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L’information est passée quasi inaperçue. Mais le vapotage va être prochainement banni sur toute l’île de Tahiti (190 000 habitants).

Au préalable, il faut retenir que Tahiti dispose d’un statut très particulier au sein de la collectivité d’Outre-Mer de la Polynésie française (275 000 habitants), lui permettant de légiférer en propre sur son territoire.

Depuis quelque temps, les autorités locales – le gouvernement et l’Assemblée – travaillaient sur une fiscalité locale des produits du vapotage. Mais c’est la sénatrice Lana Tetuani (elle siège au Palais du Luxembourg) qui a poussé à une interdiction pure et simple du vapotage.
Laquelle vient d’être adoptée (51 voix pour, 5 contre ; 1 abstention).
C’est une première sur le territoire de la République.

Et s’exécutera de la façon suivante :
– interdiction d’importation des produits du vapotage au 1er juillet 2026 ;
– interdiction de vente au 1er juillet 2027.

Le site #Je suis vapoteur rappelle fort opportunément que Tahiti compte un taux de prévalence tabagique de 40 % (32 % de fumeurs quotidiens).

11 Sep 2025 | International, Récents
 

Ce 9 septembre, le conseil des ministres du gouvernement espagnol a adopté un avant-projet de loi anti-tabac définissant un certain nombre de nouvelles règles.
En voici les points principaux.
Sachant que l’on notera, tout de suite, que les sachets de nicotine restent autorisés et qu’il n’y aura pas de paquet neutre contrairement à ce qui avait été annoncé (voir le 25 novembre 2024).

La définition de nouvelles règles pour les produits de nouvelle génération :

  • Produits du vapotage (avec ou sans nicotine) dans toutes leurs composantes
  • sachets de nicotine (naturelle ou synthétique)
  • produits à base d’herbe (à fumer ou à vaporiser)
  • chichas
  • produits à chauffer (tabac ou autre).

L’idée est de donner le même cadre réglementaire à ces produits que pour le tabac sur des sujets comme l’interdiction de vente (et de consommer) aux mineurs, la prohibition de certains arômes, la publicité et les opérations de promotion, par exemple. Y compris la vente par Internet.

Rien n’est indiqué, pour le moment, concernant le réseau de vente. On sait que c’est un point sur lequel la Union de los Estanqueros (buralistes) insiste de son côté pour obtenir une exclusivité (pour ne pas dire monopole)… Mais rien n’est joué.

D’ailleurs, le texte ne parle absolument pas de fiscalité, non plus. Il n’est pas dit que le gouvernement espagnol s’engage vers une hausse des accises tabac.

L’interdiction des cigarettes électroniques jetables / puffs.

L’extension de zones non-fumeurs et non-vapoteurs :

  • les terrasses de bars (sachant que beaucoup de règlements municipaux incluaient déjà cette règle pour les cigarettes)
  • les extérieurs de centres dédiés à la santé, à l’éducation et à vocation sociale (dans un périmètre de 15 mètres)
  • les parcs pour enfants
  • les gares et stations de transport public
  • les installations sportives
  • les spectacles et concerts à l’air libre.

Le renforcement des sanctions en cas d’infractions par rapport à ces nouvelles règles.

La création d’un observatoire de la prévention du tabagisme ayant vocation de coordination administrative.

Après cette approbation du conseil des ministres, le texte va être soumis à une consultation publique (laquelle ne devrait pas tarder), puis va passer par le conseil d’État espagnol avant d’être soumis au débat parlementaire.

11 Sep 2025 | Profession, Récents
 

Suite à la parution du décret sur l’interdiction des sachets de nicotine (voir le 6 septembre), nous recueillons la réaction de Norbert Neuvy (fondateur de la société Nicoswitch, créateur du site Nicotine World et initiateur d’un remarquable Forum de la Francophonie sur la Nicotine / voir le 4 juin).

LMDT : En apprenant cette interdiction des sachets de nicotine, samedi dernier, quelle a été votre réaction ?

Norbert Neuvy : J’ai été surpris. Le moment choisi pour publier ce décret m’a semblé malvenu, compte tenu de la situation politique. Mais au-delà du calendrier, je regrette surtout que l’on écarte un outil de réduction des risques dont l’efficacité a pourtant été démontrée dans des pays comme en Suède, où les sachets de nicotine contribuent largement à l’objectif d’un monde sans tabac – qui est aussi un objectif français.

La décision a été prise sans réelle concertation et sans s’appuyer sur les données disponibles. Au lieu d’interdire, il serait tout à fait possible d’encadrer la vente de ces produits par une réglementation adaptée, garantissant la sécurité des consommateurs et en générant même des recettes fiscales pour l’État.

Cela amène à s’interroger : pourquoi certaines associations, qui se présentent comme luttant contre le tabagisme, s’opposent-elles à un outil qui pourrait justement aider à réduire ce fléau ? On peut aussi se demander si certains acteurs économiques n’ont pas intérêt à freiner l’arrivée d’alternatives à leurs propres produits.

Enfin, il existe un paradoxe incompréhensible dans ce décret : les sachets de nicotine sont interdits, mais pas le tabac à chiquer, dont le risque est pourtant bien avéré. C’est réellement difficile à comprendre.

LMDT : En fait, le consommateur va retrouver les sachets de nicotine sur le marché parallèle ?

Norbert Neuvy : C’est malheureusement probable. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous souhaitons depuis des années déjà réglementer pour éviter l’interdiction. Nous risquons de voir apparaître en France des produits importés sans contrôle, avec des dosages extrêmement élevés en nicotine de 100 voire 150 milligrammes de nicotine par sachet. Il est en plus aujourd’hui très facile de commander en ligne des produits qui ne présentent aucune garantie de sécurité pour le consommateur. Un encadrement clair aurait permis d’éviter cette dérive.

LMDT : Vous avez organisé, le 3 juin, un « Forum sur la Nicotine ». À cette occasion, vous avez dû avoir des contacts avec l’administration et les associations ?

Norbert Neuvy : Non, aucun contact direct, et je le regrette profondément. Nous les avions pourtant invités au forum pour favoriser un débat contradictoire et constructif, en nous appuyant sur des données et des expériences étrangères solides.

Il faut rappeler que la Suède est passée sous la barre des 5 % de fumeurs grâce à l’adoption d’alternatives comme les sachets de nicotine. Pendant ce temps, la France compte encore 28 % de fumeurs… Ignorer ces réussites, tout en sollicitant Bruxelles pour interdire, me paraît encore une fois un choix discutable.

C’est d’autant plus difficile à entendre lorsque l’opinion publique, elle, est beaucoup plus réceptive et favorable à une démarche d’encadrement. Le récent sondage OpinionWay montre que 61 % des consommateurs de sachets de nicotine ont diminué ou arrêté leur consommation de tabac grâce à eux.

LMDT : Mais qu’allez-vous faire maintenant ?

Norbert Neuvy : En tant qu’entrepreneur, je regrette que des personnes, des salariés, soient laissés sur le carreau à la suite de ce décret.

En tant que personne de conviction et consommateur qui a arrêté la cigarette grâce aux sachets de nicotine, je vais continuer. Nous allons poursuivre notre action. Nous disons non à l’interdiction brutale, mais oui à une réglementation intelligente et protectrice.

Les six prochains mois seront déterminants. Nous allons informer, sensibiliser et dialoguer avec les décideurs politiques, les institutions et le grand public. L’objectif est de démontrer, preuves à l’appui, que d’autres pays autorisent et encadrent ces produits avec succès. Nous allons tout faire pour mobiliser.

LMDT : Quel est, selon vous, l’intérêt du sachet de nicotine par rapport à d’autres produits se substituant à la cigarette ?

Norbert Neuvy : Ce qui intéresse le plus les gens, c’est que ce soit un produit hyper-discret. Pas de fumée, ni de vapeur. C’est un produit d’autant plus acceptable socialement qu’il reste discret et auquel on peut avoir recours là où on ne peut ni fumer, ni vapoter.

6 Sep 2025 | Institutions, Récents
 

Un décret du 5 septembre « relatif à l’interdiction des produits à usage oral contenant de la nicotine » est paru dans le Journal officiel ce matin. Cette interdiction concerne la production, la fabrication, l’offre, la cession et l’acquisition du produit sur le territoire national.

Le décret définit les produits à usage oral contenant de la nicotine notamment sous la forme de sachets-portions ou de sachets poreux, pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes.

Ainsi, dans son article 1, sont considérés comme produits à usage oral contenant de la nicotine tous les produits manufacturés, constitués totalement ou partiellement de nicotine synthétique ou naturelle, conditionnés pour la vente, quelle que soit leur présentation.

Le tabac à chiquer n’est pas concerné par cette interdiction.

Le texte entre en vigueur six mois après sa publication.

(Voir 3 et 2 septembre)

6 Sep 2025 | Profession, Récents
 

Les Douanes viennent de publier les chiffres de ventes officielles, en volume, des produits du tabac sur le mois d’août par rapport à août 2024 (voir le 9 août).

Avec une répartition entre toutes les catégories.

Sachant qu’il s’agit, plus précisément, des livraisons aux buralistes de la France continentale.

Le nombre des jours de livraison en août de cette année a été de 20 contre 21 en août 2024.

  • Cigarettes : -14,45 %
  • Tabac à rouler : -9,58 %
  • Autres tabacs à fumer : +3,37 %
  • Cigares / cigarillos : -7,13 %
  • Tabac à mâcher : -14,13 %
  • Tabac à priser : -13,93 %
  • Autres tabacs à chauffer : -28,57 %
4 Sep 2025 | Profession, Récents
 

Baisse marchéRevenons sur ces chiffres se prêtant toujours à nombre d’interprétations diverses et variées : baisse réelle de la consommation ? Hausse régulière du marché parallèle ? Ce n’est pas forcément contradictoire…

En 2024, le volume des cigarettes vendues chez les buralistes a été de 25,5 milliards de cigarettes (chiffre établi par rapport aux livraisons Logista).

En 2002 – année de référence avant les premières fortes hausses de taxes puis de prix (Plan Cancer du président Chirac) – ce volume était comptabilisé à 80,5 milliards de cigarettes.

Cette forte décroissance présentant des « marches » plus ou moins larges. Par exemple :

  • 2003 : 69,7 milliards de cigarettes ;
  • 2004 : 55 milliards de cigarettes ;
  • 2014 : 45 milliards de cigarettes ;
  • 2018 : 40,2 milliards de cigarettes ;
  • 2020 : 35,8 milliards de cigarettes ;
  • 2023 : 29,1 milliards de cigarettes.
1 Sep 2025 | Récents, Trafic
 

C’est que le phénomène doit être suffisamment grave…
Dans sa newsletter paris.fr (le 28 août), la municipalité de Paris communique sur la vente de tabac à la sauvette.
Nous reprenons cette communication.

La vente illégale de cigarettes n’est pas un phénomène nouveau à Paris. Elle s’est largement étendue et constitue une véritable problématique de santé, de sécurité et de tranquillité publiques.

La police municipale se mobilise

Derrière les ventes à la sauvette se cache bien plus qu’un simple commerce de rue.
Les cigarettes vendues échappent à tout contrôle sanitaire et fiscal. Leur consommation représente donc un risque pour la santé, mais aussi une perte importante pour les finances publiques.
Ces trafics s’appuient souvent sur l’exploitation de personnes en situation de grande précarité et s’accompagnent de nuisances importantes : attroupements, occupation abusive de la voie publique, sentiment d’insécurité pour les riverains.
Ils constituent enfin une concurrence déloyale pour les buralistes, commerçants de proximité particulièrement exposés.

Une réponse collective

Face à ce constat, plusieurs acteurs publics et privés ont décidé d’unir leurs forces. Aux côtés de la Ville de Paris, la Préfecture de Police, la direction interrégionale des douanes d’Île-de-France, le Parquet de Paris, la RATP, la SNCF, le GPIS-GIE ainsi que la Confédération des Buralistes agissent désormais dans le cadre d’un plan d’action partenarial.
Cette démarche associe également les maires d’arrondissement, afin d’apporter des réponses adaptées aux réalités locales.

Un processus bien engagé

La lutte contre la vente à la sauvette s’appuie sur des opérations régulières menées par la police municipale de Paris, seule ou en partenariat avec la police nationale.

En 2024, ce sont :

  • 373 actions conjointes Police municipale / Police nationale
  • 1218 actions menées directement par la police municipale

 

Depuis le 1er janvier 2025, déjà :

  • 310 actions conjointes Police municipale / Police nationale
  • 592 actions de la police municipale

 

Ces chiffres traduisent une mobilisation constante et la volonté de multiplier les interventions sur le terrain pour réduire durablement ce phénomène.

 

Les faits: On prête au ministre belge socialiste de la Santé, Franck Vandenbroucke, la volonté d’interdire prochainement les arômes (à l’exception de l’arôme tabac) pour les produits du vapotage. Un projet de loi devrait être présenté en octobre.

Ainsi, la Belgique enchaîne les mesures anti-tabac et anti-vapotage sans présenter le moindre résultat intermédiaire en termes de santé publique.

Outre l’interdiction des sachets de nicotine puis des puffs – effective depuis janvier dernier – le gouvernement belge a déjà imposé dans les commerces le display-ban (interdiction de présenter tout produit du tabac et du vapotage à la vue des clients / voir le 1er août). Le paquet neutre pour les cigares et cigarillos vient d’être annoncé.
Sans oublier, surtout, une hausse généralisée des accises tabac et vapotage.

On attend donc les résultats : encore une fois, ces mesures n’ont de sens que si elles sont appliquées et contribuent à modifier les conduites addictives.

Or tout indique que le marché parallèle du tabac et du vapotage a fait un bond en avant en Belgique. Les derniers chiffres de Cimabel (la fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de tabac) font ressortir que plus de 30 % des cigarettes consommées en Belgique ne proviennent pas d’un point de vente légal.
On peut toujours contester ce chiffre (à cause de la source), mais la situation est suffisamment préoccupante désormais pour que les médias abordent de plus en plus ouvertement le sujet – reportages à la clé (voir le 28 juillet).

N’oublions pas, d’ailleurs, que la Belgique reste une terre de prédilection pour les usines clandestines de fabrication de cigarettes (voir 17 juin).

Sujets qui ne semblent guère scandaliser Monsieur Vandenbroucke.

Pourtant, les premiers indicateurs sont là.
Sa politique d’interdictions tous azimuts débouche, en fait, sur une vaste dérégulation des marchés du tabac et du vapotage, qui se développent désormais à leur aise et en toute liberté dans la rue comme en ligne.

26 Août 2025 | Récents, Trafic, Vapotage
 

Ainsi, 6 mois après leur interdiction, on retrouve des puffs en pagaille dans des épiceries comme le souligne une récente dépêche AFP (voir le 23 août). Il suffit de se promener dans les quartiers où pullulent ces épiceries et autres bazars pour vérifier le phénomène. Mais plutôt que de constater pour déplorer, il est temps de rechercher des responsabilités.

– … Responsabilités de fournisseurs sans vergogne qui alimentent ce marché parallèle du vapotage.
Ce sont les mêmes qui ont, à l’époque, inondé des épiceries, des grandes surfaces et des sites en ligne de puffs, ces produits écologiquement inappropriés et promus scandaleusement.

Une irresponsabilité qui a provoqué ce grand émoi médiatique et politique conduisant non seulement à l’interdiction de la cigarette électronique jetable mais provoquant aussi un nuage de méfiance sur le secteur du vapotage dans son ensemble.

– … Responsabilités d’une administration complètement débordée devant les développements des trafics.
La DGCCRF
(Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) étant chargée du contrôle du secteur du vapotage. Entre autres produits.

En 2024, elle a réalisé pas plus de… 130 contrôles dans des établissements liés au vapotage (fabricants et points de vente / voir 7 mai). Pas plus. Tout est dit.

21 Août 2025 | Récents, Trafic
 

Les faits : ce 18 août s’est tenu, au tribunal correctionnel de Paris, le procès de cinq ressortissants afghans cités à comparaître pour l’organisation d’un réseau de vente à la sauvette de tabac dans les quartiers nord de la capitale (voir 18 août).

Le trafic (tel qu’il est ressorti de l’enquête) :
Les points de vente à la sauvette étaient situés boulevard de La Chapelle (entre les 10e et 18e arrondissements) et rue Louis-Blanc (10e arrondissement), dans le nord de Paris.
Les vendeurs y écoulaient, toute la journée et en soirée, des Marlboro rouge et des Winston de contrefaçon, comme le confirmait leur prix de 5 euros.
De « petits paquets » faisant beaucoup de chiffre… car pas moins de 2,6 tonnes de tabac ont ainsi été écoulées en quelques mois. Bénéfice estimé : 637 000 euros.
La logistique : un box de stockage situé dans le 15e arrondissement, et deux autres dépôts en banlieue, à l’écart des points de vente.
Pas moins de 51 voyages d’approvisionnement en Belgique (probablement une ou deux usines clandestines) ont été identifiés.

Le procès : une drôle d’ambiance
Beaucoup de lapsus entre « trafics de tabac » et « trafics de stups » dans les propos des uns et des autres… C’est révélateur.
Forte présence de la communauté afghane dans le public… Solidarité ou intimidations ?
La défense a eu beau jeu d’évoquer le statut précaire de ces « réfugiés afghans fuyant les talibans » et de demander « d’éviter l’amalgame entre trafics de cigarettes et immigration »… mais le procureur a rappelé le caractère violent des prévenus.
Il a même précisé que ces trafics généraient « violence et peur dans les quartiers où ils étaient installés ».
Reste que ce même procureur est resté relativement modéré sur les peines demandées.

Le verdict : les prévenus ont été condamnés à des peines allant de 12 mois de prison (6 avec sursis) à 18 mois (6 avec sursis). Avec une amende solidaire de 40 000 euros.
Et une interdiction de remettre les pieds à Paris pendant 3 ans.

Le constat : les peines sont relativement légères… C’est pour cela qu’elles ne seront jamais exécutées.
Quant aux 40 000 euros, difficile de les recouvrer auprès de prévenus qui se sont tous déclarés insolvables.
(Voir aussi 6 mars 2024 et 31 décembre 2023)