Quelques semaines après la sortie du Guide « PMU, les 100 bars qui font la France » (voir 12 et 22 novembre 2024), une enquête de la Fondation Jean Jaurès met l’accent sur le rôle social de ces établissements, en ville comme en campagne.
Gros plan avec Gaspard Jaboulay, co-auteur de « Micro-comptoirs : enquête sociologique dans la France des PMU », interviewé par ici Mayenne.
• ici Mayenne : Les clients réguliers des PMU sont peu ou pas diplômés. Ils viennent de milieux modestes. Ce sont surtout des hommes. Qu’est-ce qu’on apprend de nouveau dans ce rapport ?
•• Gaspard Jaboulay : On en apprend beaucoup sur les motivations à se rendre dans les bars PMU parce qu’on se rend compte que bien sûr, il s’agit de jouer, mais aussi de trouver une ambiance, de chercher une convivialité très spécifique qu’on ne trouve pas ailleurs, c’est à dire pas dans les cercles amicaux, pas dans les cercles familiaux, ni entre collègues.
Et dans cette convivialité, on voit qu’il y a aussi beaucoup de partages de tuyaux, pour les courses hippiques, mais aussi de bons plans pour la vie quotidienne. Ça peut être alimentaire, ça peut être pour trouver un logement, pour trouver un travail. Et ça, c’est notamment permis par la concentration d’une forte population d’artisans.
• ici Mayenne : Le PMU a-t-il toujours autant de succès ?
•• Gaspard Jaboulay : Ils accueillent 10 % de la population française par semaine. Pour vous donner un ordre de grandeur, c’est 7 % dans les restaurants McDonald’s. Donc l’indice de fréquentation est plus important. On parle aussi de 14 000 points de vente, un indicateur intéressant si on le compare au nombre de bureaux de poste qui est de 7000, soit deux fois moins.
• ici Mayenne : Parmi les personnes que vous avez interrogées, 17 % reconnaissent aller au fast-food 1 à 2 fois par mois. C’est seulement 7 % pour les PMU. Ces chaînes gagnent-elles du terrain-là où les PMU en perdent ?
•• Gaspard Jaboulay : Ce ne sont pas exactement les mêmes modes de sociabilité et les mêmes objectifs qu’on recherche. Les restaurants McDonald’s ont une fonction d’alimentation précise. Ce qui surprend avec les PMU, c’est plutôt le côté multifonctions. En termes d’ambiance et de capacité d’accueil, dans les deux cas, on nous parle beaucoup d’un esprit d’ouverture, d’un accueil très important et très marqué dans le cas des PMU. Pour autant, on n’y va pas tout à fait pour les mêmes raisons, donc je trouve que c’est un peu compliqué de les comparer du point de vue des motivations. Lire la suite »