Pour moi, trafic de tabac et narcotrafic, c’est le même combat
Pierre Roméro (vice-président de la Confédération et président de la Fédération des buralistes des Alpes-Maritimes) / voir le 1er octobre.
Pour moi, trafic de tabac et narcotrafic, c’est le même combat
Pierre Roméro (vice-président de la Confédération et président de la Fédération des buralistes des Alpes-Maritimes) / voir le 1er octobre.

Pour le président de la Fédération des buralistes des Alpes-Maritimes, Pierre Roméro (vice-président de la Confédération nationale), il faut que les sanctions pour trafic de cigarettes soient plus dures, avec de la prison ferme, car l’organisation et les gains sont les mêmes que pour le trafic de drogue.
Nous reprenons l’information de Ici Azur.
La semaine dernière, un homme a été condamné à Nice à un an de prison avec sursis et à une amende douanière de 67 720 euros pour avoir passé la frontière à Menton avec 500 cartouches de cigarettes.
Mais ce n’est pas assez selon le président de la Fédération des buralistes des Alpes-Maritimes.
Pierre Roméro réclame de la prison ferme.
« Sur ce genre de faits gravissimes, il faut être plus dur. Pour moi, trafic de tabac et narcotrafic, c’est le même combat, parce qu’aujourd’hui le prix de la cigarette est une aubaine pour ces réseaux qui ont des gains énormes, alors que la sanction est à des années-lumière de la sanction du narcotrafic », explique Pierre Roméro, qui souligne que le trafic de cigarettes est de plus en plus organisé.
Ce buraliste salue néanmoins des « contrôles exemplaires dans le département » de la part des autorités. Il parle de catastrophe économique, puisque c’est un manque à gagner pour les buralistes mais aussi sanitaire.
« Vous ne m’entendrez jamais dire que c’est bien de fumer. En revanche, chez les buralistes vous avez des produits qui sont dans un réseau réglementé et contrôlé. Mais quand vous fumez des cigarettes de contrebande, vous pouvez trouver des excréments ou des restes de moustiques dans les cigarettes, donc il y a des risques supplémentaires », explique-t-il.
Le problème dans les Alpes-Maritimes est aussi que les cigarettes sont vendues deux fois moins cher en Italie, à quelques kilomètres de là.
(Voir aussi 22 juin 2024)

Réguler oui, châtier non : c’est sur ce mot d’ordre que les buralistes espagnols (estanqueros) se mobilisent pour répondre à la consultation publique sur le projet de loi qui concerne la mise sur le marché, la vente et l’information des produits du tabac et de nouveaux produits avec nicotine (déjà présenté ici, voir 11 septembre).
Cette consultation publique préalable répond à une obligation constitutionnelle. Tout citoyen et professionnel de nationalité espagnole peut y participer.
La consultation est en ligne sur le site du ministère de la Santé jusqu’au 30 septembre.
Précision : les apports doivent être personnalisés ; toute réponse stéréotypée, semblant correspondre au même modèle, est rejetée pour éviter les actions de « lobbying ».
Rappelons les points principaux de cette nouvelle loi anti-tabac :
Ce sont les mesures anti-vapotage qui irritent particulièrement les buralistes espagnols, les puffs étant commercialisées, et sans aucun contrôle, dans des épiceries, barber-shops et autres bazars. Peu soucieux de s’embarrasser avec les problèmes de réglementation. Cela nous rappelle quelque chose…
On remarquera aussi que l’éventualité d’une augmentation de la fiscalité tabac n’est absolument pas abordée dans ce projet de loi.

On peut consulter – sur le portail de la Direction générale des douanes et des droits indirects – la nomenclature des prix de vente au détail des tabacs manufacturés qui sera en vigueur à partir du lundi 1er septembre.
L’arrêté correspondant n’est pas encore paru au Journal officiel. On n’y constate pas de changements notables de tarifs.
Rappelons les dates prévues pour l’application des prochains arrêtés d’homologation :

Une directive de l’Union européenne prévoirait d’adapter la fiscalité du tabac au pouvoir d’achat du pays (voir 16 juin 2025). Au Grand-Duché de Luxembourg, un paquet pourrait augmenter de… 3,5 euros.
L’écart de prix avec ses voisins, comme la France, pourrait donc se réduire — mais pas disparaître d’un coup de baguette magique. C’est ce que traite, au conditionnel, FranceInfo Grand Est dans une information que nous reprenons.
Des contrôles souvent synonymes de jolies prises : l’actualité regorge régulièrement de faits de contrebande autour du tabac en lien avec le Luxembourg. Avec des prix en moyenne 2,5 fois plus bas qu’en France, le Grand-Duché reste très attractif pour les consommateurs frontaliers — mais aussi les trafiquants en tout genre, qui ne sont plus uniquement issus de la région Grand Est voisine. Lire la suite »
Les chiffres époustouflants qui circulent suite aux publications successives de la dernière étude KPMG sur le marché parallèle (voir 11 et 12 juin), d’une récente enquête « ramasse-paquets vides » (voir 18 juin) ou du bilan de l’opération « Colbert 3 » (voir 20 juin) commencent à faire leurs effets dans les milieux parlementaires.
On prête l’intention à la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale de s’intéresser de très près au sujet. Quand on cherche désespérément 40 milliards d’euros… et que la somme de 9,5 milliards d’euros de taxes non perçues à cause des trafics de tabac est évoquée, certains s’interrogent.
La Commission devrait auditionner les Douanes, les fabricants de tabac et les associations anti-tabac. Les buralistes aussi. Et peut-être même les sociétés d’études.

Dans le cadre des retombées médiatiques faisant suite à la publication du rapport KPMG (voir 11 juin), Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, s’est exprimé avec fermeté sur RMC / BFM TV ce 12 juin. Extraits.

Nous venons de connaître une forte séquence médiatique centrée sur le tabac avec l’annonce par la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, d’une extension des zones non-fumeurs dans l’espace public (voir 31 mai).
D’où le déclenchement de multiples rebonds médiatiques où l’on regrettera l’absence d’un certain nombre de chiffres-clés indispensables à la compréhension de la problématique tabac dans notre pays.
Ce sont les chiffres-clés de l’étude EY-Parthenon, sortie l’hiver dernier (voir 1er et 23 janvier 2025), et jamais démentie depuis.
Ils portent sur l’année 2023. Cela n’a pas dû s’arranger depuis.
On peut consulter – sur le portail de la Direction générale des Douanes et des Droits indirects – la nomenclature des prix de vente au détail des tabacs manufacturés qui sera en vigueur à partir du dimanche 1er juin.
Cela fait suite à l’arrêté du 9 mai portant homologation des prix du tabac en France (à l’exclusion des départements d’Outre-Mer).
Avec des changements très partiels.
Rappelons les dates prévues pour l’application des prochains arrêtés d’homologation :
Dans le Journal de l’Économie (JDE / quotidien d’informations économiques en ligne), Léo Charcosset défend l’harmonisation des prix du tabac au niveau européen. « Les buralistes français sont en danger : 20 % des ventes de tabac proviennent du marché parallèle (sic), mettant en péril leur avenir » souligne-t-il.
La question de l’uniformisation des prix du tabac dans l’Union européenne fait de plus en plus parler d’elle chez les buralistes français, en raison de la politique tarifaire mise en œuvre. Sous la pression de la concurrence qui vient d’ailleurs et du marché parallèle, ces commerçants appellent à une vraie coopération pour réduire les différences de tarifs entre pays voisins.
•• Les écarts de prix entre la France et d’autres pays européens, comme l’Espagne, créent une situation économique compliquée. Beaucoup de fumeurs n’hésitent pas à traverser la frontière pour acheter des cigarettes moins chères. Ce phénomène touche directement les buralistes français, surtout ceux proches des frontières.
Alain Clouet, secrétaire général de la Confédération, explique que ces différences de tarifs entraînent une concurrence déloyale et pèsent lourdement sur leurs maigres marges. Cette situation se complique encore avec l’essor du marché parallèle en France. Aujourd’hui, près de 20 % du total des ventes de tabac proviennent de sources illicites (re-sic). Les produits contrefaits échappent à toutes les normes sanitaires, ce qui représente un risque pour la santé publique.
•• Les buralistes français font face à de nombreuses épreuves qui menacent leur pérennité. Hervé Garnier, président de la fédération des buralistes de Meurthe-et-Moselle, s’inquiète de la forte baisse du nombre de débits de tabac dans le département, passant de 350 à 179 en vingt ans. La concurrence avec des pays comme le Luxembourg – où il est simple d’importer quatre cartouches sans aucune restriction – vient encore accroître la pression sur eux.
Lors de l’assemblée générale des buralistes de Meurthe-et-Moselle qui s’est tenue le 29 mars, 140 participants étaient présents, dont des partenaires institutionnels et des élus locaux (voir 1er avril).
Durant cette rencontre, on a bien vu que les récentes augmentations des prix – et le climat d’insécurité qui s’installe – compliquent chaque jour davantage la situation de ces commerçants. Face à ces défis, les buralistes réclament sans tarder une harmonisation des prix du tabac au niveau européen. Lire la suite »