Les cigarettes électroniques jetables dites « puffs » ont été officiellement interdites (voir 25 février). Buralistes, marché parallèle, quelles conséquences dans le Gard ? Enquête d’Objectif Gard.
Chez un buraliste à Bagnols-sur-Cèze , l’un des deux vendeurs ne s’affole pas et compte jouer le jeu : « les gens vont partir sur les rechargeables. »
•• Ghislaine Mazoyer, présidente des buralistes du Gard, reste sur ses gardes : « je ne considère pas que c’est une bonne décision, car c’est quelque chose que l’on nous enlève et que l’on vendait bien, mais on doit se plier aux directives. »
Pour que le message passe mieux, elle a misé sur la prévention : « il faut que les clients s’y habituent. J’ai expliqué aux clients que nous avions un système aujourd’hui que l’on recharge. En revanche, on ne veut pas en trouver ailleurs et les commander. Là, on ne sera pas d’accord », prévient-elle d’un ton ferme. « Malheureusement dans mon commerce, quand il y avait des puffs, des jeunes me disaient : « Tu ne peux pas m’en vendre, mais je peux en trouver ailleurs, ne t’inquiète pas ».
•• C’est le cas d’un collégien scolarisé sur l’agglomération alésienne, qui est un consommateur depuis un an et demi de puff jetable et qui s’est lancé depuis quelques mois dans la vente … « je me fournis encore dans deux épiceries sur Alès qui me font des tarifs moins chers car je prends en plus grosse quantité. Je revends principalement sur les applications Snapchat et Instagram où j’ai créé des comptes dédiés à la revente. » Le collégien se forme une clientèle principalement via ses amis ou grâce au bouche-à-oreille.
« J’achète pour 170 euros de commande les 20 puffs, ça me fait la puff à 8 euros l’unité, et je les revends 15 euros en moyenne. Je fais 130 euros de bénéfice par mois. Ça me permet de me payer mes loisirs, comme aller manger au restaurant, au fast-food, m’acheter des habits ou aller voir des matchs de foot », avoue le collégien. Concernant l’interdiction qui est entrée en vigueur ce 25 février, il est au courant, mais avoue que certains continueront à en vendre, lui y compris, même s’il connaît les risques.
•• Dans un bar-tabac situé au bord de la D981sur la commune de Méjannes-lès-Alès . « On avait anticipé que la loi allait prochainement passer, donc on n’avait pas acheté un stock en grande quantité, on a plutôt misé sur des rechargeables. » Concernant ce marché parallèle sur les réseaux sociaux, le buraliste avoue avoir fait face à une sacrée concurrence.




