À Metz (Moselle), bon nombre de buralistes estiment qu’on a atteint la limite supportable en termes de différence de tarifs entre le Luxembourg et la France. Sans compter un marché parallèle (alimenté par d’autres sources) qui tend à se développer. Autre constat : le faible commissionnement perçu pour les jeux. Reportage du Républicain Lorrain.
« Mascarade … Je comprends qu’on cherche à dissuader les gens de fumer par l’augmentation du prix des clopes. Seulement voilà, le fossé se creuse vraiment avec le Luxembourg. Il faudrait convenir d’un prix européen. »
•• Ce buraliste trentenaire a repris en 2021 un établissement près de la place historique Saint-Louis. « Avant, je bossais au Lux et le matin, on les voyait, les gars qui venaient tôt dans les stations-service et remplir des sacs de sport de cartouches de cigarettes. Et puis, on a tous un copain d’un copain qui bosse au Lux … »
Si, les premières années suivant la Covid, la situation était tenable, désormais, cela « devient très compliqué. C’est la première année où l’on ressent ce seuil psychologique. Avant, on bossait aussi pour les bars, ils peuvent se faire une marge. Mais aujourd’hui, s’ils l’achètent 13 balles, comment peuvent-ils se faire une petite marge ? »
Pourtant, il le reconnaît : dans une journée, il fait du chiffre. Mais au prix fort : une amplitude horaire d’ouverture conséquente, soit 90 heures par semaine. « Le problème, c’est l’absence de marge, dû à un faible commissionnement. »
•• Le constat est similaire chez plusieurs collègues. « À Noël, il y a les touristes, c’est pour cela qu’on se diversifie avec des petites choses sur la ville. Mais en ce moment, et jusqu’en mars, c’est vraiment la période creuse. Et regardez, en ville, il y a de moins en moins de monde », commente Alain, dans une rue importante du centre-ville : « Il n’y a guère que le soir, en été avec les terrasses, où ça fonctionne encore. »
Les cigarettes, c’est environ 50 % des achats selon la plupart des buralistes. L’autre moitié, ce sont les jeux et la presse. Mais avec des commissions de 4 % ou 2 % pour le PMU, par exemple, il ne reste plus grand-chose si l’on retire les charges, l’Urssaf, selon les buralistes interrogés.
« Et pourtant, depuis que la crise se fait ressentir plus fortement, les gens dépensent davantage dans les jeux d’argent », relève Alain. « Il y a bien les paris sportifs, mais on avait 5 % de marge. Sauf que maintenant, cela passe aussi par une appli Internet. On se diversifie, mais si on a un loyer à payer … C’est dur de tenir autrement qu’en bossant non-stop. Alors oui, on brasse beaucoup d’argent, mais finalement on ne fait que collecter pour le compte de l’État. » (Voir aussi 21 février 2025, 25 octobre 2024).




