Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
 

On sait que, sur le long terme, les autorités britanniques ont toujours toléré, voire clairement encouragé, le vapotage (voir le 12 avril 2023).

Tout en établissant une fiscalité ad hoc (voir le 8 octobre 2025).

La BBC rapporte que l’Office for National Statistics vient d’évaluer que 5,4 millions d’adultes vapotent (quotidiennement ou occasionnellement), alors que 4,9 millions d’adultes fument (quotidiennement ou occasionnellement) des cigarettes.

Autrement dit, 10 % des adultes britanniques sont vapoteurs, alors que 9,1 % sont fumeurs de cigarettes. Pour mémoire, nous en sommes à 25 % de fumeurs de cigarettes en France…

La même enquête fait ressortir que les vapoteurs quotidiens se recrutent essentiellement parmi la tranche d’âge des 25-49 ans.

6 Nov 2025 | Pression normative
 

Chaque année, la campagne Mois sans tabac incite des millions de fumeurs à relever le défi d’un mois sans cigarette. Cette période est idéale pour découvrir les alternatives sans fumée, aujourd’hui mieux documentées et plus variées que jamais. En 2025, le message de santé publique évolue : il ne s’agit plus seulement d’arrêter de fumer, mais de réduire les risques, d’adapter sa stratégie et de choisir des produits mieux tolérés.

C’est ainsi que débute une communication de Nicotine World (voir le 16 octobre et le 23 août) sur le Mois sans tabac que nous reprenons intégralement.

Les études de Public Health England et les revues Cochrane récentes confirment que les dispositifs alternatifs peuvent tripler les chances de succès comparés à un arrêt sans aide. Ces solutions sont complémentaires : certaines visent à maintenir un apport en nicotine, d’autres à rompre le geste. Toutes ont pour point commun l’absence de combustion.


La vape : un outil désormais reconnu

La vape reste aujourd’hui l’alternative la plus utilisée en France. Elle fonctionne en chauffant un liquide contenant de la nicotine, sans produire de fumée. Les rapports successifs de Public Health England (2015, 2018, 2021) estiment que la vape est au moins 95 % moins nocive que la cigarette. En remplaçant la combustion par la vaporisation, elle élimine la majorité des substances toxiques, dont les goudrons et le monoxyde de carbone.

La Cochrane Review (2023) sur les cigarettes électroniques a confirmé leur efficacité supérieure à celle des substituts classiques. Les vapoteurs ont deux fois plus de chances de rester abstinents à un an comparés à ceux utilisant uniquement des patchs ou des gommes.


Les sachets de nicotine : une option émergente

Les sachets de nicotine, encore récents sur le marché français, gagnent du terrain. Inspirés du modèle scandinave, ils permettent d’absorber la nicotine sans inhalation, ni tabac, ni combustion. L’évaluation de l’ANSES (2021) souligne que ces produits doivent être encadrés, mais reconnaît leur potentiel en tant qu’outil de réduction des risques pour les fumeurs adultes.

Discrets, faciles d’usage, sans odeur ni vapeur, ils constituent une alternative intéressante pour les contextes où la vape est difficilement compatible (lieux publics, travail, transport). Lire la suite »

29 Oct 2025 | Observatoire
 

Le Baromètre de Santé publique France publié le 15 octobre 2025 révèle une chute inédite du tabagisme dans notre pays : en 2024, moins d’un quart des adultes fumaient, un niveau jamais atteint. Une victoire pour la santé publique à saluer sans réserve (voir les 15 et 16 octobre).
Mais derrière ces chiffres encourageants, de fortes inégalités sociales.
C’est ainsi que débute un communiqué de la fédération France Addictions que nous reprenons (voir le 31 mai).

Une baisse durable et spectaculaire du tabagisme en France

Une bonne nouvelle : pour la première fois depuis que Santé publique France mesure ces indicateurs, moins d’un quart des adultes fument !

24 % des 18-79 ans déclarent fumer, dont 17,4 % quotidiennement. Chez les 18-75 ans, la proportion de fumeurs est passée de 32 % en 2021 à 25 % en 2024 — une baisse continue engagée depuis 2016, confirmée après la parenthèse du Covid-19.

Le Baromètre de Santé publique France, publié le 15 octobre 2025, confirme que les ventes de tabac ont, elles aussi, chuté de 24 % depuis 2021, tandis que les ventes de traitements de sevrage ont bondi de 29 % sur la même période.

Cette baisse témoigne des efforts conjoints de prévention, de la hausse du prix du tabac (le paquet est passé de 10,92 € à 12,54 € entre 2023 et 2024) et d’un meilleur accompagnement des fumeurs par les professionnels de santé et de l’addictologie. Elle s’inscrit dans l’objectif du Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 : atteindre une génération sans tabac d’ici 2032.

Des inégalités sociales qui menacent les progrès

Mais malgré ces succès, les écarts sociaux restent criants. Les ouvriers fument ainsi 2,1 fois plus que les cadres (25,1 % contre 11,8 %), et les personnes déclarant des difficultés financières sont trois fois plus nombreuses à fumer que les autres (30 % contre 10,1 %). Le chômage joue également un rôle considérable : la prévalence du tabagisme atteint 29,7 % chez les personnes sans emploi.

Ces chiffres confirment le risque de voir la lutte contre le tabac profiter davantage aux catégories favorisées, au risque d’accroître les inégalités sociales de santé si des politiques ciblées ne sont pas renforcées. La Fédération Addiction appelle donc à adapter les dispositifs d’accompagnement aux publics les plus précaires et à maintenir des politiques de prévention accessibles à tous. Lire la suite »

20 Oct 2025 | Observatoire
 

Les résultats du Baromètre 2024 de Santé publique France et de l’enquête ESPAD 2024 confirment qu’un changement profond de société est à l’œuvre (voir le 15 octobre 2025). En dix ans, le nombre de fumeurs quotidiens de 18 à 75 ans a diminué de quatre millions. Grâce à la mobilisation collective et à la cohérence des politiques publiques, la France franchit une étape historique dans la lutte contre le tabac et s’engage durablement sur la voie d’une génération libérée du tabac.
C’est ainsi que débute un communiqué de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives / voir le 19 juillet 2024 et le 6 mai 2025) que nous reprenons.

4 millions de fumeurs quotidiens en moins en dix ans

Le tabagisme recule nettement dans toutes les tranches d’âge, et plus encore chez les jeunes : en 2024, la proportion de fumeurs quotidiens parmi les 18-75 ans s’élève à 18 % contre 25 % trois ans plus tôt. Chez les jeunes adultes de 18 à 29 ans, la proportion de fumeurs quotidiens chute de 29 % à 18 % entre 2021 et 2024. Chez les adolescents de 17 ans, elle passe de 25,1 % en 2017 à 15,6 % en 2022. Quarante-quatre % des jeunes adultes déclarent n’avoir jamais fumé, un niveau record.

Les résultats de l’enquête ESPAD 2024, menée dans 37 pays européens, confirment la tendance : la France fait désormais partie des pays où l’expérimentation comme le tabagisme quotidien des jeunes de 16 ans sont parmi les plus faibles.

Cette même étude montre que l’expérimentation du cannabis a, quant à elle, été divisée par quatre entre 1999 et 2024 ; la France compte désormais parmi les pays où les jeunes de 16 ans consomment le moins de cannabis. La baisse est moins marquée s’agissant des consommations d’alcool. L’expérimentation d’alcool concerne près de sept jeunes Français sur dix. Ce niveau d’expérimentation et celui des API au cours du mois placent cependant la France dans le tiers des 37 pays les moins consommateurs (…)

Les progrès réalisés au cours de la dernière décennie

Les progrès réalisés au cours de la dernière décennie témoignent de l’efficacité d’une stratégie cohérente, fondée sur la prévention, la régulation et l’accompagnement. Ils confirment que les nouvelles générations se détournent durablement du tabac, une mutation qui s’inscrit aussi dans un contexte de sensibilisation accrue à la santé physique et mentale, au bien-être et à la qualité de vie.

  • Paquet neutre, hausse des prix et espaces sans tabac ;
  • Mois sans tabac depuis 2016, devenu un rendez-vous national de mobilisation ;
  • Accessibilité des traitements de substitution nicotinique ;
  • Renforcement des compétences psychosociales (CPS) dès le plus jeune âge ;

Malgré cette dynamique positive

Malgré cette dynamique positive, le tabagisme demeure marqué par de fortes disparités :

  • Il reste deux fois plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres (25 % contre 12 %) ;
  • Trois fois plus élevé chez les personnes en difficulté financière (30 % contre 10 % chez celles se déclarant à l’aise) ;
  • Plus répandu dans certaines régions, notamment le Grand Est, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur ;

Ces résultats rappellent la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire les inégalités sociales de santé, accompagner les publics les plus vulnérables et répondre aux défis posés par de nouveaux produits à base de nicotine. La Mildeca reste pleinement engagée pour consolider ces progrès et faire émerger une génération libérée du tabac et de la dépendance, capable de faire des choix éclairés pour sa santé et son avenir.

« La baisse historique du tabagisme, chez les adultes comme chez les plus jeunes, montre qu’une politique globale, ambitieuse et continue, réunissant les pouvoirs publics, les professionnels et les associations, porte ses fruits. Les financements mobilisés par le Fonds de lutte contre les addictions permettent de soutenir, à l’échelle nationale comme au niveau local, de nombreux projets dont on mesure aujourd’hui l’efficacité pour dénormaliser le tabac, prévenir sa consommation et aider les fumeurs à arrêter », selon le docteur Nicolas Prisse, président de la Mildeca.

 

Santé publique France a publié le baromètre 2024 de la prévalence tabagique en France comme nous l’avons annoncé hier soir (voir le 15 octobre).

Avec une baisse spectaculaire de cette même prévalence tabagique – en une seule année (de 2023 à 2024) – puisque l’on passe de 31,3 % à 25 % (pour les « fumeurs quotidiens et occasionnels ») et de 23,1 % à 18,1 % (pour les fumeurs « quotidiens »).

Autres chiffres-clés publiés par Santé publique France :

  • Le nombre des fumeurs quotidiens a diminué de 4 millions entre 2014 et 2024.
  • La part de personnes qui n’ont jamais fumé de leur vie est de 44 % désormais.
  • 55 % de fumeurs quotidiens souhaitent arrêter.
  • 17,3 % des fumeurs quotidiens de 18-79 ans déclarent avoir fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine au cours des 12 derniers mois.
  • 25 % des ouvriers sont fumeurs quotidiens.
  • 12 % des cadres sont fumeurs quotidiens.
  • 30 % des chômeurs sont fumeurs quotidiens.
  • 20,9 % de fumeurs quotidiens en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
  • 14,6 % de fumeurs quotidiens en région Île-de-France.
15 Oct 2025 | Institutions
 

Baisse FlècheSanté publique France vient de publier le baromètre 2024 de la prévalence tabagique en France pour 2024.
Cinq mois seulement après la parution de son baromètre 2023 (voir le 21 mai).

Mais le plus étonnant réside dans une baisse spectaculaire de cette même prévalence tabagique – en une seule année (de 2023 à 2024) – puisque l’on passe de 31,3 % à 25 % (pour les « fumeurs quotidiens et occasionnels ») et de 23,1 % à 18,1 % (pour les fumeurs « quotidiens »).

Ceci après des années de stagnation : 34 % de « fumeurs quotidiens et occasionnels » et 30 % de « fumeurs quotidiens » en 2000.

Les explications de toute nature vont se multiplier pour expliquer ces chiffres. On reviendra dessus.
Mais il est probable que le développement du vapotage, ces toutes dernières années, a dû jouer un rôle important.

À suivre.

20 Sep 2025 | Associations
 

ContrepointsLe tabagisme demeure un enjeu majeur de santé publique en France. Nous comptons 27 % de fumeurs, contre une moyenne de 24 % en Europe. On estime qu’environ 75 000 décès sont dus chaque année à des complications qui lui sont liées, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable. Est-ce évitable, et comment ?
C’est ainsi que débute un article de la dernière édition de la revue libérale Contrepoints (voir 13 octobre 2022).

La situation ne progresse que très lentement. L’objectif est de parvenir à zéro tabac ou presque (taux inférieur ou égal à 5 %) d’ici à 2032. Mais selon les projections actuelles, il ne pourra être atteint que dans… 141 ans. Toutefois, des pays leaders de la lutte antitabac nous indiquent des moyens d’aller plus vite. Les chiffres le montrent : avec des stratégies fondées sur des données probantes et une réglementation intelligente, le changement est possible.

Trois scénarios

  • Scénario 1 : l’immobilisme — Si rien de plus n’est fait, la France n’atteindra le statut de pays sans tabac qu’en 2166, soit 134 ans après l’objectif théorique.
  • Scénario 2 : suivre les pays leaders — En prenant exemple sur la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni ou le Japon, l’objectif pourrait être atteint en 2076.
  • Scénario 3 : appliquer le modèle suédois — Avec la politique mise en œuvre en Suède, la France décrocherait le pompon douze ans plus tôt, en 2064.

 

Pourquoi la Suède est en passe de vaincre le tabagisme ?

Avec un taux de tabagisme de seulement 5,3 %, qui tombe à 4,5 % chez les Suédois de naissance, ce pays va probablement devenir le premier au monde sans tabac. En 2004, il comptait encore 16,5 % de fumeurs. Les étrangers venus de l’Union européenne qui s’installent suivent le mouvement : de 24 %, ils ne sont plus que 7,8 % à fumer.

Les effets sur la santé publique sont spectaculaires : par rapport à la moyenne de l’Union européenne, la Suède enregistre 21,2 % de décès liés au tabagisme en moins, 31,3 % de décès pour cause de cancer en moins et 36 % de décès par cancer du poumon en moins. En outre, les décès dus aux maladies cardiovasculaires ont baissé de 12% depuis 2008 et ceux qui sont dus à des cancers provoqués par le tabac, de 25,3 %.

Le secret de ce succès ? Une stratégie qui consiste à faire accepter des produits de substitution, facilement accessibles et peu coûteux. Des produits innovants à base de nicotine (ou produits nicotiniques à risques réduits), souvent très efficaces : vapes, cigarettes électroniques, produits oraux comme le snus (une tradition suédoise), patchs de nicotine…

Accélérer la trajectoire de la France vers un avenir sans tabac

En comparant la Suède et la France, il est facile les lacunes de nos politiques. Contrairement à la Suède, la France impose aux PNRR un cadre réglementaire très restrictif, censée protéger les jeunes contre l’exposition à la nicotine, mais qui n’aide guère les fumeurs de longue date à se sevrer. En l’état actuel de ces réglementations, La vente de cigarettes électroniques traditionnelles est autorisée, mais les vapes jetables sont, elles, interdites depuis février 2025.
( Les sachets de nicotine viennent d’être interdits / ndlr ).

Des politiques efficaces existent, elles ont fait leurs preuves ailleurs, elles se basent sur la liberté et l’innovation et elles sauvent des vies, qu’attendons-nous ? 

7 Juil 2025 | International
 

La France est l’un des pays d’Europe qui taxe le plus le tabac. Mais les résultats de ce choix fiscal sur notre consommation de cigarettes sont décevants et engendrent de nombreux effets pervers.

C’est ainsi que débute une tribune de Vincent Bénard, économiste, publiée sur LePoint.fr. Il revient longuement sur l’exemple de la Suède. Nous reproduisons l’intégralité de cette tribune.

Un symptôme frappant de la contrebande

Le 4 mai dernier, une sénatrice française a été contrôlée à notre frontière avec plus de 110 cartouches de cigarettes détaxées, comme une banale trafiquante. Ce fait divers pourrait paraître anecdotique, mais est symptomatique de l’explosion de la contrebande de tabac en France (voir le 29 juin 2025).

Selon un récent rapport de KPMG, un tiers des cigarettes consommées dans l’Hexagone provient du marché parallèle, alimenté notamment par des contrefaçons ou le vol de cargaisons légales. La France représente à elle seule près de la moitié des ventes de tabac clandestin en Europe (voir le 12 juin 2025).

La cause en est bien identifiée : il s’agit de notre niveau exceptionnellement élevé de taxation du tabac, le second en Europe derrière l’Irlande. Un paquet de cigarettes vendu chez nous incorpore environ 10 euros de taxes pour un prix de vente compris entre 12 et 13 euros. Autrement dit, le produit brut supporte plus de 500 % de taxes !

Ce taux vise à dissuader la consommation, mais il crée une forte incitation à l’achat hors du circuit officiel, le prix du paquet pouvant y être divisé par deux tout en laissant de confortables marges aux contrebandiers, avec un risque judiciaire plus faible que pour d’autres substances addictives, puisque le tabac est légal.

Prévalence tabagique : la France à la traîne de l’Europe

Le paradoxe est que cette politique fiscale très agressive n’a pas permis à la France d’être exemplaire en matière de santé publique.

Avec environ 25 % de fumeurs réguliers, notre pays se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (19 %), et la baisse de la prévalence tabagique depuis le début du XXIe siècle y est relativement modeste.

À contrario, des pays comme le Royaume-Uni (13 %), l’Allemagne (18 %), la Norvège et les Pays-Bas (14 %) affichent de meilleurs résultats, alors qu’ils taxent moins que nous le tabac.

L’exemple le plus emblématique est celui de la Suède, qui se distingue par la prévalence de la cigarette la plus faible d’Europe avec seulement 6 % de fumeurs réguliers. Pourtant, le prix d’un paquet de cigarettes y est compris entre 6 et 7 euros, soit moitié moins cher que chez nous. Quel est leur secret ?

La Suède : une approche pragmatique meilleure pour la santé

25 % des Suédois consomment des produits nicotinés, soit autant que la moyenne européenne, contre près de 50 % de fumeurs dans les années 1970.

Mais leur consommation s’est fortement déplacée vers des formats alternatifs sans fumée, et notamment le snus, petit sachet de tabac oral que l’on place entre la lèvre et la gencive, devenu très populaire dans les années 1990, et plus récemment, les pouches, reposant sur le même principe, mais où le tabac est remplacé par de la nicotine.

Ces produits permettent de diffuser lentement la nicotine dans le sang à faible dose via les muqueuses buccales, sans que tous les sous-produits toxiques de la combustion de la cigarette (goudrons, monoxyde de carbone, etc.) soient en contact avec les poumons.

Mais n’est-ce pas remplacer un danger par un autre ? Non, car le profil de risque de ces produits est bien documenté et très inférieur à celui de la cigarette.

Les Scandinaves se sont inspirés de travaux scientifiques, notamment ceux du Royal College of Physicians britannique ou de Public Health England, qui permettent de caractériser le profil de risque (risques médicaux, pouvoir addictif, etc.) de toutes les formes de nicotine.

Ces travaux ont permis de déterminer que les vapes, les sprays, le snus et les pouches sont des produits à faible profil de risque, et sont de 10 à 30 fois moins nocifs que le tabac à fumer, dont la cigarette est la pire forme.

Les autorités suédoises ont donc mis en œuvre une politique de « réduction des conséquences » plutôt que de rechercher une illusoire élimination de la consommation de nicotine.
Ils ont dédiabolisé les modes de consommation alternatifs et les ont favorisés par une taxation inversement proportionnelle à leur profil de risque.

Ainsi, la part de la cigarette est devenue très minoritaire dans cette consommation, remplacée par ces formes moins nocives et moins chères.

Ce choix sanitaire est hautement bénéfique :

  • la mortalité liée au tabac est 21 % plus basse qu’ailleurs dans l’Union européenne,
  • et celle spécifiquement due au cancer du poumon est réduite de 36 %.

La France, en revanche, persiste dans son approche prohibitionniste.
En 2026, de nouvelles réglementations visant à réduire l’attractivité de la cigarette électronique entreront en vigueur.
Pourtant, selon les autorités britanniques, la vape est très efficace pour aider à l’abandon de la cigarette classique, et 20 fois moins nocive.

Quant au snus, il est interdit à la vente dans toute l’UE, hors Suède.
Et les pouches sont menacées d’être interdites en France, alors que la forme la plus nocive, la cigarette, reste accessible.

L’interdiction de leur vente aux mineurs est d’autant moins dissuasive que prospère le marché noir, sur lequel on constate nombre de toxicités encore supérieures aux produits légaux.
Au motif de ne pas initier des jeunes aux formes les moins nocives de la nicotine, on les surexpose à la pire de ses déclinaisons. Quelle ineptie !

Hypocrisie budgétaire ?

Pourquoi ce refus borné d’encourager les alternatives moins nocives ?
Osons une explication cynique : l’État ne veut surtout pas perdre les 16 milliards d’euros de recettes fiscales associées à notre tabagisme élevé.

Certes, selon KPMG, le développement du marché noir prive l’État de 7 milliards de recettes, mais même si elle n’a pas le rendement attendu à cause de cela, la hausse exponentielle des taxes sur le tabac a fait augmenter les recettes afférentes de 20 % (hors inflation) depuis 20 ans.

De nombreux économistes défendent ce type de taxes sur les produits nocifs ou polluants, car elles sont censées en réduire la consommation.
Mais ils oublient qu’une fois que ces taxes rapportent des milliards, le pouvoir politique devient intéressé à la perpétuation du comportement qu’il prétend combattre.

Pourtant, les coûts du tabac pour l’Assurance maladie sont au minimum du même ordre,
et il faut leur ajouter le prix de la lutte contre la criminalité liée au commerce parallèle d’un produit pourtant légal.

En adoptant la même politique que la Suède, l’État pourrait à moyen terme gagner bien plus en sécurité et en santé publique que les recettes fiscales auxquelles il serait amené à renoncer.

5 Juil 2025 | Pression normative
 

Biarritz plage sans tabacDepuis le décret du 27 juin 2025 sur les espaces sans tabac, de nouvelles restrictions en matière de tabagisme entrent en vigueur (voir 1er juillet et 29 juin). Pour accompagner ces changements et répondre efficacement aux questions les plus fréquentes, le ministère de la Santé a mis à disposition une foire aux questions (FAQ) accessible en ligne. C’est ainsi que débute une communication de l’UMIH (Union des Métiers de l’Hôtellerie-Restauration).

Quelles terrasses sont concernées ?

Les terrasses couvertes et fermées sont déjà interdites au tabac. Avec la nouvelle réglementation, même les terrasses complètement ouvertes peuvent être visées si elles se trouvent dans des zones interdites, notamment : les parcs et jardins publics, les plages pendant la saison balnéaire, ou à moins de 10 mètres des établissements accueillant des mineurs, comme les écoles ou crèches.

Ainsi, un café dont la terrasse est implantée dans un parc ou face à une école devra interdire de fumer, même si la terrasse est en plein air.

Bars et restaurants de plage : une interdiction ferme

Les paillotes, bars et restaurants installés sur des plages bordant des eaux de baignade sont également concernés. Durant la saison balnéaire, fumer y sera strictement interdit, y compris sur les terrasses extérieures. L’objectif : faire des plages des lieux sans tabac visibles ni odeurs, pour éviter toute incitation, notamment chez les jeunes.

La règle des 10 mètres

Autre point crucial : les terrasses de cafés et restaurants situées dans un périmètre de 10 mètres autour des accès publics d’écoles, bibliothèques ou établissements accueillant des mineurs, sont désormais soumises à l’interdiction. Cette mesure s’appliquera dès la publication d’un arrêté précisant les modalités.

Signalisation obligatoire

Les établissements concernés doivent afficher une signalétique réglementaire visible, mentionnant l’interdiction de fumer, le numéro d’aide à l’arrêt (3989), et les sanctions encourues.

Quelles sanctions ?

Tout manquement est passible d’une amende de 135 euros, pouvant atteindre 750 euros en cas de récidive. Ces sanctions concernent aussi bien les fumeurs que les responsables de lieux ne respectant pas leurs obligations de signalisation ou incitant au tabagisme.

Une période estivale de tolérance est prévue pour la mise en conformité, mais la vigilance est de mise dès maintenant selon l’UMIH.