Malgré hausses du prix du tabac, contrebande … comment s’en sortent les buralistes dans une ville comme Thiers (14 000 habitants, sous-préfecture du Puy-de-Dôme) ? C’est la question que pose à l’un d’entre eux La Montagne.
Jérôme Farge : Oui, forcément. Je pense que ces augmentations ont deux issues : les gens qui arrêtent complètement de fumer, et ceux qui continuent mais en modifiant leur consommation. Soit en achetant du tabac autrement, soit en se tournant vers les e-cigarettes. Pour l’instant, ce qu’on perd en vente se compense avec la hausse des prix, mais cela ne sera pas éternel. Il faut développer des marchandises et activités annexes au tabac …
•• Quelles sont ces autres activités que vous essayez de mettre en place ?
Jérôme Farge : On essaie de développer la bimbeloterie, tout ce qui est cartes postales, cadeaux, porte-clefs. Mais nous avons une forte concurrence juste à côté puisque nous sommes dans une galerie marchande. C’est compliqué d’innover. Et pour nous, impossible d’être relais colis : on n’a pas la place. On essaye plutôt de développer les gammes d’e-cigarettes.
•• Êtes-vous inquiet quant à l’avenir de votre travail ?
Jérôme Farge : Honnêtement, je ne pense pas que les Français arrêtent un jour de fumer complètement, donc l’activité de buraliste peut perdurer. Le problème, c’est surtout la concurrence des autres pays européens. Les pays frontaliers vendent le tabac à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués en France, donc forcément, on perd du chiffre d’affaires.
Et puis, il y a aussi le problème de la contrebande. Plus le prix du tabac va augmenter en France, plus la contrebande va se développer. Et ça, c’est autant d’argent perdu par les buralistes et par l’État, qui ne récupère aucune taxe là-dessus. Je pense qu’il y a une réelle solution à trouver dans ce sens qui allégerait les buralistes et les consommateurs. (Voir aussi 2 mars)




