Dans une interview exclusive accordée au Journal du Dimanche de ce 16 juin, Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics, revient sur la lutte contre le trafic de tabac.
Nous la reprenons intégralement.
• JDD : Comment appréhendez-vous l’augmentation du trafic de cigarettes ?
•• Thomas Cazenave : Les efforts de la Douane ont été démultipliés. Contrôles routiers, contrôles de fret, surveillance des zones frontalières… Les douaniers sont très actifs, et nous renforçons aussi leurs effectifs puisque six équipes supplémentaires de maîtres-chiens sont en ce moment déployées sur le territoire. Nous intensifions également l’action douanière sur Internet avec la mise en place de 70 cyber-douaniers permanents.
Nous savons que les revendeurs sont très actifs sur le web et le dark web, alors nous allons les chercher ! Récemment, le renseignement douanier a fait fermer la plateforme Cosa Nostra, très impliquée dans la contrebande de tabac.
• JDD : La politique fiscale de la France n’est-elle pas responsable de l’amplification du trafic ?
•• Thomas Cazenave : Oui, cela y participe. Je crois que nous avons atteint le seuil maximum, et je ne souhaite pas augmenter encore plus les prix du paquet de cigarettes. J’ai repoussé de nombreuses demandes allant dans ce sens. Cela devient contreproductif : si vous augmentez trop les taxes, vous constatez une augmentation de la contrebande. Du point de vue de la Santé et des Finances publiques, ce n’est pas une bonne chose.
• JDD : Les buralistes sont les premières victimes du trafic. Que faites-vous pour les accompagner ?
•• Thomas Cazenave : Les buralistes ont un rôle de proximité à jouer, ils font partie du maillage territorial et il est de notre devoir de les accompagner. Les buralistes sont des commerçants qui ont une utilité locale, et ils ne sont plus seulement des revendeurs de tabac : on y trouve parfois de la presse ou des livres, mais aussi de plus en plus de produits qui sont des alternatives au tabac.
Nous avons mis 300 millions d’euros pour la période allant de 2023 à 2027 dans le Fonds de Transformation des buralistes. Je souhaite qu’ils soient désormais les seuls revendeurs légaux de produits à base de nicotine, comme les cigarettes électroniques ou les gommes à mâcher. Je milite pour que toute substance nicotinique ne soit en vente que chez un buraliste !





« Il ne reste maintenant plus qu’à espérer que ce rapport finisse comme la plupart des rapports … au fond d’un tiroir »
La publication du rapport sénatorial préconisant de passer le prix d’un paquet de cigarettes à 25 euros d’ici 2040 (voir
Parmi les toutes récentes questions écrites de parlementaires au Gouvernement, nous avons relevé :
L’arrêté du 30 avril portant homologation des prix de vente au détail des produits du tabac – qui seront en vigueur le samedi 1er juin – est paru au Journal Officiel de ce 14 mai.
Malgré hausses du prix du tabac, contrebande … comment s’en sortent les buralistes dans une ville comme Thiers (14 000 habitants, sous-préfecture du Puy-de-Dôme) ? C’est la question que pose à l’un d’entre eux La Montagne.
Les buralistes du Sud-Ouest et d’Occitanie vont-ils pouvoir compter sur une prochaine hausse de la fiscalité du tabac espagnol ? Le sujet s’apparente au serpent de mer. Mais cela bouge quand même …
Buraliste depuis quatre ans à Dardilly (métropole de Lyon, Rhône), Marie-Claire Ardouin alerte – dans Le Progrès – sur la montée en flèche du trafic de tabac, entraînant une recrudescence des violences, des pertes fiscales considérables pour l’État et un problème croissant de santé publique (voir
Les élus des fédérations régionales de buralistes du sud méditerranéen se sont rencontrés, le 23 octobre, pour demander un moratoire sur la fiscalité du tabac et la vente exclusive des produits à base de nicotine.
À l’occasion de l’assemblée générale des buralistes de Meurthe-et-Moselle ce samedi 23 mars, Hervé Garnier, président départemental, a dénoncé sur France 3 la trop grande distorsion de concurrence avec les pays voisins belges et luxembourgeois.