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14 Sep 2025 | Récents, Trafic
 

Carklop, une nouvelle plateforme de covoiturage pour acheter des cigarettes à l’étranger, qui énerve les buralistes.
C’est ainsi que débute un sujet de France Info, de Marie Maheux, que nous reprenons sur un sujet que nous avons déjà révélé à nos lecteurs (voir le 11 septembre).

De quoi s’agit-il ?
Sur le modèle d’un site de covoiturage, Carklop met en relation des conducteurs frontaliers avec des personnes désireuses d’acheter des biens à moindre coût à l’étranger (…)

Le principe de Carklop se veut simple.
En quelques clics, David, un cuisinier de Bonneville en Haute-Savoie, s’est inscrit sur la plateforme. Une fois son identité et son permis de conduire vérifiés, il a pu proposer un trajet en direction d’Aoste, en Italie, où il va déjà au moins une fois par mois : « C’est entre 20 et 30 % moins cher sur les courses alimentaires, explique le frontalier. Et les cigarettes, un paquet coûte en moyenne 6 euros, contre 12,5 euros [en France]. »
Pour David, s’inscrire sur Carklop est une façon de faire des économies sur l’essence, qui lui coûte entre 30 et 40 euros par trajet. Il propose trois places pour 20 euros chacune.

Mais pour lui, qui a beaucoup utilisé le site de covoiturage Blablacar, c’est aussi rendre la pareille à ceux qui ne peuvent pas faire le voyage. « J’ai une situation assez stable et je ne suis pas un gros fumeur. Moi, c’est juste vraiment pour partager ma voiture parce que je pense qu’il n’y a pas tout le monde qui peut proposer des trajets », avance-t-il.
Le cuisinier le précise d’ailleurs sur son profil : « Je vais souvent en Italie, autant en profiter dans le strict respect des lois ! »

C’est aussi ce que souligne le fondateur de Carklop, Philippe Poular, ancien réalisateur et habitant de Haute-Saône, qui va lui-même acheter son tabac en Allemagne : « Moi, je donne juste la possibilité à des gens qui ont des petites retraites, des petits salaires, qui, le 10 du mois, se serrent la ceinture… de leur dire, si vous utilisez cette solution, ça va quand même vous redonner un gros pouvoir d’achat. »

L’initiative n’a rien d’illégal, tant que les utilisateurs respectent la loi.
Les limites sont de quatre cartouches de cigarettes au maximum et pas plus de dix litres d’alcool fort. Et surtout pas de revente ensuite.
Philippe Poular assure que sa plateforme, qui prend 15 % sur chaque trajet, sanctionnera toute dérive.

Et il dit comprendre la colère des buralistes, surtout les frontaliers, mais « ce n’est pas moi qui mets ces taxes », rappelle-t-il.
« Pourquoi ils ne vont pas attaquer ceux qui vendent comme ça dans la rue ? C’est juste un droit que les gens peuvent utiliser, et donc moi je leur dis : utilisez-le », plaide Philippe Poular.

« C’est complètement hallucinant », réagit pour sa part, sur France Info, Philippe Coy, président de la Confédération nationale des buralistes.
Il dénonce le fait que la plateforme « propose à des Français d’aller fumer moins cher ailleurs ».

« Amener des gens de l’autre côté de la frontière pour des produits de consommation, c’est de la perte de TVA [et] un appauvrissement du commerce de proximité », s’indigne Philippe Coy.

Le syndicat des buralistes dit réfléchir à des actions légales contre la plateforme et indique qu’il réclame « le seuil d’une cartouche par individu au sein de l’Union européenne », qui existait en France jusqu’en mars 2024.

À la date de vendredi, une dizaine de trajets ont été publiés sur la plateforme.