Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
2 Sep 2025 | Associations
 

Faisant suite à la réponse positive de la Commission européenne, l’ACT – Alliance contre le Tabac appelle le gouvernement français à mettre en œuvre sans délai l’interdiction des sachets de nicotine, produits hautement addictifs, avant que leur consommation ne se généralise (voir le 4 juillet).

C’est ainsi que débute un communiqué d’Alliance contre le Tabac publié ce 1er septembre. Nous le reprenons.

En février dernier, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin, avait déjà annoncé l’intention d’interdire ces produits qui reposent sur des stratégies marketing ciblant particulièrement les jeunes.

Proposés avec des arômes fruités ou mentholés, à des prix attractifs, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) représentent une nouvelle offensive de l’industrie du tabac pour séduire les plus jeunes et fidéliser une clientèle sur le long terme. Le feu vert de Bruxelles permet désormais de passer à l’action, et il est indispensable d’agir rapidement.

L’ACT a constaté que la promotion de ces produits se répand désormais en France sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, portée par des influenceurs ciblant directement les jeunes. Ils les présentent souvent comme un « booster » de performance sportive et une drogue procurant des sensations fortes. Leur consommation est particulièrement associée à une image de virilité, visant notamment les jeunes hommes.

Rappelons que la nicotine, loin d’être un produit récréatif anodin ou renforçant les performances sportives, est l’une des drogues les plus addictives au monde et est classée comme « substance vénéneuse » par le Code de la santé publique.

Chez les jeunes, cette drogue peut notamment aggraver l’anxiété, accentuer les symptômes dépressifs, et altérer le développement cognitif. En 2024, l’Anses a déjà mis en garde contre les risques que présentent sachets, billes et perles de nicotine pour les enfants.

« Il est urgent d’agir pour éviter que cette nouvelle génération de produits addictifs ne s’installe durablement sur le marché français, comme ce fut le cas avec les Puffs », alerte Loïc Josseran, président de l’ACT – Alliance contre le tabac.
« Nous appelons le gouvernement à promulguer sans plus attendre le décret visant à interdire tous les produits nicotiniques à usage oral, hors produits de sevrage tabagique reconnus par les professionnels de santé.
Les profits d’une industrie toxique ne doivent pas passer avant la santé de nos adolescents. »

26 Juil 2025 | Pression normative
 

E-cigarette / TabacConséquence du récent décret interdisant de fumer dans tous les parcs (ainsi que sur les plages / voir 28 et 29 juin), on ne fume plus du tout sur les golfs.

Il en existait où l’on pouvait effectivement et discrètement fumer, même s’il est légitime de considérer que nous sommes par essence dans un équipement sportif.

Mais avec cette interdiction de fumer dans tous les parcs, les greens, les bunkers, les practices, les putting greens et même les terrasses des restaurants de club-house sont devenus des zones non-fumeurs. Pour de bon.

Reste à rappeler un point important : cette interdiction ne s’applique absolument pas à la cigarette électronique.
À moins … que le règlement intérieur ne spécifie cette interdiction. Ce qui n’est pas trop le cas pour le moment.

20 Juil 2025 | Associations, Institutions
 

Logo de RTLPourquoi les campagnes anti-tabac ont-elles des origines inavouables ?
Avec l’instauration récente de certains espaces sans tabac (voir le 29 juin), la France poursuit sa campagne anti-tabac. La première… a été inventée dans les années 1930, en Allemagne, par Adolf Hitler.

…C’est ainsi que débute une chronique de Florian Gazan sur RTL, du 1er juillet, que nous reprenons.

Fumer sur les plages, dans les parcs ou sous les abribus est désormais interdit.
Cette mesure, en vigueur depuis le 29 juin, a pour principal objectif de protéger les enfants du tabagisme passif. Mais les campagnes anti-tabac ont des origines inavouables.
Dès son arrivée en Europe, au XVe siècle, le tabac a eu ses détracteurs pour des raisons religieuses, morales ou politiques, mais cette opposition ne reposait sur rien de tangible à l’époque. Lire la suite »

18 Juil 2025 | International
 

Ce 16 juillet, le commissaire européen au budget, Piotr Serafin, a présenté aux eurodéputés le projet de loi de finances européen pour la période 2028-2034.

Sachant que le budget actuel (2021-2027) – essentiellement financé par les contributions des États membres – se monte à 1 270 milliards d’euros. Soit 1,13 % du PIB des États membres.

Pour les années 2028-2034, la Commission européenne table sur un peu moins de 2 000 milliards d’euros, 1,26 % du PIB européen. Ceci dans un contexte économique et géo-stratégique différent que celui de la période précédente…
À l’évidence, les contributions nationales ne seront pas suffisantes.

D’où le recours à des recettes supplémentaires : par exemple, une taxe pour les grandes entreprises, une autre sur les déchets électroniques non recyclés, un prélèvement sur les revenus des quotas de carbone et de la taxe carbone aux frontières des pays membres…
Mais aussi une ponction dans les droits d’accise sur le tabac des différents pays membres
Soit un nouveau prélèvement intitulé The Tobacco Excise Duty Own Resource (TEDOR).
Une ponction supplémentaire sur le tabac en Europe qui n’était pas prévue…
On parle d’un total de 11,2 milliards d’euros par an.

Toujours ce 16 juillet à Bruxelles s’est tenue une réunion au niveau de la Commission en vue de réviser au niveau européen le schéma global des droits d’accises appliqués au tabac et aux produits nicotiniques dans les pays membres. Soit une nouvelle directive fiscalité. Laquelle était attendue…
La réunion a été conduite par la Direction générale de la Fiscalité et de l’Union douanière (DG TAXUD).
Il en résulte que deux axes de travail ont été examinés et semblent adoptés :
1 / Une nouvelle directive sur la structure et les taux d’accises applicables aux produits du tabac (cigarettes, tabac à rouler, cigares-cigarillos) et à ceux dits de « nouvelle génération » : produits du vapotage, tabac chauffé, sachets de nicotine.
2 / Une disposition pour inclure le tabac brut dans les objectifs de contrôle douanier.

La suite du processus de révision ? Cette proposition de nouvelle directive fiscalité va ensuite être transmise au Conseil de l’Union européenne (où siègent les différents gouvernements). Les discussions devraient être ardues.

(Voir aussi 14 juillet et 16 juin)

8 Juil 2025 | Associations, Récents
 

Pour réduire le fléau du tabagisme, il faut, de toute évidence, réduire les ventes de cigarettes. Mais comment ?

Kylie Lindorff, une Australienne experte de la lutte antitabac, dont le travail au sein de l’ONG Cancer Council vient d’être distingué par l’Organisation mondiale de la santé, propose pour cela d’en interdire la vente par des commerces de détail — et d’en confier à la place la distribution à des organismes à but non lucratif.

C’est ainsi que débute un article du Figaro.fr (pour Le Figaro Santé) que nous reprenons.

Un modèle audacieux qu’elle a détaillé devant une salle pleine lors de la conférence internationale de lutte contre le tabac qui s’est tenue à Dublin fin juin. « L’industrie du tabac est extrêmement rentable : on estime qu’elle générera 928 milliards de dollars de revenus cette année », a rappelé Kylie Lindorff devant son auditoire.
« Ces profits permettent à ses acteurs d’entraver de façon agressive les projets de lutte antitabac, de poursuivre des pays en justice et d’innover dans de nouveaux produits pour continuer à croître. » C’est donc à cette profitabilité élevée et en pleine expansion que la chercheuse propose de s’attaquer. Lire la suite »

8 Juil 2025 | International
 

Une directive de l’Union européenne prévoirait d’adapter la fiscalité du tabac au pouvoir d’achat du pays (voir 16 juin 2025). Au Grand-Duché de Luxembourg, un paquet pourrait augmenter de… 3,5 euros.

L’écart de prix avec ses voisins, comme la France, pourrait donc se réduire — mais pas disparaître d’un coup de baguette magique. C’est ce que traite, au conditionnel, FranceInfo Grand Est dans une information que nous reprenons.

Des contrôles souvent synonymes de jolies prises : l’actualité regorge régulièrement de faits de contrebande autour du tabac en lien avec le Luxembourg. Avec des prix en moyenne 2,5 fois plus bas qu’en France, le Grand-Duché reste très attractif pour les consommateurs frontaliers — mais aussi les trafiquants en tout genre, qui ne sont plus uniquement issus de la région Grand Est voisine. Lire la suite »

5 Juil 2025 | Pression normative
 

Biarritz plage sans tabacDepuis le décret du 27 juin 2025 sur les espaces sans tabac, de nouvelles restrictions en matière de tabagisme entrent en vigueur (voir 1er juillet et 29 juin). Pour accompagner ces changements et répondre efficacement aux questions les plus fréquentes, le ministère de la Santé a mis à disposition une foire aux questions (FAQ) accessible en ligne. C’est ainsi que débute une communication de l’UMIH (Union des Métiers de l’Hôtellerie-Restauration).

Quelles terrasses sont concernées ?

Les terrasses couvertes et fermées sont déjà interdites au tabac. Avec la nouvelle réglementation, même les terrasses complètement ouvertes peuvent être visées si elles se trouvent dans des zones interdites, notamment : les parcs et jardins publics, les plages pendant la saison balnéaire, ou à moins de 10 mètres des établissements accueillant des mineurs, comme les écoles ou crèches.

Ainsi, un café dont la terrasse est implantée dans un parc ou face à une école devra interdire de fumer, même si la terrasse est en plein air.

Bars et restaurants de plage : une interdiction ferme

Les paillotes, bars et restaurants installés sur des plages bordant des eaux de baignade sont également concernés. Durant la saison balnéaire, fumer y sera strictement interdit, y compris sur les terrasses extérieures. L’objectif : faire des plages des lieux sans tabac visibles ni odeurs, pour éviter toute incitation, notamment chez les jeunes.

La règle des 10 mètres

Autre point crucial : les terrasses de cafés et restaurants situées dans un périmètre de 10 mètres autour des accès publics d’écoles, bibliothèques ou établissements accueillant des mineurs, sont désormais soumises à l’interdiction. Cette mesure s’appliquera dès la publication d’un arrêté précisant les modalités.

Signalisation obligatoire

Les établissements concernés doivent afficher une signalétique réglementaire visible, mentionnant l’interdiction de fumer, le numéro d’aide à l’arrêt (3989), et les sanctions encourues.

Quelles sanctions ?

Tout manquement est passible d’une amende de 135 euros, pouvant atteindre 750 euros en cas de récidive. Ces sanctions concernent aussi bien les fumeurs que les responsables de lieux ne respectant pas leurs obligations de signalisation ou incitant au tabagisme.

Une période estivale de tolérance est prévue pour la mise en conformité, mais la vigilance est de mise dès maintenant selon l’UMIH.

5 Juil 2025 | Profession
 

Pour le cardiologue et militant Olivier Milleron, les interdictions de fumer dans de nouveaux lieux publics sont une bonne chose… mais elles ne vont pas assez loin. Car selon lui, le problème du tabac, c’est davantage son industrie que les consommateurs. Nous reprenons l’entretien qu’il vient d’accorder au NouvelObs.

Depuis le 29 juin, il est interdit de fumer près des plages, des parcs, mais aussi des établissements scolaires, des bibliothèques et autres lieux destinés à l’accueil des mineurs. De nouveaux lieux qui s’ajoutent à la liste de ceux où la cigarette était déjà proscrite, pour permettre à une « génération débarrassée du tabac dès 2032 ».

Pour Olivier Milleron, ancien fumeur et cardiologue hospitalier, la lutte contre le tabagisme doit se faire non pas contre les consommateurs mais contre les grandes entreprises productrices de tabac.

Dans son livre « Pourquoi fumer, c’est de droite » (2022, éditions Textuel), il analyse le fonctionnement de cette industrie qui s’est développée en même temps que le « capitalisme toxique » (voir les 18 décembre 2024 et 5 septembre 2022).

Êtes-vous surpris de cette nouvelle mesure face à la toute-puissance de l’industrie du tabac dont vous parlez dans votre livre ?
Olivier Milleron : « L’interdiction de fumer dans de nouveaux lieux publics est un aménagement de la loi qui est le bienvenu, mais il reste à la marge.
Il faut rappeler qu’il est déjà interdit de fumer dans les transports, dans les restaurants, et que personne, même les fumeurs, ne serait d’accord pour revenir dessus.
Ce qui est embêtant, c’est que le Gouvernement lutte contre les fumeurs mais pas contre l’industrie du tabac, qui est l’industrie qui pollue le plus.
Le fait d’interdire de fumer sur les plages, dans les parcs, mais pas encore aux terrasses de café, c’est assez symptomatique de la façon dont il ne faut surtout pas heurter les intérêts les plus forts de l’industrie du tabac. Interdire de fumer sur les terrasses de café, là où il y a le plus de fumeurs, aurait été un signal fort. » Lire la suite »

2 Juil 2025 | Pression normative
 

Photo : Ligue / MaxPP

Bien avant la parution du décret sur l’extension des zones sans tabac (voir le 28 juin), en Indre-et-Loire (comme partout ailleurs en France) de nombreuses communes avaient déjà décrété des espaces sans tabac. Avec pragmatisme et sans problèmes.
Nous reprenons l’article qu’y a consacré, récemment, La Nouvelle République.

En Touraine, grâce à la Ligue contre le Cancer 37, des espaces sans tabac ont déjà été décrétés dans différentes communes du département, essentiellement devant les écoles mais pas seulement.
« Nous avons travaillé jusqu’à présent avec 18 communes qui se sont engagées dans la démarche, indique Fanny Pallares, chargée de prévention à la Ligue contre le Cancer 37. Et au total, nous recensons 91 espaces sans tabac. La plupart du temps, ils sont implantés aux abords des écoles mais il y a aussi devant quelques collèges, des lieux sportifs, des parcs, des aires de jeux pour enfants. » Lire la suite »

30 Juin 2025 | Pression normative
 

La parution au Journal Officiel de ce samedi – pour une application du jour au lendemain – du décret sur de nouvelles zones non-fumeurs dans l’espace public suscite plusieurs remarques. Contrastées (voir les 28 et 29 juin).

Le bon sens l’a emporté sur deux points :

Là où il est désormais interdit de fumer, on pourra toujours vapoter. C’est un grand pas en avant dans la reconnaissance du vapotage. Et de sa moindre nocivité par rapport au tabac.

On pourra toujours fumer sur les terrasses des bars, cafés, brasseries, restaurants. C’est une reconnaissance du sens des responsabilités des patrons d’établissements. Et de celui de la plupart des fumeurs aussi en termes de précautions prises à l’égard des non-fumeurs.

Annoncé, proclamé, ce texte est encore très flou et d’une application compliquée sur le terrain au quotidien :

Si l’interdiction est claire pour les plages « bordant les eaux de baignade, pendant la saison balnéaire », elle l’est beaucoup moins concernant « les abords » de certains lieux cités par le décret (bibliothèques, enceintes sportives, établissements d’enseignement primaire et secondaire).

On parle d’un périmètre « d’au moins 10 mètres »… Cela mérite précisions. Sinon on va à la pagaille.

Tout va reposer sur l’application concrète sur le terrain :

Ce sont les municipalités et les polices municipales qui vont devoir mettre le dispositif en œuvre. En fonction de leurs priorités de cet été. Il est facile de planter un panneau « interdiction de fumer » sur une plage.

Il sera moins facile de faire respecter l’interdiction dans les « abords » des lieux cités dans le décret.