Alain Clouet, secrétaire général de la Confédération s’est rendu, ce 29 mars, à l’assemblée générale des buralistes de Meurthe-et-Moselle, présidée par Hervé Garnier (administrateur de la Confédération / voir 24 février et 10 janvier). Interview croisée par L’Est Républicain sur les difficultés du réseau.
L’Est Républicain : Quelle est la situation actuelle des buralistes en Meurthe-et-Moselle ?
• Hervé Garnier : La situation est très complexe, notamment depuis le début de l’année, avec des augmentations de prix qui impactent fortement notre marché. Nous cherchons des solutions pour contrer cette concurrence déloyale, notamment avec le Luxembourg, où les frontaliers peuvent ramener quatre cartouches sans problème. La situation est injuste, et ce, depuis plusieurs années.
Emmanuel Macron voulait harmoniser en Europe la fiscalité du tabac, mais depuis des années, rien n’a été fait, et la situation est de plus en plus tendue. Sur le département, nous avons enregistré une baisse des ventes de buralistes de -14 % (-12,8 % au niveau national) en 2024, ainsi que quelques fermetures de bureaux de tabac, dont un à Villerupt.
L’Est Républicain : Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les buralistes en Meurthe-et-Moselle ?
• Hervé Garnier : Les principales difficultés incluent la baisse des ventes de tabac, notre produit phare. En vingt ans, nous sommes passés de 350 à 179 débits de tabac. La concurrence des pays frontaliers et le marché parallèle sont des défis majeurs.
S’ajoute à cela l’insécurité croissante, avec des incidents violents contre nos collègues. Il y a de plus en plus de vols et d’agressions dans la profession. Nous constatons également la vente de cigarettes dans la rue, souvent des contrefaçons, et les autorités n’agissent pas pour contrôler ce phénomène.
L’Est Républicain : Quelles sont vos principales revendications pour améliorer la situation ?
• Alain Clouet : Nous demandons une harmonisation des prix du tabac au niveau européen pour réduire la concurrence déloyale. Nous souhaitons également un encadrement strict du marché de la nicotine, similaire à celui du tabac, pour éviter la vente illégale. Nous aimerions être davantage écoutés par les pouvoirs publics et qu’ils prennent des mesures concrètes. Nous étions à deux doigts de signer la réglementation sur la nicotine en 2024, mais avec cette valse de gouvernements que nous avons ces derniers temps, cela n’a pas pu se faire.
À chaque changement, nous sommes obligés de remettre le sujet sur la table, et nous ne sommes jamais vraiment écoutés. Heureusement, il y a eu une aide à la Transformation des débits de tabac pour aider les buralistes à s’adapter à la situation du marché du tabac et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs.




