
Les faits : ce 18 août s’est tenu, au tribunal correctionnel de Paris, le procès de cinq ressortissants afghans cités à comparaître pour l’organisation d’un réseau de vente à la sauvette de tabac dans les quartiers nord de la capitale (voir 18 août).
Le trafic (tel qu’il est ressorti de l’enquête) :
Les points de vente à la sauvette étaient situés boulevard de La Chapelle (entre les 10e et 18e arrondissements) et rue Louis-Blanc (10e arrondissement), dans le nord de Paris.
Les vendeurs y écoulaient, toute la journée et en soirée, des Marlboro rouge et des Winston de contrefaçon, comme le confirmait leur prix de 5 euros.
De « petits paquets » faisant beaucoup de chiffre… car pas moins de 2,6 tonnes de tabac ont ainsi été écoulées en quelques mois. Bénéfice estimé : 637 000 euros.
La logistique : un box de stockage situé dans le 15e arrondissement, et deux autres dépôts en banlieue, à l’écart des points de vente.
Pas moins de 51 voyages d’approvisionnement en Belgique (probablement une ou deux usines clandestines) ont été identifiés.
Le procès : une drôle d’ambiance
Beaucoup de lapsus entre « trafics de tabac » et « trafics de stups » dans les propos des uns et des autres… C’est révélateur.
Forte présence de la communauté afghane dans le public… Solidarité ou intimidations ?
La défense a eu beau jeu d’évoquer le statut précaire de ces « réfugiés afghans fuyant les talibans » et de demander « d’éviter l’amalgame entre trafics de cigarettes et immigration »… mais le procureur a rappelé le caractère violent des prévenus.
Il a même précisé que ces trafics généraient « violence et peur dans les quartiers où ils étaient installés ».
Reste que ce même procureur est resté relativement modéré sur les peines demandées.
Le verdict : les prévenus ont été condamnés à des peines allant de 12 mois de prison (6 avec sursis) à 18 mois (6 avec sursis). Avec une amende solidaire de 40 000 euros.
Et une interdiction de remettre les pieds à Paris pendant 3 ans.
Le constat : les peines sont relativement légères… C’est pour cela qu’elles ne seront jamais exécutées.
Quant aux 40 000 euros, difficile de les recouvrer auprès de prévenus qui se sont tous déclarés insolvables.
(Voir aussi 6 mars 2024 et 31 décembre 2023)




