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10 Oct 2025 | Récents, Vapotage
 

L’OMS a dressé un constat alarmant, ce mardi 7 octobre, affirmant que près de 15 millions d’adolescents du monde entier, âgés de 13 à 15 ans, avaient désormais recours à l’utilisation de cigarettes électroniques (voir les 8 et 9 octobre).
La Dépêche du Midi (du 9 octobre) a analysé ce phénomène avec le Docteur Marion Adler, responsable du service d’addictologie à l’hôpital Antoine Béclère AP-HP à Clamart (voir le 9 juillet 2025).
La médecin, tabacologue et addictologue, livre un bilan plus nuancé.


La Dépêche du Midi : L’OMS s’inquiète d’une nouvelle addiction, celle à la cigarette électronique, notamment chez les adolescents. Ce phénomène est-il déjà visible en France ?

Marion Adler : Oui, on le constate, mais il faut remettre les choses en perspective. L’arrivée de la cigarette électronique sur le marché, vers 2010-2011, a coïncidé avec une forte baisse du tabagisme, notamment chez les jeunes. À partir de 2014, la diminution du tabac s’est accélérée. La vape est devenue un concurrent direct du tabac, et ça, c’est une bonne chose.
Évidemment, je ne dis pas qu’il est bon de vapoter, mais si un jeune choisit la cigarette électronique plutôt que le tabac, il s’éloigne d’un produit infiniment plus dangereux.


La Dépêche du Midi : Donc, selon vous, on pourrait parler d’un « mal pour un bien » ?

Marion Adler : Exactement. Ce qui est toxique, c’est la fumée, pas la nicotine. La fumée résulte de la combustion du tabac, et elle est toxique à 100 %. La nicotine, elle, est addictive mais non cancérigène. C’est ce qui maintient les gens dans le tabagisme, mais ce n’est pas ce qui les tue.
Selon des études britanniques, la cigarette électronique représente environ 5 % du risque d’une cigarette classique.
Bien sûr, il faut poursuivre les études à long terme, mais les données actuelles vont clairement dans ce sens. La majorité des études négatives concernent d’anciens fumeurs, donc il est logique qu’on y retrouve des traces de pathologies liées au tabac.
Il faudrait désormais des études sur des vapoteurs « purs », sans antécédent de tabagisme.


La Dépêche du Midi : On entend pourtant souvent dire que la cigarette électronique reste très nocive ou qu’elle est « industrielle ». Qu’en est-il réellement ?

Marion Adler : C’est une idée reçue. La cigarette traditionnelle contient plus de 4 000 substances toxiques. La cigarette électronique a prouvé son efficacité dans le sevrage tabagique puisqu’elle ne contient pas de tabac ni de fumée, mais repose sur la vaporisation de nicotine par propylène-glycol et des arômes ingérables (qui suivent les normes AFNOR). Une revue Cochrane publiée en 2024 l’a confirmé : la cigarette électronique avec nicotine est plus efficace pour arrêter de fumer que les substituts nicotiniques classiques.
Ce n’est pas un médicament, mais c’est un outil utile.


La Dépêche du Midi : Mais l’OMS parle de 15 millions d’adolescents dépendants de la nicotine dans le monde à cause du vapotage. Doit-on s’inquiéter pour leur santé ?

Marion Adler : Avant, ces adolescents fumaient du tabac. Aujourd’hui, certains vapotent – ce n’est pas idéal, mais c’est beaucoup moins grave. Dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, on a observé une forte baisse du tabagisme depuis l’arrivée de la vape.
En France aussi, les chiffres chutent. Le vapotage agit clairement comme une porte de sortie du tabac, voire un concurrent, pas comme une entrée.


La Dépêche du Midi : Quid des fameuses puffs, ces cigarettes électroniques jetables ?

Marion Adler : La puff, c’est simplement une vape jetable. C’est polluant, oui, mais beaucoup moins qu’un mégot. Les interdire n’a servi à rien puisque les jeunes s’en procurent toujours, mais maintenant via des circuits illégaux, donc sans contrôle. C’est plus cher, plus risqué.
On a créé un marché parallèle au lieu d’encadrer, et les industriels de la puff ont utilisé un marketing visant particulièrement les jeunes, ce qui est condamnable.


La Dépêche du Midi : Pourquoi ces puffs rendent-elles si vite dépendant ?

Marion Adler : Parce qu’elles contiennent de la nicotine, tout simplement. La nicotine est addictive, mais pas plus dans une puff que dans une cigarette classique.
On dramatise le vapotage en oubliant que le vrai danger reste le tabac.

7 Oct 2025 | Institutions, Récents
 

« La Douane vous alerte sur la dangerosité des cannabinoïdes de synthèse susceptibles d’être vendus sous l’appellation « CBD », à l’insu des consommateurs. »
C’est ainsi que débute une communication de la Douane sur le CBD que nous reprenons.

En 2024, la Douane française a réalisé 1 591 constatations portant sur des drogues de synthèse, dont 87 % via le fret express et postal.
Au total, 3,08 tonnes de ces drogues ont été saisies, soit une augmentation de 27 %. Parmi ces drogues de synthèse, la Douane souhaite aujourd’hui alerter sur les cannabinoïdes de synthèse et, parmi eux, sur une nouvelle gamme de produits apparus en 2025 : des substances initialement présentées comme du cannabidiol (CBD), mais illégalement modifiées par l’ajout de substances de synthèse dangereuses pour la santé.

Ces derniers mois, le laboratoire Douane/DGCCRF de Paris (SCL) a permis l’identification de plusieurs de ces nouvelles substances.
Encore marginales en 2024, elles représentent environ 30 % des cannabinoïdes de synthèse analysés en 2025. Leur diffusion est donc rapide. La Douane française en a saisi 274 kilos depuis fin mai, en plusieurs points du territoire.


Cannabinoïdes de synthèse et semi-synthétiques : un marché en pleine expansion et à haut risque

Si le cannabis est la première drogue produite, trafiquée et consommée dans le monde, ce marché illégal a considérablement évolué ces dernières années avec l’apparition de nouveaux produits de synthèse (NPS) imitant les effets du THC, moins chers à produire mais également plus puissants.

Concernant les cannabinoïdes, on distingue deux catégories de NPS :

  • les cannabinoïdes de synthèse, créés artificiellement à partir de précurseurs chimiques (par exemple, la MDMB-PINACA) ;
  • les cannabinoïdes semi-synthétiques, issus de synthèse à partir de composés naturels (par exemple le HHC).

Ces produits peuvent se trouver sous une forme pure (substance chimique), qui pourra par exemple être aspergée sur des sommités florales, ou bien être mixée directement avec les produits à consommer.

Outre des problématiques de surdosage du produit par les trafiquants, le risque de santé publique concernant les cannabinoïdes semi-synthétiques est particulièrement important pour les denrées alimentaires adultérées (bonbons).

D’abord, parce que le produit est plus accessible et attractif pour les jeunes consommateurs, mais aussi parce que la lente absorption des substances par ce mode de consommation peut provoquer plus rapidement des intoxications (surconsommation).


Le CBD adultéré : un risque majeur pour la santé

Des produits vendus sous l’appellation de « CBD » peuvent être altérés avec des substances de synthèse. Cette pratique, qualifiée « d’adultération », transforme un produit supposément légal en une substance beaucoup plus puissante et présentant donc un risque sanitaire important.

Le CBD adultéré désigne ainsi du CBD auquel a été ajouté des substances non déclarées, potentiellement dangereuses ou illégales, dans le but d’en augmenter ses effets ou de réduire les coûts de production.

Le 19 juin 2025, l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ont alerté sur les risques de produits du CBD contenant d’autres substances.
Ce communiqué faisait suite à plusieurs centaines d’intoxications recensées depuis le début de l’année 2024. Les agences sanitaires appellent les consommateurs à la vigilance face aux risques d’effets inattendus ou indésirables lors de la consommation de ces produits, et invitent les consommateurs et les professionnels de santé à signaler tout évènement sanitaire.

Ces substances peuvent être vendues sur internet ou dans les magasins spécialisés comme des alternatives légales au cannabis, en étant ajoutées à des produits à base de cannabinol (« CBD à haut potentiel d’effet ») (…)


Des cas d’intoxications recensés dans le monde et en France

Le CBD adultéré présente des risques d’intoxication pour les consommateurs (molécules peu étudiées, doses variables, polyconsommation, absorption accidentelle, etc.).

Plusieurs cas cliniques ont déjà été recensés dans le monde et en France. La substance la plus utilisée par les organisations criminelles est le EDMB-4en-PINACA. Il s’agit d’un composé synthétique aux effets psychoactifs très puissants, estimés à 100 fois ceux du CBD.

Cette molécule, une fois vaporisée sur les fleurs de CBD, devient extrêmement nocive, et une seule inhalation peut provoquer des effets sévères tels que des hallucinations, agitation, crises de panique ou encore des troubles du rythme cardiaque pouvant conduire à une hospitalisation d’urgence.

L’attention est appelée sur ces cannabinoïdes de synthèse et les risques liés à leur usage.
La plus grande vigilance est donc nécessaire face à des produits vendus comme contenant du CBD.
Face à ce risque émergent, la Douane française demeure pleinement mobilisée.

1 Oct 2025 | Profession, Récents
 

Anis Ben TICHA

Republic Group a le plaisir d’annoncer une évolution majeure au sein de sa direction.
C’est ainsi que débute un communiqué de Republic Group (OCB, JOB, Zig-Zag, ECG, SoGOOD, etc.).

Après 18 années d’une brillante carrière au sein de l’entreprise, Santiago Sanchez (voir 17 juillet 2017) a fait valoir ses droits à la retraite et quitte ses fonctions de président de Republic Technologies International. Le groupe tient à lui adresser sa profonde reconnaissance pour son engagement et sa contribution déterminante au développement de l’entreprise.

Depuis le 1er août 2025, Anis Ben Ticha a officiellement pris ses fonctions de président de Republic Technologies International.

Présent dans l’entreprise depuis 25 ans, il a occupé différents postes stratégiques, de l’analyste marketing au directeur des ventes et du marketing. Cette riche expérience lui confère une connaissance approfondie de l’activité et du secteur, faisant de lui un atout de premier plan pour accompagner la société dans ses prochaines étapes de croissance.

Âgé de 49 ans, Anis Ben Ticha est diplômé de Toulouse Business School et titulaire d’un Executive MBA de l’EDHEC Business School.

Son parcours international et sa vision stratégique lui permettront de guider Republic Technologies International dans un marché en constante évolution.

« Nous sommes convaincus qu’Anis continuera à faire progresser nos différentes activités tout en défendant les valeurs qui font notre succès depuis 25 ans », déclare Don Levin, fondateur du groupe Republic. « Son expertise et son engagement en font le leader idéal pour cette nouvelle étape de notre aventure. »

« Republic Technologies International restera fidèle à sa mission : proposer des solutions innovantes, renforcer sa proximité avec ses clients et partenaires, et saisir les opportunités offertes par le marché global », souligne Anis Ben Ticha.
« Avec le soutien d’équipes engagées et un portefeuille diversifié, nous sommes résolument tournés vers l’avenir. »

26 Sep 2025 | Récents, Vapotage
 

« Il va falloir des ruptures et pas que sur la forme ou dans la méthode. Des ruptures aussi sur le fond. »
France Vapotage espère vivement que la consigne du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’appliquera au traitement du vapotage…
(Nous reprenons intégralement son communiqué.)

Il est temps de tourner le dos aux décisions partielles, prises par à-coups, sans concertation avec les acteurs économiques concernés et qui se sont révélées inadaptées voire contreproductives.
Il est urgent de privilégier une démarche globale, efficace et pérenne.
France Vapotage réaffirme, en cette rentrée, sa volonté de promouvoir une approche positive et constructive, ouverte au dialogue avec tous.
Un consensus est possible : ensemble, nous pouvons faire de notre pays le fer de lance, en Europe, d’une approche responsable de la vape, dans le respect d’une filière engagée dans la sortie du tabagisme.

1 // Avant tout, instaurer le dialogue et la confiance

Contre toute attente, nos entreprises ont récemment découvert avec stupeur le projet du précédent gouvernement d’instaurer une surfiscalité sur les produits de vapotage. Une idée à l’opposé de la position défendue jusqu’ici par l’État, y compris devant la représentation nationale.

France Vapotage demande donc en premier lieu au nouveau gouvernement :

  • de rassurer toute la filière en annonçant l’abandon de ce projet de surtaxe, dont les conséquences économiques et sanitaires pourraient être dramatiques. En particulier, le risque d’un report de consommateurs vers le tabac a été relevé par des travaux parlementaires comme par des études d’opinion ;
  • de réunir et de consulter l’ensemble des parties prenantes du vapotage (acteurs industriels et commerciaux de la filière, médecins et chercheurs, associations de consommateurs) pour parvenir à un constat et des solutions partagés. Un échange transparent et une réflexion collective sont nécessaires, au-delà des fake news et des propos inutilement alarmistes.

En 2025, animée par cette volonté de dialoguer avec tous, France Vapotage a d’ailleurs rejoint la CPME pour porter toujours plus haut la voix de ses entreprises membres, défendre une filière française unique en Europe, promouvoir un secteur industriel ancré dans les territoires, créateur d’emplois, gage d’un savoir-faire de qualité.

2 // Un constat : plus de vapoteurs, moins de fumeurs

Entre 2017 et 2023, chez les Français adultes, la prévalence de tabagisme quotidien a diminué de 26,9 % à 23,1 %, quand celle de vapotage quotidien est passée de 2,7 % à 6,1 %.

D’une part, ces chiffres reflètent bien le rôle du vapotage dans la sortie du tabagisme : la cigarette électronique est l’outil le plus utilisé, mais surtout le plus efficace, pour arrêter de fumer. Le seul « effet passerelle » incontestable à grande échelle est le passage du tabagisme au vapotage !

D’autre part, ils soulignent combien le problème de santé publique à affronter en priorité demeure le tabac, responsable de 75 000 décès par an en France, et non le vapotage, pratique bien moins répandue et surtout incontestablement moins risquée car sans combustion de tabac.

3 // Un préalable : protéger le marché légal pour protéger les consommateurs

Les initiateurs de l’interdiction des cigarettes électroniques jetables (« Puffs ») peuvent le constater par eux-mêmes : une approche fondée seulement sur l’interdiction crée un espace pour le trafic illégal, organisé par des filières qui ciblent sans scrupule les plus jeunes et ne partagent en aucune façon l’engagement des entreprises opérant légalement pour des produits sûrs et de qualité.

Les conséquences du développement de ce marché noir du vapotage seraient dramatiques, à la fois :

  • Économiques : pertes de recettes fiscales et sociales ; déclin des acteurs économiques (industriels et commerciaux), pour l’essentiel des TPE/PME implantées au cœur des territoires et représentant plus de 20 000 emplois directs et indirects.
  • Sanitaires : avec des risques majeurs d’intoxication liés à la circulation de dispositifs et de e-liquides non soumis aux mêmes contrôles de qualité que les produits mis légalement en vente.

 

4 // Un principe : préserver l’attractivité des produits du vapotage par rapport à ceux du tabac

Puisque le vapotage est une chance pour des millions de fumeurs adultes en quête de solution, les produits du vapotage doivent :

  • demeurer nettement moins chers que ceux du tabac et donc ne pas être soumis à la surfiscalisation qui s’applique aux produits les plus nocifs (droits d’accises) ;
  • pouvoir proposer une large diversité d’arômes, hors ceux dont la toxicité a été scientifiquement prouvée. Plusieurs études montrent que les liquides proposant d’autres arômes que le tabac (saveur que les fumeurs peuvent justement avoir envie de délaisser !) peuvent améliorer les chances d’arrêt du tabac, en rendant la transition moins difficile ;
  • ne pas être soumis au paquet neutre, pour éviter la confusion entre un produit dangereux et son alternative moins risquée ;
  • continuer à bénéficier de circuits de distribution plus nombreux que le tabac, mais contrôlés (buralistes, vape-shops, sites Internet avec dispositifs de vérification d’âge).

 

5 // Un devoir : mieux protéger les mineurs

Alternative efficace au tabac, le vapotage s’adresse uniquement aux fumeurs adultes en recherche de solutions. La vente des produits du vapotage est d’ailleurs strictement interdite aux mineurs.

France Vapotage est à la disposition des pouvoirs publics et des autres acteurs de la filière pour dépasser les effets d’annonce et trouver les bonnes solutions pour :

  • faire respecter l’interdiction de vente aux mineurs, avec un contrôle renforcé dans les points de vente et en ligne ;
  • préciser et renforcer l’encadrement de la communication en ligne autour des produits du vapotage (afin de réserver leur promotion aux fumeurs adultes) ;
  • déployer une approche globale permettant d’empêcher les démarches visant les plus jeunes, en agissant non sur les arômes en tant que tels mais sur les appellations des produits et les choix graphiques présents sur le packaging.

Avec plus de 3 millions de consommateurs, la France est aujourd’hui le 1er marché européen du vapotage.
Mais plus de 15 ans après l’apparition de la cigarette électronique en Europe, la filière ne dispose toujours pas d’un cadre réglementaire spécifique, décorrélé du tabac et de ses produits dérivés (dont le tabac à chauffer), comme des autres produits nicotinés (qui ne sont pas des produits du vapotage).

Pire, elle est la cible incessante d’attaques proférées notamment par des associations dont l’objet est paradoxalement de lutter contre le tabac et non ses alternatives !

Alors que la Commission européenne a présenté cet été une proposition de directive nourrissant la confusion entre tabac et vapotage, et incluant l’application des accises du tabac aux produits du vapotage, notre pays est en position de force pour proposer une autre approche : un encadrement pertinent du vapotage afin d’en faire pleinement un allié de la sortie du tabagisme.

25 Sep 2025 | Institutions, Récents
 

Nous savons qu’un décret sur l’interdiction à la vente des sachets de nicotine, à partir du 1er mars, est paru (voir le 6 septembre 2025) – il s’est même agi quasiment du dernier acte du Gouvernement Bayrou – mais il s’avère que la Confédération des buralistes n’a pas dit son dernier mot.

D’après le site d’informations Contexte, les buralistes s’activeront… quand il y aura un examen du budget 2026 au Parlement « pour que des amendements visant à encadrer les produits de la nicotine soient déposés, voire adoptés ».

Ceci parce que la loi est au-dessus d’un décret dans la hiérarchie des normes.

Ces derniers mois, des amendements encadrant et fiscalisant la nicotine ont déjà été déposés (voir 15 juin 2025), notamment lors de la discussion budgétaire précédente.

Alors que le président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, Frédéric Valletoux, déclare : « Je vois mal, dans cette Assemblée nationale, le retour de ce débat. »

Par ailleurs, d’après Contexte, au moins un industriel aurait prévu de déposer un recours.

À suivre.

 

25 Sep 2025 | Institutions, Récents
 

Nous reprenons, ci-dessous, une tribune de Frédéric Valletoux (président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et député Horizons) parue dans Les Échos du 24 septembre.

Il y a vingt ans, des nuages pouvaient encore emplir les trains et les salles des restaurants. On pouvait fumer dans des espaces clos à l’usine comme au bureau. Avant la loi Veil de 1976, la cigarette s’immisçait dans des publicités télévisées jusqu’aux chambres des patients hospitalisés. Il a fallu attendre la loi Évin de 1991 pour qu’on cesse enfin de fumer dans les salles de garde.

On peut donc mesurer le long chemin parcouru et la suite de victoires obtenues pour la santé publique face aux lobbys des cigarettiers. Ces grandes lois ont depuis été complétées depuis vingt ans par les différents Plans Cancer, la mise en place du paquet neutre, l’accompagnement des anciens fumeurs, la prescription de substituts, ou encore des initiatives telles que le Mois sans tabac. Les mesures de restriction alliées à la fiscalité et à la prévention ont permis une évolution positive du paysage du tabac en France.


Une consommation qui a chuté de 32 %

Les résultats sont éloquents. Depuis les années 2000, la consommation de tabac a chuté de 32 %. La marginalisation de la cigarette dans l’espace public et publicitaire a permis une baisse significative de sa prévalence dans la population.

Ne nous y trompons pas. La lutte contre ce fléau sanitaire est loin d’être achevée. La consommation de tabac continue de causer à chaque instant maladies et décès et d’accroître son poids sur notre système de santé. Le tabac demeure en effet la première cause de mortalité prématurée en France avec 73 000 décès par an, soit 200 par jour. Douze millions de nos concitoyens fument quotidiennement. Et si le nombre de jeunes fumeurs baisse, 17 % continuent de le faire. On estime que 200 000 adolescents rejoignent chaque année cette triste cohorte.

Au bilan humain s’ajoute un coût financier considérable. Contrairement à une idée trop largement partagée, la fiscalité sur le tabac n’est pas une manne opportune. Les 13,1 milliards d’euros prélevés sont inférieurs à la charge induite pour la Sécurité sociale, de plus de 16 milliards. Surtout, elles sont sans commune mesure avec l’ensemble des coûts sociaux et environnementaux résultant de la consommation du tabac, estimés à 156 milliards par an pour la société française.

Face au défi du tabac, la France est donc au milieu du guet. Les efforts doivent se poursuivre. À ce titre, le programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 décline des mesures pertinentes. Il limite les produits d’appel vers la jeunesse que ne cesse d’inventer l’industrie du tabac, tels que les puffs et les billes aromatisées, et étend le paquet neutre aux tabacs à chauffer, dangereux substituts qui s’imposent grâce à un marketing férocement trompeur. Enfin, le décret du 27 juin 2025 restreignant les lieux publics ouverts aux fumeurs est salutaire, notamment pour limiter le tabagisme passif.


L’angle mort du commerce parallèle

Le commerce parallèle est un enjeu majeur et angle mort de la politique contre le tabac. Il est insuffisamment pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics français et européens. Le commerce parallèle de tabac représente à ce jour entre 14 % et 17 % de la consommation et emporte des conséquences majeures.

Minant l’efficacité des politiques de prévention, il génère un manque à gagner de 3 à 5 milliards pour la Sécurité sociale, en plus de susciter nuisance et insécurité autour des points de vente et lors des passages aux douanes. Le réseau des buralistes est fortement impacté. Ces commerces implantés partout dans nos territoires subissent une concurrence déloyale résultant de flux organisés par l’industrie du tabac.

Les cigarettiers sont directement responsables de ce phénomène mais s’en déresponsabilisent par des communiqués et des études à la méthodologie contestable. Leur discours est rodé : la contrebande « leur échapperait », la contrefaçon expliquerait une partie majeure du commerce parallèle.

Faux diagnostic. La contrefaçon existe mais reste marginale ; l’essentiel des volumes illicites provient de cigarettes légalement fabriquées, ensuite détournées via des sur-approvisionnements dans des États à fiscalité faible, puis réinjectées en France par des réseaux fragmentés. Lire la suite »

18 Sep 2025 | Profession, Récents
 

Logista et la Revue des Tabacs nous livrent – en volumes – les chiffres du marché officiel du tabac (ce qui est livré par Logista dans le réseau des buralistes) depuis le début de l’année (à fin août / voir 6 septembre) :

Soit – 8,5 % pour l’ensemble du marché.

Plus précisément : – 9 % pour les cigarettes ; – 10,1 % pour le tabac à rouler ; + 5,1 % pour le tabac à pipe ; – 0,4 % pour les cigares-cigarillos.

Les mois les plus mauvais ?
Février pour les cigarettes : – 17,3 % (toujours en volume) ;
Mars pour le tabac à rouler : – 18,5 %
Juin pour le tabac à pipe : – 11,7 %
Février pour les cigares/cigarillos : – 9,8 %

 

Pub BacardiLa prohibition n’est pas une option sauf pour le ministère de la Santé et ses apparatchiks qui ont profité du flottement de la fin du gouvernement Bayrou pour imposer l’interdiction des sachets de nicotine, en France, alors même que la Communauté européenne prévoit de les autoriser en les fiscalisant (voir 21 juillet).

Conséquence : l’explosion annoncée d’un marché parallèle des sachets de nicotine – sans foi ni loi, avec l’attrait de l’interdit – comme cela se déroule avec les puffs que l’on retrouve en pagaille dans les bazars ou autres épiceries.

La prohibition n’est pas une option sauf pour le ministre belge de la Santé qui vient d’en remettre une couche en annonçant une interdiction totale de fumer et de vapoter sur les terrasses à partir de janvier 2027. Tout cela parce que « voir fumer incite à fumer » (voir 15 septembre).
Et les sottises des ministres, elles incitent à quoi ?

La prohibition n’est pas une option sauf pour les autorités locales de Tahiti qui viennent carrément d’interdire le vapotage pour le 1er juillet 2027 (voir 13 septembre). Tout cela parce que ces mêmes autorités n’arrivaient pas à fixer une fiscalité sur ces mêmes produits du vapotage…

La prohibition n’est jamais une option.
La prohibition ne génère que trafics et contrebande. C’est historique.
La prohibition ne révèle que l’impuissance à anticiper, à étudier, à réglementer et à faire respecter.
L’impuissance à gouverner.

– Jean-Paul Vaslin

15 Sep 2025 | International, Récents
 

L’interdiction de fumer et de vapoter sur toutes les terrasses – et dans un périmètre extérieur jusqu’à 10 mètres de ces mêmes terrasses – a été annoncée par le ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke, le 12 septembre.

…Le même ministre qui vient d’imposer le display ban (disparition des linéaires tabac et vapotage dans les points de vente / voir 1er août 2025).
Le conseil des ministres de ce même 12 septembre lui a apporté son approbation.
L’interdiction prendra effet au 1er janvier 2027.


La mesure comprend aussi la fermeture des derniers fumoirs existant en Belgique : dans certains établissements et aéroports.
Les bars à chicha sont également concernés.
Une petite exception. Puisque cette interdiction sera difficile à mettre en œuvre et à contrôler lors d’événements temporaires comme les kermesses, les marchés de Noël, les festivals ou les braderies, la possibilité sera donnée aux autorités locales de prévoir des exceptions temporaires.


Extrait d’une déclaration du ministre Franck Vandenbroucke pour se justifier : « Protéger la santé des personnes et créer un environnement sain pour tous, voilà notre objectif ».
« Grâce à ces mesures, nous évitons que les enfants et les adultes soient exposés involontairement à la fumée nocive des cigarettes et nous veillons à ce que les gens ne soient pas tentés d’allumer une cigarette. Car voir fumer incite à fumer. »


Commentaire de Matthieu Léonard, président de la Fédération Horeca de Bruxelles : « Il y a 20 ans, il y avait 30 000 cafés en Belgique. Il n’y en a plus que 13 000. Ça a fait suite à l’interdiction de fumer à l’intérieur des établissements, ce que l’on peut comprendre. Mais aujourd’hui, c’est le couperet. »


Selon une dernière enquête officielle, publiée en juillet, 17,6 % de la population belge déclare fumer, dont 12,8 % tous les jours.
En 2018, ces chiffres s’élevaient respectivement à 19,4 et 15,4 %.
En 2023-2024, 21,7 % de la population disaient avoir déjà essayé la cigarette électronique.
Chez les jeunes de 15 à 24 ans, 6,3 % disent vapoter quotidiennement et 11,1 % occasionnellement. Et 60 % des utilisateurs combinent la cigarette électronique et le tabac.

14 Sep 2025 | Récents, Trafic
 

Carklop, une nouvelle plateforme de covoiturage pour acheter des cigarettes à l’étranger, qui énerve les buralistes.
C’est ainsi que débute un sujet de France Info, de Marie Maheux, que nous reprenons sur un sujet que nous avons déjà révélé à nos lecteurs (voir le 11 septembre).

De quoi s’agit-il ?
Sur le modèle d’un site de covoiturage, Carklop met en relation des conducteurs frontaliers avec des personnes désireuses d’acheter des biens à moindre coût à l’étranger (…)

Le principe de Carklop se veut simple.
En quelques clics, David, un cuisinier de Bonneville en Haute-Savoie, s’est inscrit sur la plateforme. Une fois son identité et son permis de conduire vérifiés, il a pu proposer un trajet en direction d’Aoste, en Italie, où il va déjà au moins une fois par mois : « C’est entre 20 et 30 % moins cher sur les courses alimentaires, explique le frontalier. Et les cigarettes, un paquet coûte en moyenne 6 euros, contre 12,5 euros [en France]. »
Pour David, s’inscrire sur Carklop est une façon de faire des économies sur l’essence, qui lui coûte entre 30 et 40 euros par trajet. Il propose trois places pour 20 euros chacune.

Mais pour lui, qui a beaucoup utilisé le site de covoiturage Blablacar, c’est aussi rendre la pareille à ceux qui ne peuvent pas faire le voyage. « J’ai une situation assez stable et je ne suis pas un gros fumeur. Moi, c’est juste vraiment pour partager ma voiture parce que je pense qu’il n’y a pas tout le monde qui peut proposer des trajets », avance-t-il.
Le cuisinier le précise d’ailleurs sur son profil : « Je vais souvent en Italie, autant en profiter dans le strict respect des lois ! »

C’est aussi ce que souligne le fondateur de Carklop, Philippe Poular, ancien réalisateur et habitant de Haute-Saône, qui va lui-même acheter son tabac en Allemagne : « Moi, je donne juste la possibilité à des gens qui ont des petites retraites, des petits salaires, qui, le 10 du mois, se serrent la ceinture… de leur dire, si vous utilisez cette solution, ça va quand même vous redonner un gros pouvoir d’achat. »

L’initiative n’a rien d’illégal, tant que les utilisateurs respectent la loi.
Les limites sont de quatre cartouches de cigarettes au maximum et pas plus de dix litres d’alcool fort. Et surtout pas de revente ensuite.
Philippe Poular assure que sa plateforme, qui prend 15 % sur chaque trajet, sanctionnera toute dérive.

Et il dit comprendre la colère des buralistes, surtout les frontaliers, mais « ce n’est pas moi qui mets ces taxes », rappelle-t-il.
« Pourquoi ils ne vont pas attaquer ceux qui vendent comme ça dans la rue ? C’est juste un droit que les gens peuvent utiliser, et donc moi je leur dis : utilisez-le », plaide Philippe Poular.

« C’est complètement hallucinant », réagit pour sa part, sur France Info, Philippe Coy, président de la Confédération nationale des buralistes.
Il dénonce le fait que la plateforme « propose à des Français d’aller fumer moins cher ailleurs ».

« Amener des gens de l’autre côté de la frontière pour des produits de consommation, c’est de la perte de TVA [et] un appauvrissement du commerce de proximité », s’indigne Philippe Coy.

Le syndicat des buralistes dit réfléchir à des actions légales contre la plateforme et indique qu’il réclame « le seuil d’une cartouche par individu au sein de l’Union européenne », qui existait en France jusqu’en mars 2024.

À la date de vendredi, une dizaine de trajets ont été publiés sur la plateforme.