Françoise Kemp, le texte adopté « permet de continuer à surveiller et contrôler le marché ».

La teneur en nicotine ne doit pas excéder 0,048 mg par sachet.
Le taux de fiscalité se situe à hauteur de 22 euros par kilo, avec une TVA de 17 %.

7 Juil 2025 | International
 

La France est l’un des pays d’Europe qui taxe le plus le tabac. Mais les résultats de ce choix fiscal sur notre consommation de cigarettes sont décevants et engendrent de nombreux effets pervers.

C’est ainsi que débute une tribune de Vincent Bénard, économiste, publiée sur LePoint.fr. Il revient longuement sur l’exemple de la Suède. Nous reproduisons l’intégralité de cette tribune.

Un symptôme frappant de la contrebande

Le 4 mai dernier, une sénatrice française a été contrôlée à notre frontière avec plus de 110 cartouches de cigarettes détaxées, comme une banale trafiquante. Ce fait divers pourrait paraître anecdotique, mais est symptomatique de l’explosion de la contrebande de tabac en France (voir le 29 juin 2025).

Selon un récent rapport de KPMG, un tiers des cigarettes consommées dans l’Hexagone provient du marché parallèle, alimenté notamment par des contrefaçons ou le vol de cargaisons légales. La France représente à elle seule près de la moitié des ventes de tabac clandestin en Europe (voir le 12 juin 2025).

La cause en est bien identifiée : il s’agit de notre niveau exceptionnellement élevé de taxation du tabac, le second en Europe derrière l’Irlande. Un paquet de cigarettes vendu chez nous incorpore environ 10 euros de taxes pour un prix de vente compris entre 12 et 13 euros. Autrement dit, le produit brut supporte plus de 500 % de taxes !

Ce taux vise à dissuader la consommation, mais il crée une forte incitation à l’achat hors du circuit officiel, le prix du paquet pouvant y être divisé par deux tout en laissant de confortables marges aux contrebandiers, avec un risque judiciaire plus faible que pour d’autres substances addictives, puisque le tabac est légal.

Prévalence tabagique : la France à la traîne de l’Europe

Le paradoxe est que cette politique fiscale très agressive n’a pas permis à la France d’être exemplaire en matière de santé publique.

Avec environ 25 % de fumeurs réguliers, notre pays se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (19 %), et la baisse de la prévalence tabagique depuis le début du XXIe siècle y est relativement modeste.

À contrario, des pays comme le Royaume-Uni (13 %), l’Allemagne (18 %), la Norvège et les Pays-Bas (14 %) affichent de meilleurs résultats, alors qu’ils taxent moins que nous le tabac.

L’exemple le plus emblématique est celui de la Suède, qui se distingue par la prévalence de la cigarette la plus faible d’Europe avec seulement 6 % de fumeurs réguliers. Pourtant, le prix d’un paquet de cigarettes y est compris entre 6 et 7 euros, soit moitié moins cher que chez nous. Quel est leur secret ?

La Suède : une approche pragmatique meilleure pour la santé

25 % des Suédois consomment des produits nicotinés, soit autant que la moyenne européenne, contre près de 50 % de fumeurs dans les années 1970.

Mais leur consommation s’est fortement déplacée vers des formats alternatifs sans fumée, et notamment le snus, petit sachet de tabac oral que l’on place entre la lèvre et la gencive, devenu très populaire dans les années 1990, et plus récemment, les pouches, reposant sur le même principe, mais où le tabac est remplacé par de la nicotine.

Ces produits permettent de diffuser lentement la nicotine dans le sang à faible dose via les muqueuses buccales, sans que tous les sous-produits toxiques de la combustion de la cigarette (goudrons, monoxyde de carbone, etc.) soient en contact avec les poumons.

Mais n’est-ce pas remplacer un danger par un autre ? Non, car le profil de risque de ces produits est bien documenté et très inférieur à celui de la cigarette.

Les Scandinaves se sont inspirés de travaux scientifiques, notamment ceux du Royal College of Physicians britannique ou de Public Health England, qui permettent de caractériser le profil de risque (risques médicaux, pouvoir addictif, etc.) de toutes les formes de nicotine.

Ces travaux ont permis de déterminer que les vapes, les sprays, le snus et les pouches sont des produits à faible profil de risque, et sont de 10 à 30 fois moins nocifs que le tabac à fumer, dont la cigarette est la pire forme.

Les autorités suédoises ont donc mis en œuvre une politique de « réduction des conséquences » plutôt que de rechercher une illusoire élimination de la consommation de nicotine.
Ils ont dédiabolisé les modes de consommation alternatifs et les ont favorisés par une taxation inversement proportionnelle à leur profil de risque.

Ainsi, la part de la cigarette est devenue très minoritaire dans cette consommation, remplacée par ces formes moins nocives et moins chères.

Ce choix sanitaire est hautement bénéfique :

  • la mortalité liée au tabac est 21 % plus basse qu’ailleurs dans l’Union européenne,
  • et celle spécifiquement due au cancer du poumon est réduite de 36 %.

La France, en revanche, persiste dans son approche prohibitionniste.
En 2026, de nouvelles réglementations visant à réduire l’attractivité de la cigarette électronique entreront en vigueur.
Pourtant, selon les autorités britanniques, la vape est très efficace pour aider à l’abandon de la cigarette classique, et 20 fois moins nocive.

Quant au snus, il est interdit à la vente dans toute l’UE, hors Suède.
Et les pouches sont menacées d’être interdites en France, alors que la forme la plus nocive, la cigarette, reste accessible.

L’interdiction de leur vente aux mineurs est d’autant moins dissuasive que prospère le marché noir, sur lequel on constate nombre de toxicités encore supérieures aux produits légaux.
Au motif de ne pas initier des jeunes aux formes les moins nocives de la nicotine, on les surexpose à la pire de ses déclinaisons. Quelle ineptie !

Hypocrisie budgétaire ?

Pourquoi ce refus borné d’encourager les alternatives moins nocives ?
Osons une explication cynique : l’État ne veut surtout pas perdre les 16 milliards d’euros de recettes fiscales associées à notre tabagisme élevé.

Certes, selon KPMG, le développement du marché noir prive l’État de 7 milliards de recettes, mais même si elle n’a pas le rendement attendu à cause de cela, la hausse exponentielle des taxes sur le tabac a fait augmenter les recettes afférentes de 20 % (hors inflation) depuis 20 ans.

De nombreux économistes défendent ce type de taxes sur les produits nocifs ou polluants, car elles sont censées en réduire la consommation.
Mais ils oublient qu’une fois que ces taxes rapportent des milliards, le pouvoir politique devient intéressé à la perpétuation du comportement qu’il prétend combattre.

Pourtant, les coûts du tabac pour l’Assurance maladie sont au minimum du même ordre,
et il faut leur ajouter le prix de la lutte contre la criminalité liée au commerce parallèle d’un produit pourtant légal.

En adoptant la même politique que la Suède, l’État pourrait à moyen terme gagner bien plus en sécurité et en santé publique que les recettes fiscales auxquelles il serait amené à renoncer.

 Commentaires fermés sur « L’échec de la politique française de lutte contre le tabac… et l’exemple de la Suède » (Le Point)  , ,
 

« Cette norme répond à une volonté de la filière de se structurer et d’envoyer un message fort contre la prolifération de produits non encadrés sur le marché et dans un objectif de mieux protéger le fumeur adulte. »

Sébastien Charbonneau (Directeur des Affaires publiques de BAT France), suite à la publication d’une norme expérimentale AFNOR concernant les sachets de nicotine (voir 3 juillet).